Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Pour tester un composé antalgique contre les douleurs provoquées par la chimiothérapie, 1 380 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l’issue. Quatre injections leur induisent une neuropathie qui produit pendant une trentaine de jours une sensibilité accrue au toucher et au froid ainsi que des douleurs spontanées, puis elles reçoivent de deux à seize injections du composé à évaluer. Les seuils sont mesurés par le test de Von Frey, par une plaque refroidie à 10 °C et par un enregistrement automatisé du comportement, avant une chirurgie terminale sous anesthésie. Le porteur qualifie ces trois tests de « courts et non invasifs », alors que la totalité des 1 380 souris est déclarée en gravité sévère et que la douleur induite est l’objet même du protocole.

NTS-FR-464456v1
Types de recherche
· Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Organes sensoriels · Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
analgésique, comportement, douleurs induites par les chimiothérapies
Souris : 1380

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La douleur chronique est un enjeu majeur de santé publique : près d’une personne sur cinq dans le monde en souffre, et les traitements disponibles restent souvent insuffisants ou associés à des effets secondaires importants. Nous cherchons à pallier ce manque en développant de nouveaux médicaments plus efficaces et mieux tolérés. Notre composé est un candidat prometteur pour le traitement de la douleur, qui a déjà montré des résultats encourageants dans des études préliminaires. Avant de pouvoir le proposer aux patients et lancer des essais cliniques chez l’Homme, la réglementation nous impose de démontrer son efficacité et son innocuité dans des modèles animaux. C’est l’objet de ce projet.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

À court terme (1-2 ans), ce projet permettra d’identifier un composé potentiellement efficace contre les neuropathies périphériques chimio-induites, pour lesquelles aucun traitement satisfaisant n’existe actuellement. Les données précliniques générées constitueront la base scientifique nécessaire pour une future demande d’autorisation d’essai clinique chez l’homme. À moyen terme (3-5 ans), si les résultats sont positifs, le composé X pourrait entrer en développement clinique (phases I-II). Un effet thérapeutique confirmé chez l’homme bénéficierait potentiellement aux 60% de patients traités par chimiothérapie qui développent ces neuropathies, soit plusieurs centaines de milliers de patients annuellement à l’échelle mondiale. La disponibilité d’un traitement préventif efficace permettrait de maintenir les doses thérapeutiques optimales de chimiothérapie sans interruption, améliorant ainsi les taux de survie des patients cancéreux. Ce projet contribuera à l’avancement des connaissances en neurobiologie de la douleur et pourra orienter le développement d’autres stratégies thérapeutiques par la communauté scientifique internationale.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront régulièrement testés tout au long de l’étude à l’aide de trois tests courts et non invasifs : un test de sensibilité au toucher d’une durée d’une heure pour l’ensemble du groupe d’animaux, mais qui ne représente que quelques secondes de stimulation par animal (chaque filament est appliqué pour un maximum de 3s), un test de sensibilité au froid correspondant à moins de 20 secondes par animal, et un enregistrement automatisé de leur comportement général d’une durée de 10 minutes par animal (5 minutes d’habituation et 5 minutes d’enregistrement). Ils recevront également 4 injections pour reproduire les douleurs liées à la chimiothérapie, et entre 2 et 16 injections pour tester le potentiel de notre composé à soulager ou prévenir les douleurs liées à la chimiothérapie respectivement. Enfin, les animaux seront soumis à une chirurgie terminale sous anesthésie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les injections peuvent générer un léger stress passager dû à la contention. La molécule utilisée pour induire le modèle de douleur neuropathique périphérique chimio-induite entrainera une sensibilité accrue au toucher et au froid, ainsi que des douleurs spontanées sur une durée de 30 jours environ, conformément à l’objectif du modèle. Le seuil de sensibilité mécanique sera mesuré à l’aide du test de Von Frey. Ce test génère un léger stress. Cependant tout est mis en place pour minimiser au maximum ce stress (phase d’habituation et d’acclimatation). De plus, le seuil de sensibilité au toucher est repéré par l’animal lui-même. En effet, l’application des filaments (maximum 3s) va provoquer un comportement d’évitement ou un retrait de la patte de l’animal. Nous n’utilisons pas de stimuli au-dessus du seuil de la douleur. Le test de sensibilité au froid expose brièvement l’animal à une surface refroidie à 10°C, avec un temps limite strict de 20 secondes pour prévenir toute douleur. De plus, dès l’apparition d’un comportement de réponse au froid (évitement des pattes avant, léchage des pattes ou mouvements répétés de la patte arrière), l’animal est immédiatement retiré de la plaque froide et remis dans sa cage d’hébergement. L’enregistrement du comportement spontané est entièrement non invasif et sans contact. Une phase d’acclimatation est néanmoins prévue pour minimiser le léger stress pouvant être engendré par la découverte d’un nouvel espace. Pris isolément, chaque test comportemental ne génère qu’un inconfort modéré et de très courte durée Cependant, la classification en degré sévère (5.7) ne reflète pas l’intensité de la douleur à un instant donné, mais tient compte de la durée totale du suivi — environ un mois — avec la succession des différents tests (Von Frey, plaque froide, BlackBox) dans un contexte de douleur chronique induite. C’est cette combinaison — durée prolongée, répétition des tests et maintien d’un état d’inconfort chronique — qui justifie la classification sévère. Toutes ces procédures seront réalisées par un personnel qualifié et expérimenté, et tout sera mis en œuvre pour minimiser les nuisances provoquées.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront mis à mort après la fin des expériences de comportement car nous devons prélever leurs tissus qui seront par la suite analysés. En effet, l’analyse est indispensable pour comprendre les mécanismes de la douleur et comment agit notre composé.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La thématique principale de notre laboratoire étant de comprendre la physiologie de la douleur, notre projet nécessite l’utilisation d’animaux et ne peut recourir à des stratégies de remplacement par des méthodes in vitro (modèles cellulaires). En effet, la douleur ne peut être dissociée du système physiologique global de l’animal. L’étude comportementale, constituant le point de départ de notre étude, est le résultat d’une intégration complexe de l’information sensorielle de la périphérie vers le cortex somatosensoriel, et d’interactions complexes entre le système nerveux et le système immunitaire. Ainsi, l’expérimentation animale sur des souris est indispensable à l’étude des phénomènes physiologiques et à la réalisation de notre projet. De plus, l’utilisation de la souris en tant que modèle expérimental nous permet d’étudier le rôle de populations neuronales définies dans la physiologie de la douleur.

