
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 03/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-978436)
1 285 souris très immunodéprimées vont être utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré, chacune pouvant recevoir jusqu’à trois séances d’imagerie sous anesthésie et deux prélèvements sanguins par semaine pendant toute la durée de l’étude. Les cellules tumorales leur sont implantées par chirurgie directement dans le cæcum ou le pancréas, puis les traitements testés sont injectés jusqu’à deux fois par jour pendant sept jours. Le porteur annonce une perte de poids, une prostration, un dos voûté, de la diarrhée et une déshydratation liés au développement des tumeurs, et vise la mise sur le marché de nouveaux médicaments anticancéreux. Trente-deux souris échappent à la mise à mort parce qu’elles n’auront pas reçu de cellules tumorales, et resteront vivantes pour servir à la formation du personnel.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
D’après l’OMS, en 2022, le cancer colorectal est le 3ème type de cancer le plus répandu dans le monde et se situe au 2ème rang des types de cancer provoquant le plus grand nombre de décès. Bien qu’il touche principalement les personnes âgées de plus de 50 ans, plusieurs pays signalent une augmentation du nombre de nouveaux cas chez les jeunes adultes. De son côté, le cancer du pancréas est le 12ème type de cancer le plus répandu dans le monde mais se situe au 6ème rang des types de cancer provoquant le plus grand nombre de décès. A ce jour, il existe plusieurs types de traitements contre ces cancers en fonction de l’avancement de la maladie, des caractéristiques de la tumeur et de l’état général. Les traitements principaux reposent sur la chimiothérapie, l’immunothérapie ou la radiothérapie. Cependant, ces traitements ne permettent pas une rémission des cancers dans 100% des cas. Il est donc important de développer de nouvelle génération de traitements anti-cancéreux. Ce projet comporte plusieurs objectifs : 1. Développer de nouveaux modèles tumoraux du colon et du pancréas chez la souris, implantés directement dans les organes cibles (caecum et pancréas). 2. Evaluer l’efficacité et la biodistribution de nouveaux produits anti-cancéreux au niveau de la tumeur ou de différents organes dans les modèles tumoraux développés au cours de ce projet.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de développer des nouveaux modèles tumoraux du colon et du pancréas chez la souris afin d’évaluer l’efficacité de nouveaux traitements anticancéreux innovants et ainsi contribuer à de nouvelles études cliniques voire à la mise sur le marché de nouveaux traitements anti-cancéreux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les tumeurs seront injectées directement dans les organes cibles (caecum et pancréas) via une procédure chirurgicale qui durera au maximum 30 minutes (incluant l’anesthésie, l’injection et la fermeture). Les traitements seront injectés en dose unique ou répétée en respectant les volumes d’injections recommandés selon la voie d’administration. Lors d’injections répétées, la fréquence maximale sera de 2 fois par jours par site d’injection sur une durée limitée à 7 jours ou 1 fois par semaine sur une durée maximale de 15 jours, soit 15 injections. Sur animaux vigiles, les injections seront réalisées en quelques secondes (temps inférieur à 1 minute) et la durée sera d’environ 5 minutes sur des animaux anesthésiés, anesthésie comprise. Des acquisitions d’imagerie pourront être réalisées sur animaux anesthésiés au maximum 3 fois par semaine pendant toute la durée de l’étude (soit au maximum 270 acquisitions). Une acquisition dure en moyenne 5 minutes (anesthésie comprise). Des prélèvements sanguins pourront être réalisés sur animaux anesthésiés au maximum 2 fois par semaine pendant toute la durée de l’étude (soit au maximum 180 prélèvements de sang). Un prélèvement s’effectue en moyenne en 1 à 2 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront manipulés régulièrement pour différentes procédures (injections des cellules tumorales, injections des traitements, suivis cliniques, pesées, prélèvements de sang, imagerie, …) ce qui pourra engendrer un certain niveau de stress. Les animaux pourront également présenter des réactions différentes selon les produits testés et selon les voies d’administration, pouvant entrainer l’apparition de signes cliniques. Il existe également des risques de déshydratation et de pertes de poids liées aux éventuelles anesthésies. Les injections des cellules tumorales se faisant via une chirurgie, elles sont susceptibles d’engendrer de la douleur. De plus, des signes cliniques liés au développement des tumeurs peuvent apparaitre : perte de poids, prostration, dos vouté, diarrhée, déshydratation, …). Les prélèvements sanguins présentent également un risque de déshydratation. Pour garantir le bien être des animaux, des points limites clairement définis seront appliqués afin de détecter rapidement tout signe de souffrance et d’assurer une prise en charge immédiate. L’intensité et la durée des signes cliniques pourront varier selon les groupes, en fonction de la croissance tumorale et de l’efficacité des traitements évalués.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Le projet visant à évaluer l’efficacité de traitements anticancéreux, l’euthanasie des animaux est indispensable afin de permettre la collecte d’organes, notamment des organes cibles et des éventuelles métastases, et ainsi permettre la réalisation de différentes analyses permettant d’évaluer l’effet des traitements. Une trentaine d’animaux sur l’ensemble du projet qui seront inclus dans les études avec imagerie et qui permettront d’obtenir le niveau de luminescence basal de l’espèce pourront être gardés en vie et réutilisés pour la formation du personnel car ils n’auront pas été injectés avec des cellules tumorales.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des tests sur les lignées cellulaires tumorales en culture pourront être réalisées en amont de la phase sur animaux afin de valider l’efficacité des traitements anti-cancéreux sur les cellules tumorales cibles. Cependant, la phase sur animaux est à ce jour indispensable car il n’existe pas de modèle de remplacement permettant de mimer de manière fiable un organisme vivant ayant été injecté avec des cellules tumorales. De plus, l’utilisation de souris injectées avec des cellules tumorales humaines ou murines est un modèle de référence pour l’évaluation de l’efficacité et de la biodistribution de traitements anti-cancéreux.
