
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-862895)
Rendues diabétiques par l’injection d’un médicament, une partie des 96 souris subit des atteintes classées sévères, l’ensemble étant tué à l’issue. Le projet veut mesurer l’effet du diabète du père sur la santé de sa descendance, ce qui conduit à faire entrer dans la procédure les géniteurs, les mères reproductrices et les petits, tous mis à mort. La glycémie des mâles est contrôlée chaque semaine par prélèvement de sang à la queue, sans anesthésie, pendant plusieurs cycles de reproduction. Les mâles sont tués vers trois à quatre mois.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le diabète et l’obésité chez les parents peuvent augmenter le risque que leurs enfants développent plus tard des problèmes cardiovasculaires. Cependant, les mécanismes qui expliquent ce phénomène sont encore mal connus. On sait que l’environnement et le mode de vie peuvent modifier le fonctionnement de certains gènes et influencer ainsi la santé de la descendance. Mieux comprendre ces effets est important pour améliorer le diagnostic et la prévention des maladies. Ce projet vise à étudier l’effet du diabète chez le père sur la santé métabolique de ses descendants. Pour cela, nous utiliserons un modèle de souris dans lequel le diabète peut être provoqué chez les mâles. Le poids de ces animaux sera suivi régulièrement avant qu’ils soient accouplés avec des femelles non diabétiques. Cette approche permettra d’obtenir des petits issus de pères diabétiques ou non diabétiques. L’étude portera ensuite sur les descendants. Des groupes de neuf animaux de chaque sexe seront constitués et étudiés à l’âge adulte (3 à 4 mois). Au total, quatre groupes seront analysés. Tous les animaux feront l’objet d’un suivi de leur croissance grâce à des pesées hebdomadaires, et leur consommation alimentaire sera mesurée. Des tests seront également réalisés pour évaluer la manière dont leur organisme régule le sucre dans le sang. Ces travaux ont pour objectif de mieux comprendre l’origine de certaines maladies métaboliques et cardiovasculaires. À plus long terme, ils pourraient contribuer à améliorer la prévention, le diagnostic et la prise en charge de ces pathologies.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les effets indésirables causés durant les actes expérimentaux sont : 1) des nuisances légères : lésions liées aux injections sous-cutanées et aux prélèvements sanguins. Le diabète est induit chez les mâles après injection sous-cutanée sans anesthésie. À partir du 7ᵉ jour suivant l’induction du diabète, la glycémie sera mesurée une fois par semaine par prélèvement d’environ 10 microlitres de sang au niveau de la queue, sans anesthésie, pendant trois cycles de spermatogenèse. 2) des nuisances sévères : douleurs liées à la pathologie diabétique. Les symptômes cliniques observés chez les souris diabétiques sont l’hyperglycémie, la glycosurie, la polydipsie et la polyurie. En l’absence de prise en charge, une déshydratation peut survenir. Toutefois, les niveaux de glycémie attendus (inférieurs à 35 mmol/L) sont considérés comme tolérables et limitent les risques de déshydratation. 3) du stress lié à l’isolement temporaire lors des tests du métabolisme des glucides. Des douleurs transitoires peuvent survenir lors des prélèvements sanguins au niveau de la queue, lors de l’administration de solutions sucrées par gavage et lors des injections intrapéritonéales. Ces effets sont de courte durée et réversibles. Les tests du métabolisme des glucides nécessitent une mise à jeun préalable (4 à 6 heures). De même, la veille de l’euthanasie, les animaux seront mis à jeun. Les animaux subiront au maximum deux administrations par gavage, deux prélèvements sanguins et une injection intrapéritonéale au cours du protocole. La contention répétée des animaux pourra également être source de stress.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Au cours du protocole expérimental, des administrations seront réalisées par voie intrapéritonéale (IP) et par voie orale (PO), à raison d’une injection IP et d’une administration PO par animal, selon le schéma expérimental défini (sur 36 animaux). L’induction du modèle sera réalisée par une injection sous cutanée de tamoxifène (médicament bien connu) qui devrait engendrer peu de douleurs aux animaux. Dans le cas d’une souffrance légère, la surveillance de l’animal sera renforcée avec une observation bi journalière. L’eau complémentée en sucrose sera remplacée par une eau sans sucrose enrichie en pyruvate 1% jusqu’à la fin du protocole expérimentale. Les prélèvements sanguins nécessaires aux mesures de la glycémie, seront limités à un volume de 10 ul par animal et réalisés au niveau de la queue. Ceci est rendu possible par l’utilisation de glucomètre à bandelettes réactives.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables causés durant les actes expérimentaux sont : 1) des nuisances légères : Lésions liées aux injections sous-cutanées et prélèvements sanguin. Le diabète est induit chez les mâles Kir6.2-V59M après injection de tamoxifène en sous-cutané sans anesthésie. Dès le 7ème jour après l’induction de diabète chez les mâles, la glycémie sera mesurée 1 fois par semaine par prélèvement de 10 microlitres de sang au niveau de la queue sans anesthésie pendant 3 cycles de spermatogenèse. 