Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

1 467 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, certaines passant cinq jours seules en cage de mesure du métabolisme et recevant sept micro-prélèvements de sang par test. Nourries dès la gestation de leur mère avec un régime imitant l’alimentation ultra-transformée et additionné de polluants, elles subissent des tests d’anxiété et de mémoire, puis un faisceau infrarouge appliqué quatre fois trente secondes sur la patte, répété après l’injection d’un composé qui la fait rougir et gonfler. Le porteur annonce une prise de poids, des désordres métaboliques et des symptômes rappelant le diabète. Le modèle informatique de prédiction et les nouvelles réglementations alimentaires espérés restent à moyen et long terme, quand l’exposition aux polluants commence, elle, dès la vie intra-utérine.

NTS-FR-903167v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système endocrinien · Système nerveux ·
Mots-clés
Obésité, Nutrition, Polluants, Comportement, Cerveau
Souris : 1467

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les plastiques présents dans notre environnement représentent une source inquiétante de pollution. Les micro et nanoparticules issues de l’abrasion des plastiques transportent des substances chimiques polluantes qui se diffusent dans les tissus biologiques. Les aliments ultra-transformés, quant à eux, présentent non seulement une composition déséquilibrée (teneurs élevées en sel, sucres raffinés et graisses saturées), mais contiennent également un nombre important de substances chimiques nocives, ajoutées ou formées lors de la transformation industrielle. Les substances chimiques présentes dans les aliments ultra-transformés s’ajoutent aux polluants provenant des particules de plastiques. La consommation d’aliments ultra-transformés représente plus de 60 % des calories consommées dans certaines régions d’Europe. Dans une étude récente de notre groupe, où des hommes ont été exposés à une alimentation ultra-transformée, nous avons découvert que cette consommation dégrade l’humeur, altère la fonction reproductive et la sécrétion d’hormone par le cerveau. Dans cette même étude, nous avons observé que la consommation d’une alimentation ultra-transformée pouvait engendrer un taux de polluants élevés dans le sang. Nous émettons donc l’hypothèse que la consommation d’aliments ultra-transformés détériore les fonctions cérébrales par l’action de polluants chimiques associés. Les résultats de cette première étude chez l’Homme ont servi de base à l’élaboration de ce projet, dans lequel une nourriture présentant les caractéristiques d’une alimentation ultra-transformée telle qu’elle peut être trouvée chez l’Homme additionnée de polluants candidats sera administrée à des souris jeunes et adultes afin de déterminer leurs effets sur le fonctionnement du cerveau et le comportement.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

A moyen terme, nous souhaitons créer un modèle informatique qui permettra de prédire les effets des additifs et polluants sur la fonction et la santé du cerveau. Le bénéfice attendu à long terme est de participer à fournir les preuves scientifiques nécessaires à l’établissement de nouvelles réglementations pour l’industrie alimentaire et les décideurs politiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

