
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-017021)
840 souris greffées d’une tumeur sous la peau du flanc puis irradiées sous anesthésie générale reçoivent aussi des injections de monocytes dans la queue. Parmi elles, 300 sont utilisées dans des procédures menées sous anesthésie et tuées avant tout réveil, les 540 autres subissant un niveau de souffrance modéré, toutes mises à mort à la fin pour analyse des tumeurs. Le porteur attend une perte d’appétit, une perte de poids et une prostration liées aux symptômes tumoraux, et présente la thérapie testée comme un espoir pour des cancers du sein, du pancréas ou pédiatriques. Sur le remplacement, il affirme que seul un animal vivant et entier permet d’étudier le microenvironnement de la tumeur, et qualifie d' »irremplaçable » le rôle de la voie intraveineuse pour acheminer les monocytes.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Il y a une grande urgence médicale d’établir une thérapie cellulaire capable d’infiltrer les tumeurs solides et de détruire les cellules cancéreuses. Les monocytes sont des cellules immunitaires qui possèdent une capacité intrinsèque à migrer dans les tumeurs solides et à se différencier en macrophages associés aux tumeurs. Récemment, on a démontré que le transfert adoptif des monocytes augmentés pour leurs capacités de se différencier en macrophages phagocytaires à des modèles de souris de leucémies lymphoblastiques aigues T, réduisait la progression leucémique et prolongeait significativement la survie des souris. La radiothérapie, outre ses effets provoquant la mort des cellules cancéreuses, elle induit la sécrétion tumorale des chimiokines qui augmentent l’infiltration des cellules immunitaires et particulièrement les monocytes. De ce fait, dans ce projet on souhaite cibler les tumeurs solides difficiles à traiter par la thérapie cellulaire, basée sur le transfert adoptif des monocytes, seule ou en combinaison avec la radiothérapie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les tumeurs solides difficiles-à-traiter appartenant aux cancers du sein triple négatif, cancers ovariens, mélanomes, adénocarcinomes canalaires pancréatiques et aux cancers pédiatriques (tels que les gliomes, l’ostéosarcomes et les neuroblastomes), sont toutes caractérisées par une forte récurrence après la première ligne de traitements standards et une liste d’options thérapeutiques très limitée. La thérapie cellulaire des monocytes en combinaison avec la radiothérapie offre un espoir thérapeutique grâce à son pouvoir de résider la tumeur solide et de la tuer de l’intérieur en boostant une immunité antitumorale. Nous espérons pouvoir améliorer la survie de ces patients à court et à long terme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Deux injections sous anesthétique locale, durée maximale 2 minute. Radiothérapie ponctuelle ciblée sur la tumeur sous anesthésie générale une séance de 5 minutes. Certains animaux auront un prélèvement de sang sans réveil sous anesthésie générale et analgésie, durée maximale 5 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues chez les animaux sont celles liées aux symptômes tumoraux: perte d’appétit, perte de poids et prostration des animaux. Ces effets attendus sont de gravité modérée. Des nuisances transitoires attendues qui sont liées aux rasages du flanc droit de la souris, les injections sous-cutanées des cellules tumorales et les injections intraveineuses des monocytes dans la queue. Aucune perte de poids, splénomégalie ou prostration des animaux ne sont observées et causées par les injections des monocytes seuls.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux inclus dans l’expérimentation seront mis à mort à la fin de la procédure pour analyse des tumeurs.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour la réalisation de ce projet, l’utilisation d’animaux vivants est indispensable car seul un animal vivant, entier, peut permettre d’étudier le micro-environnement cellulaire de la tumeur solide et l’immunité anti tumorale dans sa globalité avec toutes les interactions nécessaires (système immunitaire, voies hormonales, médiateurs physiologiques). Cet environnement est impossible à reproduire dans toute sa complexité et sa régulation in vitro ou ex vivo.
2. Réduction
Tous les modèles des tumeurs qui seront utilisés dans ce projet sont déjà criblés et validés in vitro comme cibles de phagocytose par les macrophages dérivés des monocytes augmentés pour la phagocytose. En plus, tous les modèles de tumeurs solides utilisés dans ce projet sont déjà établis au laboratoire. Cela permet donc de réduire le nombre d’animaux à utiliser pour répondre à la thérapie cellulaire ainsi pour la mise au point des modèles des tumeurs solides. De plus, les animaux développent des tumeurs de façon homogènes et reproductibles (100% de prise tumorale). On a aussi eu recours à des méthodes statistiques pour réduire au maximum le nombre de souris par groupe.
3. Raffinement
Les animaux seront pesés trois fois par semaine et examinés quotidiennement pour examen clinique. Dès l’apparition d’un signe clinique, les animaux recevront un antalgique. Les injections sous-cutanées des cellules tumorales et intraveineuses des monocytes seront réalisées après une anesthésie locale. Les animaux seront hébergés en groupe avec un enrichissement de la cage type sizzlenest et recevront nourriture et boisson ad libitum. Les études d’efficacité chez la souris dans d’autres types tumoraux n’ont montré aucun effet toxique de l’injection des monocytes. Aucune perte de poids, splénomégalie ou prostration des animaux étaient observées causées par les injections des monocytes seuls. En cas de perte d’appétit ou d’amaigrissement, les animaux auront un aliment adapté, appétent, plus riche et plus préhensile. Des points limites précoces ont été définis et seront strictement appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La thérapie cellulaire est un traitement systémique dans les voies intraveineuses qui ont un rôle irremplaçable dans l’acheminement des monocytes thérapeutiques jusqu’au site tumoral. Les modèles de souris sont les modèles de références en cancérologie. L’utilisation des modèles de souris immunocompétentes et immunodéprimées permet la prise de greffe de tumeurs et de lignées cellulaires cancéreuses murines et humaines, respectivement et le transfert adoptif des monocytes. Les animaux utilisés auront entre 4 et 8 semaines correspondant à l’âge du jeune adulte. Nos études préalables nous ont montrées qu’il n’y avait pas différences de prise de greffe chez des animaux juste sevrés (4 semaines) et des animaux adultes (plus de 6 semaines). Cependant, on attend d’avoir plusieurs souris avec une régression totale de la tumeur et qu’on va garder longtemps et pour cette raison nous utiliserons des animaux jeunes afin de ne pas avoir un état général dégradé qui pourrait être dû à la dégénérescence du modèle dû à la longévité.