
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-804993)
1 836 souris vont être utilisées, chacune recevant jusqu’à soixante-seize administrations de composés et jusqu’à soixante-dix-neuf injections au total sur une étude de vingt-quatre jours. 816 d’entre elles subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, 816 un niveau modéré, et toutes sont tuées pour prélèvements. L’inflammation du système nerveux central qui leur est provoquée entraîne des douleurs pendant huit jours et un déficit moteur modéré à sévère selon le degré de paralysie, sur commande de laboratoires clients qui fournissent les molécules à tester. Le porteur indique que les études menées sous le projet précédent n’ont mis en évidence aucune molécule prometteuse dans cette pathologie.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La sclérose en plaques est une maladie auto-immune inflammatoire démyélinisante du système nerveux central. Une inflammation liée à un mécanisme auto-immunitaire est à l’origine d’une dégénérescence progressive de la gaine de myéline entourant les fibres nerveuses des neurones. Ce phénomène est à l’origine du ralentissement ou de l’arrêt de la conduction nerveuse induisant une faiblesse musculaire, des troubles de la motricité, de la vision, etc. La sclérose en plaques représente la première cause de handicap sévère non traumatique chez les jeunes adultes. L’âge moyen de début des symptômes est en effet 30 ans. Environ 110 000 personnes sont touchées en France avec 4 000 à 6 000 nouveaux cas par an. D’une manière générale, les causes de la maladie ne sont pas bien identifiées et l’origine exacte de la pathologie reste inconnue. De même, aucune thérapie n’existe à l’heure actuelle pour soigner cette pathologie très invalidante. C’est pourquoi l’étude de nouvelles molécules thérapeutiques est nécessaire. Les molécules thérapeutiques en développement ont pour objectif d’agir sur 3 axes : optimiser la stratégie anti-inflammatoire, favoriser la remyélinisation et la neuroprotection. Pour le traitement de la poussée, l’activité anti-inflammatoire des corticoïdes (anti-inflammatoires) accélère la rémission et permet de réduire le taux de rechutes à court terme. La phase pré-clinique qui consiste à étudier l’action des agents pharmacologiques in vivo chez le rongeur est une étape essentielle dans le développement de médicaments. Ce projet fait suite au projet #21592 arrivé à échéance. Il a pour but de tester de nouveaux médicaments à visée anti-inflammatoire en comparaison avec une molécule de référence et d’obtenir une efficacité égale, voire supérieure à celle-ci.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Un traitement anti-inflammatoire permet de diminuer cette phase inflammatoire qui mène à la destruction des axones et gaines de myélines. Les traitements disponibles à ce jour ne permettent pas de guérir la maladie, des injections d’anti-inflammatoires permettent de traiter les symptômes et peuvent prévenir les poussées qui reviennent par intermittences. Ce type de forme évolue par poussées, avec des épisodes de rémission plus ou moins long entre celles-ci contrairement aux formes progressives qui évoluent de façon continue, indépendamment des poussées. Dans les formes progressives de la maladie, l’efficacité des traitements n’est pas définitivement démontrée et semble au mieux très partielle. Ce projet a pour but de tester de nouveaux médicaments à visée anti-inflammatoire permettant de diminuer ou d’inhiber le développement de la maladie. Les études réalisées sur la précédente DAP n’ont pas permis de mettre en évidence des molécules prometteuses dans cette pathologie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Administrations de composés: maximum 76/souris (30 secondes/souris); Prélèvements de sang: maximum 4 prélèvements/souris (3 prélèvements sur animaux vigiles 1x/semaine et 1 prélèvement sous isoflurane en terminal, 1 minute/souris); Induction de la maladie: 3 injections/souris (30 secondes/souris, injection du premier jour sous isoflurane). Cela représente au total maximum 79/souris injections au cours d’une étude de maximum 24 jours avec 14 jours de traitements préventifs.