Procédures légères
La réglementation appelle procédure toute utilisation d’un animal à des fins scientifiques ou éducatives qui peut lui causer au moins la douleur d’une piqûre d’aiguille. La directive 2010/63/UE classe en « légères » celles qui causent une douleur, une souffrance ou une angoisse légère et brève. Exemples : injections sans effet négatif attendu, prises de sang, imagerie sans intervention sur le corps.
Cette liste réunit les projets autorisés en France dont le résumé non technique déclare au moins un animal dans cette classe. Les nombres par classe sont des prévisions de l’établissement. La classe retient les effets les plus graves attendus une fois appliquées l’anesthésie, l’analgésie et les autres mesures prévues pour réduire la douleur. Elle porte sur les procédures seules : la captivité fait aussi souffrir les animaux (Les animaux souffrent-ils ?).
Impact du stress thermique subi in utero sur le contenu en petits ARN non codants des spermatozoïdes ovins produist à l’âge adulte (RESIST) – partie 2/4
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Les 40 brebis donneuses sont transportées deux heures, reçoivent une éponge vaginale et dix injections, puis sont tuées pour que les embryons soient collectés dans leur utérus. 120 brebis receveuses subissent une chirurgie sous anesthésie générale pour le transfert de ces embryons mâles, et 30 des gestantes passent tout le dernier mois de gestation à 30 °C le jour, avec un risque d'avortement ou de mise bas précoce selon le porteur. 220 moutons sont ainsi utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, pour mesurer l'effet de la chaleur in utero sur les spermatozoïdes des descendants. Les 60 agneaux mâles subissent cinq prises de sang et des collectes de semence, sont suivis jusqu'à neuf mois environ puis tués pour prélever leurs testicules et leur prostate, tandis que les brebis receveuses retournent au troupeau.
Objectifs
Dans un contexte de changement climatique, ce projet vise à étudier les conséquences d’une exposition à des températures élevées pendant la fin de la gestation sur le développement de la descendance chez les ovins. L’hypothèse posée par l’étude est qu’une exposition à la chaleur pendant la vie fœtale peut modifier le fonctionnement du placenta et affecter le développement de différents organes chez la descendance. Une attention particulière sera portée au développement de l’appareil reproducteur mâle, car des altérations de la qualité ou de la quantité des spermatozoïdes pourraient avoir des conséquences sur la fertilité et les performances de reproduction. Les analyses porteront notamment sur des mécanismes épigénétiques, qui permettent à notre environnement d'influencer le fonctionnement de certains gènes, sans modifier notre ADN. L’étude repose sur la comparaison d’animaux présentant des capacités différentes de tolérance à la chaleur, élevés dans des conditions climatiques contrastées. Les objectifs scientifiques sont de caractériser les effets du stress thermique sur le fœtus, d’évaluer ses conséquences à long terme sur le développement de la descendance mâle et d’identifier les mécanismes biologiques favorisant l’adaptation aux fortes températures et leur origine. Ce projet se déroulera sur 4 établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Ce projet cherche à mieux comprendre les conséquences de l’augmentation des températures liée au changement climatique sur les animaux d’élevage. Plus particulièrement, il étudie l’impact d’une exposition à la chaleur pendant la gestation sur le développement fœtal, le poids à la naissance, la croissance des individus et les capacités de reproduction des animaux à l’âge adulte. Les chercheurs souhaitent déterminer si une exposition à des températures élevées avant la naissance peut avoir des effets durables sur le développement des animaux. Ils étudieront également les mécanismes naturels qui permettent à certains animaux de mieux résister à la chaleur que d’autres et chercheront à savoir si cette capacité d’adaptation dépend principalement de la mère ou des échanges entre la mère et le fœtus pendant la gestation. Les résultats attendus permettront de mieux comprendre comment les animaux s’adaptent aux fortes chaleurs et comment ces adaptations peuvent influencer leur santé et leurs performances de reproduction. À plus long terme, ces connaissances pourraient contribuer au développement de stratégies permettant de limiter les effets négatifs des épisodes de chaleur sur les animaux d’élevage et ainsi aider les filières agricoles à faire face aux conséquences du changement climatique.
Procédures
Les donneuses d’embryons subiront un transport de 2 heures entre l'EU1 et l'EU2, une pose d'éponge par voie intravaginale, une série de 8 injections par voie intra-musculaire et 2 injections intra-veineuses sur animal vigile (EU1). Si les inséminations sont faites avec de la semence congelée, une laparoscopie sera réalisée sur chacune des brebis à inséminer (EU4). Le temps d’intervention de cet acte se compte en minutes (3 à 5 min par brebis). Concernant les receveuses, une pose d'éponge par voie intra-vaginale, une injection par voie intra-musculaire et 2 injections intra-veineuses sur animal vigile et une chirurgie sous anesthésie générale et analgésie pour le transfert d’embryons (30 minutes) seront réalisées (EU2 et 3). Durée de chaque injection : quelques secondes. 3 prises de sang seront effectuées sur l’ensemble des 60 mères gestantes (à 110 jours, 125 et ~147 jours de gestation). 30 de ces brebis gestantes subiront un stress thermique en bâtiment à ambiance contrôlé durant tout le dernier mois de gestation (30°C en journée et 25°C la nuit). Les descendants mâles subiront 5 prises de sang (naissance, 1, 3, 6 et 9 mois) et des collectes de semence (3 éjaculats par mâles à partir de 8 mois d’âge ; EU2). La durée d'une prise de sang est d'une à deux minutes, contention comprise et celle de la collecte d’un éjaculat de quelques minutes.
Impact sur les animaux
Le transport entre l'EU2 et l'EU1 et la découverte d’un nouvel environnement pourra engendrer un stress transitoire chez les femelles. Certains effets indésirables liés à l’anesthésie et la chirurgie peuvent survenir (hypothermie et douleurs post-opératoires). Le stress thermique pourrait entrainer une hyperthermie sur les brebis avec des difficultés de régulation de température corporelle et respiratoire dues également au dernier stade de gestation. Un risque d’avortement ou de mise-bas précoce pourrait survenir. Un petit hématome pourrait apparaitre à la jugulaire, lié aux quelques prises de sang effectuées. Enfin, le stress généré par l’ensemble des manipulations pourrait également apporter une nuisance supplémentaire.
Devenir
Pour des raisons de compatibilité avec les objectifs de l’étude, la collecte des embryons sera réalisée sur les utérus post-mortem. Les 40 femelles donneuses d'embryons seront donc euthanasiées. Les 120 embryons mâles collectés seront remis en place dans 120 femelles receveuses synchronisées. Toutes celles non gestantes, qui ne seront donc pas intégrées à la suite de la procédure (stress thermique) retourneront au sein du troupeau d’origine (N~60). Toutes celles qui seront gestantes entreront dans l’étape suivante de la procédure (N~60). En fin de procédure, ces mères pourront retourner dans le troupeau d’origine après Le SEVRAGE des descendants. Les descendants mâles seront mis à mort à la fin de l’expérimentation afin de collecter les organes nécessaires à l’étude fonctionnelle de l’impact du dérèglement climatique. L’étude portant sur divers organes, dont les testicules et la prostate, une approche par biopsie n’est pas compatible. Leur retour au sein du troupeau n’est également plus possible (reproduction compromise).
Remplacement
Il n’existe actuellement aucune méthode alternative permettant d’étudier de manière fiable les conséquences d’une exposition à la chaleur pendant la gestation sur le développement des animaux après leur naissance et jusqu’à l’âge adulte. Les objectifs du projet nécessitent d’évaluer les interactions complexes entre la mère, le placenta et le fœtus, ainsi que leurs effets à long terme sur la croissance, la santé et la reproduction de la descendance. Les modèles cellulaires ou les cultures de tissus disponibles aujourd’hui ne permettent pas de reproduire l’ensemble des mécanismes biologiques qui se déroulent au cours de la gestation ni d’évaluer leurs conséquences sur l’organisme entier. Ils ne permettent notamment pas d’étudier les effets de la chaleur sur les échanges entre la mère et le fœtus, ni les répercussions de cette exposition sur le développement futur de l’animal. L’utilisation d’animaux est donc indispensable pour atteindre les objectifs scientifiques du projet et améliorer les connaissances sur les conséquences du changement climatique pour les animaux d’élevage.
Réduction
Le nombre d’animaux a été optimisé de façon à obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement valides. En ce sens, le nombre d’animaux inclus dans ce projet a été déterminé de manière à obtenir des résultats scientifiquement fiables tout en limitant au maximum leur utilisation. Les connaissances actuelles ne permettent pas encore de prédire précisément les effets d’une exposition à la chaleur pendant la gestation sur le développement futur des animaux. De plus, certaines caractéristiques biologiques étudiées présentent naturellement une forte variabilité entre individus. Le projet prévoit donc le suivi de 60 descendants mâles issus de mères réparties dans différents groupes expérimentaux, avec ou sans exposition à la chaleur pendant la fin de la gestation. Cette organisation permettra de comparer les effets des conditions étudiées tout en tenant compte de la variabilité naturelle observée entre les animaux. Le nombre d’animaux a également été calculé pour compenser les pertes pouvant survenir au cours de l’expérimentation, notamment lorsqu’une gestation n’aboutit pas ou lorsqu’un animal ne peut pas être inclus dans toutes les étapes du suivi. Afin d’obtenir les 60 descendants nécessaires à l’étude, 120 femelles receveuses seront incluses dans le protocole. 40 femelles donneuses seront également nécessaires pour produire les embryons transférés.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupe, conformément à leur comportement naturel, dans des espaces adaptés avec une litière paillée et différents enrichissements permettant de favoriser leur confort et leurs comportements habituels. Les interventions chirurgicales nécessaires à l’insémination intra-utérine (éventuelle) et au transfert des embryons seront réalisées sous anesthésie générale avec une prise en charge adaptée de la douleur avant, pendant et après l’intervention. Des mesures complémentaires seront mises en place pour assurer le confort des animaux, notamment le maintien de leur température corporelle pendant et après la chirurgie. Les techniques utilisées sont choisies afin de limiter au maximum le caractère invasif des interventions et de favoriser une récupération rapide. Les prélèvements sanguins seront réalisés par du personnel qualifié et expérimenté selon des méthodes couramment utilisées en élevage. Ces actes sont de courte durée et n’entraînent qu’une gêne légère et temporaire. Les animaux seront habitués à la présence des soigneurs et manipulés dans des conditions visant à réduire leur stress. Après chaque prélèvement, une récompense alimentaire leur sera distribuée. L’état de santé et le comportement des animaux seront surveillés quotidiennement pendant toute la durée du projet. En cas d’apparition d’un problème de santé ou de signes de douleur, un traitement approprié sera administré sous la supervision du vétérinaire référent afin de limiter au maximum toute souffrance.
Choix des espèces
Les ovins ont été choisis en raison de leur reproduction saisonnée, soumise au stress thermique soit en fin de gestation, soit en début de gestation (selon les pratiques des éleveurs). De plus les avantages biologiques apportés par cette espèce (temps de gestation court et taille des animaux) permettent aux ovins de servir de modèle pour d’autres espèces et notamment les gros ruminants. Cette étude permettra d'évaluer l'effet d’un stress thermique appliqué en fin de gestation (dernier mois) en environnement contrôlé sur la construction du phénotype de la descendance. Mais également d’identifier les mécanismes de thermo-adaptation et leur origine, en comparant deux races ovines ayant des capacités de résilience différentes au stress thermique (race française vs Brésilienne). Toutes les femelles (donneuses et receveuses) seront des adultes sexuellement matures. Les animaux générés après mise-bas seront des agneaux mâles et ils seront suivi jusqu’à un stade post-puberté (~9 mois d’âge). Ces animaux permettront d'évaluer l'effet d’un stress thermique appliqué en fin de gestation (dernier mois) en environnement contrôlé sur la construction du phénotype de la descendance.
