Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Castrés chirurgicalement en une trentaine de minutes, puis soumis à quinze injections quotidiennes de testostérone, des rats mâles passent un test d’anxiété de cinq minutes et une rencontre sexuelle de trente minutes avec une femelle. 240 rats vont être utilisés sur cinq ans, 32 mâles et 16 femelles par session annuelle, chaque femelle étant employée pour deux mâles, dans des procédures d’un niveau de souffrance léger à modéré, pour des travaux pratiques destinés à former 50 à 75 étudiants. Le champ structuré du résumé classe les 240 rats comme rendus à l’élevage, alors que la narration annonce une mise à mort une à deux semaines après la fin du protocole, au cours d’autres travaux pratiques, pour utiliser leurs organes. Le porteur présente cette suite comme un moyen de « valoriser les animaux déjà utilisés », et affirme que les étudiants ainsi formés « amélioreront le bien être des futurs animaux avec lesquels ils travailleront ».

NTS-FR-769913v1
Types de recherche
· Enseignement supérieur ·
Mots-clés
castration, supplémentation hormonale, comportement
Rats : 240

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Réponse du laboratoire :

Au niveau pédagogique, l’objectif de ce projet est de fournir aux étudiants une formation pratique approfondie en Neurosciences et Physiologie leur permettant de mettre en application les connaissances théoriques acquises précédemment. Ces travaux pratiques visent à consolider : – Les compétences acquises dans le cadre de la formation réglementaire en expérimentation animale de niveau Praticien sur Rongeurs précédemment validée lors du parcours de formation initiale des étudiants. Dans ce projet, les étudiants ont à prendre en charge l’ensemble des étapes d’un protocole expérimental, depuis sa préparation jusqu’à l’analyse et l’interprétation des résultats. Cette approche leur permet de développer leur maîtrise pratique des procédures d’expérimentation animale, leur autonomie et leur capacité à conduire un projet expérimental dans son entièreté. – Des compétences en physiologie et démarche scientifique. L’objectif est alors d’étudier les effets comportementaux de la castration chirurgicale chez le rat et de déterminer dans quelle mesure une supplémentation en testostérone permet de restaurer ces effets. La formation est organisée sous la forme d’une session annuelle de travaux pratiques d’une durée de six semaines. Chaque session permet de former entre 10 et 15 étudiants, répartis en groupes de cinq étudiants maximum et intervenant à tour de rôle de façon quotidienne tout au long du protocole expérimental. Un effectif annuel de 48 animaux permet ainsi la formation pratique de l’ensemble des étudiants aux différentes étapes expérimentales, tout en limitant le nombre d’animaux utilisés par la mutualisation des animaux entre les groupes d’étudiants. Sur les cinq années de validité du projet, cinq sessions sont prévues, permettant ainsi de former entre 50 et 75 étudiants pour un effectif maximal total de 240 animaux.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Réponse du laboratoire :

L’analyse du devenir des étudiants des années précédentes montrent que ce projet de travaux pratiques constitue avec la certification en expérimentation animale obtenue précédemment, un plus non négligeable favorisant leur acceptation en stage ainsi que leur insertion professionnelle. Grâce à cette formation, les étudiants améliorent leurs pratiques et donc amélioreront le bien être des futurs animaux avec lesquels ils travailleront.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Réponse du laboratoire :

Les rats mâles seront soumis à une chirurgie de castration d’une durée de l’ordre de 30 min, 2 injections sous la peau de médicament diminuant la douleur d’une durée de quelques secondes chacune, puis une injection quotidienne durant les 5 jours de la période après chirurgie du même médicament, 15 injections d’hormones sexuelles masculines (une par jour), et à 2 tests comportementaux de durée respective de 5 (test d’anxiété) et 30 min (rencontre et coït avec une femelle), chaque test étant réalisé à des jours différents. Les rats femelles seront soumises à 3 injections d’hormones féminines (une injection par jour durant 3 jours) d’une durée de quelques secondes chacune, et à la rencontre et coït avec un mâle (la même femelle est utilisée pour étudier le comportement sexuel de 2 mâles lors de 2 sessions différentes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.

