
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/01/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-071644)
72 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles reçoivent une inoculation du parvovirus par gavage, puis des prélèvements sanguins et de fèces toutes les deux semaines pendant douze semaines. L’objectif déclaré est de mesurer la résistance du virus aux modes de stérilisation, le porteur affirmant que son infectiosité ne peut être validée que par l’inoculation à un « organisme vivant ». Toutes les souris sont mises à mort à la fin, en raison de la présence possible de l’agent infectieux dans leur organisme.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est d’évaluer la résistance du parvovirus de la souris (ou MPV) à différents modes de stérilisation comme l’irradiation et l’autoclavage. Le MPV est un des virus de la souris le plus fréquemment rencontré dans les laboratoires de recherche. Il ne génère pas de signe clinique chez les animaux mais perturbe le système immunitaire de la souris et les résultats de la recherche. Sa présence entraîne donc l’arrêt immédiat des procédures avec un impact éthique non négligeable. Comprendre sa résistance aux modes de stérilisation existants permet d’améliorer la prévention de la présence de cet agent dans les laboratoires.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le parvovirus de la souris (MPV) est un virus à ADN non enveloppé qui peut être persistant dans l’environnement et chez les animaux infectés pendant une longue période. Après infection, il n’y a pas de signe clinique détectable chez les animaux, même gravement immunodéficients. Cependant, le MPV provoque de fortes interférences avec la recherche et les résultats obtenus en modulant notamment la réponse immunitaire des souris infectées. Sa présence dans un laboratoire entraîne l’arrêt immédiat des procédures en cours et invalide les résultats préalablement obtenus. La prévention de sa contamination permet donc de garantir un état de santé des animaux n’interférant pas avec les recherches et donc une application des 3Rs (réduction du nombre d’animaux utilisés pour obtenir des résultats exploitables). De nombreuses recherches sur le MPV afin de comprendre sa physiopathologie ont été effectuées. Cependant, aucune donnée quant à sa résistance à différents modes de stérilisation n’existe. Comprendre sa résistance aux modes de stérilisation existants permettrait d’améliorer nos connaissances sur cet agent et la prévention de sa présence dans un laboratoire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Inoculation unique par gavage d’une durée de maximum une minute sur tous les animaux. Prélèvement sanguin d’une durée de maximum une minute toutes les deux semaines sur une durée maximale de 12 semaines pour tous les animaux. Contention d’une durée de maximum une minute pour prélèvement de fèces toutes les deux semaines sur une durée maximale de 12 semaines pour tous les animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Stress provoqué par les contentions, l’acte de prélèvement sanguin toutes les 2 semaines sur 12 semaines et l’inoculation par gavage lors du premier jour de la procédure.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort de tous les animaux due à la possible présence dans leur organisme d’un agent infectieux interférent.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les méthodes in vitro actuellement disponibles permettent de tester la présence du MPV dans différents substrats en contact avec l’animal (air, aliment, litière) mais pas son potentiel infectieux dans sa globalité. L’étude finale de son infectiosité ne peut être validée que par l’inoculation de l’agent à un organisme vivant. L’inoculation d’un agent potentiellement infectieux et la compréhension des mécanismes associés à son infection dans un organisme vivant est un phénomène complexe, mettant en jeu divers processus biologiques et systèmes physiologiques, ne permetttant pas de réaliser de nos jours un tel protocole sur des modèles in vitro.
2. Réduction
Le nombre d’animaux nécessaire a été fixé afin d’obtenir des résultats expérimentaux exploitables tout en réduisant au maximum le nombre d’animaux utilisés. Sur la base de la littérature scientifique existante et de recherches similaires préalables (Henderson et al, 2015), des groupes de 4 animaux maximum sont prévus.
3. Raffinement
Une observation quotidienne de l’état clinique général des animaux est réalisée tout au long de la procédure. Des soins spécifiques sont apportés en cas de signes cliniques (traitements médicamenteux, ajout d’enrichissement, mesures de réhydratation ou de réchauffement, ajout d’aliment, de gel hydratant, de litière ou d’eau complémentés ou non directement dans la cage afin d’en améliorer l’accès). En cas de détection d’un point limite, l’animal est immédiatement mis à mort. Des points limites spécifiques sont établis et raffinés au fur et à mesure des observations. Ces observations sont facilitées par l’utilisation d’outils internes de suivi de type grille de score et document qualité d’enregistrement permettant une traçabilité.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le MPV est un agent infectieux de la souris. L’étude de la possibilité de le détecter après stérilisation par différents procédés (irradiation ou stérilisation à la vapeur) et sa capacité ultérieure à infecter des animaux naïfs ne peut se faire que chez son hôte primaire, la souris. Des animaux de 4 semaines seront utilisés, sur la base de leur sensibilité à une infection au MPV et de la littérature scientifique.