Caractérisation neurobiologique par photométrie de modèles murins de trouble bipolaire
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Toutes tuées à l'issue pour que leur cerveau soit prélevé, 2 784 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles subissent une chirurgie de trois heures pour l'implantation de fibres optiques, une injection sous la peau chaque jour pendant neuf semaines, des tests comportementaux que le résumé ne nomme pas, et pour une partie quatre privations de sommeil de seize heures. Le porteur affirme que le traitement injecté n'a "aucun impact sur le bien-être" des souris, sans nommer la substance. Il reconnaît qu'il n'existe "pas de modèle expérimental établi" du trouble bipolaire, et ce projet vise à caractériser deux méthodes d'induction récentes.
Objectifs
Le trouble bipolaire est la 6e cause d’invalidité mondiale avec plus de 45 millions de personnes atteintes. Il est caractérisé par une alternance entre des phases dépressives similaires à la dépression majeure et des phases maniaques présentant une élévation anormale de l’humeur ainsi que des altérations cognitives. L’espérance de vie des patients est réduite en moyenne de 10 ans à cause du risque élevé de mort par suicide et de comorbidités (en particulier les maladies cardiovasculaires). Cependant, les mécanismes neurobiologiques ainsi que les éléments précipitant les différentes phases restent largement méconnus, à tel point qu’il n’existe pour l’instant pas de modèle expérimental établi récapitulant les principaux aspects de la maladie. L’objectif de ce projet est de développer des méthodes pour étudier les phases maniaques et dépressives du trouble bipolaire au niveau comportemental, puis de se focaliser sur les transitions entre phase, un aspect méconnu de la maladie qui pourrait amener à une meilleure compréhension de sa biologie et à de nouvelles pistes thérapeutiques. Pour cela, nous avons besoin d’un modèle de la maladie récapitulant les deux phases à l’échelle individuelle. Nous proposons ici de caractériser deux modèles récents de trouble bipolaire allant dans ce sens.
Bénéfices attendus
Les études précliniques sont peu nombreuses sur le trouble bipolaire et sont critiques pour mieux comprendre sa neurobiologie et de nouvelles thérapies. Cette étude permettra de développer de nouvelles pistes de compréhension de la maladie au niveau cérébral avec un suivi longitudinal et individuel des animaux.
Procédures
Les animaux seront soumis à une intervention chirurgicale sous anesthésie de 3 heures pour enregistrer par la suite les indicateurs neurophysiologiques dans un modèle de trouble bipolaire nécessitant une injection sous-cutanée quotidienne. Une partie des animaux sera soumise à une privation de sommeil parrtielle et intermittente sur 4 jours (4 fois 16h).
Impact sur les animaux
Les injections (7 fois par semaine sur 9 semaines), sont espacées de 24h. Les doses utilisées sont modérées par rapport à celles utilisées dans la littérature. Elles peuvent théoriquement provoquer une légère douleur au niveau du site d’injection. Les tests comportementaux sont couramment utilisés et peuvent provoquer un stress modéré en lien avec la manipulation, les contensions et l’isolement dans certains cas. Nos données préliminaires suggèrent que le traitement n’a aucun impact sur le bien-être des animaux. La perturbation du sommeil génèrera un inconfort modéré chez les animaux en lien avec des privation partielle de sommeil de durée limitée (4 fois 16h). Pour les implantations de fibres optiques : la chirurgie est susceptible d’induire douleurs physiques et inconfort chez l’animal, avec perte potentielle de poids et mobilité réduite dans les 2 jours qui suivent la procédure. Cependant ce risque est mitigé par un suivi rapproché pendant les jours suivant l’intervention avec une prise en charge préventive.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés et les cerveaux seront récupérés pour des études ultérieures
Remplacement
Aucune méthode alternative in vitro n’est disponible à ce jour pour répondre à la problématique posée. Le stress chez l’animal, comme modèle de pathologie psychiatrique humaine, repose sur l’observation du comportement de l’animal vivant. L’étude de la réponse cérébrale et comportementale nécessite également l’utilisation d’animaux.
Réduction
Des méthodes statistiques validées et pertinentes indiquent un nombre d’animaux/sexe/groupe de 12 individus auxquels il faut ajouter 3 individus en raison de la variabilité pouvant être associée à l’approche de neurochirurgie chez la souris.
Raffinement
Les conditions d’élevage des animaux seront optimales au regard des normes en vigueur avec enrichissement du milieu (cabanes plexiglass et cartons, tubes). Les animaux sont hébergés une semaine avant l’initiation des expériences. Des habituations à la pièce d’expérimentation d’au moins une heure sont réalisées avant les tests comportementaux pour diminuer le stress des animaux. En cas de blessure, les animaux recevront un traitement analgésique jusqu’à la disparition des signes de douleur. En cas d’hypothermie, chaque animal est placé sur une couverture thermorégulée pour éviter toute hypothermie. Les éxpérimentateurs sont experts dans la préhension et la contention des souris, et sont soucieux d’éviter tout stress inutile lors de la réalisation des procédures. Des points limites gradés sont appliqués : les animaux surveillés sont pesés et auscultés quotidiennement (hydratation, température, état de la blessure si blessure). Un renforcement positif (gâteau) est également fourni suite aux interventions.
Choix des espèces
Les similarités entre la neurobiologie humaine et celle de la souris, ainsi que l'expérience du laboratoire dans l'évaluation comportementale des rongeurs, l’implémentation de modèles de troubles de l’humeur, ainsi que la possibilité d’utiliser des approches interventionnelles in vivo font de la souris le modèle le plus pertinent. Les techniques précédemment mentionnées seront mises en œuvre ultérieurement une fois les modèles mieux caractérisés. Les souris seront adultes, âgées de 7 semaines ou plus. Le modèle ayant été développé chez des animaux adultes et les patients étant typiquement diagnostiqués à l’âge adulte, nous nous focalisons sur le stade adulte dans un premier temps.
Rôle d’une lectine et du microbiote intestinal dans les maladies métaboliques du foie
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
380 souris vont être utilisées, chacune nourrie d'un régime riche en calories pendant un à trois cycles, et soumise à la fin de chaque cycle à deux tests de tolérance au glucose et à l'insuline, avec des prises de sang répétées pendant environ deux heures. Le porteur déclare un niveau de souffrance léger, et indique que le régime fait grossir les souris et accumuler de la graisse dans leur foie, parfois avec une baisse d'activité. Le projet emploie une lignée transgénique qui exprime dans le foie une lectine, REG3A, dont l'équipe veut comprendre le rôle dans la maladie du foie gras. Toutes les souris sont tuées à l'issue pour prélever leur foie, alors que les pistes de dépistage et de traitement restent annoncées au conditionnel et à "plus long terme".
Objectifs
La MASLD (maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique), souvent appelée « maladie du foie gras », est aujourd’hui très fréquente dans les pays occidentaux. Elle est notamment liée à des troubles comme le surpoids ou le diabète. Dans les cas les plus graves, elle peut évoluer vers des maladies sérieuses du foie, comme la cirrhose ou le cancer. Nous nous intéressons à une lectine de type C, que notre corps produit lorsqu’il est soumis à un stress. Cette protéine joue plusieurs rôles utiles : elle aide à protéger contre certaines bactéries, limite les dommages causés aux cellules et pourrait empêcher le foie de se dégrader. Nos premiers résultats montrent que cette protéine est présente dès les débuts de la maladie chez l’être humain. Chez l’animal, elle semble ralentir l’aggravation des atteintes du foie. Elle agirait notamment en protégeant l’environnement des cellules du foie et en limitant la formation de « cicatrices » dans le tissu, un phénomène qui peut à terme empêcher le foie de fonctionner correctement. L’objectif de notre projet est de mieux comprendre comment fonctionne cette protéine. À terme, cela pourrait permettre de développer de nouvelles approches pour protéger le foie et éviter que la maladie ne devienne grave.
Bénéfices attendus
Ce projet a pour objectif de mieux comprendre ce qui se passe dès les premiers stades de la MASLD. Nous nous intéressons en particulier aux interactions entre l’intestin et le foie, ainsi qu’aux changements qui surviennent dans l’environnement des cellules du foie. En étudiant le rôle d'ue lectine de type C, nous cherchons à comprendre comment elle peut limiter l’inflammation, le stress subi par les cellules et les dérèglements du métabolisme. Mieux connaître ces mécanismes pourrait permettre d’agir très tôt, avant que la maladie n’entraîne des dommages irréversibles. À plus long terme, ces travaux pourraient aider à détecter la maladie plus précocement grâce à de nouveaux marqueurs biologiques, et à identifier de nouvelles pistes de traitement. L’objectif est de prévenir l’évolution vers des formes graves, comme la cirrhose ou le cancer du foie, qui restent aujourd’hui des maladies lourdes avec des conséquences importantes sur la santé.
Procédures
Les souris recevront une alimentation riche en calories, de façon continue ou alternée avec une alimentation standard, pendant un à trois cycles selon les groupes. De petits prélèvements de sang seront réalisés au début de l’étude et à la fin de chaque cycle. Ces prélèvements, réalisés sous anesthésie locale, dureront environ 30 secondes à 1 minute. À la fin de chaque cycle, les souris seront également placées individuellement pendant environ 15 minutes dans une boîte propre afin de recueillir spontanément des échantillons d’urine et de fèces. Ces échantillons seront utilisés notamment pour étudier le microbiote intestinal, c’est-à-dire l’ensemble des microorganismes présents dans l’intestin. À la fin de chaque cycle, des tests de tolérance au glucose et à l’insuline seront réalisés sur les mêmes animaux, à des jours différents, avec une semaine de récupération entre les deux tests. Ces tests impliquent une administration de glucose par voie orale ou d’insuline par injection, ainsi que de petits prélèvements de sang répétés pendant environ deux heures.
Impact sur les animaux
L’alimentation riche en calories utilisée dans cette étude peut entraîner chez les souris une prise de poids et une accumulation de graisses dans le foie, reproduisant ainsi les premières étapes de la MASLD. Dans certains cas, cela peut s’accompagner d’une légère baisse d’activité ou d’un état général un peu altéré aux stades les plus avancés. Les tests réalisés pour étudier le métabolisme impliquent de petites injections et des prélèvements de sang de très faible volume. Ces procédures peuvent provoquer un stress ponctuel, mais elles sont courtes et encadrées.
Devenir
À la fin des expériences, les animaux sont euthanasiés afin de permettre l’analyse de leurs organes, indispensable pour comprendre les mécanismes de la MASLD. Cette étape est nécessaire, car certaines informations ne peuvent être obtenues qu’en étudiant directement les tissus. Selon les besoins de l’étude, les organes, en particulier le foie, sont prélevés pour différents types d’analyses (observation des tissus, études biologiques ou cellulaires). Ces analyses permettent de mieux comprendre comment la maladie se développe et comment elle pourrait être freinée.
Remplacement
Dans ce projet, il n’est pas possible de remplacer totalement l’utilisation d’animaux. En effet, la MASLD est une maladie complexe qui implique de nombreuses interactions entre différents organes, notamment le foie, l’intestin, le système immunitaire, c’est-à-dire l’ensemble des cellules et mécanismes de défense de l’organisme, et le métabolisme global, qui correspond à l’ensemble des processus permettant à l’organisme de produire, utiliser et stocker l’énergie et de réguler notamment les sucres et les graisses. Ces interactions, qui se produisent à l’échelle du corps entier, ne peuvent pas encore être reproduites de manière fiable en laboratoire avec des cellules isolées ou des modèles informatiques. Des méthodes alternatives existent, comme l’étude de cellules en culture, et elles sont utilisées dès que possible dans ce projet. Elles permettent d’analyser certains mécanismes précis, mais ne suffisent pas à elles seules pour comprendre l’ensemble de la maladie. Dans un souci de limiter au maximum l’utilisation d’animaux, les chercheurs privilégient également l’utilisation de tissus déjà prélevés pour réaliser de nombreuses analyses, sans recourir à de nouveaux animaux. Cette approche permet de réduire le nombre d’animaux nécessaires tout en poursuivant les objectifs scientifiques du projet.
Réduction
Le nombre de souris utilisées dans ce projet a été soigneusement calculé à partir de résultats préliminaires, afin d’utiliser le minimum d’animaux nécessaire tout en garantissant des résultats fiables. Chaque groupe comprend un nombre limité de souris, suffisant pour observer des effets biologiques significatifs sans excès. Les différentes souris utilisées sont comparables entre elles afin de limiter les variations et d’obtenir des résultats plus précis. Une évaluation intermédiaire est également prévue en cours d’étude pour vérifier s’il est nécessaire de poursuivre jusqu’au nombre maximal d’animaux prévu, ou si des conclusions peuvent être tirées plus tôt. Par ailleurs, tous les échantillons collectés sont conservés et réutilisés pour d’autres analyses. Cette organisation permet d’éviter d’avoir recours à de nouveaux animaux et contribue à réduire leur utilisation au strict nécessaire.
