
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-105280)
Chaque animal peut recevoir jusqu’à quatre mois de traitement, deux injections par jour, et un inducteur d’inflammation dans l’eau de boisson une semaine sur deux, jusqu’à quatre fois. 1 600 souris et rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, 400 autres dans des procédures légères, tous tués à l’issue. Ils développent une inflammation intestinale reproduisant la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, avec perte de poids, douleurs abdominales et diarrhée. Le mode d’administration, la fréquence et la durée des candidats médicaments dépendent de « la demande du sponsor », ces molécules étant celles de clients du laboratoire.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Plus de 3 millions de personnes sont atteintes d’une maladie inflammatoire chronique intestinale en Europe, rendant toujours nécessaire le développement de médicaments plus efficaces et mieux tolérées. Lors des poussées inflammatoires, ces maladies se caractérisent le plus souvent par des douleurs abdominales, des diarrhées fréquentes, parfois sanglantes, ou encore une atteinte de la région anale (fissure, abcès). Ces symptômes font peser sur la maladie un certain tabou, rendant la vie des patients qui en souffrent particulièrement difficile. L’objectif du projet est donc de faire la preuve de concept pharmacologique de candidats médicaments sur un modèle d’inflammation intestinale induite chez le rongeur. Ces composés chimiques vont induire une inflammation de la paroi intestinale et reproduire les symptômes rencontrés chez des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le modèle animal utilisé dans cette étude, largement décrit dans la littérature, est pertinent pour évaluer de nouveaux candidats médicaments dans le traitement des maladies inflammatoires chroniques intestinales. Plusieurs voies d’administration des molécules seront employées afin de couvrir au mieux les possibilités d’amélioration des symptômes inflammatoires du modèle. Le bénéfice global de ce projet réside dans l’objectif d’optimisation de la formulation et de l’efficacité de médicaments candidats pour à terme mieux prendre en charge les patients et les traiter de façon durable.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1) Dans le cadre de ce projet, la maladie sera induite soit par prise hydrique avec un inducteur d’inflammation intestinale pendant une période de 7 jours au maximum pour le modèle aigu ou en alternance de périodes où les animaux reçoivent l’inducteur pendant la première semaine puis de l’eau la seconde et ceci jusqu’à quatre fois pour le modèle chronique. Soit par délivrance dans le rectum (environ 20 secondes hors temps d’anesthésie) pour le modèle avec le 2ème inducteur. 2) Les animaux seront soumis aux candidats médicaments à tester dont le mode d’administration, la fréquence et la durée dépendent de la demande du sponsor ((intrapéritonéales : environ 2 fois 10 secondes par jour maximum, sous-cutanées environ 2 fois 10 secondes par jour maximum, gavage environ 1 fois 10 secondes par jour maximum, intradermiques environ une fois 3 min par jour maximum, intravasculaires environ une fois 2min par jour maximum) pour une durée totale de traitement de 4 mois maximum). 3) Tout au long de l’étude, les animaux seront attentivement suivis à l’aide d’une pesée quotidienne et d’un score clinique. 4) La perméabilité intestinale pourra être évaluée une fois au cours de l’étude. Pour cela, après 2 heures de mise à jeun, les animaux recevront un composé fluorescent par gavage (30 secondes). 4 heures après l’administration du composé, un prélèvement de sang sera effectué (durée : 1 min maximum), puis les animaux auront de nouveau accès à la nourriture. 5) D’autres prélèvements de sang pourront être effectués tout au long de la procédure (5 prélèvements maximum sur toute la durée du protocle avec 1minute maximum pour chacun chacun et en respectant un teps de récupération nécessaire entre 2 prélèvements).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les principaux effets indésirables attendus sur ce modèle animal sont une perte de poids, des douleurs abdominales associées à de la diarrhée, l’administration répétée des molécules- clients à tester. Les modes d’administration considérés comme nuisibles incluent tous les types d’injections (intrapéritonéales : environ 2 fois 10 secondes par jour maximum, sous-cutanées environ 2 fois 10 secondes par jour maximum, gavage environ 1 fois 10 secondes par jour maximum, intradermiques environ une fois 3 min par jour maximum, intravasculaires environ une fois 2min par jour maximum) et peuvent engendrer un stress de même que la mise à jeun (2h). Pour pallier à cela, les cages seront enrichies et les animaux seront habitués à être manipulés par les expérimentateurs. Les aiguilles et les sondes de gavage seront adaptés au poids des animaux et au mode d’administration employé.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de chaque procédure, les animaux seront mis à mort dans le but d’étudier l’effet du composé testé sur l’inflammation et la résolution de l’inflammation.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les modifications physiopathologiques nécessaires au développement des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin sont très complexes et nécessitent la mobilisation d’effecteurs moléculaires et cellulaires nombreux. Il n’est pas envisageable d’explorer l’ensemble de ces événements par une approche substitutive de culture cellulaire. Il est donc important de pouvoir disposer de modèles animaux pertinents pour permettre une recherche fondamentale et appliquée sur l’inflammation tout en évaluant l’efficacité de nouvelles molécules à visée thérapeutique, avant de passer aux essais cliniques chez l’Homme. L’utilisation des rats et des souris semble pertinent de par leur proximité avec l’Homme (mammifères). En effet, l’homologie entre les rongeurs et l’Homme facilite considérablement les procédés de modélisation des pathologies humaines et par conséquent, les interprétations qui en découlent.