2. Réduction

3R / Réduction :

Des stratégies seront mises en place afin d’éviter ou de limiter l’utilisation subséquente d’animaux supplémentaires tout en obtenant suffisamment de données pour répondre aux questions liées à l’étude. Ainsi, l’élaboration précise des protocoles de comportement et le choix pertinent des contrôles sont des éléments déterminants. Nous prenons en considération différents critères (variabilité liée au traitement, variabilité liée aux tests comportementaux, nombre minimum de souris pour obtenir suffisamment de matériel analysable…etc.) nous permettant de déterminer au plus juste le nombre d’animaux dans nos tests de comportement. Par ailleurs, l’utilisation d’outils statistiques nous permet d’estimer au mieux le nombre d’animaux nécessaire. Aussi, le contrôle des paramètres environnementaux mais également du statut sanitaire et génétique des animaux permettra de limiter la variabilité des résultats expérimentaux obtenus, et ainsi de réduire le nombre d’animaux nécessaire à l’obtention de résultats statistiquement valables. Les procédures décrites sont appliquées depuis plusieurs années au sein de notre équipe et sont maitrisées par les expérimentateurs. Nous avons donc l’expérience nécessaire concernant la réalisation des procédures et l’évaluation de l’impact sanitaire sur les animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris utilisées dans ce projet seront élevées en groupes sociaux, dans un environnement enrichi (coton et/ou dôme) pour optimiser les conditions d’hébergement et favoriser un comportement normal afin de diminuer au maximum le stress des animaux. Les élevages sont effectués au sein de notre établissement agréé et 5 personnes sont dédiées à l’organisation et l’entretien des élevages. De ce fait, l’état sanitaire et environnemental des animaux sont contrôlés tous les jours. L’effectif total résulte de deux choix délibérés visant à protéger chaque animal individuellement. D’une part, les différentes procédures sont réparties entre plusieurs groupes distincts plutôt que d’être toutes appliquées aux mêmes animaux, ce qui réduit le nombre d’interventions par animal au prix d’un effectif global plus élevé. D’autre part, l’inclusion d’un outil d’enregistrement automatisé du comportement naturel spontané nécessite l’ajout de groupes d’animaux ne recevant pas de molécule de chimiothérapie. Ces groupes contrôles permettent à la fois de distinguer les effets propres des médicaments analgésiques testés des potentiels effets antalgiques liés à la douleur, et d’écarter toute modification de comportement due à une simple habituation de l’animal au dispositif d’enregistrement au fil des sessions. Ces groupes contrôles sont indispensables à une interprétation rigoureuse des résultats. Les expérimentateurs ont été formés et maitrisent les méthodes utilisées. De plus, les stratégies d’optimisation suivantes seront mises en place au cours du projet afin de réduire voire de supprimer la souffrance chez l’animal : a) planification des procédures expérimentales (disponibilité des locaux d’expérimentation, du matériel, période d’acclimatation des animaux aux pièces d’expérimentation) permettant de diminuer le stress des animaux et de favoriser la validité des expériences ; b) administration adéquate d’anesthésique/analgésique lors des procédures expérimentales ; c) établissement des points limites les plus précoces possibles en fonction des tests de comportements utilisés. Un examen clinique est effectué quotidiennement afin de vérifier la cicatrisation et l’état général de l’animal. Toutes ces stratégies d’optimisation sont mises en place dans le but de réduire voire supprimer la souffrance chez l’animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le niveau de similarité entre la souris et l’Homme justifie l’utilisation de rongeurs. En effet les populations de neurones spécialisés dans l’intégration des stimuli douloureux sont similaires entre la souris et l’Homme. De plus, il est aisé de réaliser les différents tests comportementaux sur ces rongeurs. Il est clairement admis et recommandé par la communauté scientifique que les expériences de comportement doivent être réalisées sur des individus ayant atteint leur maturité sexuelle, soit des individus âgés de 8 semaines. A ce stade du développement, le système sensoriel primaire arrive à maturation avant tous les autres, aussi c’est à ce stade que nous avons choisi de réaliser nos expériences. Ainsi, les animaux auront été commandés à 7 semaines auprès du fournisseur agréé de manière qu’ils s’acclimatent à notre animalerie.