Raffinement
L’alimentation utilisée dans cette étude peut entraîner une prise de poids et une accumulation de graisses dans le foie, reproduisant ainsi les premières étapes de la MASLD, sans douleur attendue pour les animaux. Les souris font l’objet d’un suivi attentif tout au long de l’étude (poids, comportement, mobilité, aspect général) afin de s’assurer de leur bon état de santé. Des critères précis sont définis à l’avance pour intervenir rapidement si nécessaire et éviter toute souffrance prolongée. Les manipulations (pesées, injections, prélèvements) sont limitées au strict nécessaire et réalisées par du personnel qualifié, en veillant à réduire au maximum le stress des animaux. Les souris sont hébergées dans un environnement adapté et enrichi (avec des matériaux pour faire leur nid et des abris), afin d’améliorer leur confort et leur bien-être. Enfin, les procédures réalisées en fin d’étude se déroulent sous anesthésie générale, sans réveil de l’animal, conformément à la réglementation en vigueur.
Choix des espèces
La souris constitue l’espèce la plus pertinente pour ce projet car elle présente des caractéristiques physiologiques et métaboliques permettant d’étudier les mécanismes de la MASLD. Le métabolisme hépatique des lipides et des glucides, ainsi que les interactions entre le foie, le tissu adipeux, l’intestin et le système immunitaire, présentent des similitudes importantes avec ceux observés chez l’être humain. Les souris sont également particulièrement adaptées à l’étude des effets de régimes alimentaires riches en lipides et en sucres sur le développement progressif de la stéatose hépatique, de l’inflammation et du remodelage de la matrice extracellulaire. L’utilisation de la lignée transgénique exprimant spécifiquement REG3A dans le foie permet en outre d’étudier directement le rôle de cette protéine dans la progression de la maladie. Des souris âgées de 8 à 12 semaines seront utilisées. À cet âge, les souris sont adultes et leur croissance est largement achevée. Leur poids corporel présente alors des variations limitées lorsqu’elles reçoivent une alimentation standard, ce qui permet de mieux distinguer les variations de poids et les modifications métaboliques induites par les régimes expérimentaux.
Influence du milieu urbain sur les rythmes circadiens des mésanges charbonnières (Parus major)
- Conservation des espèces
- Protection de l’environnement
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Les mésanges charbonnières de ce projet sont des oiseaux sauvages, capturés en ville et en forêt, ou élevés en captivité depuis l'état de poussin pour comparer leurs rythmes d'activité. 264 mésanges vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré : capture, transport, baguage, hébergement individuel temporaire et une prise de sang, les autres mesures portant sur l'activité des oiseaux sans que les tests soient détaillés. La plupart doivent être relâchées, 214 selon le champ structuré. 32 seront tuées pour des analyses neurobiologiques de leur horloge interne, et 18 venant d'une autre métropole ne pourront pas être relâchées, sans que le résumé dise ce qu'elles deviennent.
Objectifs
L’urbanisation constitue l’une des transformations environnementales les plus rapides et les plus profondes des paysages naturels, exposant les organismes à des modifications majeures de leur habitat. Parmi ces changements, les perturbations nocturnes liées aux activités humaines, telles que la pollution lumineuse artificielle et le bruit, sont désormais reconnues comme des facteurs susceptibles d’altérer les rythmes biologiques, la physiologie et le comportement des animaux sauvages. Certaines études ont mis en évidence des différences entre populations urbaines et forestières chez différentes espèces, avec notamment un avancement du début de l’activité en milieu urbain. Toutefois, les mécanismes sous-jacents à ces divergences demeurent encore mal compris, en particulier la part respective des effets environnementaux immédiats et des effets génétiques. L’objectif général de ce projet est d’évaluer comment les perturbations environnementales nocturnes liées à l’urbanisation influencent les rythmes d’activité et la synchronisation de l’horloge biologique interne chez une espèce modèle d’oiseau, la mésange charbonnière (Parus major). Cette espèce est particulièrement adaptée à ce type d’étude en raison de sa large distribution, de sa capacité à occuper des habitats urbains contrastés, et de l’abondance de données écologiques et physiologiques disponibles. Plus spécifiquement, ce projet poursuit deux objectifs principaux. Premièrement, il vise à caractériser les différences entre populations naturelles urbaines et forestières, en comparant les profils d’activité journaliers, les niveaux d’activité globaux et certains traits physiologiques et comportementaux. Deuxièmement, il cherche à distinguer les effets environnementaux des contributions génétiques. En comparant des individus élevés dans des conditions identiques, il sera possible de tester si les différences observées sur les populations naturelles persistent en l’absence des contraintes environnementales propres aux habitats d’origine (urbain/forestier).
Bénéfices attendus
Ce projet apportera des connaissances scientifiques dans le domaine de l’écologie urbaine et de l’étude des rythmes biologiques. Il s’inscrit dans le cadre d’un suivi ayant déjà permis l’étude de plusieurs effets de l’urbanisation sur la biodiversité. Ce projet, abordant une thématique nouvelle pour le suivi, contribuera à une meilleure compréhension des mécanismes par lesquels l’urbanisation influence les rythmes biologiques et le comportement des animaux sauvages, un enjeu important dans un contexte d’expansion urbaine mondiale. En combinant des données mesurées sur des populations naturelles et des mesures des oiseaux élevés dans les mêmes conditions environnementales, ce projet permettra de distinguer les effets de l’environnement de ceux liés à leur origine génétique entre populations urbaines et forestières. Cette approche intégrative est encore rare et constitue une avancée méthodologique importante.
Procédures
Une seule prise de sang (durée: 1 minute) et de petit volume (1% du volume sanguin total). Les autres observations seront exclusivement comportementales et réalisées sur des oiseaux libres de leurs mouvements.
Impact sur les animaux
Les principales contraintes pour les animaux sont liées à leur capture, leur transport, leur hébergement temporaire et les différentes manipulations réalisées dans le cadre de l'étude. La capture et les manipulations (baguage, mesures et prise de sang) peuvent provoquer un stress de courte durée et un léger inconfort. Dans de rares cas, elles peuvent entraîner des blessures mineures, comme la perte de quelques plumes ou un petit hématome après la prise de sang. Le transport et l'hébergement individuel temporaire peuvent également perturber momentanément le comportement des oiseaux, notamment en raison de la nouveauté de l'environnement et de l'absence temporaire de contacts sociaux. Le volume de sang prélevé sera largement inférieur aux recommandations en vigueur pour des oiseaux de cette taille et les animaux feront l'objet d'une surveillance régulière tout au long de l'étude. Cette étude cherche à comprendre comment l’horloge biologique influence les comportements naturels des animaux. Pour garantir des résultats fiables, il est important que les animaux restent dans de bonnes conditions, sans stress important ni effets indésirables.
Devenir
La grande majorité des oiseaux seront relâchés dans leur milieu d'origine en fin de procédure. Certains oiseaux ne pourront être relâchés, soit car ils proviennent d'une autre métropole où la mise en place du protocole de réhabituation à la vie sauvage est impossible (n=18), soit s'ils sont dans un état physique ne permettant pas de le relâcher. Un groupe d'oiseaux sera également mis à mort en vue d'analyses neurobiologiques des horloges biologiques (n=32).
Remplacement
Cette recherche fondamentale porte sur des animaux sauvages et vise notamment l’étude de leur physiologie et de leurs comportements, avec un intérêt particulier pour les mesures des rythmes endogènes. L’analyse des rythmes biologiques ne peut être réalisée sans le recours à des animaux vivants, impliquant nécessairement des manipulations et une expérimentation contrôlée. L'intérêt du projet de recherche est d'évaluer la dimension écologique et la réponse de l'organisme dans son entièreté face aux perturbations urbaines nocturnes.
Réduction
Les protocoles expérimentaux ont été élaborés afin de réduire au minimum le nombre d’animaux utilisés, tout en assurant une puissance statistique suffisante pour répondre aux objectifs scientifiques du projet. L’effectif total retenu, soit 80 poussins par an pour l’expérience en environnement contrôlé, ainsi que 30 mésanges charbonnières sauvages capturées par an, est fondé sur la littérature scientifique existante ainsi que sur des études antérieures comparables de l'étude des rythmes journaliers. La limitation du nombre d’individus est rendue possible par la réalisation de mesures multiples, incluant des paramètres liés aux rythmes journaliers tels que la période biologique propre ou la durée totale d'activité journalière, chez chaque individu. Cette approche permet d’optimiser l’exploitation des données recueillies tout en respectant le principe de réduction.
Raffinement
Les expérimentateurs ne manipuleront jamais les oiseaux seuls de façon à pouvoir se consulter entre personnes formées en cas de problème avec un oiseau. Cela permet de réduire les risques de nuisance due aux manipulations. Les opérateurs sont régulièrement ré-entrainés aux gestes adéquats et spécifiques à l’espèce étudiée. Les oiseaux en captivité avant l'expérience seront maintenus dans des espaces prévus et enrichis (e.g. volières de grande taille avec végétation naturelle et de nombreux perchoirs), leur fournissant des conditions de vie semi-naturelle. Tous les protocoles sont pensés pour réduire au maximum les nuisances et le stress des animaux, d'autant plus qu'un intérêt scientifique majeur du projet tient au suivi ultérieur en populations naturelles (paramètres démographiques et reproducteurs) des oiseaux qui auront été mesurés.
Choix des espèces
Mésange charbonnière (Parus major) La mésange charbonnière est un bon modèle d'étude car elle niche en nichoirs et donne ainsi accès aux paramètres démographiques de la population étudiée. C'est une espèce naturellement présente en ville comme en forêt, permettant une étude des effets de l'urbanisation. De plus, c'est un modèle d'étude qui peut à la fois être suivi en milieu naturel mais qui tolère aussi très bien la captivité. La mésange charbonnière est ainsi un modèle phare en écologie urbaine. Oiseaux sauvages : Les captures et les mesures de rythmes journaliers sont faites sur des nouvelles recrues âgées d'environ six mois, c'est-à-dire issues de la précédente reproduction. Oiseaux issus de l’élevage en environnement commun: Les mesures des rythmes journaliers sont faites sur des individus nés en 2024 et sur des nouvelles recrues âgées d'environ six mois. Les seules manipulations sur des poussins seront des mesures morphologiques pour étudier leur croissance durant l’élevage en environnement commun.
Test d’absorption du fer au point d’injection chez le lapin selon la Pharmacopée Chinoise
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Tests réglementaires
- Contrôles de qualité
90 lapins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger : chacun est anesthésié puis reçoit une injection de fer dans un muscle de la cuisse, avant d'être tué pour que ce muscle soit prélevé. Le test vérifie que moins de 20 % du fer reste au point d'injection, une exigence de la Pharmacopée chinoise pour vendre en Chine des produits vétérinaires déjà autorisés en France, destinés aux porcelets et à d'autres jeunes mammifères d'élevage. Le champ structuré déclare 20 lapins réutilisés, alors que la narration annonce la mise à mort de tous les lapins inclus, et le porteur prévoit par ailleurs une réserve de 30 % d'"animaux surnuméraires". Il qualifie le recours aux lapins de "nécessaire", au seul motif que la réglementation chinoise exige ce test in vivo.
