Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

150 vaches laitières de trois races vont être utilisées pendant deux ans dans des procédures d’un niveau de souffrance léger, et toutes restent en vie à l’issue. Elles sont bloquées au cornadis pour douze prises de sang, pesées chaque semaine et notées chaque mois sur leur état corporel. L’expérience consiste à faire varier leurs apports énergétiques à différents moments de la lactation, pour mesurer comment elles mobilisent leurs réserves, produisent du lait et se reproduisent. Le porteur rattache ce travail à la durabilité des élevages et revendique de montrer aux éleveurs que la conduite d’un grand troupeau à l’herbe est possible en France.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Cette expérimentation pluriannuelle prévue sur 2 ans (2024-2026) vise à évaluer le rôle des réserves corporelles et de leur gestion différenciée au cours de la lactation sur la carrière et les performances des vaches laitières. En début de lactation, les vaches laitières mobilisent plus ou moins leurs réserves corporelles pour pallier au déficit énergétique, conséquence d’une capacité d’ingestion insuffisante. Ces réserves corporelles sont par la suite reconstituées afin de préparer la lactation suivante. Le début de lactation correspond aussi chez les bovins à la période de reproduction qui se déroule entre 40 et 90 jours de lactation afin d’obtenir, si possible un veau par an. Or, un excès de mobilisation des réserves corporelles, en durée et/ou en intensité, s’avère défavorable au succès des différentes étapes de la reproduction (reprise de cyclicité, expression des chaleurs, fécondation, nidation, …). La mobilisation des réserves corporelles dépend de nombreux facteurs, plus ou moins maitrisables et influencés par l’éleveur. Parmi ceux-là, l’état corporel au vêlage, le potentiel de production laitière (notamment la race) et le niveau des apports alimentaires en début de lactation sont des leviers d’action possibles. Si des recommandations existent en matière d’état corporel optimum aux diverses étapes du cycle lactation-reproduction, les règles de gestion mises à la disposition de l’éleveur pour assumer ces objectifs recommandés sont quasi inexistantes. Il importe donc de mieux décrire l’influence de ces réserves corporelles, les facteurs de variation et de définir des moyens d’action, notamment au travers la conduite alimentaire et la répartition des apports au cours de la lactation. L’objectif de cette expérience est donc de moduler l’état corporel des vaches laitières grâce à des niveaux d’apports énergétiques différents à divers moments de la lactation chez 3 races laitières aux aptitudes différentes

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’alimentation des vaches laitières en système herbager est un axe fort de la durabilité des élevages français, tant du point de vue de la réduction de l’empreinte carbone de l’élevage que de sa contribution à la biodiversité et la qualité des paysages grâce aux prairies. Ce projet vise justement à apporter aux éleveurs des indicateurs clés de la conduite de ces systèmes, à partir d’une analyse multicritères. Ce projet vise aussi à montrer aux éleveurs que la conduite d’un grand troupeau à l’herbe est possible en France.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour la caractérisation fine des animaux, des prélèvements sanguins seront effectués 12 fois au cours de l’expérimentation sur les femelles, maintenues au cornadis. Les mesures de poids (une fois par semaine) se feront sans geste technique autre que le déplacement et la contention des animaux. Pour la mesure de la note d’état, les vaches seront maintenues au cornadis une fois par mois. Voici le temps estimé pour chaque acte : Prise de sang : 2 minutes Mesure du poids : 1 minutes Mesure de la note d’état : 5 minutes

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

la principale nuisance attendue sur les animaux est liée à la contention nécessaire aux différentes procédures décrites. Celle-ci est minime puisque les animaux sont habitués dès le plus jeune âge aux manipulations. A celle-ci s’ajoute également la douleur possible liée à la prise de sang.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les procédures n’entravent pas le devenir de l’animal et n’ont qu’un effet limité et de court terme sur son bien-être. Aussi, l’ensemble des animaux inclus dans cette expérimentation va poursuivre une vie normale d’un animal de rente dans un troupeau de bovins laitiers.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les mécanismes étudiés mettent en jeu des interactions complexes au sein de l’animal, en interaction avec le système d’élevage qu’il est impossible de reproduire dans un modèle cellulaire, de culture d’organe ou in silico.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les analyses statistiques prévisionnelles, intégrant de l’espérance d’écart entre traitements et la variabilité inter vaches connue, ont permis de définir le nombre minimum d’animaux nécessaires par lot expérimental, à savoir un effectif de 50 vaches par race. La pluri-annualité de cette expérimentation permet d’autre part de réduire l’effectif nécessaire chaque année et limite les besoins en renouvellement, donc la réforme des animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Chaque intervention a été pensée de manière à limiter les nuisances pour les animaux (limitation des volumes de sang prélevés, vaches bloquées en groupe au cornadis pour limiter le stress…) . Les procédures impliquées dans le projet sont de sévérité légère et appliquées par des opérateurs expérimentés. Les conditions d’hébergement et d’alimentation répondent aux normes d’élevage en intérieur avec une aire paillée et une ration de fourrages en accès libre ad libitum. La majeure partie de l’année, les animaux sont au pâturage, non restreints et avec un accès à l’eau et à l’ombre dans toutes les parcelles grâce aux nombreux arbres implantés dans et autour des parcelles. L’état de santé des animaux sera surveillé tout au long de l’expérience. La prophylaxie et le traitement des animaux en cas d’affection ne sont pas modifiés par la mise en oeuvre du projet. Tout animal présentant un trouble de santé sera soigné en fonction de la pathologie conformément aux pratiques de l’élevage, et, au besoin, le vétérinaire praticien sera consulté. Les animaux sont gardés en vie en fin d’expérimentation.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’espèce animale choisie est le bovin. Il s’agit de femelles de race Holstein, Jersiaise et Normande, grandes races laitières françaises (et internationale pour la Holstein et la Jersiaise). Ces animaux ne sont pas transgéniques et ont été obtenus par des méthodes de reproduction utilisées en élevage classique. Les animaux seront des adultes en lactation car la production de lait est nécessaire pour répondre aux questions scientifiques.