Projet autorisé, résumé publié en mars 2025 · Rédigé par le laboratoire au stade de la demande d'autorisation
Ciblage de MYC et de ses voies de signalisation pour le traitement du corticosurrénalome chez la souris
672 souris amputées d'une phalange, gavées et injectées quinze jours, porteuses d'un carcinome jusqu'à 18 mois, puis tuées.
672 animaux (souris) · souffrance sévère · tous tués
Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.
Ce projet est soumis à une appréciation rétrospective, obligatoire pour les projets utilisant des primates ou comportant des procédures sévères (code rural et de la pêche maritime, article R214-120). Cette appréciation n'est pas rendue publique en France.
Les souris dont la tumeur atteint un point limite sont mises à mort avant le terme du protocole, ce que le porteur nomme être « sorties de l’expérience ». 672 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l’issue pour prélever leurs surrénales. Chacune subit l’amputation d’une phalange pour le génotypage, des injections dans le sinus rétro-orbitaire sous anesthésie, des injections dans l’abdomen et un gavage quotidiens pendant deux semaines, et quatre échographies. Certaines lignées portent un carcinome jusqu’à dix-huit mois, quand le bénéfice annoncé se limite à proposer de nouvelles pistes de traitement.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique

Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-03-18 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-399610)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le carcinome corticosurrénalien est un cancer rare et agressif, caractérisé par un pronostic défavorable. À son diagnostic, près de 50 % des patients présentent des métastases, ce qui explique un faible taux de survie à 5 ans. Actuellement, l’unique option curative pour les patients non métastatiques repose sur une exérèse complète de la tumeur primaire. Cependant, le risque de récidive est élevé (30 à 70 %), constituant la principale cause de décès. Pour les patients métastatiques, la chirurgie est inenvisageable, et les traitements existants, bien que lourds, n’améliorent pas la survie globale médiane, qui demeure autour de 15 mois. Les essais d’immunothérapie dans le carcinome corticosurrénalien ont donné des résultats décevants. Il est donc essentiel de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques. Nous avons récemment montré dans un modèle murin de carcinome corticosurrénalien, que la testostérone produite au moment de la puberté induit un recrutement de macrophages chez les souris mâles, ce qui conduit à une régression de la tumeur. De façon similaire, le traitement des souris femelles portant des carcinomes corticosurrénaliens avec de la testostérone conduit aussi à un recrutement de macrophages et à une diminution de la taille de la tumeur. Ces résultats suggèrent que la testostérone possède un fort potentiel en tant qu’agent antitumoral dans le contexte du carcinome corticosurrénalien. Cependant, les effets secondaires de la testostérone rendent son utilisation difficile chez les patients. C’est pourquoi nous avons cherché à identifier des cibles spécifiques de la réponse aux androgènes qui pourraient être exploitées pour traiter le cancer. Nos recherches ont montré que la testostérone agit en inhibant un gène d’intérêt, ce qui arrête la croissance des cellules tumorales, endommage leurs chromosomes et déclenche leur mort. Dans ce projet, nous proposons deux axes d’étude : – Évaluer l’impact de la suppression du gène d’intérêt dans les surrénales de nos modèles murins de carcinome corticosurrénalien afin de confirmer son rôle en tant que cible thérapeutique. – Tester des molécules capables d’inhiber MYC et ses voies de signalisation en aval. L’objectif global de ces expériences est de développer une nouvelle approche thérapeutique visant à améliorer le traitement et la survie des patients atteints de carcinome corticosurrénalien.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La réalisation de ce projet nous permettra de démontrer le rôle de la protéine d’intérêt dans la progression tumoral du carcinome corticosurrénalien dans différents modèles murins, cliniquement pertinents. D’une part en délétant complétement la protéine d’intérêt dans la surrénale dans 2 modèles murins puis en utilisant des molécules capables d’inhiber la protéine d’intérêt et ses voies de signalisation en aval. Ceci devrait permettre de proposer de nouvelles pistes de traitement et d’améliorer le pronostic du carcinome corticosurrénalien qui reste aujourd’hui défavorable.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris seront soumises aux interventions suivantes : Phalangectomie : durée 2min, 1 fois, sur toutes les souris. Injection intra-veineuse dans le sinus rétro-orbitaire d’une molécule d’intérêt thérapeutique sous anesthésie gazeuse à l’isoflurane, durée 5 min, 2x – Injection intra-péritonéale d’une molécule d’intérêt thérapeutique, durée 2 min, tous les jours pendant 2 semaines – Administration par gavage d’une molécule d’intérêt thérapeutique, durée 2 min, tous les jours pendant 2 semaines. – Anesthésie gazeuse à l’isoflurane au moment de l’imagerie par échographie, durée 5 min, 4 fois.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La phalangectomie nécessaire à l’identification et au génotypage des individus peut induire une douleur légère et de courte durée mais n’entraine aucune complication chez l’individu au cours de son développement et aucune altération du comportement entre les individus de la portée et leur mère. L’injection par voie retro-orbitaire, réalisée sous anesthésie à l’isoflurane, peut engendrer une douleur locale légère et de courte durée. Les injections intra-péritonéales et le gavage peut engendrer également une douleur locale, légère, de courte durée. L’échographie, réalisée sous anesthésie à l’isoflurane, n’engendre pas de douleur mais peut induire un stress léger. Les différents modèles murins de CCS utilisés présente un développement tumoral et éventuellement des métastases. Afin d’éviter les nuisances associées au développement tumoral, tous les animaux seront étroitement surveillés par du personnel qualifié et sortis de l’expérience lorsqu’un point limite sera atteint.