Objectifs
Les injections de fer sont très souvent utilisées chez les jeunes animaux de rente (porcins, ovins, caprins, bovins…) dans le cadre de la prévention et du traitement de l’anémie ferriprive après la naissance. Dans le cadre de l’élevage porcin, les injections de fer sont presque systématiquement réalisées dans les 3 jours suivant la naissance. La Chine est le 1er producteur de porcs au monde et un marché important pour les industries pharmaceutiques vétérinaires. Ce projet est réalisé dans le cadre de demande de liberation de nouveau lot en Chine de produits vétérinaires injectables composés de fer, possédant déjà des AMM en France. A chaque libération d’un nouveau lot de ces produits en France, un contrôle qualité est réalisé à l’aide de différents tests physico-chimiques décrits dans la Pharmacopée Européenne. Pour la commercialisation sur le marché chinois, les autorités chinoises demandent la réalisation d’un test in vivo d’absorption du fer au point d’injection chez le lapin. Ce test fait partie des tests de contrôle qualité réalisés lors de la libération de lots de produits contenant du fer en Chine. Il permet de valider la qualité du lot en analysant l’absorption du fer après une injection unique et de s’assurer que la quantité de fer non absorbée au niveau du point d’injection ne dépasse pas 20% de la quantité injectée. Le but de cette vérification est de s’assurer que chaque lot commercialisé est conforme, et que le produit est sûr, aussi bien pour la santé animale que pour la consommation humaine. Ce projet a donc pour objectif : la réalisation du test d’absorption de fer au point d’injection demandé par les autorités chinoises dans le cadre d’une nouvelle libération de lot.
Bénéfices attendus
Obtenir l’autorisation de mise sur le marché en Chine des produits testés. Ainsi, chaque lot commercialisé et autorisé sera conforme et sûr, aussi bien pour la santé animale que pour la consommation humaine. En effet, ce projet va permettre de valider en Chine des produits permettant de lutter contre l’anémie ferriprive rencontrée dans les élevages.
Procédures
Les animaux utilisés seront anesthésié chimiquement avant de recevoir une injection unique de produit testé. L'injection liée a l'anesthésie sera une injection unique dans le muscle qui durera quelques secondes. L'injection du produit à tester sera une injection unique dans le muscle qui durera quelques minutes.
Impact sur les animaux
Auncun effet indésirable n'est attendu à la suite de l'injection. Les nuisances attendus sur les animaux sont les suivants : stress dû à la contention pour la réalisation de l'anesthésie et le stress lié à l'anesthésie.
Devenir
Les animaux inclus dans ce projet seront mis à mort afin de pouvoir prélever et analyser le muscle injecté. Ces prélèvements de muscle sont primordiaux pour répondre aux objectifs de ce projet.
Remplacement
Le test d’absorption du fer au point d’injection est une procédure expérimentale in vivo éxigée par la réglementation chinoise, dans le cadre de la commercialisation sur le marché chinois de produits vétérinaires composés de fer. Par conséquent, l’utilisation d’animaux est ici nécessaire et aucune méthode substitutive n’est possible.
Réduction
Le nombre d’animaux prévu pour ce projet a été déterminé à partir des exigences de la Pharmacopée Chinoise, qui prévoit l’utilisation de deux lapins par lot testé, ainsi que de l’estimation du nombre de lots à évaluer pendant la durée du projet. Afin de prendre en compte d’éventuels imprévus (problèmes techniques lors de l’injection dans le muscle vaste médial, difficultés liées au prélèvement ou au traitement des échantillons, ou exclusion d’un animal), une réserve de 30 % d’animaux surnuméraires est prévue. Les animaux surnuméraires ne seront utilisés que si un problème est détecté lors de la phase d’analyse. Cette réserve permettra, si nécessaire, de disposer du nombre minimal d’animaux requis par la Pharmacopée Chinoise sans avoir à répéter l’essai sur un lot. Sur une période de cinq ans, il est estimé que 35 lots seront testés, ce qui représente un besoin de 70 lapins (2 lapins par lot). En tenant compte de la réserve de 30 % d’animaux surnuméraires, le nombre maximal d’animaux prévus pour l’ensemble du projet est fixé à 90 lapins.
Raffinement
Après réception, les animaux auront une période d’acclimatation d’une durée propre à l'espèce animale soit 14 jours. Les animaux feront l'objet d'un conditionnement positif, basé sur des intéractions amicales avec les personnels en charge des soins, ceci afin de permettre des manipulations sans stress et avec un minimum de contraintes. Les animaux seront hébergés dans la mesure du possible par paires compatibles ou en groupe et recevront un enrichissement du milieu adapté à leur espèce, régulièrement renouvelé (Tablette de repos pour se cacher et grimper, foin, Buchettes de bois). Des évaluations cliniques sont mises en place (observation quotidienne de l’état général, du comportement, observation du site d’administration, etc.). Tout au long des études les animaux sont manipulés/observés par un personnel formé et habilité à travailler chez l'espèce en question. Les voies et volumes d’administration suivront les recommandations des publications reconnues telles que : A Good Practice Guide to the Administration of Substances and Removal of Blood, Including Routes and Volumes, Karl-Heinz Diehl et al. JOURNAL OF APPLIED TOXICOLOGY, 2001, 21, 15-23. Pour diminuer le stress de l’animal et faciliter la contention pour l’injection, l’animal sera anesthésié avec un produit adapté. Il est primordial dans ce projet que l’injection soit réalisée précisément au niveau du muscle vaste médial et pour cela l’animal ne doit pas bouger durant l’injection. Une surveillance accrue de l’animal de l'anesthésie jusqu'a son réveil sera réalisée. Si un animal présente des signes de pathologie, de souffrance ou de douleur, un traitement thérapeutique et/ou des soins seront mis en place après acccord du vétérinaire dans le but de le soigner ou de le soulager. De plus, des points limites adaptés et suffisament prédictifs sont mis en place afin de prévenir toute souffrance des animaux. Grâce à ces différentes méthodes, le bien-être de l’animal sera respecté et sa douleur, souffrance et angoisse seront réduites au minimum
Choix des espèces
Lapin a été choisi pour ce projet car c’est cet animal qui est demandé et décrit dans la Pharmacopée Chinoise pour la réalisation de tests d’absorption du fer au site d’injection. Conformément à la Pharmacopée Chinoise, les animaux utilisés seront des adultes pesants entre 1,5 et 2,5 kg.
Evaluation sous-cutanée de la biocompatibilité et de la dégradation d’hydrogels injectables chez la souris C57BL/6 – MODIFICATION
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
Tuées entre vingt-quatre heures et douze mois après l'intervention, pour que les hydrogels et les tissus qui les entourent soient prélevés, 288 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Sous anesthésie gazeuse, chaque souris reçoit quatre implants sous la peau du dos, par injection ou, pour les formulations non injectables, par une incision refermée d'un point de suture. Le porteur affirme que l'utilisation d'une souris immunocompétente est "essentielle pour visualiser la réponse inflammatoire". Parmi les applications visées, il cite la régénération de l'os et du cartilage, et aussi "les comblements de rides et le remodelage corporel".
Objectifs
L'étude de la littérature et nos études préliminaires in vitro ont montré l’intérêt de l'utilisation d'hydrogels comme nouveaux biomatériaux pour l'ingénierie tissulaire. De nombreuses études soulignent désormais l’importance de développer des matériaux ayant une vitesse de dégradation adaptée, et l’importance de la capacité des cellules à interagir et/ou à remodeler ces matériaux pour régénérer des tissus. L'objectif de ce projet est d'étudier la biocompatibilité de nouvelles associations d'hydrogels pour l’ingénierie tissulaire en conditions physiologiques. Le système immunitaire joue en effet un rôle majeur dans la réponse de l'hôte dans le cadre des biomatériaux complexes. L'utilisation d'un modèle murin nous permettra de visualiser la réponse inflammatoire, paramètre majeur en vue d'une potentielle application chez l'Homme. Un deuxième objectif est d’étudier la vitesse à laquelle les hydrogels sont dégradés en conditions physiologiques.
Bénéfices attendus
Ce projet devrait permettre de comprendre l’influence de différentes formulations d’hydrogels sur les processus inflammatoires qui interviennent suite à l’implantation de ces matériaux, mais également sur les processus mis en jeu pour les dégrader. Ainsi, les résultats de cette étude devraient permettre de choisir des formulations d’hydrogels pertinentes pour des applications précises de médecine régénératrice, telles que la régénération de l’os et du cartilage mais également pour les comblements de rides et le remodelage corporel.
Procédures
Sous anesthésie gazeuse, le dos des souris sera tondu, désinfecté, puis les souris recevront chacune 4 injections/implantations en sous-cutané au niveau dorsal de nos formulations en conditions d’asepsie. Chaque injection sera très rapide, environ 10 secondes. Les souris seront ensuite surveillées jusqu’à leur réveil qui aura lieu environ 5/10 min après le début de l’anesthésie. Elles seront observées quotidiennement les 2 premiers jours suivant l’intervention, puis 2 fois par semaine ensuite par les expérimentateurs en plus de la surveillance quotidienne réalisée par le personnel de l’animalerie, afin de vérifier qu’elles ne présentent pas de signes de douleur ou d’infection au niveau du site d’injection. Les souris seront ensuite mises à mort 24 h, 72 h, 1 semaine, 4 semaines (modification) voir jusqu'à 12 mois après l’intervention. Les hydrogels et leurs tissus environnants seront ensuite explantés pour réaliser des analyses histologiques qui permettront d’évaluer la biocompatibilité et la vitesse de dégradation de ces biomatériaux.
Impact sur les animaux
L’injection sous-cutanée est un acte mini-invasif qui est déjà pratiqué par notre laboratoire depuis plusieurs années, et qui ne cause habituellement pas de douleur chez les animaux. MODIFICATION Une gêne due au point de suture pour les souris ayant reçu une formulation non injectable pourra être ressenti suite à l'intervention. Les souris peuvent également ressentir une gêne dû à l’emplacement des hydrogels au niveau dorsal mais rien qui n’altererait leur alimentation ou leurs déplacements au-delà de la simple gêne.
Devenir
Afin d’évaluer la vitesse de dégradation des matériaux et leur biocompatibilité, il est nécessaire de récupérer les matériaux ainsi que les tissus environnants. Pour cette raison, tous les animaux devront être mis à mort à l’issue de la procédure.
Remplacement
Des études préliminaires in vitro ont été réalisées pour simuler une dégradation enzymatique des hydrogels. Ces études ont permis de sélectionner un nombre limité de formulations pertinentes pour nos objectifs de contrôle de la dégradabilité. Pour ce qui est de la biocompatibilité, des études in vitro ont également été réalisées pour vérifier la compatibilité des cellules avec les différentes formulations. Le remplacement de l'animal pour cette expérimentation n’est toutefois pas réalisable car les processus inflammatoires et immunitaires sont complexes et font appel à des systèmes non modélisables in vitro.
Réduction
Quatre injections seront réalisées par animal, ce qui limite le nombre nécessaire de souris pour ces expérimentations. La réalisation de ces 4 injections a montré une très bonne tolérance dans les expérimentations précédentes réalisées au sein du laboratoire. Par ailleurs, plusieurs types d’analyses (analyses d’imagerie, histologie, immunohistochimie) seront réalisées sur un même échantillon pour répondre aux deux questions posées par cette étude en même temps, ce qui diminuera aussi le nombre d’animaux nécessaires. Nous réaliserons 8 injections par condition, ce qui nous permet depuis déjà de nombreuses années de mettre en évidence des résultats statistiquement différents, tout en limitant le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Pour cette étude, nous avons choisi d'injecter les biomatériaux à l'aide d'une aiguille sous anesthésie gazeuse, ce qui permet de limiter le stress qui pourrait être causé par l’injection. De plus, l’injection est un procédé qui permet de limiter l'inflammation du site d'implantation, car c'est un acte mini-invasif. MODIFICATION - Pour les hydrogels non injectables avec une aiguille, une petite incision sera réalisée sous analgésie en pré et post-opératoire pour limiter toute douleur. Après l’intervention, Les souris seront observées par les expérimentateurs quotidiennement 48h après l’intervention, puis deux fois par semaine ensuite pour s'assurer de leur bien-être. Nous avons en effet mis en place des points limites adaptés, une grille de score et un arbre décisionnel nous permettant d’agir si le moindre signe de douleur venait à apparaître.
Choix des espèces
L'utilisation d'un modèle murin immunocompétent est essentielle pour visualiser la réponse inflammatoire, paramètre majeur en vue d'une potentielle application chez l'Homme. Les études seront réalisées avec des souris adultes, c'est-à-dire, âgées de 12 semaines. Cela correspond à de jeunes adultes avec une croissance terminée, une maturation sexuelle et un potentiel de régénération conservé.
