
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-827661)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’hémophilie est une maladie hémorragique héréditaire rare liée à déficit en facteur VIII (FVIII) de la coagulation pour l’hémophilie A et le facteur IX (FIX) pour l’hémophilie B. La sévérité de l’hémophilie est définie par les taux de FVIII ou FIX plasmatiques. La forme sévère, où le taux du FVIII ou FIX est indétectable dans le sang, est caractérisée par des saignements spontanés surtout au niveau articulaire. Les saignements articulaires répétés, peuvent conduire à une atteinte articulaire handicapante appelée arthropathie hémophilique (AH). Il s’agit d’une complication grave, de la maladie. La présence anormale du sang dans la cavité articulaire conduit à une inflammation et à terme à la destruction progressive de l’articulation. Le pilier du traitement de l’hémophilie est la substitution du facteur de coagulation manquant, afin de prévenir les saignements récurrents responsables de l’arthropathie. Cependant, aucun traitement actuellement disponible ne cible spécifiquement l’inflammation articulaire, pour la faire régresser afin de bloquer la progression de l’AH, alors que le liraglutide visant à contrôler l’inflammation pourrait avoir un effet bénéfique, protecteur contre l’AH handicapante. L’objectif de ce projet est d’évaluer l’efficacité préventive du liraglutide pour traiter la synovite de l’AH et de bloquer ainsi l’évolution de l’atteinte articulaire chez les souris hémophiles B
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La comparaison entre le traitement habituel par concentré de facteur de coagulation et le liraglutide, va permettre d’évaluer l’efficacité potentielle de ce médicament dans le contexte d’arthropathie hémophilique, médicament couramment utilisée dans d’autres pathologies et ayant un effet anti-inflammatoire significatif sans effet secondaire majeur. Si les résultats de l’étude montrent une efficacité suffisante du liraglutide dans l’arthropathie hémophilique, une étude clinique pourra alors être proposée pour évaluer l’efficacité du liraglutide chez des patients hémophiles.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront séparées en 2 groupes pour comparer l’effet d’un adjuvent au traitement de référence dans la prise en charge de l’arthropathie hémophilique. Pour cela, les souris auront trois ponctions articulaires pour mimer la maladie et recevront soit le traitement de référence seul par injection ou le traitement de référence plus l’adjuvent par injection. Au terme de l’expérimentation, un prélèvement de sang total sera effectué. Les animaux seront soumis, sous anesthésie générale, à 1. Une ponction articulaire : 2-3 min 2. Un prélèvement sanguin: 1 min 3. La mesure du genou siège d’arthropathie : 30 sec 4. Une injection (groupe 1) et deux injections (groupe 2) : 1-2 min 5. Un prélèvement sanguin et mise à mort : 3-5 min
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Au cours du projet, tous les gestes sont réalisés sous anesthésie et certains post mortem. Après le réveil suite à l’induction de l’arthropathie et de l’injection retro-orbitale, l’expérience de notre groupe ne nous fait attendre aucune douleur. Les injections répétées des traitements peuvent provoquer une douleur légère (piqûre d’aiguille). Le modèle de souris hémophile KO ne présente pas de saignements spontanés mais des risques d’hémorragie en cas de blessure. Une possible gêne locomotrice suite aux ponctions répétées et une possible perte de poids suite à l’administration de la molécule testée peuvent se présenter au cours du protocole.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La mise à mort est justifiée par la nécessité de prélèvement de 1mL de sang total, non compatible avec le maintien en vie de l’animal
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La nécessité d’un modèle animal est justifiée par le besoin d’un modèle vivant, dynamique et doté d’un système vasculaire et locomoteur pour cette étude sur les dégâts articulaires handicapants induits par l’hémophilie et son traitement. La mise au point des techniques in vitro est réalisée au maximum avant l’utilisation des souris ce qui nous permet de conserver le modèle de souris hémophile, modèle éprouvé et fiable pour notre étude.
2. Réduction
En accord avec l’expérience acquise par le groupe, le nombre d’animaux utilisés dans ce projet est réduit à son minimum sans compromettre la validité statistique des résultats. De plus, les tests développés au laboratoire nous permettent d’effectuer un maximum de mesure et d’étude sur le même animal. Les mesures biologiques réalisées sur une souris vivante sont corrélées aux mesures histologiques de cette même souris et chaque souris constitue son propre contrôle pour l‘étude de l’articulation du genou droit.
3. Raffinement
Toutes les mesures seront prises pour préserver le bien-être de l’animal. Quand cela est possible, les souris sont maintenues en groupe par fratrie avec l’utilisation de biberon à longues tiges, de l’eau gélifiée et de la nourriture dans la cage en cas de problèmes locomoteurs. Tout gestes traumatiques ou stressants seront réalisés sous anesthésies et analgésie
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris représente la seule espèce animale, après le chien hémophile, à permettre la mesure de l’activité des médicaments de l’hémophilie et d’étudier la destruction articulaire induite par la maladie. Il est important de préciser que la souris hémophile, paradoxalement à la forme humaine de cette maladie, n’est pas victime de saignement spontané et les saignements sont provoqués que par des traumatismes. Pour cette étude, nous allons utiliser des souris matures. Il est important de travailler avec des jeunes adultes dont la croissance est finie. Les souris très jeunes sont à éviter car leur croissance articulaire n’est pas encore terminée et les souris très âgées sont également à éviter en raison de la modification possible de la coagulation avec l’âge et par conséquent la tendance hémorragique.