
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-055245)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La lignée de souris qui fait l’objet de cette Demande d’Autorisation de Projet (DAP) est fortement immunodéprimées : les animaux issus de cet élevage sont immunodéficients (sans défense immunitaire). Leur phénotype (l’ensemble des caractères visibles) est par conséquent considéré comme dommageable : les animaux deviennent sensibles et vulnérables aux infections. Cependant, ce phénotype peut ne pas s’exprimer si leur élevage est réalisé dans des conditions sanitaires optimales : statut sanitaire contrôlé sans pathogène, hébergement en cages ventilées, utilisation d’équipements, d’aliment, d’eau de boisson et d’enrichissements stériles, ce qui est le cas dans notre établissement utilisateur. Désormais la règlementation européenne nous demande de déclarer l’élevage de ces animaux à phénotype dommageable, même si ce phénotype ne s’exprime pas grâce aux conditions adéquates de maintien de cette lignée. C’est l’objet de cette demande.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette DAP a pour objectif d’encadrer l’entretien d’une lignée, nécessaire à la réalisation de projets de recherche translationnelle dans les maladies infectieuses (évaluation de vaccins, d’immunothérapies) avec à terme un bénéfice pour la santé humaine.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Aucune intervention n’est prévue dans cette DAP.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus chez ces animaux immunodéficients proviendraient d’une contamination par des pathogènes opportunistes. Ces risques sont réduits au minimum grâce aux conditions d’hébergement et d’expérimentation au sein de notre structure (EOPS (Exempt d’organisme pathogène spécifique), hébergement en portoirs ventilés, équipements de travail, nourriture, enrichissements, et outils stériles).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux arrivant en fin de fertilité (environ 6 mois d’âge) seront mis à mort. Le sort des animaux destinés à des protocoles expérimentaux sera précisé dans les DAP des projets correspondants.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les méthodes alternatives à l’expérimentation animale se développent de plus en plus, cependant pour certaines problématiques comme l’étude de l’activation du système immunitaire après une vaccination ou une immunothérapie, elles demeurent inadaptées, puisqu’elles ne mettent pas en jeu toutes les interactions au sein d’un organisme vivant. De plus, les lignées murines immunodéficientes restent indispensables pour greffer un système immunitaire humain sans risque de rejet de greffe et permettre ainsi d’étudier l’activation d’un système immunitaire humain.
2. Réduction
Les plans de reproduction sont effectués selon les besoins expérimentaux nécessaires dans les divers projets, de manière très précise pour ne pas produire d’animaux plus que nécessaire. Les animaux sont issus d’une lignée stable pour que toute la descendance puisse être incluse dans les protocoles expérimentaux ou pour de la reproduction. Ainsi, tous les animaux sont utilisés soit en expérimentation soit en renouvellement de géniteurs.
3. Raffinement
Tous les animaux sont utilisés soit en expérimentation, soit en renouvellement des accouplements. Nos conditions d’élevage réduisent les risques que le phénotype dommageable s’exprime : élevage en établissement EOPS, cages ventilées, change sous hotte à la pince, matériels stérilisés. Les enrichissements stériles sont variés (pour les femelles : petite maison et/ou rouleau en papier catonné, craft, coton ; pour les mâles: un escalier, des bâtons en bois) et adaptés au type d’animaux dans la cage.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce modèle murin présentant une immunodéficience sévère. Les souris n’ont pas de système immunitaire ce qui permet l’humanisation avec des cellules humaines sans pré-traitement préalable et sans risque de rejet de greffe. Par ailleurs, la mutation additionnelle du gène cKit (CD117), qui code pour un récepteur essentiel à la survie des cellules souches hématopoïétiques murines améliore significativement la greffe de cellules souches humaines. Cette modification génétique constitue une avancée majeure pour obtenir une humanisation efficace, stable et complète du système immunitaire humain. De fait, ce modèle permet d’obtenir des résultats robustes, reproductibles et représentatifs de l’immunologie humaine, tout en réduisant le nombre d’animaux nécessaires dans les études. Il constitue un outil indispensable dans des études de vaccinologie notamment pour modéliser in vivo le système immunitaire humain et étudier les mécanismes complexes de réponses immunitaires dans leur intégralité.