La moitié des animaux est exposée à un régime de type ultra-transformé (riche en graisse, sucre et sels, pauvre en fibres) pendant un minimum de 8 ou 16 semaines. – Les animaux du groupe dont le métabolisme énergétique est analysé sont hébergés individuellement pour une durée maximum de 5 jours. Pour la détermination de leur composition corporelle, ils sont placés dans le tube d’analyse de l’appareil pendant quelques minutes. – Le groupe d’animaux sur lequel les analyses comportementales sont réalisées effectue un test de quelques minutes par jour pendant trois jour (tests d’anxiété). Le test de mémoire consiste en 5 jours d’entrainement (4 x 10 minutes par jour) et un jour de test (quelque minutes). – Le groupe d’animaux subissant les tests métaboliques reçoit une injection (15 secondes) et 7 micro-prélèvements de sang (environ 30 secondes par geste) pour chacun des 2 tests réalisés. Pour la réalisation de ces tests, la nourriture est retirée pendant 6h ou 15h (selon le test) avant le début des expériences. Pour le test de sensibilité thermique cutanée, les animaux sont placés dans une enceinte individuelle puis soumis à un faisceau lumineux infrarouge entraînant une augmentation ponctuelle de la température de la peau au niveau de la patte (30 secondes x 4 ; répété après l’injection d’un composé inflammatoire (30 secondes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux soumis à un régime de type ultra-transformé (riche en graisse, sucre et sels, pauvre en fibres) sur une longue période peuvent présenter une prise de poids plus importantes que les animaux soumis à un régime standard, ainsi que des symptômes rappelant le diabète (désordres métaboliques, troubles du comportement alimentaire, anxiété). L’analyse du métabolisme requiert que certains animaux soient hébergés individuellement pour une durée maximum de 5 jours, pouvant générer un stress. Pour la détermination de la composition corporelle des animaux, ils sont placés dans le tube d’analyse de l’appareil pendant quelques minutes, pouvant générer un stress. Pour les tests métaboliques, une douleur légère de courte durée associée aux injections et aux micro-prélèvements de sang est attendue. Les analyses comportementales peuvent stresser les animaux. Celles-ci sont de courte durée (quelques minutes pour chaque test). Pour le test de sensibilité, les animaux sont placés dans une enceinte individuelle puis soumis à un faisceau lumineux infrarouge entraînant une augmentation de la température de la peau au niveau de la patte (30 secondes x 4 ; répété après l’injection d’un composé entraînant une rougeur et un gonflement au niveau de la patte).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont mis à mort à l’issue des procédures afin de collecter les tissus et organes pour analyses biologiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les études impliquant l’analyse des effets de la nutrition sur l’organisme nécessitent l’utilisation d’un modèle animal, plusieurs tissus et systèmes intégrés étant affectés et interragissant au cours de la réponse (cerveau, foie, graisse, système immunitaire). A ce jour il est impossible de récréer ces conditions sans l’utilisation d’un organisme vivant. Cependant l’objectif de notre étude est de collecter suffisamment de données afin de créer un modèle informatique pouvant prédire l’effet des polluants qui devrait permettre l’utilisation de moins d’animaux à l’avenir.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris a été réduit autant que possible, tout en étant suffisant pour l’obtention de résultats statistiquement exploitables. Pour estimer le nombre d’animaux utilisés, nous avons utilisé un logiciel de calcul de taille d’échantillon. Chaque fois que cela est possible nous utiliserons un groupe de souris contrôles commun à plusieurs séries d’études. Nous optimiserons également la collecte de tissus postmortem à l’issue de chaque procédure afin de créer une « bibliothèque d’échantillons » pouvant être utilisés pour de futures analyses.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Avant le début de l’étude, les souris sont acclimatées au cycle de lumière inversée (allumage de 19h à 7h ; obscurité de 7h à 19h) pendant 2 semaines, cela permet de se conformer au cycle normal des animaux, les souris étant actives pendant la phase nocturne. Une lumière rouge, invisible pour les souris, est utilisée pour visiter les animaux. La température est maintenue à 26°C, proche de la zone de thermoneutralité des souris et facilitant la régulation de leur température corporelle. Elles seront également habituées à être manipulées pendant cette période, pour réduire toute forme de stress par la suite. Les polluants seront administrés aux animaux incorporés dans une gelose et au travers d’une administration orale volontaire, qui aura fait l’objet d’un entraînement préléalable. Les cages utilisées pour analyser la calorimétrie permettent aux animaux de conserver un contact visuel et olfactif et sont équipées de façon à fournir des occasions accrues d’interaction avec l’environnement (litière, mangeoire, biberon et maisonnette suspendus, roue) afin de compenser le fait que les animaux doivent être hébergés seuls pendant ce laps de temps. Pour le test de préférence au sucrose, une cage avec lecteur de puces (permettant d’indentifier individuellement les souris) permet d’héberger les animaux en groupe. Les prélèvements sanguins effectués en fin d’étude seront réalisés sous anesthésie. Pour les tests métaboliques, les animaux sont mises au calme dans la salle 1h avant le début de l’expérimentation. En cas d’hypoglycémie sévère pendant un test, du glucose est injecté et le test est immédiatement arrêté. Dans les tests de sensibilité cutanée, l‘animal échappe lui-même à la douleur en retirant sa patte. Dans tous les cas, la patte de l‘animal n‘est jamais exposée plus de 30 secondes à la chaleur. Cette exposition n‘entraîne aucune brulure ni lésion tissulaire. Des points limites ont été définis et seront appliqués afin de limiter la douleur et l’angoisse des animaux au minimum.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle de référence dans les études métaboliques, nous pouvons donc bénéficier d’un grand nombre de ressources et de données préliminaires existantes. Les animaux seront exposés aux régimes et polluants pendant la gestation de la mère, pendant l’allaitement et après le sevrage jusqu’à l’âge adulte afin de récréer au mieux les conditions d’une exposition tout au long de la vie et en particulier l’exposition à un très jeune âge. Les tests (comportementaux, métaboliques, physiologiques) seront eux tous réalisés sur des animaux adultes (à l’âge de 8 ou 16 semaines).