
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-378303)
Infectées par le virus de la grippe, gavées, anesthésiées à plusieurs reprises et saignées jusqu’à quatre fois, 3 322 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue pour analyses. Le projet vise à mettre au point des films à dissoudre sous la langue, présentés comme une voie de vaccination moins effrayante que la piqûre pour les futurs patients humains. Le porteur annonce une inflammation locale des muqueuses de faible intensité et un inconfort au réveil. Il indique que des seuils d’intervention ont été définis pour limiter la douleur, sans préciser lesquels ni ce qu’ils déclenchent.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour but de créer un nouveau type de vaccin qui permettrait une meilleure protection contre certaines maladies. Les vaccins classiques sont souvent injectés, mais ils ne fonctionnent pas toujours aussi bien que prévu, ce qui peut poser des problèmes, surtout pour les maladies pour lesquelles il n’existe pas de bon vaccin. Nous voulons développer des films buccaux, un peu comme des pastilles à dissoudre sous la langue. Ces films permettraient au corps de réagir plus efficacement aux infections, car ils agiraient directement dans la bouche, là où certains virus et bactéries pénètrent souvent. Cette méthode est moins effrayante qu’une piqûre et pourrait faciliter la vaccination pour beaucoup de gens. Pour fabriquer ces films, nous utilisons des matériaux sûrs pour le corps et respectueux de l’environnement. Nous avons aussi l’intention d’intégrer des nanoparticules, de toutes petites structures qui permettent de protéger les ingrédients du vaccin et de les libérer lentement dans le corps. Cela aide le système immunitaire à mieux reconnaître et combattre les maladies. Un autre aspect important de notre projet est de comprendre comment notre corps se souvient des infections passées. Pour cela, nous allons étudier des souris génétiquement modifiées qui nous permettront de comprendre comment leur système immunitaire se prépare à se défendre contre les maladies après avoir été vacciné. Nous commencerons par administrer des films au niveau de la bouche contenant un ingrédient modèle aux souris afin de tester notre méthode. Nous observerons ensuite comment les souris réagissent et si elles produisent des anticorps, qui sont comme des soldats prêts à défendre le corps contre les infections. En résumé, notre projet vise à rendre la vaccination plus efficace et plus accessible à tous, en utilisant une méthode simple qui pourrait mieux fonctionner contre certaines maladies.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La plus part les vaccins utilisés chez l’homme à l’heure actuelle reposent sur une ou plusieurs injections dans le muscle ou sous la peau même lorsqu’il s’agit de protéger contre des maladies infectieuses transmises par les muqueuses (buccale par exemple). Or l’administration par ces voies d’injection n’est pas la voie efficace pour induire une réponse immunitaire au niveau des muqueuses. Ainis, une formulation vaccinale administrée au niveau de la bouche est un enjeu majeur dans le domaine. Notre projet propose de tester la voie buccale comme voie d’administration en recherchant une formulation permettant de garantir une réponse du corps efficace à long terme, sécuritaire, et contrôlée
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
En fonction des procédures, les animaux seront soumis aux interventions suivantes : 1- anesthésies (à 1 mois d’intervalle) ; 2- une injection de cellules immunitaires (une fois) ; 3- une injection de virus de la grippe (une fois) ; 4- un gavage intragastrique de molécule (2 fois à une semaine d’intervalle) ; 5- une anesthésie de moins d’une heure ; 6- des prélèvements sanguins après une anesthésie qui durera moins de 10 minutes 3 fois (procédure 2) ou 4 fois (procédure 3) à au moins 28 jours d’intervalle.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les principaux risques identifiés dans le cadre de ce projet sont les suivants : • L’administration du vaccin sous la langue de nanoparticules pourrait provoquer une légère inflammation locale des muqueuses, mais cette réaction est généralement de faible intensité et temporaire (moins de 48 heures) ; • Un stress peut être causé par l’anesthésie qui est répétée 2 fois à 28 jours d’intervalle ; • L’animal peut ressentir un léger inconfort au réveil après un prélèvement sanguin ou l’administration du virus de la grippe sous anesthésie. • Une douleur peut survenir après l’injection des substances anesthésiques ou suite au gavage des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin des procédures expérimentales pour des analyses biologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe actuellement aucune méthode en laboratoire capable de remplacer l’expérimentation animale pour répondre aux questions de ce projet. La réponse vaccinale est un phénomène complexe qui ne peut pas être étudié de manière complète en dehors d’un organisme vivant. C’est pourquoi l’utilisation d’un modèle animal est nécessaire avant de passer aux essais cliniques sur l’humain.
2. Réduction
Pour réduire le nombre d’animaux, nous réalisons d’abord des études préliminaires minutieuses qui nous aident à affiner les formulations dès le départ. Ainsi, nous minimisons les tests sur différentes formes de vaccins en utilisant un nombre limité de souris. Nous utilisons aussi des techniques d’imagerie non invasives, qui permettent de visualiser en temps réel la localisation et la durée d’expression des composants du vaccin dans le même animal. Ces méthodes fournissent des informations précieuses sans prélèvements supplémentaires et sans sacrifier davantage d’animaux. En parallèle, les souris modifiées génétiquement nous permettent de suivre l’activation des cellules immunitaires, notamment des cellules immunitaires mémoires, chez le même animal. Cela nous offre des données détaillées sur la réponse immunitaire tout en réduisant le nombre de souris nécessaires. Enfin, nous employons des outils mathématiques pour calculer précisément le nombre minimal d’animaux requis, optimisant ainsi chaque étape expérimentale tout en respectant des normes éthiques strictes. Grâce à cette approche, nous obtenons des résultats de haute qualité scientifique tout en limitant au maximum l’usage d’animaux.
3. Raffinement
Tout au long de l’étude, les souris sont surveillées de près pour repérer rapidement tout signe anormal. Après l’immunisation, une surveillance rapprochée est mise en place pendant 24 à 48 heures pour détecter d’éventuels effets secondaires, comme des réactions inflammatoires dues à l’injection. Des seuils d’intervention ont été définis pour limiter la douleur au maximum, assurant ainsi le bien-être des animaux pendant toute la durée de l’étude.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi d’utiliser des souris pour notre projet de vaccination orale en raison de leur proximité biologique avec les humains, ce qui permet de mieux interpréter les résultats pour d’éventuelles applications humaines. De plus, de nombreuses études sur la vaccination des souris contre le virus de la grippe existent déjà, ce qui nous permet de comparer nos résultats à ceux d’autres laboratoires. Nous avons également accès à des modèles de souris génétiquement modifiées qui nous permettent d’analyser en détail les cellules immunitaires B mémoire, essentielles pour évaluer la réponse vaccinale. Les souris seront principalement utilisées à l’âge adulte car leur système immunitaire est alors pleinement développé. Cela garantit des observations précises et pertinentes pour évaluer la réponse immunitaire au vaccin.