
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-108828)
52 000 souris et rats nouveau-nés vont être utilisés pour un génotypage, chacun pour une minute de prélèvement au maximum, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les souriceaux jusqu’à douze jours et les ratons jusqu’à sept jours sont séparés de leur mère jusqu’à dix minutes, tenus en contention et amputés d’un fragment de queue sur animal vigile, la mère restant dans sa cage couvercle fermé pour l’isoler des vocalisations de ses petits. Au-delà de ces âges, le prélèvement se fait à l’oreille sous anesthésie, que le porteur juge « moins délabrant » qu’une amputation de la queue. Les animaux au génotype voulu partent vers d’autres projets ou deviennent géniteurs, les autres sont « prioritairement réutilisés pour la formation ou le prélèvement de tissus ou d’organes post-mortem », ou tués dans le cadre de la gestion des élevages.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les animaux génétiquement altérés produits sont destinés à être utilisés dans les projets scientifiques car ils représentent des modèles pertinents pour aborder les questions scientifiques posées au sein de ces projets dans des domaines variés comme les neurosciences , la chronobiologie, la cancérologie, le système immunitaire, la nociception/ douleur, le métabolisme, les fonctions physiologiques comme la reproduction..Les rats et souris génétiquement altérés doivent être identifiés de manière unique afin de pouvoir associer à chaque numéro un génotype spécifique. Cette identification est réalisée par tatouage des doigts des nouveaux-nés et le génotypage par une méthode invasive de prélèvement tissulaire : biopsie de queue ou d’oreille. Ces prélèvements tissulaires fournissent un matériel biologique permettant de génotyper chaque animal de manière fiable et reproductible, quelles que soient les techniques d’extraction et d’amplification du matériel génétique. L’objectif de ce projet est donc de pouvoir prélever du tissu (queue et oreille) pour caractériser génétiquement les animaux produits.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La caractérisation fiable du génotype des animaux génétiquement altérés est nécessaire afin de produire les animaux au génotype d’intérêt pertinent pour les projets de recherche, qui seront en utilisation continue si ces projets de recherche nécessite une DAP »expérimentale », tout en limitant au minimum le nombre d’animaux de génotype non conforme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux sont soumis à un prélèvement tissulaire (queue) d’une durée d’une minute maximum réalisée sur animal vigil avant 7j maximum chez le rat et 12j maximum chez la souris. Au-delà de ces âges les animaux seront prélevés sous anesthésie et la biopsie sera réalisé à l’oreille (durée 1 minute).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La procédure de prélèvement tissulaire nécessite une séparation de la mère (maximum 10 minutes) et une contention douce, génératrices de stress et d’une douleur légère de courte durée. Le prélèvement tissulaire en lui-même dure moins d’une minute par animal. L’anesthésie à l’isoflurane en cas de prélèvement sur un animal âgé de plus de 7 jours (rats) ou 12 jours (souris) entraîne aussi un stress léger et passager, elle durera 3 à 4 minutes par animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux identifiés et génotypés dont le génotype est considéré d’intérêt seront alors utilisés dans les projets de recherche auxquels ils sont destinés et inclus dans une DAP si ces projets en requiert une. Certains animaux de génotype d’intérêt seront gardés comme géniteurs pour assurer le maitien des colonies. Parmi les animaux qui ne seront pas utilisés dans les projets de recherche ou pour maintenir les colonies, ils seront prioritairement réutilisés pour la formation ou le prélèvement de tissus ou d’ organes post-mortem ou sinon ils seront mis à mort dans le cadre de la gestion des élevages.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La stratégie de remplacement est envisagée dans les projets autorisés utilisant les animaux génétiquement modifiés élevés dans nos locaux. Dans ces projets, la nécessité d’utiliser l’animal pour atteindre les objectifs des projets ainsi que la pertinence des lignées génétiquement modifiées choisies a été précisée. Les animaux inclus dans cette demande sont donc considérés comme indispensables pour la réalisation des projets autorisés et ne peuvent être remplacés.
2. Réduction
Le nombre d’animaux génétiquement modifiés produits pour utilisation dans les projets autorisés est calculé au plus près des besoins. Le nombre d’animaux non utilisés et de génotype non conforme est suivi par la SBEA afin de repérer les colonies où la gestion peut être optimisée. Les animaux surnuméraires ou de génotype non conforme peuvent être utilisés pour les formations, les prélèvements de tissus ,ou d’organe post-mortem . Les lignées qui ne sont plus utilisées sont cryoconservées ou éliminées.
3. Raffinement
Afin de réduire le nombre de manipulations et de séparations des nouveau-nés de leur mère, l’identification et la biopsie de queue sont effectuées en même temps. Les souriceaux ou ratons sont placés dans un bac propre et leur mère laissée dans sa cage, couvercle fermé pour l’isoler des vocalisations des petits et donc limiter le stress de séparation. La procédure de prélèvement est très rapide, moins d’1 minute par animal lorsque l’opérateur est expérimenté, et ne provoque pas ou très peu de saignement (chez le rat notamment). La portée est rendue à la mère à l’issue du prélèvement de tous les nouveau-nés (ou en 2 temps pour les portées de plus 12 animaux) et il est vérifié le jour suivant lors du suivi quotidien si tous les petits sont bien dans le nid. Le cannibalisme maternel après biopsie chez le nouveau-né est très rare. Pour limiter ce comportement lorsque les nouveau-nés doivent être prélevés avant 6 jours chez la souris ou 3 jours chez le rat, l’opérateur frottera ses mains dans la litière de la cage afin de limiter le dépôt d’odeurs étrangères sur les petits. Tout prélèvement pour génotypage réalisé sur un animal de plus de 7 jours chez le rat et 12 jours chez la souris sera mis en œuvre sous anesthésie à l’isoflurane et intéressera un prélèvement du bord de l’oreille. Ce prélèvement n’induit pas de saignement et est considéré comme moins délabrant qu’une caudectomie. Néanmoins ce prélèvement n’est pas possible sur des animaux plus jeunes (oreilles plaquées contre le crâne). Enfin, le génotypage précoce permet de supprimer les nouveau-nés qui ne seront pas utilisés dans la semaine précédant le sevrage et ainsi de soulager la mère allaitante, parfois déjà gestante. De plus, l’établissement utilisateur en lien avec sa SBEA met au point la méthode de génotypage sur poils et chaque fois que cette méthode aura été validée et sera reproductible elle remplacera sur la durée du projet la biopsie de queue et d’oreille.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modifications génétiques portées par les souris et rats élevés permettent d’identifier des populations cellulaires spécifiques dans le système nerveux central, sont impliquées dans les rythmes biologiques, dans des pathologies neurodégénératives, du système immunitaire, d’ordre métabolique, la régulation de la douleur, les sécrétions neuroendocrines. Aucune autre espèce de mammifères ne peut ainsi être modifiée génétiquement. Les souris seront identifiées et biopsiées vigiles le plus souvent entre 6 et 8 jours et jusqu’à 12 jours maximum, et les ratons entre 3 et 4 jours, 7 jours maximum. Au-delà de ces âges maximum, les animaux seront anesthésiés Une intervention à un âge plus précoce s’accompagne d’un risque accru de cannibalisme. Néanmoins dans les cas exceptionnels où les nouveau-nés seraient utilisés avant l’âge de 6 jours chez la souris, ou 3 jours chez le rat, la biospie de queue sera réalisée à partir de l’âge de 2 jours chez la souris ou 1 jour chez le rat. La connaissance précoce du génotype est nécessaire pour les projets utilisant des nouveau-nés et permet de sélectionner au plus tard au sevrage les animaux à conserver.