2) des nuisances sévères : Douleurs liées à 2 types de maladies. Diabète paternel : Les symptômes cliniques de nos souris diabétiques sont l’hyperglycémie, glycosurie, polydipsie et polyurie. Si le diabète n’est pas traité, la mort résulte de la déshydratation. D’après nos résultats obtenus à partir de souris femelles diabétiques, les glycémies devraient être inférieures à 35 mmol/l. Ces valeurs sont tolérables pour les animaux et limitent les risques de déshydratation. 3) Stress lié à l’isolement lors de test de tolérance au glucose (OGTT) ou à l’insuline (ITT). Douleurs possibles lors de l’incision à la queue pour les prises de sang et lors du gavage avec une dose de glucose (OGTT) et lors des injections intrapéritonéales d’insuline (ITT). Ces nuisances ou effets indésirables sont toutes temporaires et réversibles. Lors des tests OGTT et ITT les animaux seront soumis à des restrictions alimentaires afin de réaliser les tests sur animaux à jeun (4h ou 6h). De même, la vielle au soir de l’euthanasie, les animaux seront mis à jeun. Les souris subiront deux gavages durant le protocole, deux prises de sang à la veine caudale et une injection intrapéritonéale, qui pourraient engendrer des douleurs temporaires être réversibles. Contention des animaux à plusieurs reprises lors des tests OGTT et ITT.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux (géniteurs diabétiques, mères reproductrices et descendants) entrant dans cette procédure seront mis à mort. Les mâles seront soumis à l’euthanasie à l’âge de 3-4 mois.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie dans ce projet, car il n’existe actuellement aucune méthode de substitution permettant d’étudier l’effet d’une surcharge en glucose chez les géniteurs sur la santé métabolique de leur descendance. Il est impossible d’expérimenter ces conditions chez l’être humain, en raison des analyses tissulaires nécessaires. Le recours à un modèle animal est donc indispensable pour étudier cette pathologie. À ce jour, le seul modèle de mammifère fiable pour reproduire un diabète paternel est un modèle génétique de souris permettant de mimer une altération du contrôle de la glycémie. Nous utiliserons ce modèle afin de générer des mâles présentant une surcharge en glucose et capables de transmettre à leur descendance une prédisposition aux troubles métaboliques.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé dans ce projet a été déterminé afin d’obtenir des résultats fiables tout en minimisant l’utilisation d’animaux. Chaque lot comprendra 9 animaux, ce qui représente le nombre minimum nécessaire pour mettre en évidence des différences significatives entre les lots, notamment en ce qui concerne l’homéostasie glucidique, à l’aide d’un test de Student. Les tailles de groupes ont été définies sur la base d’analyses statistiques prévisionnelles, garantissant une puissance suffisante pour détecter les effets du diabète paternel sur le métabolisme de la descendance. Les analyses longitudinales permettront de recueillir plusieurs types de données (suivi de croissance, consommation alimentaire, évaluations métaboliques et cardiovasculaires) à partir de chaque animal, évitant ainsi l’utilisation d’animaux supplémentaires pour chaque mesure. Cette approche garantit que chaque animal contribue de manière optimale à la production de données scientifiques pertinentes, conformément au principe de réduction des expérimentations animales.
3. Raffinement
Le paradigme expérimental, induction du diabète chez les pères est susceptible d’être générateur de souffrance. Un suivi journalier et un scoring au minimum deux fois par semaine seront réalisés sur les animaux afin d’établir les niveaux de douleurs, de souffrance et d’angoisse éventuellement générés lors du projet. Les souris dont les paramètres physiologiques seront modifiés seront mises à mort. Les animaux seront hébergés en cage de 3, et l’environnement sera enrichi par la présence d’un igloo en plastique ou en carton. Les animaux seront manipulés régulièrement pour les habituer à notre contact et ainsi limiter leur stress. Des conflits entre animaux au sein d’une même cage pourraient se produire et engendrer des blessures. Dans ce cas, l’animal blessé sera soigné et placé dans une cage individuelle permettant de garder des contacts visuels, olfactifs et auditifs avec ses congénères jusqu’à rétablissement. Des points limites gradés et précis ont été définis pour chaque acte expérimental. Un arbre décisionnel en fonction des observations faites permettra l’application des points limites et la mise en application de critères d’arrêt.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Notre sujet de travail porte sur les troubles métaboliques causés par un diabète paternel. À ce jour, les souris génétiquement modifiées sont les seuls modèles animaux permettant de reproduire de manière fiable ces pathologies. En effet, il existe de fortes similitudes entre les mécanismes de régulation de la glycémie chez l’humain et chez la souris. Par ailleurs, des outils génétiques robustes ont été développés chez la souris, ce qui en fait l’un des meilleurs modèles d’étude pour comprendre les désordres métaboliques. Pour la partie reproduction, nous utiliserons des mâles reproducteurs âgés de 8 à 14 semaines afin d’exclure l’impact de l’âge paternel sur l’apparition des troubles métaboliques. Les tests d’homéostasie glucidique seront conduits entre l’âge de 3 et 4 mois.