2. Réduction
Le nombre de rats et de souris nécessaires a été défini ainsi pour pallier la diminution de la robustesse statistique lors de comparaisons multiples. Nous avons également estimé cette nécessité sur la base d’estimations statistiques. Lorsque cela est possible, les composés de nos clients seront screenés sur culture cellulaire ou organe isolé en complément des tests sur les animaux. Aucune étude pilote ne sera effectuée de part la robustesse du modèle utilisé.
3. Raffinement
Les expérimentateurs et les animaliers sont formés aux différentes manipulations garantissant le bien-être animal. Le suivi des compétences est reporté de manière individuelle sur un livret de compétence mis à jour régulièrement. Le projet étant classé à un grade sévère, la Structure en charge du Bien-Etre Animal sera impliquée et ce projet fera l’objet d’une évaluation rétrospective. Les rongeurs seront hébergés selon les conditions de la réglementation 2010/63, en unités ventilées: Tous les animaux bénéficient d’un logement, d’un environnement, d’une alimentation, d’un apport en eau et de soins appropriés à leur santé et à leur bien-être. Les conditions d’environnement et les paramètres d’ambiance dans lesquels les animaux sont utilisés font l’objet de vérifications quotidiennes. Un cycle jour/nuit de 12h/24h est assuré de façon automatique et la température est maintenue constante à 22°C. Tous les animaux disposeront d’un espace suffisant présentant une complexité adéquate pour leur permettre d’exprimer un large répertoire de comportements normaux. Les normes d’hébergement appliquées prenent en compte le nombre, le poids des animaux et la dimension de la cage. Leur environnement sera enrichi (igloo, petite buchette, neslet pour les souris et tunnel, grande buchette, neslet pour les rats) afin d’éveiller leurs sens, leur curiosité, leur activité physique. Il n’est pas prévu d’administrer de molécule autre que celle du client. Il n’y a donc pas de possibilité́ de réaliser un traitement anti-inflammatoire ou anti-douloureux sans compromettre les résultats de l’étude car le but du modèle est d’étudier l’effet de nouveaux composés sur le développement des maladies intestinales inflammatoires dont l’inflammation est une composante majeure. Ainsi, un traitement anti-inflammatoire ou analgésique pourrait interférer avec le composé testé et biaiser le score établi pour caractériser la maladie ainsi que les paramètres mesurés (masure de la production de cytokines inflammatoires, recrutement de cellules immunitaires…). En effet, ces composés utilisent les mêmes voies de signalisation que celles des composés clients à tester. Les animaux seront tout de même pesés et leur aspect général sera suivi quotidiennement après l’induction de la maladie et jusqu’à l’euthanasie par les expérimentateurs ayant connaissance du modèle (grilles de score spéifiques permettant de définir les points limites).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
D’une part, l’utilisation de modèles animaux dans l’étude des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin est très largement documentée dans la littérature scientifique. D’autre part, l’utilisation de rats et de souris se justifie par leur proximité avec l’Homme (mammifères). En effet, l’homologie entre les rongeurs et l’Homme facilite considérablement les procédés de modélisation des pathologies humaines et par conséquent, les interprétations qui en découlent. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (à partir de 7 semaines), lorsque toutes leurs fonctions biologiques sont matures, afin d’obtenir des paramètres d’induction de la maladie reproductibles.