2. Réduction
Pour pouvoir déterminer de manière fiable si le traitement testé est réellement efficace, plusieurs groupes de souris seront constitués, comprenant chacun au minimum six animaux. A minima 1 groupe d’animaux non traité sera systématiquement inclus afin de servir de référence pour l’évaluation des effets du traitement. Les résultats obtenus dans les différents groupes seront ensuite comparés à l’aide de méthodes statistiques appropriées, permettant d’évaluer de façon objective et scientifiquement valide les effets du traitement.
3. Raffinement
Dans ce projet, les animaux bénéficieront d’une période d’acclimatation minimale de 7 jours afin de s’habituer à leur environnement. Ils seront hébergés en groupe dans des conditions enrichies adaptées à leurs besoins à l’exception des animaux opérés, qui pourront être hébergés individuellement pendant 24 à 48 h afin de permettre la cicatrisation de leurs points de sutures. Leur état de santé sera observé quotidiennement pour détecter rapidement tout signe anormal. En cas de besoin, des mesures de soutien (soins locaux, réchauffement, isolement si nécessaire) seront mises en place, ou une mise à mort humanitaire sera réalisée si l’état de l’animal se dégrade de manière irréversible. Après l’injection des cellules tumorales, les animaux seront pesés régulièrement et feront l’objet d’un suivi clinique à l’aide d’une grille d’évaluation permettant de repérer tout changement, entre autres, dans leur comportement ou leur apparence. Ce suivi permettra d’identifier rapidement les signes de souffrance et de prendre les décisions appropriées pour garantir leur bien être. Si nécessaire, des examens plus approfondis seront réalisés et toute anomalie sera signalée au vétérinaire responsable. Lors des anesthésies, des précautions seront prises pour éviter l’hypothermie et protéger les yeux des animaux, notamment en utilisant un tapis chauffant et un gel oculaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris constituent un modèle préclinique de référence pour l’étude du processus tumoral car elles permettent d’observer ce processus dans un organisme vivant et d’évaluer de nouveaux traitements de manière intégrée. En effet, les cancers touchent de nombreuses cellules et organes différents. En outre, la culture cellulaire ne permet pas de modéliser les différentes interactions biologiques entre les cellules cancéreuses et les cellules de l’hôtes. Enfin, seuls les modèles animaux permettent de modéliser les risques de métastases et leurs conséquences. Ce modèle est bien établi, largement utilisé et reconnu par la communauté scientifique. L’utilisation de souris présentant un âge, un sexe et un statut sanitaire standardisés garantit des conditions expérimentales homogènes. Cela permet d’obtenir des résultats fiables et comparables entre les groupes, notamment pour analyser la croissance tumorale, les marqueurs biologiques et l’impact du traitement sur la progression cancéreuse, tout en assurant un bon équilibre entre exigences scientifiques, considérations éthiques et faisabilité pratique. Par leur taille et leurs caractéristiques biologiques, les souris sont adaptées aux volumes de traitement, aux prélèvements et aux analyses nécessaires à ce type d’étude. Dans ce projet, des souris âgées d’au moins 5 semaines, correspondant au stade jeune adulte/adulte, seront utilisées afin de limiter les variations physiologiques liées à la croissance. Ce choix permet également d’obtenir des animaux d’environ 20 g, garantissant une meilleure stabilité des mesures expérimentales. Les deux sexes seront inclus afin de prendre en compte la variabilité potentiellement induite par les hormones sexuelles et d’assurer une représentativité optimale des résultats.