Les animaux souffrent-ils ?

Réponse du laboratoire :

Les nuisances ou effets indésirables attendus sont les suivants : 1) la chirurgie de durée courte peut entraîner un risque de stress post-chirurgical faible, avec une douleur qui reste limitée et passagère , 2) les injections sous-cutanées quotidiennes lors de la supplémentation hormonale peuvent entraîner un léger stress de situation lié à la prise en main de l’animal et une douleur très légère au site d’injection durant quelques secondes, et 3) la réalisation des tests comportementaux peut entraîner un léger stress de situation, de courte durée (5 mins et 30 mins).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

À l’issue de la procédure expérimentale, les animaux seront maintenus en vie pendant une à deux semaines dans l’animalerie. Ils seront ensuite mis à mort lors de la réalisation d’autres travaux pratiques, afin de permettre leur transfert en salle de travaux pratiques et l’utilisation de leurs organes dans le cadre de ces enseignements. Cette organisation permet de valoriser les animaux déjà utilisés dans le présent projet et d’éviter le recours à des animaux supplémentaires pour ces autres activités pédagogiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Le recours à des animaux vivants est nécessaire pour permettre aux étudiants d’acquérir une expérience pratique dans la réalisation et le suivi d’une étude sur l’animal, qui ne peut être reproduite à l’aide de vidéos ou de simulations. Cette formation leur permet de mettre en pratique les connaissances acquises au cours de leur cursus, d’apprendre à manipuler et à suivre les animaux dans le respect de leur bien-être et de comprendre comment sont réalisés et analysés des travaux expérimentaux. Cette expérience pratique constitue une préparation importante à leur future activité professionnelle et favorise ainsi leur acceptation en stage et leur insertion professionnelle, notamment pour les étudiants amenés à travailler dans des domaines utilisant des modèles animaux.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Réponse du laboratoire :

Le nombre de rats mâles prévu par an dans ce projet est de 32 répartis en 4 groupes de 8 animaux chacun. Le nombre de 8 rats par groupe est celui estimé être suffisant et nécessaire pour permettre une exploitation statistique des résultats avec une puissance statistique satisfaisante (>60%). Une puissance statistique nécessaire à la mise en évidence significative des effets recherchés est importante pour que des étudiants de 2ème année de master puisse conduire un plan expérimental à son terme et être dans des conditions d’exploitation des résultats comparables à celles dans lesquelles ils seront lors de leur carrière future. Il faut également ajouter 16 femelles qui seront utilisées pour le test de comportement sexuel. Afin de réduire le nombre d’animaux, 1 femelle sera utilisée pour tester 2 mâles. Le nombre total d’animaux nécessaire est donc de 32 mâles et 16 femelles soit 48 animaux par année universitaire. Le nombre total d’animaux pour ce projet pour une durée de 5 ans est donc de 240 rats.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Réponse du laboratoire :

La procédure chirurgicale de castration sera réalisée sous anesthésie générale. Les animaux seront maintenus pendant la procédure sur des tapis chauffants. Un antalgique sera administré une première fois en pré-opératoire puis après le réveil des animaux. Le traitement sera poursuivi dans les 5 jours suivant la chirurgie. Une surveillance quotidienne de l’état général des animaux sera mise en place et une surveillance accrue de la cicatrisation aura lieu dans la période des 5 jours post-chirurgie. Les manipulations réalisées par les étudiants seront systématiquement réalisées sous la surveillance d’un enseignant-chercheur.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Réponse du laboratoire :

Le rat est utilisé pour ses caractéristiques physiologiques bien connues. Sa taille facilite son élevage et ses qualités au plan de leur comportement social facilitent la coopération et la manipulation par les étudiants. Cette espèce animale présente donc toutes les qualités requises par rapport aux exigences qui sont imposées par ce type d’enseignement. Pour ce projet, des rats mâles âgés de 8 semaines seront utilisés et les tests comportementaux réalisés un mois après la castration, c’est à dire avec des animaux âgés de 12-13 semaines.