Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif du projet est de développer une méthode rapide et sans contact pour l’estimation de la composition corporelle du porc. La connaissance de la composition corporelle, à savoir les teneurs en muscle et gras, est essentielle à tous les niveaux dans le cadre de l’élevage porcin. La composition en muscle est, avec le poids, un des critères de paiement des carcasses aux éleveurs. Par ailleurs, le suivi de la composition corporelle fait partie des éléments permettant d’adapter l’alimentation des animaux pour assurer les performances de croissance, la qualité de la lactation pour les mères et aussi la santé des animaux. Afin de répondre à ce besoin, de nombreuses méthodes d’estimation de la composition corporelle sur l’animal vivant ont été mises au point et utilisées depuis plusieurs décennies (exemple : échographie, imagerie par rayons X ou IRM …). Cependant aucune n’est à la fois précise, peu coûteuse, rapide et ne nécessitant pas de contention ou d’anesthésie. Il est donc nécessaire d’améliorer les méthodes existantes, voire d’en développer de nouvelles, grâce à des outils méthodologiques modernes. L’objectif de ce projet est de mettre au point et de calibrer, grâce à une mesure de référence, une nouvelle méthode d’estimation in vivo de la composition corporelle chez le porc. Cette méthode se veut rapide et peu coûteuse, et ne nécessite ni anesthésie ni contention et potentiellement aucun contact avec l’animal. Cette nouvelle méthode en cours de développement consiste en l’utilisation d’ondes électro-magnétiques (radar). L’objectif est d’établir les relations entre les mesures réalisées avec le prototype et celle réalisée au scanner à rayon X (CT scan). Le CT scan permet de mesurer sur l’animal vivant mais anesthésié la composition corporelle de façon rapide et non-destructive et est reconnu comme une référence pour ce type de mesure.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet est une validation et une calibration de prototype. Les données obtenues lors de ce projet seront utilisées pour établir les équations reliant les mesures par ondes radar à la composition corporelle en utilisant les données de composition corporelle estimée par CT-scan comme référence. Ce prototype sera ensuite affiné pour proposer à moyen terme un appareil de mesure adapté aux mesures en élevage sur animaux vivants non anesthésiés. L’objectif à terme est de proposer un dispositif permettant d’obtenir en élevage expérimental ou commercial des données de composition corporelle sur les porcs par une mesure à distance, sans contention et automatique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront anesthésiés pour être scannés par un scanner à Rayons X puis par onde radar. Chaque animal ne passera qu’une fois dans chaque appareil de mesure. Le temps des deux mesures et de la manutention ne dépassera pas 20 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Il y a trois nuisances identifiées dans ce protocole. La première est la contention de l’animal pour l’administration de l’anesthésie. Si les animaux des stades 30 kg voire 70 kg peuvent être immobilisés au moyen d’un panneau, au stade de 115 kg la contention peut nécessiter d’utiliser un lasso de contention. C’est vraisemblablement la principale nuisance et la plus stressante et douloureuse pour l’animal. Cependant, c’est la seule méthode possible pour des animaux lourds, à la fois pour la sécurité de l’opérateur mais aussi pour la qualité de l’injection et donc de l’anesthésie ; une anesthésie incomplète peut générer un stress chez l’animal. La deuxième nuisance est l’utilisation d’une aiguille et l’injection des produits anesthésiants. Toute piqûre ainsi que l’injection des produits eux-mêmes pour l’animal sont des actes douloureux. Enfin, durant l’anesthésie, rarement, l’animal peut ressentir de l’inconfort, des spasmes et parfois une difficulté respiratoire.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les mesures étant non invasives, la seule perturbation à l’élevage normal de ces animaux est cette prise de mesures avec anesthésie. D’expérience, cette procédure n’a pas d’incidence sur la vie de l’animal donc il est replacé dans ses conditions normales d’élevage à la fin de la procédure.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Afin de mesurer une composition corporelle, le projet ne peut être mené que sur un animal. En amont de cette expérimentation, le prototype d’appareil de mesure par onde electro-magnétiques (radar) a d’abord été testé sur des modèles non biologiques mimant les propriétés des tissus appelés « fantômes » (gels, liquides, plastiques), puis récemment sur des pièces bouchères (« dos de porcs découpés »). L’étape suivante est donc la mesure sur animal vivant. Les animaux sont anesthésiés au lieu d’être euthanasiés afin d’éviter la raideur cadavérique pour les manipulations des animaux dans les dispositifs (positionnement des pattes par exemple) mais aussi pour conserver les rythmes respiratoires et cardiaques qui peuvent avoir un effet sur les mesures.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de 21 animaux soit 7 par stade est le minimum que l’on puisse utiliser pour établir une relation relativement fiable entre les deux méthodes de mesures. De plus, nous considérons que la relation entre les deux techniques de mesure peut être indépendante du stade de l’animal. Nous vérifierons l’absence d’effet du stade sur la relation.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux bénéficieront d’un suivi pendant l’expérimentation de techniciens en expérimentation animale formés à l’éthique. Le suivi de l’expérimentation sera assuré par un ingénieur d’études et une vétérinaire formés aux exigences de l’expérimentation et sensibilisés fortement au bien-être animal. L’anesthésie par injection intramusculaire est la méthode la plus simple à réaliser et la moins invasive. Un soin tout particulier sera apporté à la contention. La contention au panneau sera réalisée en limitant le stress et sans douleur pour l’animal. Quant à la contention au lasso pour les animaux les plus lourds, elle sera la plus brève possible. La contention et le transport pendant l’anesthésie seront réalisés avec un matelas à dépression utilisé sur les humains. Cela a pour effet de limiter l’inconfort de l’animal et d’assurer une manutention sans risque pour l’animal et les opérateurs. L’animal est surveillé pendant l’anesthésie. Une attention particulière sera prise au chauffage (chauffage d’appoint si nécessaire) des zones de mesure et de la case de réveil car l’anesthésie ralentit la thermorégulation. Le réveil de l’animal est surveillé et il retournera dans sa case d’origine une fois pleinement conscient et mobile.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le projet consiste à évaluer la méthode de mesure de la composition corporelle par la méthode radar à des fins de recherche mais aussi éventuellement commerciales sur l’espèce porcine. 3 stades de développement ont été choisis : 30, 70 et 115 kg. 7 animaux de chaque stade seront utilisés. Ces trois stades ont été choisis car cela coïncide globalement avec le début, le milieu et la fin de la croissance au cours de laquelle la composition corporelle change fortement. Cela permet d’avoir la variabilité souhaitée pour établir les relations entre la composition corporelle et la mesure radar, mais aussi de vérifier que cette relation n’est pas dépendante du stade, ce qui est notre hypothèse. Si cela était le cas, une étude complémentaire serait nécessaire.