
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 22/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-971598)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les troubles du comportement alimentaire se définissent par une relation dysfonctionnelle avec l’alimentation, souvent orientée vers la consommation excessive d’aliments hautement palatables, riches en graisses et en sucres. Ces comportements, au-delà de leur dimension psychologique et comportementale, sont associés à des conséquences sanitaires majeures telles que les maladies cardiovasculaires, l’obésité et le diabète. Dans ce cadre, nous avons développé un modèle murin de consommation excessive de sucre et de gras et nous examinerons les adaptations de neuromodulateurs impliqués dans la motivation et la prise alimentaire dans des régions du circuit cérébral de la récompense. Ces investigations seront menées sur des rats des deux sexes, afin d’identifier d’éventuelles différences intersexuelles, déjà décrites chez l’humain dans le contexte des troubles alimentaires.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet combinant technologies innovantes et comportement permettra de mieux comprendre la plasticité cérébrale du système endocannabinoïde dans les comportements addictifs en lien avec la consommation de nourriture palatable. Les résultats attendus, en particulier ceux concernant le système endocannabinoïde impliqué dans le sevrage et la rechute, permettront d’approfondir la compréhension des mécanismes biologiques sous-jacents à ces troubles alimentaires. De plus, l’impact d’un tel régime a été très peu étudié chez les femelles. En outre, à long terme, ces travaux précliniques fourniront une base scientifique pour le développement de stratégies hygiéno-diététiques innovantes et mieux adaptées à la prise en charge des patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux sont soumis à un régime alimentaire riche en gras et en sucre pendant 6 semaines. Une partie des animaux sont soumis à une phase de sevrage de 4 semaines, sans nourriture palatable. Parmi eux, un certain nombre sera ré-exposé 24h à la nourriture palatable à l’issue de cette période de sevrage. Les animaux en sevrage subissent deux tests comportementaux pour évaluer le niveau d’anxiété (1x, 1j/test). Les animaux subissent également une injection pour l’anesthésie pour la chirurgie terminale sans réveil d’une durée d’environ 20 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Consommation excessive de nourriture palatable : les animaux ont le choix entre de l’eau normale et de l’eau sucrée, et de la nourriture standard et du gras, pendant 2h ou 24h selon le groupe expérimental, pendant 6 semaines. Nous n’avons à ce jour pas mis en évidence de pathologies chroniques dans notre modèle, mais justement, nous poursuivons notre caractérisation et le suivi de différents paramètres afin de suivre l’évolution chez les animaux. Des troubles de l’humeur sont envisageables chez les animaux consommateurs de boisson sucrée, et le but de l’étude est d’éventuellement les mettre en évidence, notamment pendant le sevrage. Nous devons évaluer précisément la consommation individuelle des rats et nous avons montré que l’isolement nécessaire (en cage ouverte permettant un contact auditif et olfactif) n’interfère pas avec le bien-être des animaux dans nos conditions. L’injection d’anesthésique avant la chirurgie terminale sans réveil peut engendrer une douleur aigüe de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont mis à mort à l’issue de chaque procédure pour analyse post-mortem
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La compréhension des mécanismes de mises en place et des conséquences des troubles du comportement alimentaire nécessite une observation comportementale, uniquement possible chez l’animal entier, vigile. L’utilisation d’animaux est donc nécessaire notamment pour évaluer les processus neuronaux mis en jeu. Le rat est une espèce suffisamment proche de l’Homme, physiologiquement et génétiquement, chez laquelle nous pouvons modéliser des pathologies humaines. Il nous est donc impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in silico.
2. Réduction
Nous avons réduit au strict nécessaire le nombre d’animaux pour permettre des analyses statistiques à la fois pour les analyses comportementales et moléculaires. Les expériences seront toujours réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par condition expérimentale, nous composerons donc toujours nos groupes dans l’optique d’obtenir le maximum d’information scientifique par test. De plus, les prélèvements d’organes permettront de décrire les altérations provoquées par le régime alimentaire autant au niveau cérébral que périphérique. D’autres dosages pourront être envisagés sur les tissus prélevés.
3. Raffinement
Tout au long du déroulement des expériences, une observation quotidienne de l’état clinique des rats sera assurée. De plus, une pesée au minimum 2x/semaine est réalisée lors du suivi des consommations (nourriture/sucre/gras/eau), permettant de s’assurer du bien-être des rats. Les animaux seront habitués à l’expérimentateur et à l’expérimentation afin de limiter leur angoisse et le stress. Les animaux sont isolés dans des cages enrichies et en cages ouvertes ce qui permet les contacts olfactifs entre congénères et permet aux animaux de communiquer entre eux ce qui concourt à limiter l’impact du stress d’isolement. L’état de santé des animaux sera surveillé quotidiennement par du personnel formé. Des points limites spécifiques ont été définis pour l’état général. Les tests comportementaux sont réalisés dans une pièce dédiée à laquelle les animaux sont habitués
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle rongeur représente une alternative de choix pour la modélisation préclinique des troubles alimentaires. Sur un plan évolutif, les rongeurs, appartiennent au clade des mammifères le plus proche de celui des Primates. Nous choisissons de travailler avec le rat car certains résultats ont déjà été obtenus chez le rat mâle et nous pourrons comparés les résultats obtenus avec les femelles. Rats jeunes adultes (8 semaines en début de régime). Le jeune adulte correspond à la période de vie de vulnérabilité accrue chez l’Homme vis-à-vis des troubles alimentaires