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ce projet va permettre d’induire un modèle expérimental transitoire d’inflammation du système nerveux central chez la souris. Plusieurs injections seront nécessaires (solutions immunogéniques et molécules thérapeutiques à tester) et induiront des douleurs légères de courte durée. L’inflammation induite (mimant celle rencontrée chez l’homme lors de sclérose en plaque) sera à l’origine de douleurs de faibles à modérées (selon le stade de développement de la maladie) sur 8 jours et un déficit moteur (sur maximum 48h) de modéré à sévère (selon le degré de paralysie) selon l’efficacité ou non de la molécule thérapeutique testée. La douleur chez l’animal pourra induire malnutrition, faim, soif et stress même si des mesures seront mises en place pour limiter ces nuisances au maximum. Ces signes cliniques ont été observés chez moins de 5% dans la DAP précédente.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort afin d’effectuer des prélèvements qui permettront d’analyser différents paramètres immunologiques et histologiques et d’analyser l’effet des différentes molécules testées.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous proposons de mettre en place un modèle de sclérose en plaques chez la souris afin de tester in vivo l’efficacité de nouvelles thérapies: une thérapie composée d’un seul médicament (monothérapie) ou de plusieurs molécules (combinaison thérapeutique). La dose du composé est choisie en fonction des études in vitro réalisées par le laboratoire donneur d’ordre. Nos clients s’engagent, par signature d’une clause du contrat, à ce que la toxicité des composés ainsi que le véhicule fourni soient validés in vitro sur des modèles pertinents. La dose optimale choisie correspond à la dose induisant un meilleur effet thérapeutique avec le moins d’effets indésirables. Aucun modèle expérimental in vitro ou aucune modélisation informatique n’est à même de remplacer l’animal entier pour étudier l’efficacité de molécules thérapeutiques et les interactions entre les différents acteurs cellulaires et moléculaires des réponses inflammatoires. Les études in vitro ne permettent pas l’étude du système nerveux/immunitaire intervenant dans la maladie. L’exploration des différentes fonctions physiologiques impliquées dans la pathologie demande l’étude d’un organisme complet.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés sera réduit au minimum nécessaire (nombre validé par l’expérience acquise des dernières années sur ce modèle, il a été augmenté à 12 par groupe dû à la variabilité inter-individu observée), pour obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement significatifs évitant ainsi de refaire plusieurs fois les mêmes expérimentations. Les tests statistiques utilisés permettront soit de comparer 2 groupes indépendants entre eux en prenant en compte 1 variable ou bien de comparer 2 groupes indépendants entres eux en prenant en compte 2 variables.
3. Raffinement
Les animaux sont observés quotidiennement pour limiter les nuisances au maximum et détecter les premiers signes de douleur au moment de l’expérimentation. Des points limites prédictifs ont été mis en place, si des animaux présentent des signes de souffrance (surveillance renforcée) au cours de l’étude, un analgésique sera administré. La surveillance renforcée d’un animal implique 2 visites par jour (une visite en début de matinée et une autre l’après-midi). De plus, en cas de mobilité réduite ou de perte des poids des animaux, des croquettes humides ou de l’hydrogel seront ajoutés dans les cages.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le choix de la souris se justifie par des raisons d’ordres scientifique, pratique et éthique : – Mammifères proches de l’Homme: plus de 90 % des deux génomes correspondent à des régions portant des gènes de même fonction et dans le même ordre. Seulement 1 % des gènes murins n’a aucun équivalent chez l’homme et il existe de grandes analogies entre les deux espèces dans les systèmes et leur fonctionnement . – C’est l’animal de laboratoire le plus utilisé par la communauté scientifique et pour les études précliniques, selon les références bibliographiques. La méthodologie envisagée est aisée sur ce type d’animal et nous avons acquis une pratique expérimentale sur cette espèce. Le modèle est basé sur les publications (protocoles d’induction, grille d’évaluation de la maladie) afin d’éviter de refaire des études préliminaires. De plus ce modèle est maîtrisé depuis plusieurs années au laboratoire. Les animaux utilisés seront âgés de 7 semaines à 10 mois afin d’avoir un système immunitaire développé et mature. La sclérose en plaque étant une maladie neuro-dégénérative qui peut se déclarer en majorité chez des individus âgés, il est pertinent de réaliser des études chez des souris à un âge avancé (de 4 – 10 mois).