Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

2 016 rats vont être utilisés, chacun recevant l’implantation d’une tumeur cérébrale puis deux à cinq interventions sous anesthésie générale. Toutes les procédures sont classées en niveau de souffrance sévère et tous les rats seront tués pour prélever le cerveau. Le porteur indique que la tumeur provoque, à partir de trois semaines, des troubles du mouvement et une perte d’appétit liés à l’effet de masse en phase terminale, certains groupes étant suivis dans le temps pour établir des courbes de survie. Les bénéfices annoncés restent scientifiques et précliniques, une meilleure prise en charge des patients atteints de glioblastome étant renvoyée au moyen et au long terme.

NTS-FR-987428v1
Types de recherche
· Cancers · Oncologie · Recherche appliquée · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Chimiothérapie, Radiothérapie, Gliome, Nanoparticules
Rats : 2016

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le gliome est le cancer du cerveau le plus fréquent et le plus grave chez l’adulte. Il se développe rapidement, s’étend dans le tissu cérébral voisin et reste très difficile à traiter. Chaque année, environ 3 personnes sur 100 000 sont diagnostiquées avec un glioblastome. Malgré les traitements actuels, l’évolution de la maladie est défavorable : la moitié des patients vivent environ 15 mois après le diagnostic, et moins de 5 % sont encore en vie cinq ans plus tard. La radiothérapie consiste à utiliser des rayons pour abîmer les cellules de la tumeur et freiner sa croissance, tout en préservant au maximum les tissus sains. Elle est un pilier essentiel des stratégies thérapeutiques, notamment pour les cancers localisés ou en complément d’autres traitements comme la chirurgie et la chimiothérapie. Un développement prometteur pour renforcer l’efficacité de la radiothérapie est l’utilisation de particules de très petite taille appelées nanoparticules : des nanoparticules remplies avec une drogue anticancéreuse qui peuvent s’ouvrir avec la radiothérapie permettant de libérer la drogue anticancéreuse localement dans la tumeur. L’intégration des nanoparticules dans les traitements de radiothérapie pourrait ainsi représenter une avancée majeure dans l’optimisation des soins du cancer, permettant d’améliorer la précision des traitements, et de réduire les effets secondaires. L’objectif de ce projet est de tester si l’utilisation de ce type de nanoparticules, chargées en drogue anticancéreuse, améliore la radiothérapie. Cette étude utilisera des rats porteurs de gliomes et testera l’hypothèse selon laquelle des nanoparticules peuvent augmenter la réponse à l’irradiation et permettre une meilleure survie des animaux traités. Les résultats attendus pourraient fournir des preuves expérimentales robustes pour de futures stratégies thérapeutiques directement transposables chez l’homme.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le glioblastome reste aujourd’hui une maladie de très mauvais pronostic, malgré l’association des traitements standards incluant la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. L’un des principaux obstacles à l’efficacité de la radiothérapie est la capacité des cellules tumorales à réparer les dommages induits par l’irradiation, ce qui limite l’effet du traitement et favorise les récidives locales. Le bénéfice attendu de ce projet est avant tout scientifique et préclinique. Cette étude vise à améliorer la compréhension des effets biologiques de nanoparticules contenant un agent chimiothérapeutique administrées en association avec une irradiation, dans un modèle de glioblastome chez le rat. Elle permettra d’évaluer si cette approche combinée peut renforcer l’effet de la radiothérapie en limitant la capacité des cellules tumorales à se réparer après irradiation. À moyen terme, les résultats de ce projet pourraient contribuer à : 1/ identifier des stratégies thérapeutiques innovantes combinant l’utilisation de la radiothérapie et de nanoparticules qui augmentent son effet, 2/fournir des données expérimentales robustes pour optimiser les traitements combinés en soin du cancer , 3/réduire, à terme la résistance tumorale aux traitements actuels. À plus long terme, ces travaux pourraient servir de base au développement de nouvelles approches thérapeutiques plus efficaces et potentiellement mieux tolérées, susceptibles d’améliorer la prise en charge des patients atteints de glioblastome.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront placés sous anesthésie générale pendant l’implantation des tumeurs et pendant les traitements. Ils recevront également des médicaments anti douleurs si nécessaire. Ils recevront un traitement de chimiothérapie et un traitement de radiothérapie ou la combinaison des deux traitements. Comme c’est le cas pour les humains, les animaux seront suivis par imagerie médicale. Le nombre d’interventions sera de 2 à 5 selon les groupes auxquels les animaux appartiennent. La durée des procédures varie de quelques minutes à 1h maximum.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’imagerie sur animl vivant, la pose de cathéter dans la veine de la queue et la procédure de radiothérapie, qui seront réalisées sous anesthésie générale, présentent des contraintes légère pour les animaux. La chirurgie pour implanter les tumeurs cérébrales peut induire des douleurs, elle sera conduite sous anesthésie générale avec délivrance d’antalgiques. Le développement de la tumeur peut engendrer l’apparition de troubles neurologiques dus à l’effet de masse induit par la tumeur en phase terminale, c’est-à-dire à partir de 3 semaines après l’implantation de la tumeur (troubles du mouvement, perte d’appétit). Les autres effets indésirables attendus sont les douleurs induites des effets indésirables possibles des chimiothérapies (pertes d’appétit, toxicité rénale).