Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Maintenus 5 h 30 sur un portoir de contention, éveillés, 300 lapins reçoivent dans la veine de l’oreille le produit à tester ou son extrait, puis subissent six à neuf prises de température rectale. Ces procédures impliquent un niveau de souffrance modéré, 150 lapins étant tués et 150 réutilisés, un même individu pouvant servir jusqu’à sept tests successifs. L’enjeu est réglementaire, obtenir la mise sur le marché de prothèses, pansements, ovules ou gels lubrifiants, à la demande de clients industriels. Le porteur écrit qu’aucune méthode alternative n’est proposée pour ce test, puis mentionne un test sur monocytes en cours de développement mais non reconnu par les instances, et précise que les lapins sont mis à jeun la veille pour éviter que les défécations ne gênent la prise de température.

NTS-FR-157781v1
Types de recherche
· Tests réglementaires · Toxicologie et autres tests de sécurité ·
Mots-clés
pyrogénécité, biocompatibilité
Lapins : 300

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les professionnels de santé utilisent aujourd’hui des dispositifs médicaux (prothèses, pansements, ovule, gel lubrifiant…) que nous appelons « DM ». Le but du projet est d’évaluer la biocompatibilité de ces dispositifs. Autrement dit nous devons déterminer si les dispositifs, qui vont avoir un contact direct avec les tissus et fluides interne, sont compatibles avec le corps humain. Parmi les paramètres à étudier pour évaluer la biocompatibilité d’un DM, il faut évaluer sa pyrogénécité. La pyrogénicité est la capacité d’un agent chimique ou d’une autre substance à induire une augmentation de température. Une contamination par des toxines bactériennes peut être la source d’une réponse pyrogène. C’est pourquoi, en amont du test in vivo, un dosage de ces toxines est toujours réalisé in vitro afin d’écarter tout biais dû à une élévation de température qui ne serait pas dû aux composants du dispostif mais à une contamination. Ce test est une première étape mais il n’est pas suffisant pour évaluer la capacité pyrogène d’un dispositif c’est pourquoi un test effectué chez le lapin est obligatoire. Ces projets sont décrits dans des textes réglementaires. Afin de répondre aux obligations réglementaires avant mise sur le marché de produit, nous réaliserons sur le modèle du lapin des tests pyrogènes (PYR). Il y a deux manières possibles de traiter les animaux, soit nous utilisons le produit pur, soit sous forme d’extrait. L’extrait est un liquide (NaCl) dans lequel le DM va être immergé pendant une durée et à une température donnée, ces extraits seront ensuite utilisés pour faire les traitements. Cette évaluation est imposée par les instances réglementaires. Pour ces tests de pyrogénicité, le produit ou son extrait est administré par voie intraveineuse chez le lapin, l’élévation de la température corporelle est suivie pendant un laps de temps donné. Les temps sont déterminés par les normes.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le projet permet d’obtenir des données expérimentales utilisées pour conclure sur la sécurité biologique d’un DM, et par conséquent sa biocompatibilité. Le projet découle généralement d’une évaluation du risque réalisée au préalable en tenant compte de l’utilisation des DM et des données fournies par le client. Ce projet fait donc partie intégrante de l’évaluation biologique des DM, une exigence essentielle en matière de sécurité requise par le Règlement Européen 2017/745 et exigée par les organismes notifiés afin d’accorder ou non la mise sur le marché. Ces tests pré-cliniques, voués à évaluer la biocompatibilité des DM, a donc pour but d’obtenir une autorisation de mise sur le marché de DM sans risque pour la santé de l’homme.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les gestes prévus sont faits sur animal vigile. La contention des animaux dure environ 5h30 selon la norme qui est suivie. Le traitement est administré par voie veineuse dans la veine marginale de l’oreille (2 à 5 minutes). La prise de température par voie rectale dure environ 1 minute. Il y a entre 6 et 9 prises de température en fonction de la procédure. En prenant en compte les prétests et les tests définitifs, les animaux ne présentant aucun signe clinique ou aucun mal-être peuvent être réutilisés jusqu’à sept fois après avis du vétérinaire.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les tests de pyrogénicité peuvent engendrer une élévation de la température corporelle des animaux. Le traitement se fait par injection intraveineuse dans la veine marginale de l’oreille pouvant engendrer une légère douleur et des saignements. Les animaux sont maintenus sur des portoirs à contention durant toute l’expérimentation pouvant engendrer un stress.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

