
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-006692)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les crises d’hyperthermie sont des maladies mortelles qui peuvent être de deux types : hyperthermie d’effort et hyperthermie maligne. L’hyperthermie maligne apparait à la suite d’une exposition aux anesthésiques volatiles lors d’une opération chirurgicale. L’hyperthermie d’effort survient au cours d’une activité physique prolongée et intense chez des athlètes, le personnel militaire ou les travailleurs en extérieur. Les deux types de crises d’hyperthermie se caractérisent par une élévation nocive de la température corporelle, un état neurologique dégradé et une contracture musculaire généralisée. Le décès des patients intervient si aucune prise en charge n’est réalisée. Chez l’homme, les patients atteints d’hyperthermie d’effort ont également montré une sensibilité aux anesthésiques. Un projet de recherche a été réalisé sur les prédispositions génétiques à l’hyperthermie d’effort en étudiant une cohorte de soldats ayant fait un épisode d’hyperthermie d’effort lors d’exercices de marche commando. A l’issue de cette analyse, des mutations génétiques ont été trouvées, permettant ainsi de faire le lien entre un gène et ces pathologies. Le but de ce projet est l’étude d’un modèle de souris portant une ou deux copies des mutations retrouvées chez les patients afin de valider son implication dans l’apparition des crises d’hyperthermie. Ce modèle de souris permettra également l’étude des mécanismes physiopathologiques de la maladie, ainsi qu’une meilleure détection et prise en charge des patients susceptibles d’être sujets à une crise d’hyperthermie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A court terme, ce projet permettra de valider l’implication d’un nouveau gène dans l’apparition des crises d’hyperthermie et permettra d’avoir un moyen diagnostic chez les athlètes, les militaires et de manière générale les populations d’actifs afin d’identifier les personnes ayant une prédisposition à développer des crises d’hyperthermie. Enfin il permettra d’identifier les mécanismes au niveau cellulaire et moléculaire de cette maladie, permettant de développer de nouvelles approches thérapeutiques ou préventives.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Certains animaux seront exposés 30 minutes à une température ambiante élevée. Certains animaux seront exposés à une anesthésie gazeuse d’1h30 avec prise de la température régulière sur l’animal anesthésié. Certains animaux seront exposés à un test d’exercice physique sur tapis de course (2 fois maximum, 1h30 maximum par test). 2 à 4 prélèvements de sang maximum seront réalisés sur les animaux éveillés. Tous les animaux auront 4 mesures maximum de la température rectale sur animal éveillé sauf les animaux anesthésiés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables prévus chez les animaux sont ceux qu’on retrouve chez l’homme soumis à une anesthésie ou à un exercice physique intense et prolongé et/ou à une exposition prolongée à une température élevée, avec l’apparition de crises d’hyperthermie. Ils peuvent être les suivants : hausse de la température corporelle, mouvements altérés et spasmodiques du corps, difficulté à respirer, contractions généralisées des muscles, perte de conscience. Des nuisances telles de l’inconfort seront également présentes durant l’expérimentation car les souris seront soumises à des stimulations pour maintenir leur course sur le tapis. Un stress léger de courte durée est présent lors de la prise de température rectale.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin de préléver les tissus (muscles, cerveaux) pour les analyses moléculaires et la compréhension des mécanismes physiopathologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de ce projet est l’étude d’un modèle souris portant une des mutations retrouvées chez des patients ayant fait une crise d’hyperthermie d’effort. Toutes les études préliminaires ne nécessitant pas d’animaux vivants seront réalisées sur des cellules afin de vérifier l’expression, la localisation et les autres protéines pouvant intéragir avec la protéine d’intérêt. Cependant les causes et les conséquences physiologiques des crises d’hyperthermie ne peuvent être étudiées que sur des animaux vivants.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupe dans les expériences est réduit à son minimum tout en optimisant l’interprétation statistique des résultats. Ce projet est basé sur un modèle de souris dont les caractéristiques ne sont à l’heure actuelle pas connues. Cependant les crises d’hyperthermie d’effort ont été étudiées chez des souris de fond génétique identique aux modèles souris développés pour ce projet. Nous pouvons donc nous baser sur les données de la littérature obtenues pour ces souris sans avoir à refaire une étude, pour évaluer le nombre d’animaux nécessaires pour un résultat exploitable et statistiquement fiable. Pour réduire le nombre d’animaux nécessaires, les études ne seront réalisées dans un premièr temps que sur des animaux contrôles et ceux porteurs d’une seule copie de la mutation, ce qui correspond exactement à la situation humaine. Si la crise n’est pas déclenchée, alors des animaux où les deux copies du gène d’intérêt sont modifiées seront utilisés.
3. Raffinement
Si les animaux proviennent d’une autre animalerie, ils seront expérimentés une semaine après leur arrivée afin d’assurer une acclimatation à la nouvelle animalerie. Puis, durant 3 à 5 jours, les animaux seront manipulés une fois par jour pour mimer le prélèvement de sang. Les animaux seront amenés en pièce d’expérimentation au moins 30min avant le début et auront un temps dédié à l’entrainement au tapis de course afin de comprendre la consigne. La température corporelle sera mesurée à l’aide d’un thermomètre dédié aux souris par du personnel compétent. Une échelle d’évaluation spécifique permet l’application de points limites stricts et pertinents pour ce projet.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les techniques actuelles permettent de reproduire chez la souris les mutations à l’origine de maladie humaine. En effet, ce modèle est celui dont la physiologie se prête le mieux à l’exploration d’une pathologie déclenchée par l’exercice physique, en particulier par la proximité de ses structures musculaires et de son métabolisme avec l’homme. Par ailleurs, le coup de chaleur d’exercice ou hyperthermie d’effort est une maladie qui survient chez des sujets jeunes tels que des athlètes, le personnel militaire ou les travailleurs en extérieur. C’est pourquoi nous utiliserons des souris jeunes adultes à partir de l’âge de 8 semaines jusqu’à l’âge de 6 mois afin de se rapprocher au mieux de ce qui se passe chez l’homme.