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue des procédures, les animaux seront mis à mort pour obtenir un prélèvement cérébral. Différentes analyses seront réalisées sur ces prélèvements. Certains groupes de rats seront suivis dans le temps pour évaluer l’efficacité des traitements.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas à ce jour de méthodes alternatives (n’impliquant pas d’animaux vivants) qui permettent l’étude de l’efficacité thérapeutique en combinaison avec la radiothérapie. En effet, l’appréciation de l’efficacité d’une technique de thérapie anticancéreuse nécessite le passage par un organisme reflétant la complexité des interactions entre le tissu sain et le tissu tumoral, la présence d’une vascularisation tumorale, d’un système immunitaire et le microenvironnement tumoral. Les modèles de tumeurs les plus reproductibles et à croissance rapide ont été développés chez les rongeurs. L’un des outils permettant de mesurer l’efficacité thérapeutique, que nous utiliserons dans le cadre de cette étude, est le suivi de la régression ou progression tumorales dans le temps. Les agents de chimiothérapie qui seront testés ont déjà été utilisés dans le cadre d’études précliniques ou cliniques. L’étape d’expérimentation animale que nous proposons permettra de progresser dans la mise au point de ces nouvelles thérapies antitumorales et de procéder à leur évaluation pré-clinique avant de réaliser des essais cliniques chez l’homme. Il n’existe pas de méthodes alternatives pour réaliser ce travail.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux par groupe a été dimensionné avec un logiciel dédié et sur la base de notre expérience, et prend en en compte la variabilité biologique inhérente aux modèles tumoraux. Il garantit une puissance statistique suffisante pour mettre en évidence des différences de faibles amplitudes entre les groupes traités avec les particules chargées avec une drogue anticancéreuse + radiothérapie et les groupes injectés avec la chimiothérapie de référence + radiothérapie. Afin de réduire le nombre de composés à évaluer, beaucoup d’essais ont déjà été réalisés sur des cellules en culture. Les chimiothérapies (ou nanoparticules) qui seront testées sur l’animal auront été préalablement testées et validées sur des cultures de cellules tumorales (2D et/ou 3D). Seuls les composés les plus performants seront testés chez l’animal. Dans la mesure du possible, les différentes particules seront testées en parallèle, afin de mutualiser les groupes contrôles et d’éviter de constituer des groupes contrôles redondants. Les expériences seront répétées en faisant varier les paramètres liés à l’agent thérapeutique (concentration en nanoparticules, taux de charge en chimiothérapie). Le nombre d’animaux par groupes contrôles sera alors réduit à 5. Approche statistique : La significativité des courbes de survie et celle des résultats obtenus pour l’analyse histologique seront testées. Pour les études IRM, les groupes seront comparés en utilisant des tests dédiés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Des mesures de raffinement ont été adoptées afin de réduire la douleur, notamment en mettant en place des points limites. Les animaux arriveront à l’animalerie une semaine avant l’implantation tumorale pour acclimatation et seront hébergés en groupes. Nous utiliserons la procédure d’enrichissement définie par la SBEA et l’animalerie rongeur. Afin de réduire le stress et la douleur des procédures chirurgicales, de l’imagerie et de la radiothérapie, ces procédures sont réalisées sous anesthésie générale, en utilisant pour chacune des étapes les analgésiques et anesthésiques les plus adaptés à chacune des situations L’état de santé des animaux sera surveillé tout au long de l’expérience et évalué grâce à une grille codifiant les symptômes observés lors de l’examen clinique. Pendant la première phase de l’expérience (durant les 13 jours entre l’implantation des cellules tumorales et le premier examen IRM), l’examen clinique sera réalisé tous les 2 jours, car l’état général des animaux n’est pas affecté à ce stade. Après traitement, les animaux seront examinés 1 fois par jour pendant les 6 premières semaines, puis un jour sur 2 ou 3 en cas de bonne santé générale jusqu’à la fin de l’étude. Le suivi sera intensifié si un l’état de santé d’un animal se dégrade. Cela nous permettra d’intervenir immédiatement et de manière appropriée dès le moindre signe de souffrance. Les animaux sont mis à mort lorsque les points limites seront atteints. Toutes les mesures nécessaires seront prises pour réduire la souffrance des animaux. L’ensemble des expérimentations seront réalisées sous anesthésie adaptée, les animaux seront maintenus en température et un suivi de la fréquence cardiaque et respiratoire sera effectué lors des séances d’IRM. L’administration d’antalgiques sera considérée pour soulager la douleur.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le rat est une espèce adéquate car il existe un degré de similitude important avec le cerveau humain. De plus, le cerveau du rat est suffisamment gros pour permettre d’obtenir des images IRM assez résolues et de réaliser des irradiations dans de bonnes conditions de préservation des tissus sains. Les modèles tumoraux les plus reproductibles et les plus rapides, conduisant à une utilisation optimisée, plus efficace et sur un plus petit nombre d’animaux, sont disponibles essentiellement chez la souris et le rat. Cela concerne en particulier la littérature abondante des irradiations comparables à nos expériences. Les lignées de cellules tumorales chez le rat que nous utiliserons sont bien adaptées pour étudier les effets de la radiothérapie sur le microenvironnement tumoral. L’ensemble des animaux sera utilisé à l’âge adulte (6 à 8 semaines pour le rat). Les protocoles sont optimisés pour des animaux de cet âge, ce qui permettra un transfert sans difficulté pour ces expérimentations.