En fin d’étude les animaux sont soit mis en réutilisation pour être utilisé dans un autre test pyrogène (en cas de test pyrogène négatif) soit mis à mort (en cas de test pyrogène positif). En effet en cas de test positif cela signifie que le dispositif testé n’est pas biocompatible. Même si l’animal ne présente aucun signe de souffrance et que sa température revient à la normal il nous est impossible de l’utiliser pour tester un autre dispositif car nous ne savons pas combien de temps les relargables toxiques restent dans l’organisme de l’animal et cela pourrait induire un biais lors du test d’un nouveau dispositif.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour ce projet, tout matériau ayant un pH ≤ 2.0 ou ≥ 11.5 ne doit pas être testé. A l’heure actuelle, aucune méthode alternative n’est proposée pour évaluer la pyrogénécité due aux matériaux composant les dispositifs médicaux. Un test d’activation des Monocytes, dit MAT, est en cours de développement. Il n’est pour l’instant pas reconnu par les instances réglementaires pour évaluer le potentiel pyrogène des dispositifs médicaux, c’est pourquoi ce test sur lapin reste obligatoire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Avant d’initier tout test de pyrogénécité chez l’animal, un test in vitro sera réalisé afin de s’assurer de l’absence de pyrogénécité liée à une contamination du dispositif par des toxines bactériennes. Les projets sont réalisés par étapes. Dans un premier temps, peu importe la norme qui est suivie, 3 animaux seront testés. En cas de résultat ambigu ne permettant pas de conclure sur la capacité pyrogène d’un dispositif le test sera refait sur 3 ou 5 animaux supplémentaires selon la norme utilisée. Dans le cas où aucune conclusion ne peut être apportée, l’étude pourra être poursuivie en impliquant au maximum 3 ou 4 groupes de 3 animaux en totalité selon la norme suivie également. Ces tests sont effectués sur le nombre minimal d’animaux requis par la norme correspondante. Par ailleurs, les animaux impliqués dans ces études sont, autant que possible (jusqu’à 7 fois après avis du vétérinaire), réutilisés pour de nouveaux tests de pyrogénécité après avis d’un vétérinaire. Ceci afin de limiter le nombre d’animaux utilisés et de réduire le nombre de pré-test permettant l’inclusion des animaux en étude.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

A leur arrivée, les animaux sont mis en cage, par groupe de 2, par l’animalier qui effectue un premier contrôle de leur état de santé. En vue de leur acclimatation aux conditions du laboratoire, les animaux sont gardés pendant au minimum 5 jours avant le début des procédures, pour garantir leur bien-être. La taille des cages est adaptée aux critères de bien-être animal, elles sont équipées de plateformes, de cloisons transparentes, d’un fond perforé en noryl et d’enrichissements, briquette de bois et foin. Si des bagarres entre congénère surviennent alors les animaux pourront être hébergés individuellement pour assurer leur bien-être. Afin d’éviter les défécations pouvant gêner la prise de température, les animaux seront mis à jeun la veille du test, la nourriture leurs sera restitué dès la fin de l’étude. Hors étude, Les animaux ont un accès à volonté à la nourriture et à l’eau. Le plateau contenant les selles et les urines est recouvert de copaux de bois pour limiter les odeurs et est nettoyé 2 fois par semaine. Des points limites sont définis pour chacun des tests afin d’éviter toutes souffrance inutile aux animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce et le stade de développement des animaux à utiliser sont imposés par les normes ISO et la Pharmacopée correspondantes. Le lapin reste le modèle de choix utilisé pour les tests de pyrogénécité comme cité dans les normes ISO. Nous utilisons exclusivement des lapins Néo Zélandais. Nous utilisons des jeunes adultes de 9 à 16 semaines. Si des femelles sont utilisées, elles ne doivent jamais avoir mis bas et ne doivent pas être gestante.