
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 27/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-067347)
1 770 truites arc-en-ciel vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dont 1 500 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Alevins et juvéniles de 1 à 40 grammes, elles seront exposées pendant plusieurs mois à un herbicide, à des cyanotoxines et au virus de la nécrose hématopoïétique infectieuse, dont le porteur indique qu’il provoque léthargie, hémorragies et une mortalité élevée. Une seule phrase décrit les procédures dans tout le résumé, et les effets indésirables annoncés vont « du simple stress » jusqu’à la mort, que l’équipe espère anticiper au moyen d’une grille de score. Le choix de l’espèce est justifié par son « grand intérêt économique » et par un cycle de développement plus long que celui du poisson zèbre, qui autorise des expositions chroniques dès le stade embryonnaire.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet s’intéresse à un trio de contaminants majeurs, chimiques et microbiologiques, présents dans les rivères et à leur impact sur la truite arc-en-ciel, espèce modèle en écotoxicologie et à fort intérêt économique. Les pesticides couramment utilisés en agro-viticulture et présentent des effets perturbateurs endocriniens avérés chez le poisson. Les microcystines, cyanotoxines les plus courantes dans les eaux douces et connues pour induire une toxicité sur divers tissus et organes (principalement foie et appareil reproducteur) chez les animaux, présentent un risque avéré pour l’homme et la faune aquatique. Enfin, le virus de la Nécrose hématopoïétique infectieuse, agent non-zoonotique réglementé, induit de multiples signes cliniques (léthargie, hémorragies, …) chez les salmonidés, associés à une mortalité élevée. Les objectifs sont de mesurer 1) l’accumulation et l’élimination des microcystines chez la truite, préalablement exposées ou non à un pesticide pendant les premiers stades de vie et 2) les perturbations potentielles induites sur les défenses immunitaires ainsi que sur la réponse antioxydante dans un contexte d’exposition simple et complexe.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si l’impact du couple contaminant chimique/virus a été testé chez la truite sur des composés de différentes natures, le couple microcystines/virus a pour l’instant fait l’objet d’une seule étude, sur une autre espèce piscicole, et le couple pesticide/microcystines ainsi que le trio pesticide/microcystines/virus n’ont encore jamais été testés. Les données de la littérature semblent indiquer que l’exposition aux contaminants augmenterait la susceptibilité aux pathogènes. Outre le caractère novateur du choix des composantes, nous produirons au travers de ce projet des données originales concernant les capacités d’accumulation et d’élimination des microcystines chez différentes populations de truite i.e. saines, exposées au pesticide et/ou infectées par le virus. La prise en compte de ces phénomènes de multi-exposition est une approche importante permettant de prendre la pleine mesure de l’impact de co contaminants sur un écosystème, et s’inscrit donc dans le concept “One Health” avec une démarche intégrée d’évaluation des risques. L’environnement aquatique se caractérisant par la présence concomitante de différents types de contaminants, l’évaluation de l’effet de multi-expositions est particulièrement pertinente pour mesurer les impacts écotoxicologiques et sanitaires dans cet écosystème. L’approche expérimentale choisie permettra de déterminer si la co-exposition a un effet aggravant sur l’état de santé de la truite, en intégrant une notion du risque sanitaire pour l’homme lié à l’accumulation des microcystines dans le poisson.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront exposés à un trio de contaminants majeurs, chimiques et microbiologiques, présents dans les rivières.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables vont du simple stress, aux signes cliniques de l’infection au virus (troubles nerveux) jusqu’à possiblement la mort, où nous essayerons d’intervenir en amont à l’aide de grille de score.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
tous les animaux seront mis à mort
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude de la cinétique de bioaccumulation et d’élimination des microcystines nécessite la mise en place de systèmes biologiques représentatifs de la complexité du fonctionnement d’un organisme. Ceci est encore plus vrai dans le cas de l’étude d’interactions possibles entre différents systèmes biologiques, ici la cinétique de bioaccumulation et le système immunitaire. Elle ne peut pas être substituée, notamment pour l’étude des effets sur différents systèmes et des interactions entre ceux-ci, par des méthodes alternatives (tests in vitro ou embryo larvaires).
2. Réduction
Ces procédures expérimentales seront menées en réduisant au maximum le nombre d’animaux utilisés tout en conservant une pertinence scientifique et statistique.
3. Raffinement
Les mesures de raffinement viseront à: – Assurer des conditions optimales d’hébergement des animaux afin de s’assurer de leur bien-être ; – Evaluer quotidiennement l’état de santé général des poissons et leur comportement natatoire et alimentaire, en suivant une grille de points limites adaptée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) est une espèce idéale : (1) elle est d’un grand intérêt économique et représente un modèle environnemental pertinent proche des espèces endémiques (c.à.d, Salmo trutta fario) des eaux européennes, (2) c’est une espèce facile à élever en laboratoire, avec un cycle de développement plus long que le poisson-zèbre, ce qui permet des expositions chroniques aux stades embryonnaires, larvaires et juvéniles. Les animaux testés sont des alevins et juvéniles de poids moyen pouvant aller de 1 à 40g, leur petite taille permet de les étudier dans de bonnes conditions expérimentales sur plusieurs mois.