
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-09-10 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-742251)
Mettre au point trois techniques d’imagerie médicale sur des oiseaux vivants pour prédire la qualité marchande du foie gras : 20 oiseaux, 10 poules de réforme et 10 canards mulards, vont être utilisés dans des procédures d’un niveau de souffrance léger. Chaque individu subit trente minutes de contention vigile pour une échographie, une prise de sang au sinus occipital, une anesthésie par injection intramusculaire, une intubation, puis deux heures trente à deux heures quarante-cinq d’examens d’imagerie. La mise à mort intervient en fin d’anesthésie, le porteur indiquant que les produits de contraste et les anesthésiques rendent les oiseaux « impropres à l’élevage et à la consommation ultérieure ». Les marqueurs recherchés sont le taux de fonte lipidique, le poids du foie entre 450 et 550 grammes et l’absence des veinules que « le consommateur » juge dépréciantes, et le porteur annonce que ces résultats alimenteront les débats sur le « bien-être animal ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La production de foie gras fait l’objet de débats sociétaux et scientifiques grandissants. Elle reste néanmoins une activité économique importante en France (80% de la production mondiale). Cette production repose sur une phase d’engraissement par gavage de courte durée (entre 12 et 14 jours) et la qualité du foie gras obtenu à la suite de ce processus de gavage repose classiquement sur trois critères principaux : (i) le taux de fonte lipidique qui doit être < 30%, idéalement
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet apportera de nouvelles connaissances sur : – les mécanismes d’installation et de réversibilité de la modification physiologique du foie induite par le gavage chez le canard Mulard – l’identification de biomarqueurs d’imagerie susceptibles de prédire la qualité technologique des foies, notamment leur poids, leur qualité vasculaire et leur taux de fonte lipidique – la comparaison des performances de l’IRM, du scanner avec celles de l’échographie, une technique beaucoup plus accessible et potentiellement utilisable en élevage – les conséquences physiologiques du gavage et la capacité du foie à retrouver un état proche de son état initial après l’arrêt de l’engraissement. Dans un contexte où la production de foie gras fait l’objet de nombreux débats sociétaux relatifs au bien-être animal, ces résultats permettront d’alimenter les discussions avec des données expérimentales objectives et quantitatives, fondées sur des méthodes d’imagerie non invasives. Cette étude pilote permettra d’optimiser les protocoles expérimentaux avant la mise en œuvre d’une étude de plus grande ampleur. Elle servira à ajuster les paramètres d’imagerie, à valider les séquences IRM les plus pertinentes, à optimiser les modalités d’observation et les interventions sur les animaux, ainsi qu’à évaluer la faisabilité du suivi longitudinal. Cette étape préparatoire contribuera à améliorer la qualité scientifique des futures expérimentations tout en limitant le nombre d’animaux nécessaires, conformément au principe des 3R.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal subira : une contention vigile pour un examend’échographie (30 minutes), puis une prise de sang (1 minute, voire 2 si un deuxième essai est réalisé), puis une injection pour induire l’anesthésie (30 secondes). Sous anesthésie, il sera intubé (30 secondes), une voie veineuse sera posée (5 minutes), puis 2 examens d’imagerie seront effectués (2h30 à 2h45).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le transport entre les deux sites peut entrainer du stress léger. La contention lors des prises de sang, des injections et de l’examen d’échographie peut engendrer du stress pour l’animal. Les prises de sang et la pose d’une voie veineuse peut provoquer une légère douleur au niveau du site de prélèvement et un éventuel hématome. L’induction de l’anesthésie par injection intra-musculaire peut être légèrement douloureuse.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés en fin d’anesthésie d’imagerie car l’injection des produits de contraste et des anesthésiques rend les animaux impropres à l’élevage et à la consommation ultérieure. Ce seront des animaux de réforme, sans retour prévu à l’élevage.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin de déterminer les paramètres optimums pour l’imagerie (IRM + scanner + échographe 3D), et de maîtriser les gestes techniques inclus dans le projet principal, cette étude pilote doit être réalisée in vivo d’abord chez la poule, puis chez le canard. Il n’y a pas de méthode de remplacement. Nous avons choisi des poules de réforme pour ne pas utiliser des animaux qui auraient pu avoir un autre sort. Des autopsies sur poules et canards réalisées au préalable nous permettront de mieux connaître les structures anatomiques d’intérêt.
2. Réduction
20 animaux au maximum seront utilisés (10 poules et 10 canards) dans cette expérimentation pilote. Cela est suffisant pour le paramétrage des 3 outils d’imagerie, et l’entrainement aux gestes sur les animaux. Si les objectfis sont atteints avec un nombre inférieur d’animaux, les animaux surnuméraires ne seront pas utilisés. L’intérêt de l’imagerie est de pouvoir sérier les examens et donc de pouvoir utiliser les animaux comme leur propre témoin. De plus cette étude permettrait de mettre à jour des données anciennes. L’utilisation de cadavres au préalable permettra de limiter le nombre d’animaux vivants utilisés. Les poules seront des animaux de réforme.
3. Raffinement
Tous les gestes et examens seront d’abord testés sur cadavres, d’abord de poule (plus faciles à se procurer), puis de canard (si possible). Ensuite seulement nous utiliserons des animaux vivants. Les animaux seront amenés sur la plateforme et laissés au calme quelques heures, dans une pièce chauffée si besoin. Ils seront ensuite manipulés avec douceur lors de la séquence d’examen vigile (échographie 3D, prise de sang, induction de l’anesthésie). Raffinement des prises de sang : elles seront réalisées au sinus occipital toujours en binôme, avec une contention calme et précise. Pour le sinus occipital, une garde sur l’aiguille limitera les risques de pénétration excessive et de lésions cérébrales. Un point de compression de 30 à 60 secondes sera appliqué pour prévenir les hématomes. L’anesthésie sera induite par injection intra-musculaire, et le relai gazeux sera fait après intubation oro-trachéale. L’anesthésie sera complétée par une administration d’analgésique. Du gel anesthésiant sera appliqué sur la sonde avant l’intubation. L’euthanasie suivra les examens d’imagerie (les animaux sont destinés à la réforme).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le projet cible porte sur le canard mulard. Néanmoins, cette espèce n’est pas élevée au sein de la structure concernée. Les mises au point seront donc réalisées sur poules, une espèce proche. La structure peut nous fournir facilement des animaux morts et des animaux de réforme. Une fois les gestes maîtrisés chez la poule, nous utiliserons quelques canards issus de l’élevage partenaire, prévus à cet effet, pour valider dans l’espèce cible du projet. Les poules seront des adultes de réforme, pour se rapprocher au maximum du format des canards utilisés dans le projet, et pour rentabiliser au maximum leur utilisation. Les canards seront des individus prêts à gaver (soit 14 semaines d’âge), car ce sont les cibles du projet.