
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-678833)
1 332 souris vont être utilisées, 1 152 d’entre elles dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées après sept à vingt-huit jours de suivi ou dès l’atteinte d’un point limite. Elles subissent une chirurgie de dix minutes qui provoque une péritonite, puis une instillation de bactéries directement dans les poumons, avec douleurs sévères, difficultés respiratoires, difficultés à boire et à manger, perte de poids et déshydratation. Une perte de poids supérieure à 20 % déclenche la mise à mort. L’enjeu déclaré est de restaurer les défenses pulmonaires de patients fragilisés par une première infection, et le porteur conclut que l’utilisation d’animaux vivants est « nécessaire » pour évaluer ces thérapies.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les infections bactériennes sévères représentent un problème croissant de santé publique et représentent une cause majeure de décès. Grâce aux progrès de la réanimation, la plupart des patients pris en charge pour des infections graves survivent à la phase initiale mais présentent ensuite une susceptibilité particulière aux infections nosocomiales (acquises à l’hôpital), et notamment des infections pulmonaires liées à des bactéries souvent multi-résistantes aux antibiotiques. L’objectif de ce projet est de restaurer les défenses contre les infections pulmonaires chez des animaux fragilisés par une première infection, sur la base de modèles de deux infections successives, d’abord extra-pulmonaire (péritonite) puis pulmonaire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les infections nosocomiales représentent un enjeu majeur de santé publique, notamment chez les patients fragilisés pris en charge en réanimation. Ces travaux expérimentaux visant à reproduire cette situation clinique particulière ont pour but d’investiguer les défenses pulmonaires des patients fragilisés, et identifier ainsi de nouvelles approches thérapeutiques applicables à l’homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Injections intra-péritonéales d’antalgiques: 8 à 10 fois, durée 10 s par injection Injections intra-péritonéales de traitement ou de solution : 1 fois, durée 10 s par injection Intervention chirurgicale : 1 fois, durée 10 minutes, sous anesthésie générale médicamenteuse Instillation pulmonaire: 1 fois, durée 15 s, après anesthésie générale gazeuse de 5 min Injection intra-veineuse: 1 fois, durée 30 s, sous anesthésie générale gazeuse.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Injections intra-péritonéales (antalgiques, médicaments immunomodulateurs): stress, douleur légère Intervention chirurgicale: stress de l’anesthésie et de la chirurgie, douleurs sévères, difficultés à boire et manger, perte de poids, déshydratation Inoculation intra-trachéale: stress de l’anesthésie et de l’instillation, difficultés respiratoires, difficultés à boire et manger, perte de poids, déshydratation Injection intra-veineuse: stress de l’anesthésie et de la ponction.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
mise à mort après atteinte de points limites ou de manière programmée pour prélèvements d’organes et de tissus, ou à la fin de la période de suivi pour l’expérimentation (7 à 28 jours)
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif global de ce projet de recherche est d’appréhender les conséquences et les mécanismes régulateurs des dysfonctions immunitaires induites par un sepsis sur les fonctions de défense pulmonaire. Le sepsis étant défini par une infection généralisée responsable de défaillances multi-organes, l’utilisation d’animaux vivants est nécessaire afin d’investiguer les conséquences de l’immunodépression induite par le sepsis sur une pneumonie bactérienne secondaire, et d’évaluer le potentiel immunomodulatuer de thérapies médicamenteuses ou cellulaires. Cependant, certaines expériences de modulation fonctionnelle peuvent être effectuées à l’aide de lignées cellulaires ou de cellules primaires manipulées ex vivo qui viennent compléter des résultats obtenus par l’expérimentation in vivo. Ainsi le T2AA a déjà fait l’objet d’évaluations fonctionnelles et mécanistiques in vitro sur des polynucléaires neutrophiles isolés.
2. Réduction
La procédure 1 a pour but d’optimiser les conditions d’administration intra-pulmonaire des cellules souches et ainsi réduire le nombre d’animaux utilisés dans la procédure 2. Les efforts de réduction impliquent la calibration de la sévérité des modèles en fonction des objectifs poursuivis, l’utilisation d’animaux de lignée, d’âge et de poids similaires, obtenus chez le même fournisseur. Dans la mesure du possible, les prélèvements d’organes et les investigations sont regroupées de manière à réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés. Une technique d’inoculation est utilisée pour induire une pneumonie, très fiable pour contrôler la dose de bactéries effectivement instillées en intra-pulmonaire, et de fait réduit la variabilité du modèle. Des tests statistiques adaptés ont été utilisés pour calculer au mieux le nombre d’animaux nécessaires, en prenant en compte la variabilité inhérente à ce type de modèle.
3. Raffinement
L’induction d’une péritonite, ainsi que la chirurgie contrôle seront réalisées sous anesthésie générale suivie d’une analgésie et d’une réhydratation systématiques biquotidienne pendant 72h. La technique d’instillation pour induire une pneumonie est réalisée par les voies naturelles sous une brève mais profonde anesthésie générale gazeuse. Les animaux seront soumis à une surveillance rapprochée avec établissement de points-limites justifiant la mise à mort anticipée de l’animal. La chirurgie se fera sous analgésie et sous anesthésie générale. Les animaux seront maintenus en milieu enrichi. En collaboration avec le vétérinaire, des points-limites stricts et spécifiques au projet ont été introduits. Ces points limites sont simples et reproductibles sous la forme de la perte de poids (>20%) et d’un score de douleur et d’inconfort adapté à ces actes expérimentaux. En cas de perte de poids intermédiaire (10 à 20% du poids initial) un diet gel sera mis à disposition sur le sol de la cage pour assurer une hydratation et prise alimentaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont les animaux les plus utilisés en immunologie, car dotées d’un système immunitaire de mammifères proche du système immunitaire humain. Les modèles murins de péritonite polymicrobienne, de choc endotoxinique et de pneumonie bactérienne miment des infections communes observées chez l’Homme. Nous utiliserons des souris âgées de 8-16 semaines (souris adultes avec système immunitaire mature), afin d’obtenir un poids relativement homogène (17-23g).