Optimisation d’approches de thérapie génique pour la maladie de Charcot- Marie-Tooth
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
224 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour prélever leurs tissus, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Sous brève anesthésie, elles reçoivent une injection de virus AAV dans la région lombaire ou dans la veine de la queue, puis passent trois séries de tests : rotarod et analyse de la démarche pour la locomotion, filament de Von Frey appuyé avec une force croissante sur la patte pour la sensibilité, et des électrodes sous la peau mesurent la conduction nerveuse. Dans la seconde étude, des souris porteuses de mutations reproduisant deux formes de la maladie de Charcot-Marie-Tooth sont suivies jusqu'à six mois ou un an, l'effet thérapeutique restant à démontrer. Le porteur indique que des neurones dérivés de cellules de patients existent, mais affirme qu'ils ne permettent pas d'évaluer la toxicité "à l'échelle d'un organisme entier".
Objectifs
La maladie de Charcot Marie Tooth (CMT) est une maladie génétique touchant le système nerveux périphérique. Les patients souffrant de CMT présentent une faiblesse et atrophie musculaire prédominante aux membres inférieurs, ce qui entraine une difficulté pour se mouvoir et pour les formes de CMT les plus sévères, la nécessité d'un fauteuil roulant. Contrairement à la maladie de Charcot (ou sclérose latérale amyotrophique), la CMT ne réduit pas l’espérance de vie des patients, mais affecte fortement leur qualité de vie. Cette maladie est incurable et nécessite de trouver des thérapies. Dans le laboratoire nous étudions deux formes de CMT liés à deux gènes mutés différents: la forme CMT2A et la CMT4H . La CMT étant une maladie génétique, il est pertinent de mettre au point des thérapie génique visant à apporter un gène médicament pour corriger le gène muté grâce à virus rendu inoffensif appelé AAV. Cependant, bien que prometteurs pour la mise en place de futurs traitements, nous devons améliorer nos outils AAV et techniques d’injection afin de développer une thérapie ciblée, efficace et plus sûre permettant de cibler soit les motoneurones de la moelle épinière soit les cellules de Schwann des nerfs périphériques et d'éviter le ciblage d'organes tels que le foie qui peut s'avérer toxique. Ce projet vise à tester de nouveaux AAV récemment optimisés pour assurer une bonne expression dans le système nerveux et aucune dans le foie. Une fois ces AAV et modes d’injection optimisés chez des souris sauvages, nous testerons l’effet bénéfique de surexpression de gènes médicaments dans nos modèles CMT.
Bénéfices attendus
L'ensemble de ce projet nous permettra ainsi de mettre au point de nouveaux outils et technologie permettant d’améliorer les approches de thérapie génique actuelles notamment de réduire les risques au moyen de vecteurs viraux plus spécifiques. Enfin ce projet a pour but de déterminer si ces traitements ont un effet bénéfique pour améliorer la pathologie CMT. A plus long terme ces approches pourront être mise en place pour d'autres formes de CMT liées à d'autres gènes mutés.
Procédures
Les animaux seront soumis à : une injection au niveau lombaire ou dans la veine de la queue. Ces interventions sont de courte durée (de l'ordre de 2-5 minutes); des tests de comportement permettant la mesure de la locomotion et de la sensibilité des pattes (maximum 15 minutes par animal pour chaque test) . Chaque test sera réalisé sur deux jours (entrainement et test) en incluant des moments de récupération pour les animaux entre chaque essais ( 5 minutes) et entre chaque test (au moins deux jours). A la fin de l'expérience, les animaux seront euthanasiés.
Impact sur les animaux
Les animaux subiront à l’âge adulte des injections de virus AAV à visée thérapeutique soit par voie intrathécale lombaire soit par voie intraveineuse. Ces deux types d’injections se feront sous courte anesthésie gazeuse (isoflurane, 2-5 minutes maximum) et suite à une injection d'un anti douleur en amont. Les injections seront réalisées au moyen de fines seringues à insuline. En se basant sur notre expérience, ces injections entrainent peu d'effets indésirables et les animaux récupèrent très bien en quelques minutes. Néanmoins, elles peuvent très rarement induire une inflammation locale ou légères irritations et ainsi un léger inconfort qui sera surveillé dans les jours suivants l’intervention selon la grille de score et traitée le cas échéant. Au cours du traitement, les animaux subiront trois tests comportementaux à trois temps (avant, pendant et à la fin du traitement). Les tests permettant de mesurer la locomotion et démarche (rotarod et gait), entrainent peu d’inconfort aux souris. Le test VonFrey, qui a pour but d’analyser la réponse sensitive, entraîne un inconfort de courte durée suite à l’exposition à un filament de 0.5 mm qui vient exercer des forces croissantes sur la patte de la souris. Dans le cas de la mesure des vitesses de conduction nerveuse qui nécessite l’utilisation de petites électrodes que l’on insère en sous cutanée, les souris seront sous anesthésie gazeuse (10 minutes maximum).
Devenir
mise à mort et récupération des tissus
Remplacement
Il est difficile d'accéder aux cellules de patients du système nerveux périphériques (neurones moteurs et sensitifs et cellules de Schwann). Les neurones moteurs et sensitifs de patients peuvent être différentiés à partir de cellules pluripotentes humaines induites et constituer ainsi un modèle humain de la pathologie CMT pour les formes axonales. Néanmoins cela ne permet pas d'évaluer les risques de toxicité à l'échelle d'un organisme entier. Nos données préliminaires ont déjà montré un effet bénéfique d’approches de thérapie génique sur notre modèle in vivo de la CMT2A. Néanmoins notre type d’AAV actuel ne permet pas une spécificité totale du ciblage des motoneurones et nécessite des doses conséquentes. Afin de promouvoir la thérapie génique comme une option thérapeutique valable pour la CMT et son utilisation en clinique chez l’homme, nous avons besoin de développer des outils et des méthodes d’injections avec un profil de sécurité augmenté, ce qui passe par la spécificité de ciblage et la réduction des doses injectées.
Réduction
Le nombre d'animaux a été limité au minimum nécessaire : n= 10 animaux par groupe pour l'étude 1 et n=16 pour l’étude 2 pour mettre en évidence un effet significatif sur des paramètres de locomotion et de sensibilité en se basant sur nos travaux précédents et à l'aide de tests statistiques. Au total nous utiliserons 224 animaux répartis de la manière suivante : 80 animaux pour l’étape 1 nécessaire pour identifier le meilleur outil AAV et mode d'injections, 144 animaux pour établir la preuve de concept de plusieurs AAV thérapeutiques dans la CMT2A et CMT4H pour l’étape 2.
Raffinement
Nous nous assurerons de diminuer le stress des souris en les manipulant en coupe ou en tunnel. Nous optimisons l’enrichissement des animaux au moyen de maison en craft et petites buchettes. Afin d’optimiser le bien-être de nos animaux, nous avons opté pour une méthode d’identification couplée au prélèvement pour génotypage afin de réduire la douleur et le stress des animaux. Toutes les procédures de traitements sont réalisées sous analgésie et anesthésie profonde avec une couverture anti-douleur adaptée pour que l’animal ne ressente aucun signe d’inconfort. Des points limites et une grille de score ont été définis et seront appliqués pour suivre le bien-être des animaux au cours des expériences.
Choix des espèces
La souris reste un des modèles les plus aisés à modifier génétiquement et proche de l'homme (99% des gènes sont homologues). Elle est l'espèce la plus utilisée pour modéliser des maladies neuromusculaires telles que la CMT. Elles développent la plupart du temps des anomalies observées chez l'homme et ont permis de mieux comprendre les mécanismes cellulaires sous-jacents à ces pathologies. Dans notre cas, les lignées utilisées pour la CMT2A et la CMT4H reproduisent une partie des anomalies histologiques et comportementales observés chez ces patients telles qu'une dénervation musculaire (CMT2A), des défauts de myéline (CMT4H) et des défauts locomoteurs tardifs détectés uniquement en conditions de test rotarod et qui ne s’aggravent pas avec le temps. L’espérance de vie des souris n’est pas réduite, également comme observée chez les patients. Pour l’étude 1, les injections seront réalisées sur des souris sauvages âgés de 8 semaines. Les animaux injectés seront mis à mort 1 mois après, ce qui est le temps minimal permettant d’observer l’expression du transgène de l’AAV. Pour l’étude 2, les traitements seront réalisés à 4.5 mois (proche du début des symptômes). La moitié des souris sera suivie jusqu’à 6 mois afin de déterminer l’effet thérapeutique dès le déclenchement des symptômes, l’autre moitié sera suivie jusqu’à un an afin d’évaluer l’effet thérapeutique à long terme.
Effets de l’alimentation paternelle sur les pathologies de la grossesse, la santé de la mère et celle de la descendance, chez la souris 1/2
- Recherche appliquée
- Troubles endocriniens
- Troubles urogénitaux
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système urogénital
Pour savoir si l'alimentation d'un père obèse nuit à la grossesse et à la santé de sa descendance, 2 344 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, toutes tuées à l'issue pour prélever leurs organes. Des mâles sont nourris jusqu'à 120 jours d'un régime riche en graisses et en sucres qui leur fait prendre 20 à 25 % de poids et les rend résistants à l'insuline, et des femelles gestantes sont immobilisées chaque jour de la gestation et anesthésiées jusqu'à trois fois. Certaines souris passent jusqu'à deux fois seize jours isolées, dont huit en cage métabolique, et subissent un jeûne de 24 heures. Le porteur annonce des points limites "stricts et spécifiques au projet" sans en décrire un seul.
Objectifs
Certaines pathologies de la grossesse ont des conséquences immédiates sur la santé de la mère et de l’enfant, mais aussi à long terme sur leur santé métabolique, cardiaque et/ou neurologique. Des études récentes suggèrent que l’obésité paternelle peut modifier le contenu des spermatozoïdes. Ces modifications pourraient être transmises à l’embryon et favoriser l’apparition de complications pendant la grossesse, avec un impact sur la santé de la mère et des enfants. Ce projet vise à comprendre comment l’alimentation du père peut affecter la qualité de ses spermatozoïdes, la grossesse et la santé des mères et des enfants, à court et long terme. Il se déroulera dans 2 établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes par lesquels l’obésité du père augmente le risque de complications pendant la grossesse, et peut affecter la santé des mères et des enfants à court et long terme. Il permettra peut-être d’identifier des marqueurs dans le sperme, le placenta et l’embryon/fœtus, associés à des issues défavorables de la grossesse. Ces résultats pourraient contribuer à améliorer la santé maternelle et infantile, en développant des stratégies de prévention pour les familles à risque, voire des cibles thérapeutiques. L’obésité etant un problème de santé publique mondial, ce projet aura des répercussions importantes
Procédures
Interventions réalisées dans l'EU1: - Prélèvement sur animaux une seule fois (durée 10 secondes) - Prélèvements sanguins sur animaux 3 à 6 fois (durée 10 secondes par prélèvement). - Deux injections sur animaux (durée de chaque injection 30 secondes maximum). Interventions réalisées dans l'EU2: - Anesthésie des femelles gestantes. Fréquence : 3 fois sur toute la grossesse (durée 5 minutes). - Contention d’animaux (durée 10 minutes maximum), 5 fois avant la gestation puis tous les jours pendant la gestation. - Contention d’animaux (durée : 2 minutes). Fréquence : toutes les 2 semaines pendant 17 semaines, ou mensuellement pendant 6 mois. - Anesthésie. Fréquence : maximum 3 fois. (durée : 20 minutes par session). – Une injection. (durée 30 secondes maximum). - Mesure du métabolisme énergétique en cage individuelle. Fréquence maximum : 2 fois. (durée : 8 jours consécutifs, précédés d’une semaine d’individualisation). –Mise à jeun. Fréquence : 1 fois. (durée maximale 24h). Interventions réalisées dans EU1 et EU2 : – Mise sous régime riche en lipides et glucides. (durée maximale : 120 jours).- Gavage sur animaux, une à deux fois (durée 30 secondes). - Injection sur animaux une ou deux fois (durée 30 secondes).
