
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/04/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-084046)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cancer de la prostate est la troisième cause de mortalité par cancer chez l’homme. Dès lors que le cancer est invasif, la castration chimique (déprivation en hormones masculines) est mise en place pour ralentir efficacement le cancer, mais dans 100% des cas, la tumeur récidive, menant au décès du patient. Une population cellulaire a été identifiée chez la souris comme candidate dans cette récidive tumorale. Plus particulièrement, ces cellules sont amplifiées dans des souris génétiquement modifiées et résistent à la castration. Un gène identifié, pourrait être un acteur majeur contrôlant les capacités tumorales de ces cellules. L’objectif est donc de tester cette hypothèse du rôle important de ce gène en obtenant une lignée de souris qui présente une extinction de son expression de manière tissu spécifique (dans les cellules de la prostate). Dans un deuxième temps, cette lignée sera croisée avec deux lignées de souris présentant un état de la prostate pré-tumorale ou tumorale et l’absence du gène sera étudié en présence ou en absence d’androgènes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude permettra alors d’envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques visant à éliminer l’apparition et/ou l’agressivité de ces cellules responsables, stratégies qui seront basées sur l’inhibition de la protéine ou de protéines majeures dont l’expression est contrôlée par ce gène. Une telle stratégie serait alors additive à la castration chimique, permettant au moins de diminuer/retarder l’agressivité de la récidive tumorale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Biopsie – 1 ( 1 seconde) ; Injection intrapéritonéale – 1 (quelques secondes) ; Chirurgie – 1 (15 min).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Biopsie de queue : Douleur légère et rapide (une seconde). Injection par voie intrapéritonéale : Stresse et douleur légère et rapide (quelques secondes). Acte chirurgical (15 min) réalisé sous anesthésie et analgésie qui peut occasionner une hypothermie, une déshydratation et l’asséchement des yeux. Suite à la chirurgie, les animaux peuvent souffrir modérément et la plaie chirurgicale peut présenter des signes d’inflammation ou d’infection. Perte de poids de 10% suite à la chirurgie en raison du baisse des androgènes.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort, soit parce qu’ils n’auront pas le bon génotype, soit parce qu’il ne pourront pas être utilisés dans cette étude (femelles), soit car ils auront participé aux procédures. En effet, l’étude ne se fera que dans la prostate, seul organe que nous analyserons, nos animaux d’intérêt ne seront donc que des mâles. De ce fait les femelles ne peuvent être utilisées mis à part pour les accouplements pour générer les animaux d’intérêt. Les femelles restantes ne peuvent replacées ou réutilisé car leur génotype spécifique à notre modèle ne le permet pas.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans un premier temps des études in silico (étude bio-informatique) et in vitro (cellule en culture) ont été menées pour montrer le rôle joué par le gène que nous visons dans nos cellules responsales de la récidive. Cela a été démontré par différentes approches, incluant les cultures cellulaires selon le principe de Remplacement. Toutefois, pour démontrer définitivement le rôle de ce gène, il faudrait utiliser des modèles animaux. Aucun modèle d’organisme plus simple ne permet de reproduire comme chez la souris l’évolution de l’état physiologique et pathologique (pré-tumoral et tumoral) de la prostate au cours du développement post-natal et suite à la castration à l’âge adulte (mimant le traitement des patients atteint d’un cancer agressif de la prostate).
2. Réduction
Les stratégies d’accouplements ont été calculés selon les expériences antérieures pour générer un nombre suffisant d’animaux pour réaliser au mieux ces expériences. En outre, les croisements ont été optimisés pour produire les animaux d’intérêt. Le nombre de souris utilisé sera réduit au minimum tout en permettant une analyse statistique fiable des résultats.
3. Raffinement
Les animaux sont maintenus dans des groupes de plusieurs individus dans un environnement enrichi. Les souris seront sous surveillance quotidienne de la part de l’équipe professionnelle de zootechnie et lorsque cela est nécessaire une grille de score adaptée sera mise en place et rempli de manière hebdomadaire. Chaque expérimentation est soumise à des points-limites de gravité variable qui conduisent à une décision immédiate ou différée, qui peut inclure, le renforcement de la surveillance des animaux, l’augmentation de l’enrichissement et/ou à la mise à mort. Les biopsies de queue sont effectuées à un âge adapté. Les injections sont effectuées avec des aiguilles adaptées. Les animaux sont mis sous anesthésie et analgésie lors des chirurgies. L’hypothermie sera évitée grâce à un tapis chauffant. Pour éviter le dessèchement des yeux, un gel sera appliqué et 500µl de sérum physiologique chauffé à 38°C sont déposés dans le péritoine avant la suture pour éviter une déshydratation de l’animal. Une pulvérisation d’antiseptique sera faite sur la cicatrice à la fin de la chirurgie et sera renouvelée 24h après et plus si nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris permet l’étude d’animaux génétiquement modifiés particulièrement informatifs pour la compréhension des mécanismes physiopathologiques proche de l’homme. Ici elles présentent un état pré-tumoral et tumoral similaire à ce qui est observé chez l’homme. De plus, de nombreux outils d’analyses ont été développés et bien caractérisés dans cette espèce animale permettant l’étude de phénotypes plus ou moins complexes en étudiant de nombreux paramètres. Ne disposant pas de données préalables sur les conséquences de la délétion du gène, il faudrait évaluer ses effets à différents temps (1 semaine, 3 semaines, 1, 3, 6, 9, 12 et 18 mois), afin d’en cerner l’évolution, en particulier autour de la période estimée de délétion complète (6 à 9 mois).Pour les castrations, il faut attendre que les souris aient développé un phénotype tumoral ou pré-tumoral pour faire cette étude, c’est-à-dire chez des souris âgées de 6 à 8 mois.