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux ayant subi la procédure seront euthanasiés à la fin de l’expérience, puis des tissus seront prélevés pour la réalisation de différentes analyses permettant d’évaluer le rôle de MYC et de ses voies de signalisation en aval dans le développement du CCS et ainsi pouvoir potentiellement identifier une nouvelle cible de thérapie ciblée pour le traitement des corticosurrénalomes.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin d’éviter la douleur et l’inconfort à l’animal, nous souhaitons remplacer autant que possible les manipulations in vivo par des expériences de culture in vitro sur des lignées de cellules existantes ou provenant des animaux sacrifiés sans manipulation préalable. Cette technique est un bon modèle alternatif pour tester dans un premier temps les molécules inhibant MYC ou ses voies de signalisations en aval. Cependant, le développement et la progression du cancer vers des stades avancés ainsi que les réponses aux traitements sont fortement dépendants de l’environnement cellulaire (vascularisation, facteurs de croissance, système immunitaire périphérique…), et ne peuvent pas être reproduits in vitro. Ainsi, la nécessité d’avoir recours à des animaux se justifie in fine par le fait que le développement tumoral est un processus complexe impliquant de nombreux types cellulaires dont les interactions sont cruciales pour favoriser la progression de la tumeur. Pour ces raisons, des méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants n’apportent pas le même niveau d’information.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans l’optique de réduire de nombre d’individus par expérience, nous planifions systématiquement plusieurs analyses simultanées, de sorte que les deux glandes surrénales de chaque individu soient utilisées. De même, le sang des animaux sacrifiés sera systématiquement recueilli afin de réaliser les analyses hormonales. Les croisements pour générer les souris d’intérêt seront optimisés afin d’utiliser 100% des individus. Le nombre d’animaux par groupe correspond au minimum nécessaire pour une démonstration convaincante des principes scientifiques étudiés, sur la base d’arguments statistiques valides. En prenant en compte les variabilités biologiques intrinsèques aux individus, nous constituerons des groupes expérimentaux de 12 souris. Pour les analyses statistiques nous utiliserons des tests non paramétriques.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront élevés dans un environnement contrôlé et enrichi. Durant la procédure, nous veillerons au bien-être des animaux par l’ajout de plaques de papier à ronger et de maisons en carton ou polycarbonate, de tunnels en plastique ou de billes en inox. Le choix de l’enrichissement sera réalisé en fonction de l’état général de l’animal, par exemple en cas de développement d’une tumeur importante l’ajout de plaques de papier à ronger ou de bâtons en bois sera choisi à la place de tunnels qui pourraient blesser l’animal. De plus, du coton sera ajouté dans les cages pour faciliter le maintien de la température corporelle. Les animaux seront hébergés par groupes de 4 individus (sauf indication contraire) pour permettre le maintien d’un bien-être social. Les injections intra-veineuses (rétro-orbitaires) seront pratiquées sous anesthésie gazeuse à l’isoflurane après application d’une pommade analgésique à la lidocaïne. Le suivi du volume tumoral par échographie sera réalisé sous anesthésie gazeuse à l’isoflurane. Les animaux seront surveillés quotidiennement par du personnel qualifié, des points limites précis seront établis et les expériences seront arrêtées en conséquence.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les rongeurs sont les animaux couramment utilisés comme modèles de pathologies humaines, y compris dans le domaine de l’oncologie. Il existe en effet de nombreux modèles murins tumoraux mimant les cancers humains, incluant les carcinomes corticosurrénaliens. La connaissance approfondie du génome et de l’expression des gènes chez la souris, ainsi que l’existence de nombreux animaux transgéniques en font un modèle de choix. Les lignées murines utilisées pour générer notre lignée déficiente pour la protéine d’intérêt ou bien pour utiliser les molécules inhibants celle-ci et ses voies de signalisation en aval sont des modèles précliniques murins de corticosurrénalome reposant sur l’invalidation de gènes suppresseurs de tumeurs mutés chez les patients. Nous réaliserons nos analyses aux 3 stades de développement tumoral identifiés dans le modèle de carcinome corticosurrénalien. Un stade d’hyperplasie à 6 semaines, un stade carcinome corticosurrénalien agressif à 16 mois et un stade de carcinome corticosurrénalien métastatique à 18 mois. Ensuite, nous réaliserons nos analyses aux 3 stades de développement tumoral identifiés dans le modèle de carcinome corticosurrénalien métastatique disponible dans l’équipe. Un stade d’hyperplasie à 2 mois, un stade carcinome corticosurrénalien agressif à 4 mois et un stade de carcinome corticosurrénalien métastatique à 6 mois. Puis nos analyses se focaliseront au stade hyperplasique des souris soit de 4 à 6 semaines et de la transition carcinome corticosurrénalien agressif vers métastatique soit de 16 à 18 mois. Pour les souris double mutantes, nos analyses se focaliseront au stade hyperplasique (4 mois).