Impact sur les animaux
Les injections, les prélèvements, l’administration orale, les prélèvements sanguins et l’anesthésie générale causent un stress et une douleur légère de courte durée. La contention, lors de la mesure de la tension artérielle et lors de l'imagerie, ainsi que le transfert des animaux d’un établissement à l’autre causent un stress de courte durée. L’anesthésie peut causer une hypothermie et une désorientation au réveil de courte durée. La mise sous régime riche en lipides et glucides entraîne prise de poids (20–25 %) et une hyperglycémie à jeun, une intolérance au glucose et une résistance à l’insuline. L'ingestion de glucose et l'injection d'insuline entraînent respectivement une hyperglycémie et une hypoglycémie qui sont transitoires sur une période de 2h. L’individualisation cause un stress modéré lié à l’hébergement individuel (2 x 16 jours maximum) de type comportemental par absence de contacts tactiles.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à l'issu de la dernière procédure pour collecte d'organes et analyses
Remplacement
Pour certaines études biochimiques et moléculaires, des lignées cellulaires seront utilisées. Dans le cadre de ce projet, il n’est pas possible de contourner l’utilisation de modèles animaux car il n'existe pas à ce jour d’approches alternatives permettant d’étudier l’impact de régimes alimentaires sur la reproduction masculine. L’impact du régime alimentaire paternel sur la grossesse ne peut également se faire que grâce à l’utilisation d’un modèle animal mammifère, comme la souris, pour que les résultats soient transférables à l’espèce humaine. D'une manière générale, les pathologies de la grossesse sont difficiles à étudier chez l’humain car il est éthiquement impossible d’exposer des femmes enceintes à des traitements expérimentaux.
Réduction
Les effectifs sont déterminés et les résultats analysés avec des tests statistiques adaptés. Les procédures ont été consciencieusement élaborés afin d’utiliser le moins d’animaux possible tout en permettant d’obtenir des résultats statistiquement satisfaisants.
Raffinement
Les animaux sont maintenus dans des groupes de plusieurs individus dans un environnement enrichi. Lors de l'anesthésie, les animaux seront maintenus sur un tapis chauffant pour éviter l’hypothermie. L’état général des animaux sera suivi quotidiennement par le personnel qualifié de l'animalerie. Tout état anormal sera communiqué aux responsables du projet. Des points limites stricts et spécifiques au projet ont été mis en place.
Choix des espèces
La souris est un modèle de choix pour étudier la physiologie, grâce à sa population homogène et à ses similitudes avec la physiologie humaine, ce qui permet une extrapolation des résultats obtenus. Elle est largement utilisée pour simuler des pathologies humaines et mener des études précliniques. La conservation génétique entre la souris et l’homme en fait un modèle privilégié pour étudier la reproduction et le métabolisme. L'utilisation de souris transgéniques permettra de modéliser les complications de la grossesse en produisant certains symptômes (i.e. hypertension gestationnelle et protéinurie) qui ne sont pas fréquemment observés chez la souris. Des souris femelles et mâles à différents temps de développement et à l’âge adulte seront nécessaires à cette étude, afin de comprendre les effets à court et long terme d’un régime paternel obésogène.
Etude des dangers sanitaires et des résistances aux traitements chimiques en élevages de ruminants – MODIFICATION
- Recherche appliquée
- Diagnostic des maladies
- Maladies animales
Moutons : 80
Bovins : 600
Cartographier les pathogènes des élevages de ruminants et leur résistance aux acaricides et aux vermifuges doit servir, selon le porteur, "la viabilité et la rentabilité des élevages". 1 000 ruminants vont être utilisés, 600 bovins, 320 chèvres et 80 moutons, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, et tous restent dans leur élevage d'origine à l'issue de l'enquête. Chacun subit une ou deux séances de prélèvements, sang, grattage de peau, fèces et retrait de tiques, sous moins de cinq minutes de contention. Le porteur affirme qu'il "n'est pas possible de proposer une alternative", sans autre argument.
Objectifs
Le projet "Etude des dangers sanitaires et des résistances aux traitements chimiques en élevages de ruminants" vise par le biais d'enquêtes et de prélèvements sur des petits et gros ruminants d'élevages : 1. à cartographier les pathogènes à impact sanitaire ou économique majeur dans les élevages de gros et petits ruminants et d'étudier les facteurs de risque associés à une prévalence élevée des pathogènes en élevage; 2. à étudier la résistance des deux espèces de tiques répertoriées aux traitements acaricides utilisés dans les élevages et à étudier l'infestation des animaux d'élevage par ces deux espèces de tique en fonction des pratiques d'élevage 3. à étudier la résistance des parasites présents dans le tractus gastro-intestinal des ruminants aux traitements anthelminthiques utilisés dans les élevages
Bénéfices attendus
En permettant d'obtenir des informations sanitaires actualisées et différenciées par territoire, ce projet aura un impact direct et positif sur la viabilité et la rentabilité des élevages. Il permettra une sélection par les éleveurs, sur des bases scientifiques et éprouvées, des méthodes de lutte les plus adaptées à leur situation épidémiologique et à leur système d’élevage. Il devrait ainsi permettre une utilisation plus raisonnée des produits chimiques (acaricides, anthelminthiqes,...) au sein des filières ruminants. Il permettra un choix éclairé et une meilleure information des éleveurs et des associations/coopératives agricoles afin d’éviter des résistances irréversibles aux traitements chimiques de certaines maladies.
Procédures
Les animaux d'élevage vigiles seront soumis à des prélèvements non ou peu invasifs (sang, grattages cutanés, fèces, tiques), à raison de 2 séances maximum de prélèvements (2 séances pour les échantillons de féces uniquement dans le cadre de l'étude des résistances des parasites gastro-intestinaux aux anthelminthiques) et le plus souvent d'une séance unique (prélèvements de sang, grattages cutanés, détiquage). La procédure expérimentale sur chaque animal sera aussi limitée en temps que possible (moins de 5 minutes de contention dont 2 minutes maximum pour la réalisation des prélèvements de sang et 2 minutes maximum pour les prélèvements de tiques).
Impact sur les animaux
Seules des nuisances légères (douleur légère associée au prélèvement, stress associée à la contention des animaux) sur une courte période sont attendues dans ce projet.
Devenir
Tous les animaux prélevés seront maintenus dans leur élevage d'origine, à l'issue de la phase d'enquête.
Remplacement
Le projet déposé cherchant à caractériser des paramètres sanitaires et des résistances aux traitements en élevages de ruminants, il n'est pas possible de proposer une alternative à l'utilisation d'animaux dans les procédures expérimentales retenues.
Réduction
Afin d'assurer une bonne représentativité des résultats d'enquête obtenus par rapport à la population générale de ruminants d'élevage , un échantillonnage aléatoire des élevages de ruminants sera réalisé. En s'appuyant sur les derniers recensements de ruminants disponibles et des prévalences moyennes pour les pathogènes recherchés, nous avons choisi d'échantillonner 600 bovins et 400 petits ruminants. Nous limiterons l'effectif des animaux manipulés et échantillonnés, les différents prélèvements seront en effet réalisés sur les mêmes animaux pour étudier les dangers sanitaires et les résistances aux traitements chimiques en élevages de ruminants.
Raffinement
Les animaux sujets d'étude pour ce projet sont des animaux d'élevage; les mesures de contention seront adaptées aux conditions d'élevage et sont prévues pour assurer le confort des animaux (alimentation et abreuvement des animaux pendant ou après prélèvement).
Choix des espèces
Les espèces animales choisies (bovins, ovins, caprins) sont pertinentes au regard des objectifs poursuivis dans ce projet, à savoir d'évaluer la prévalence de pathogènes ainsi que la résistance aux molécules chimiques utilisées dans les élevages de ruminants. Des animaux de plus de 3 mois (résistance aux molécules antiparasitaires), voire de plus de 6 mois (autres thématiques) seront utilisés. Les jeunes animaux sont fortement parasités, avec des espèces de parasites gastro-intestinaux qui peuvent différer de ceux retrouvés sur des animaux adultes; l'utilisation d'animaux de plus de 3 mois permettra d'assurer une meilleure représentativité des parasites gastro-intestinaux en élevages. Sur les autres procédures expérimentales , des animaux de plus de 6 mois seront choisis, car plus fortement infestés par les tiques et parce que des animaux de plus de 6 mois ne seront plus sous immunité maternelle, l'immunité maternelle pouvant gêner l'interprétation des résultats sérologiques obtenus.
Efficacité de biothérapies administrées par les voies aériennes dans un modèle murin de transmission du virus Influenza
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
3 060 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère, toutes tuées à l'issue, et celles infectées par la grippe traversent la maladie sans antalgique ni anti-inflammatoire, ces traitements étant, selon le porteur, "susceptibles de modifier la réponse inflammatoire". Le virus est inoculé par le nez sous anesthésie à une partie d'entre elles, qui doivent le transmettre à d'autres souris, et 1 200 reçoivent une biothérapie par voie nasale, trachéale ou intraveineuse. L'infection peut provoquer une perte de poids, une prostration et une gêne respiratoire. Une souris est tuée par dislocation cervicale sous anesthésie quand elle perd plus de 25 % de son poids ou atteint le score clinique maximal de 7, qui inclut des difficultés respiratoires.
Objectifs
Les infections respiratoires sont responsables de plus de trois millions de décès chaque année dans le monde. Les infections d'origine virale constituent un défi majeur en raison de la dérive génétique continue des virus, qui favorise l'émergence de nouveaux variants et réduit progressivement l'efficacité des traitements antiviraux et des vaccins disponibles. À l'heure actuelle, la majorité des biothérapies est administrée par voie intraveineuse (i.v.). Cette voie d'administration est toutefois peu adaptée au traitement des infections pulmonaires, les biomédicaments diffusant faiblement vers le territoire respiratoire après administration systémique. Seule une faible fraction des molécules administrées par voie intraveineuse atteint les poumons. Depuis plusieurs années, les travaux précliniques menés au CEPR démontrent l'intérêt de l'administration par inhalation pour améliorer l'index thérapeutique de ces biothérapies. Cette voie est déjà largement utilisée en pratique clinique pour l'administration de bronchodilatateurs et de corticoïdes dans le traitement des pathologies respiratoires. L'administration de biothérapies par inhalation permet un ciblage direct du médicament au niveau pulmonaire sous forme d'aérosol. Dans le contexte des infections respiratoires, cette approche devrait permettre une action plus rapide, une concentration élevée du médicament au plus près du site de réplication virale et une limitation de l'exposition systémique, réduisant ainsi le risque d'effets indésirables. Les travaux du CEPR ont montré que le procédé d'aérosolisation, associé à l'utilisation de nébuliseurs adaptés et de formulations spécifiques, permettait d'administrer des biothérapies tout en préservant leurs propriétés physicochimiques et biologiques. Ils ont également démontré qu'une biothérapie dirigée contre des bactéries ou des virus responsables de pneumonies atteignait les poumons en quantité significativement supérieure après administration par inhalation qu'après administration intraveineuse, avec une amélioration concomitante de son efficacité thérapeutique. Dans ce contexte, le présent projet a pour objectifs : 1_développer et optimiser un modèle murin robuste de transmission du virus influenza. 2_utiliser ce modèle pour évaluer différentes stratégies thérapeutiques et caractériser les réponses immunitaires associées
Bénéfices attendus
Ce projet, fondé sur des données précliniques solides, vise à développer des stratégies thérapeutiques inhalées destinées à limiter la dissémination des agents pathogènes respiratoires et à mieux comprendre les mécanismes immunitaires associés à leur efficacité. Les connaissances acquises, combinées à celles générées par les autres volets du programme Inhealation, constitueront une base scientifique pour le développement de futures études translationnelles et la conception d'essais cliniques. Le développement d'un modèle murin reproductible de transmission du virus influenza constituera également un outil préclinique permettant d'évaluer de futures stratégies thérapeutiques ou vaccinales destinées à limiter la transmission des virus respiratoires. Les approches évaluées dans ce projet ciblent les infections respiratoires virales touchant les voies aériennes supérieures et/ou inférieures, notamment celles associées à des pneumonies. Ces infections représentent un enjeu majeur de santé publique en raison de leur fréquence, de leur impact en termes de morbidité et de mortalité, ainsi que des coûts humains, sociaux et économiques qui leur sont associés. L'administration inhalée de biothérapies pourrait constituer une stratégie permettant d'améliorer leur efficacité locale tout en limitant l'exposition systémique. Au-delà du virus influenza, les connaissances acquises sur les modalités d'administration, les réponses immunitaires induites et les mécanismes de protection pourront être transposées à d'autres infections respiratoires, notamment celles causées par le virus respiratoire syncytial ou le SARS-CoV-2. Les biothérapies sont déjà utilisées en clinique dans de nombreuses indications. Ce projet vise à optimiser leur administration dans le traitement des infections respiratoires en privilégiant la voie inhalée, qui permet un dépôt direct du médicament au niveau du site d'infection. Cette stratégie pourrait améliorer l'efficacité des traitements tout en contribuant à limiter la transmission des virus respiratoires. Enfin, l'administration par inhalation présente l'avantage d'être une approche non invasive permettant de délivrer rapidement les biothérapies directement au niveau des voies respiratoires, principal site de réplication des virus ciblé.
