
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-844289)
5 212 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Greffées de cellules leucémiques après un pré-conditionnement, elles reçoivent trois injections de chimiothérapie puis des composés pharmacologiques, et subissent des prélèvements de sang et de moelle osseuse sous anesthésie générale. Le porteur indique que l’injection de lignées cellulaires provoque un développement rapide de la maladie conduisant à la mort de l’animal, avec amaigrissement, paralysie et prostration, alors que la gravité déclarée pour l’ensemble du projet reste modérée. Il conclut que les modèles in vivo sont « indispensables » pour étudier la résistance aux chimiothérapies, tout en annonçant des modèles de moelle osseuse in vitro censés réduire « à terme » le recours aux souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les leucémies sont les cancers du sang et de la moelle osseuse les plus courants chez l’adulte, mais leur pronostic reste défavorable malgré des taux initiaux élevés de rémission. Cela s’explique par la rechute fréquente due à la survie de cellules résistantes au traitement. Ce projet vise à élucider et exploiter les mécanismes sous-jacents à la résistance des cellules leucémiques pour surmonter les limitations des traitements actuels. Les expériences sont menées sur des modèles murins greffés avec des cellules leucémiques et soumis à des protocoles de chimiothérapie. Notre objectif est d’identifier les mécanismes de résistance des cellules leucémiques et de proposer à terme de nouvelles stratégies thérapeutiques pour traiter plus efficacement ces pathologies.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet pourrait offrir des bénéfices significatifs en termes de compréhension et de traitement des leucémies. Sur le plan scientifique, il permettra de décrypter les mécanismes moléculaires régissant la résistance aux traitements. D’un point de vue clinique, ces découvertes pourraient conduire au développement de stratégies thérapeutiques visant à améliorer les réponses aux chimiothérapies intensives, réduisant ainsi les risques de rechute. Enfin, sur le plan sociétal, ces avancées pourraient améliorer à terme les taux de survie et la qualité de vie des patients atteints de leucémie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : Injections : – Pré-conditionnement des animaux : une injection par animal, 24h avant injection des cellules. Durée : quelques secondes. Sur animaux vigiles. – Traitements par chimiothérapie : 3 injections Jours 1/3/5, durée : environ 1 minute. Sur animaux vigiles. – Composés pharmacologiques testés : leur fréquence d’administration sera déterminée selon la littérature , en respectant scrupuleusement les recommandations des volumes limites. Ce sont des procédures qui durent de quelques secondes à 1 minute. – Injection des cellules leucémiques : injection des cellules. Cette manipulation dure de quelques secondes à une minute. Sur animaux vigiles. Prélèvements : – Prélèvements sanguins. Cette procédure est réalisée alors que les souris sont anesthésiées. Durée : environ 1 minute. Le premier prélèvement sera effectué 8 semaines après injection des cellules, et ensuite toutes les 4 semaines si besoin. – Prélèvements de moelle osseuse (les prélèvements sont réalisés après anesthésie générale de la souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les expériences utilisant des cellules de patients (ou dérivés) n’engendrent pas d’effets secondaires visibles sur les animaux. Les traitements par chimiothérapie ont été optimisés dans notre laboratoire, de manière à ne pas avoir d’effets toxiques visibles sur les animaux (pas de perte de poids, ni de modification du comportement, ni de mortalité). Par contre, l’utilisation de lignées cellulaires de leucémie injectées à des souris entraîne un développement rapide de la maladie qui conduit à la mort de l’animal. Les effets indésirables prévus sur les animaux incluent une détérioration rapide de l’état général des souris, en particulier lors de l’injection de lignées cellulaires, qui peuvent entraîner des effets notables sur le comportement et la santé des animaux. Aussi, dans le cadre des expériences utilisant ces cellules, les animaux seront suivis quotidiennement par le personnel de la zootechnie et les expérimentateurs. Ces observations quotidiennes porteront sur des indicateurs précis : amaigrissement, paralysie, perte d’activité, prostration, deshydratation). Si un animal atteint un certain score de détérioration, l’expérience sera stoppée pour cet animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux des procédures sont euthanasiés à la fin des expériences.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour respecter la règle des 3R, il est important de chercher à remplacer l’expérimentation animale. Cependant, afin d’étudier la résistance aux traitements dans les leucémies, des études sur des modèles animaux sont indispensables. Les modèles in vitro, bien qu’utiles pour une première compréhension des mécanismes, ne reproduisent pas fidèlement les interactions complexes entre la tumeur et son microenvironnement ni son évolution dans un organisme vivant. Par exemple, nous avons observé une absence de corrélation entre les réponses in vitro et in vivo à la chimiothérapie utilisée dans les leucémies, ce qui souligne l’importance des études in vivo. Ces dernières sont essentielles pour valider nos résultats et envisager leur application clinique chez l’homme. Néanmoins, afin de réduire l’utilisation d’anmiaux dans le futur, notre laboratoire est engagé dans le développement de modèles de moelle osseuse in vitro. Nous espérons que ceci nous permettra à terme de réduire à terme notre utilisation d’animaux en vue de les remplacer au moins partiellement par ces modèles in vitro.
2. Réduction
Les effectifs des cohortes seront définis à l’aide d’un logiciel de simulation, en s’appuyant sur des études précédentes et en utilisant des tests statistiques visant à optimiser et réduire le nombre d’animaux et d’échantillons nécessaires.
3. Raffinement
L’expérimentation inclut un suivi adapté du bien-être des animaux, tenant compte du modèle et des éventuels effets indésirables. Les animaux seront observés quotidiennement, et leur environnement enrichi avec du papier et des frisottis pour améliorer leur confort. Les protocoles viseront à minimiser le stress et la douleur en optimisant les injections et la durée des traitements. Les études précédentes ont aidé à mieux définir les points limites, et la majorité des procédures ont déjà été approuvées par un comité d’éthique pour l’expérimentation animale. Les souris utilisées dans ce projet (NSG) étant des animaux hautement immunodéprimés, ils sont maintenus dans un hébergement au statut sanitaire strict. Les cages sont disposées sur des portoirs ventilés et toute personne pénétrant dans les hégerment doit porter des équipements de protection individuelle (masque chirurgical, charlotte, surchaussures, combinaison, gants).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle souris est essentiel pour comprendre la biologie des cancers. Dans cette étude, nous utilisons des souris immunodéficientes, qui sont les modèles murins les plus utilisés à ce jour pour réaliser des greffes de cellules humaines leucémiques. Le développement de la maladie est relativement fidèle à celui retrouvé chez les patients atteints de leucémie. Les animaux utilisés sont des animaux adultes, les leucémies aiguës myéloïdes étant des cancers affectant préférentiellement les sujets adultes.