Procédures
_Infection par voie intranasale : sous anesthésie générale, 1560, 760 ou 1160 animaux, 1 fois _Administration des biothérapies par voie intranasale petit volume: sous anesthésie générale, 300 animaux, 1 fois __Administration des biothérapies par voie intranasale grand volume: sous anesthésie générale, 300 animaux, 1 fois _Administration des biothérapies par voie oro-trachéale : sous anesthésie générale, 300 animaux, 1 fois _Administration des des biothérapies par voie intraveineuse : sous anesthésie générale, 300 animaux, 1 fois
Impact sur les animaux
Des données préliminaires obtenues au laboratoire ont permis d'identifier des doses de biothérapies ne présentant pas de toxicité apparente chez la souris. Les expérimentations prévues seront donc réalisées uniquement avec ces doses. L'infection expérimentale par le virus influenza est susceptible d'entraîner une altération transitoire de l'état général des animaux, caractérisée notamment par une perte de poids, une diminution de l'activité, un pelage ébouriffé, une réduction de la prise alimentaire ou hydrique ainsi qu'une gêne respiratoire liée à l'inflammation des voies aériennes. L'intensité de ces signes cliniques dépendra de l'évolution de l'infection. L'administration d'antalgiques ou d'anti-inflammatoires ne pourra pas être envisagée au cours de l'évolution de la maladie, ces traitements étant susceptibles de modifier la réponse inflammatoire et immunitaire induite par l'infection ainsi que l'évaluation de l'efficacité des stratégies thérapeutiques étudiées. Les animaux feront l'objet d'une surveillance clinique quotidienne, voire biquotidienne si leur état le justifie. Les paramètres suivants seront évalués : (i) perte de poids, (ii) altération de l'état général et des comportements physiologiques (prostration, diminution ou absence de prise alimentaire et hydrique, pelage ébouriffé), et (iii) apparition de signes cliniques évocateurs d'une aggravation de l'infection (yeux mi-clos, difficultés respiratoires, sibilances ou autres signes de détresse). Ces observations seront intégrées à un score clinique standardisé compris entre 0 et 7. Des points limites précoces ont été définis afin de prévenir toute souffrance excessive. Tout animal présentant une perte de poids supérieure à 25 % de son poids initial ou atteignant un score clinique de 7 sera immédiatement euthanasié par dislocation cervicale après anesthésie générale à l'isoflurane (4 %).
Devenir
Les objectifs de ce projet sont (i) de développer et valider un modèle murin de transmission du virus influenza et (ii) de caractériser les réponses immunitaires induites par des biothérapies inhalées afin d'améliorer leur développement préclinique et leur transposition vers la clinique. Dans la première procédure, les animaux seront euthanasiés afin d'évaluer les paramètres nécessaires à la caractérisation du modèle de transmission, notamment la charge virale dans les voies respiratoires et les tissus cibles. Dans la seconde procédure, l'euthanasie permettra la réalisation de prélèvements terminaux (lavages nasaux et broncho-alvéolaires, poumons, ganglions drainants, rate et autres tissus d'intérêt) indispensables à l'étude de la charge virale, des populations immunitaires et des médiateurs de l'inflammation. Par ailleurs, les animaux auront été infectés expérimentalement par le virus influenza et ne pourront, pour des raisons sanitaires et scientifiques, être réutilisés ou replacés. En conséquence, l'ensemble des animaux sera euthanasié à l'issue de chaque procédure afin de permettre la réalisation des analyses prévues et d'atteindre les objectifs du projet.
Remplacement
À ce jour, aucune méthode in vitro ou ex vivo ne permet de reproduire l'ensemble des mécanismes impliqués dans les infections respiratoires virales, notamment les interactions complexes entre le virus, les différents compartiments du système immunitaire et les tissus de l'appareil respiratoire. Un des objectifs principaux de ce projet est d'étudier la transmission naturelle d'un virus respiratoire entre individus. À ce jour, aucun modèle alternatif ne permet de reproduire ce phénomène biologique complexe., ne peuvent pas être modélisés de manière pertinente à l'aide de systèmes cellulaires. Par ailleurs, ce projet vise à évaluer l'efficacité de biothérapies administrées directement dans les voies aériennes. L'étude de leur distribution pulmonaire, de leur activité biologique, de leur impact sur la transmission virale ainsi que des réponses immunitaires locales et systémiques qu'elles induisent nécessite l'utilisation d'un organisme entier. Le modèle murin d'infection par le virus influenza est largement décrit et validé dans la littérature comme modèle préclinique des infections respiratoires virales. Il permet de reproduire les principales caractéristiques de l'infection ainsi que les réponses immunitaires associées. Enfin, la disponibilité de nombreux outils génétiques et immunologiques chez la souris constitue un atout majeur pour caractériser les mécanismes impliqués dans la protection induite par les biothérapies et les immunomodulateurs
Réduction
Le nombre d'animaux utilisés est optimisé en réalisant un maximum d'analyses sur chaque animal. Les prélèvements permettront notamment d'évaluer les populations immunitaires, les cytokines, l'expression génique, l'histologie ainsi que la charge virale, maximisant ainsi les informations obtenues à partir de chaque individu. Le modèle murin d'infection par le virus influenza est maîtrisé par l'équipe et le porteur du projet, ce qui limite les phases de mise au point expérimentale. De plus, de nombreuses données préliminaires sont déjà disponibles, permettant de restreindre le nombre de souches virales, de doses de biothérapies et de temps d'analyse à évaluer. Les expériences sont organisées de manière à mutualiser les groupes témoins lorsque cela est scientifiquement justifié, afin d'éviter toute répétition inutile. Une première procédure est spécifiquement dédiée au développement et à l'optimisation du modèle de transmission. Cette étape permettra de sélectionner les conditions expérimentales les plus pertinentes avant l'évaluation des biothérapies et contribuera ainsi à réduire le nombre d'animaux nécessaires aux études d'efficacité. Les effectifs ont été déterminés à partir de calculs de puissance statistique (voir Annexe). Pour la procédure 1, la différence attendue de charge virale entre les souris index et les souris contact est estimée à 4,5 avec un écart-type de 1,9 (données de la littérature). Pour la procédure 2, la différence attendue entre les souris traitées et les souris non traitées est estimée à 1,5 avec un écart-type de 0,9 (données de la littérature). Dans les deux cas, en considérant un risque α de 5 % et une puissance statistique minimale de 80 %, la taille d'échantillon calculée est de cinq animaux par groupe. E nfin, un lot limité d'animaux est prévu pour le tutorat des intervenants afin de garantir la maîtrise des gestes techniques avant la réalisation des procédures expérimentales. Cette formation, assurée par le Dr Thomas Sécher, membre de la Structure chargée du Bien-Être Animal (SCBEA) et tuteur validé par la PSTA, contribue à limiter les échecs expérimentaux et la répétition de manipulations.
Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupes sociaux dans des cages enrichies (papier absorbant et fragments de boîtes à œufs), conformément aux recommandations en vigueur. Une période d'acclimatation sera respectée avant le début des expérimentations afin de limiter le stress lié au changement d'environnement. Les procédures expérimentales seront réalisées par du personnel qualifié ou en cours de formation sous tutorat, afin de garantir la maîtrise des gestes techniques et de limiter le stress ainsi que les manipulations inutiles. Notamment, les administrations par voie respiratoire seront réalisées sous anesthésie générale à l'isoflurane afin de limiter le stress des animaux et de garantir la qualité du geste technique. Tout au long des expérimentations, les animaux feront l'objet d'une surveillance clinique pluriquotidienne assurée conjointement par les animaliers et les expérimentateurs, permettant de détecter précocement toute altération de leur état de santé et l'atteinte des points limites définis dans les procédures expérimentales (section 4.2). Une vigilance particulière sera maintenue durant les quatorze jours suivant l'infection, période correspondant au développement des signes cliniques. Afin de limiter les conséquences de l'infection sur l'état général des animaux, de la nourriture humidifiée (gel alimentaire) sera mise à disposition de manière préventive directement dans les cages afin de faciliter l'accès à l'eau et à l'alimentation des animaux présentant une diminution de leur mobilité ou de leur prise alimentaire. Tout animal atteignant un point limite sera immédiatement pris en charge conformément aux critères d'arrêt définis dans le projet.
Choix des espèces
La souris (Balb/cJRj) constitue le modèle préclinique de référence pour l'étude des infections expérimentales par le virus influenza. Elle permet de reproduire les principales caractéristiques de l'infection respiratoire ainsi que les réponses immunitaires induites au niveau des voies aériennes. De plus, des modèles murins de transmission du virus influenza sont largement décrits dans la littérature (Edenborough et al. J Virol, 2012 / Price et al. J Virol, 2014) et constituent une approche pertinente pour étudier les mécanismes impliqués dans la dissémination virale et leur inhibition par des stratégies thérapeutiques. L'utilisation d'un modèle animal est indispensable pour ce projet. Les réponses immunitaires des voies respiratoires reposent sur des interactions complexes entre les différents compartiments anatomiques (cavités nasales, voies aériennes et poumons), les cellules immunitaires innées et adaptatives, ainsi que le contexte inflammatoire induit par l'infection. Ces mécanismes ne peuvent pas être reproduits de manière satisfaisante par des approches in vitro ou ex vivo. En outre, l'évaluation de la transmission virale entre individus ainsi que de son inhibition par des biothérapies nécessite un organisme entier. La souris offre également un large éventail d'outils expérimentaux permettant une caractérisation fine des mécanismes immunitaires impliqués dans la protection contre la transmission virale. Les techniques disponibles au laboratoire (cytométrie en flux, microscopie confocale, analyses multiplex des cytokines, biologie moléculaire et histologie), ainsi que l'accès à de nombreux modèles transgéniques si nécessaire, permettent d'exploiter pleinement les prélèvements réalisés sur chaque animal et de maximiser les informations obtenues.
Impact des fongicides sur le neurodéveloppement avant sevrage
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Exposés aux fongicides dans l'utérus puis par le lait maternel, les souriceaux de ce projet sont tués à 21 jours d'âge, encore allaités. 108 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, sans que le résumé distingue les mères des petits. Les femelles gestantes sont gavées une fois par jour pendant sept semaines, avec un risque d'irritation de l'œsophage, puis subissent une prise de sang à l'éveil. Toutes sont tuées pour analyser leurs tissus, une partie par une "chirurgie terminale sous anesthésie profonde" dont le résumé ne décrit pas le geste.
Objectifs
Ce projet cherche à comprendre comment l’exposition à des fongicides (utilisés dans le milieu agricole) pendant la grossesse pourrait affecter le développement du cerveau des descendants et les différents organes des mères. Pour cela, nous utiliserons des femelles gestantes et leurs descendants et nous étudierons les modifications biologiques observées dans les zones du cerveau concernées lors du développement sous l’exposition aux fongicides durant la lactation.
Bénéfices attendus
L'objectif est de comprendre comment l'exposition à ces fongicides peut causer des problèmes de développement cérébrale dans un modèle murin qui reproduit/mime fidèlement les effets potentiels chez l'Homme. Ces résultats pourraient permettre d'améliorer les tests de sécurité avant que ces fongicides ne soient commercialisés.
Procédures
Des femelles gestantes seront soumises à des gavages pendant 7 semaines (30 secondes par gavage 1 fois par jour). Dans le cadre de cette procédure, un prélèvement de sang sera réalisé en fin de procédure avant l’euthanasie. Ce geste dure environ une minute. Certains animaux subiront une chirurgie terminale sous anesthésie profonde sans réveil : Réalisée une seule fois en fin de protocole. Durée totale de la procédure de l'injection d'anesthésique au prélèvement des tissus : environ 30 minutes par animal.
Impact sur les animaux
Le gavage par contention peut entrainer un léger stress et une irritation de l'œsophage. Le prélèvement sanguin sera réalisé sur un animal vigile, ce qui pourrait induire un stress. L'anesthésie générale réalisée en vue de la chirurgie terminale sans réveil peut induire un stress passager et une hypothermie de courte durée avant la perte de conscience. À l'issue de l'étude une partie des animaux sont mis à mort par chirurgie terminale sous anesthésie profonde.
Devenir
Les animaux seront euthanasiés en fin de procédure afin de collecter les tissus pour des analyses histologiques et moléculaires.
Remplacement
Le projet vise à évaluer l'impact d'une exposition périnatale à un fongicide sur le développement embryonnaire et neurodéveloppemental. Ceci n'est modélisable que dans un organisme complet à même d'exprimer l'ensemble des fonctions physiologiques de régulations. Il n'existe actuellement pas de méthode alternative pour modéliser les analyses effectuées dans ce projet. Bien que des études aient été réalisées au préalable dans d’autres modèles animaux (poisson zèbre, xénope, ver C. elegans), le modèle murin est idéal pour étudier l’impact d’un fongicide sur le neurodéveloppement chez les mammifères en raison de leur similarité biologique avec l’humain et de leur développement rapide.
Réduction
Le nombre d'animaux par groupe expérimental a été déterminé au fur et à mesure de notre expérience. Nous avons ainsi effectué des analyses permettant de déterminer la puissance statistique des paramètres mesurés et avons conclu que cet effectif de 10 par groupe constitue un bon compromis entre puissance d'analyse et réduction du nombre d'animaux utilisés. Durant cette étude, nous allons générer des données qui seront analysées à l'aide de tests statistiques.
Raffinement
Afin d'améliorer le bien-être animal au cours de notre étude, les besoins physiologiques des animaux seront respectés (nourriture ad libitum, cages propres, nids d'enrichissement, stabulation en groupe), ce qui permettra de réduire le stress et de limiter au maximum la souffrance animale. Une surveillance quotidienne de l'état des animaux, deux pesées hebdomadaires pour les animaux expérimentaux ainsi que la mise en place d'un suivi régulier de l'état général des animaux, seront mis en place afin de s'assurer de la bonne santé de ceux-ci. Des points limites adaptés ainsi qu'un arbre décisionnel d'arrêt des souffrances a été mis en place. Dans la cadre d’un prélèvement de sang, les dispositions suivantes seront prises pour améliorer la récupération : un temps de récupération sur plaque chauffante, une injection de NaCl 0,9% (sérum physiologique) chauffé à la température de 37°C du volume équivalent au volume de sang prélevé sera réalisée.
Choix des espèces
Les souris sont un modèle idéal pour étudier l’impact d’un fongicide sur le neurodéveloppement en raison de leur similarité biologique avec l’humain et de leur développement rapide. Leur homogénéité génétique permet des résultats fiables, et leur utilisation facilite le contrôle des expositions à différentes phases critiques. De plus, elles offrent des réponses physiologiques pertinentes pour évaluer la toxicité. Les animaux seront traités lors de la gestation et de la lactation via la mère. Les souris issues de cette gestation seront prélevées à 21 jours d'âges. A cette phase, les animaux sont toujours exposés aux fongicides via la lactation.
Étude des interactions entre Horloge circadienne et Réponse au stress du réticulum endoplasmique dans l’épithélium intestinal sain et inflammatoire chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
Des souris reçoivent une eau de boisson qui déclenche une inflammation de l'intestin et des douleurs intestinales, et 832 d'entre elles sont privées de nourriture dix-huit heures par jour pendant douze semaines au plus. Au total, 1 434 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à sévère, une partie dès leur vie embryonnaire et pendant l'allaitement. Le porteur écrit pourtant que les "seules interventions" subies sont des injections d'une "durée de 2 secondes", une fois par jour pendant 8 ou 51 jours. Toutes sont tuées au terme des procédures ou quand les points limites sont dépassés, pour prélever leurs organes.
Objectifs
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) provoquent une inflammation durable de l’intestin, avec des périodes où les symptômes s’aggravent (poussées) et d’autres où ils diminuent (rémissions). Elles apparaissent chez de jeunes adultes, mais leurs causes, en lien avec leur environnement, ne sont pas connues. On pense aujourd’hui que deux mécanismes importants pourraient jouer un rôle dans ces maladies. Le premier est l’horloge biologique interne (appelée horloge circadienne), qui régule le fonctionnement du corps tout au long de la journée. Le second est un système de défense des cellules qui aide les cellules à survivre dans un environnement difficile. Chez les patients atteints de MICI, ces deux systèmes sont perturbés, mais on ne sait pas si ces perturbations sont liées, ce qui les causent, ni si elles jouent un rôle dans l’apparition de l’inflammation intestinale. L’objectif de ce projet est de mieux comprendre le rôle de ces mécanismes dans l’apparition des MICI. Pour cela, des études seront réalisées chez la souris afin de : 1) observer le fonctionnement de l’horloge biologique et du sytème de défenses des cellules dans un intestin sain ou inflammé ; 2) comprendre comment ces deux systèmes interagissent et influencent l’inflammation intestinale ; 3) déterminer si des perturbations précoces (pendant le développement ou l’allaitement) de l’Horloge peuvent augmenter le risque de développer une MICI une fois adulte ; et 4) tester de nouvelles approches, notamment alimentaires ou médicamenteuses, pour rétablir le fonctionnement normal de ces mécanismes et réduire l’inflammation intestinale.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à mieux comprendre l’origine des MICI et à ouvrir la voie à de nouveaux traitements, car les thérapies actuelles ne permettent pas de guérir les MICI, ne sont pas efficaces chez tous les patients et entraînent de lourds effets secondaires. À court terme, ce projet apportera des connaissances fondamentales nouvelles sur le (dys)fonctionnement de l’intestin, en décrivant pour la première fois la rythmicité des cellules du côlon en temps normal et durant les MICI. Il fera un lien entre la rythmicité des cellules du côlon, la sévérité de l’inflammation intestinale et la rythmicité des comportements alimentaires. À moyen et long terme, les résultats attendus pourraient améliorer la compréhension des mécanismes précoces (en particulier durant le développement embryonnaire ou l’allaitement) de prédisposition aux MICI. Le projet pourrait aussi contribuer à identifier des marqueurs biologiques prédictifs de l’activité de la maladie ou de la réponse thérapeutique. Enfin, en évaluant chez la souris l’efficacité d’une régulation de la rythmicité des cellules du côlon, il pourrait poser les bases d’une stratégie thérapeutique innovante, non immunosuppressive, combinant une intervention pharmacologique ciblée et des recommandations hygiénodiététiques. À terme, ces avancées pourraient bénéficier aux patients atteints de MICI en contribuant à réduire la fréquence ou l’intensité des poussées inflammatoires et à prolonger les phases de rémission.
Procédures
Les seules interventions auxquelles seront soumis les animaux sont des injections d’une durée de 2 secondes une fois par jours pendant 8 jours ou 51 jours. Induction de l’inflammation de l’intestin par l’eau de boisson. Restriction alimentaire, 18h par jour, pendant 12 semaines au maximum pour une partie des animaux (832)
Impact sur les animaux
Fatigue durant les premiers jours jours d’acclimatation au cycle circadien standard (12h lumière / 12h obscurité) utilisé durant la procédure. Stress lié aux manipulations répétées. Stress durant les premiers jours de restriction alimenatire lorsque les souris ne sont pas encore habituées aux heures d’accès à la nourriture. Douleurs intestinales liées à l’eau de boisson pour induire une inflammation de l’intestin. Stress physique liés aux injections des traitements (et douleur équivalente à la piqûre d’une aiguille). Stress lié aux effets cumulatifs (rythme alimentaire, induction de l'inflammation de l’intestin, manipulations répétées).
Devenir
Lorsque les points limites sont dépassés ou lorsque les temps définis sur les différentes procédures sont atteints les animaux sont euthanasiés afin de prélever des organes pour analyses ultérieures.
Remplacement
L’utilisation d’animaux est indispensable pour étudier les interactions entre l’horloge circadienne, la réponse au stress et la physiopathologie des maladies inflammatoires, car ces processus reposent sur une intégration complexe à l’échelle de l’organisme entier. Le fonctionnement de l’horloge circadienne repose sur une organisation intégrée à l’échelle de l’organisme, où des signaux environnementaux tels que la lumière, l’alimentation et les cycles veille/sommeil synchronisent l’horloge centrale. Cela assure la coordination temporelle des fonctions physiologiques et leur synchronicité avec l’environnement de l’organisme. Dans l’intestin, l’Horloge coordonne de manière dynamique les fonctions immunitaires, métaboliques et épithéliales qui interagissent entre elles et avec le microbiote intestinal. Il s’agit d’éléments clés des maladies inflammatoires impossible à reproduire in vitro. De plus, le stress cellulaire dépend de signaux systémiques (hormonaux, nutritionnels, inflammatoires) et de la synchronisation entre organes, qui ne peuvent être modélisés de façon adéquate dans des systèmes cellulaires isolés. Ainsi, seule l’approche in vivo permet d’appréhender la complexité spatio-temporelle des mécanismes intégrés au niveau systémique que nous étudions. Par ailleurs, le développement de notre nouvelle approche thérapeutique nécessite d’être réalisé chez le petit animal car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) permettant d’évaluer son efficacité, sa toxicité et sa pharmacocinétique.
Réduction
Le nombre d’animaux a été déterminé sur la base de calculs de puissance statistique garantissant l’obtention de résultats fiables et scientifiquement interprétables, tout en limitant l’utilisation des animaux au strict nécessaire.
Raffinement
Les animaux seront maintenus en cages ouvertes, disposées en regroupement, et bénéficiant d’un enrichissement du milieu comprenant notamment du coton et des éléments de type jouets, afin de favoriser l’expression des besoins comportementaux et de réduire le stress lié à l’hébergement. Une période d’acclimatation de 15 jours sera mise en place avant le début des procédures expérimentales, afin de limiter le stress lié à la manipulation et aux conditions d’hébergement.Les mesures de prise en charge de la douleur et de la détresse seront adaptées en fonction de l’état clinique des animaux. Les protocoles expérimentaux seront adaptés, atténués ou interrompus en fonction de la tolérance des animaux aux nuisances induites et de l’apparition de signes cliniques de souffrance, conformément aux principes du raffinement.
Choix des espèces
La souris a été choisie car elle constitue un modèle pertinent et transposable pour étudier les interactions entre horloge circadienne, stress cellulaire et inflammation intestinale. En effet, bien que les souris soient des animaux nocturnes, elles sont largement utilisées en chronobiologie car leur système circadien est fortement conservé par rapport à celui de l’être humain, tant aux niveaux moléculaire que physiologique. La principale différence réside dans un décalage de phase de 12 heures de leur activité par rapport au cycle lumière–obscurité : les souris sont ainsi actives durant la phase obscure, tandis que les humains le sont durant la phase lumineuse. En dehors de cette inversion, l’organisation, la régulation et les sorties du système circadien, incluant les rythmes hormonaux, métaboliques et cellulaires, sont remarquablement similaires, faisant de la souris un modèle approprié et transposable pour les études circadiennes. Enfin, les mécanismes moléculaires de la réponse au stress sont similaires entre la souris et l’humain. Les animaux utilisés dans toutes les procédures (à l’exception de la procédure n°3) ont achevé leur développement et sont jeunes adultes lors de leur entrée en expérimentation, car les MICI sont généralement diagnostiquées chez de jeunes adultes. Cependant, les mécanismes physiopathologiques à l’origine des MICI se mettent vraisemblablement en place tôt au cours de la vie, et c’est la raison pour laquelle une fraction des animaux utilisés au cours de la procédure n°3 sont employés durant leur développement embryonnaire et leur période d’allaitement.