
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 27/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-119145)
400 macaques à longue queue vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 350 d’entre eux et modéré pour 50. Pendant leurs trois ans de présence sur le site, chaque animal peut recevoir jusqu’à dix vaccinations et subir de 30 à 40 prélèvements de sang ou de muqueuses, soit environ un par mois, avec rougeurs, gonflements et poussées de température au point d’injection. Le porteur affirme qu’aucune méthode in vitro ne reproduit la complexité des réponses immunitaires et conclut que le recours à l’animal de laboratoire est « indispensable », le primate permettant en outre de tester des doses humaines. Aucune mise à mort n’est programmée à l’issue du projet : 300 macaques seront réutilisés dans d’autres études et 100 envoyés vers d’autres centres, internes ou externes au groupe, dès l’âge de cinq ans, pour éviter les bagarres liées à la maturité sexuelle et renouveler la colonie.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour objectif d’évaluer, chez le macaque, l’immunogénicité et l’innocuité de candidats vaccins développés en traitements préventifs ou thérapeutiques de maladies infectieuses. Ces candidats incluent des protéines recombinantes, des bactéries ou virus vivants atténués ou inactivés, des acides nucléiques (ARN ou ADN), des vaccins sous-unitaires de type polysaccharides, etc…. Les études d’immunogénicité permettent d’évaluer le bénéfice de nos candidats vaccins préventifs ou thérapeutiques, d’identifier les composants nécessaires à leur formulation, d’évaluer les nouvelles voies d’administration ou les nouvelles formes pharmaceutiques qui permettent d’améliorer leur performance et leur innocuité. Ces études permettent également de comprendre le mécanisme d’action des candidats vaccins. L’objectif est d’analyser dans un contexte prophylactique la réponse immune primaire, de rappel ou mémoire, ainsi que certains paramètres d’innocuité (réactogénicité locale et systémique, suivi du poids et éventuellement de la température corporelle, …). Des études de dosage de l’antigène d’intérêt peuvent être aussi nécessaires (contexte thérapeutique ou biodistribution).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus pour ce projet sont multiples : i) sélection des antigènes ou des adjuvants constituant le candidat vaccin ii) définition de la dose humaine iii) évaluation du mécanisme d’action du candidat vaccin iv) évaluation de la performance du candidat vaccin au niveau préclinique avant les essais cliniques chez l’homme. Ainsi la découverte de nouveaux vaccins permettra de lutter contre des maladies pour lesquelles il n’existe pas de thérapies ou de prophylaxies suffisamment efficaces.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les études d’immunogénicité et d’innocuité chez le macaque consistent à administrer des antigènes vaccinaux, anticorps, sérums, dont la dose peut être unique ou multiple sous différentes voies d’immunisation en vue de générer des réponses immunitaires spécifiques contre un pathogène défini. Cette réponse immunitaire sera suivie grâce aux différents prélèvements réalisés sur les animaux comme des prises de sang ou des prélèvements mucosaux. Les animaux sont soumis, durant leur 3 ans de présence sur notre site à un maximum de 10 vaccinations et à un maximum de 30 à 40 prélèvements (sang ou autres), soit en moyenne un prélèvement par mois. Les injections durent moins d’une minute et les prélèvements sont inférieurs à 5 minutes (contention – prise de sang – hémostase).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le degré de gravité des procédures utilisées est évalué en modéré et léger. L’administration des candidats vaccins ou thérapeutiques génère des signes cliniques légers à modéré. Seul des signes de réactogénicité locale au point d’injection avec principalement de l’érythème, voire parfois un gonflement et une induration des tissus, ou une réactogénicité systémique comme une élévation de la température corporelle pourraient être observés. Ces signes sont transitoires et disparaissent quelques jours après l’immunisation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les macaques font partis de la colonie du site. Ceux-ci sont gardés et utilisés dans plusieurs études. Afin d’éviter les conflits (bagarre, morsures, …) dus à la maturité sexuelle et aussi pour permettre de renouveler la colonie, ils peuvent être envoyés dans d’autres centres internes ou externes au groupe, généralement à partir de l’âge de 5 ans. En dernier recours, en fonction de l’état de santé des animaux et en accord avec le vétérinaire désigné, l’euthanasie pourra être prévue pour les animaux le nécessitant.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans le cadre du développement de candidats vaccins, thérapeutiques ou d’anticorps la réponse immunitaire ainsi que la protection induite par de nouveaux antigènes et des candidats vaccins doivent être évaluées sur un organisme entier. A ce jour, il n’existe pas de méthodes alternatives in vitro pour reproduire la complexité des réponses immunes et évaluer les capacités d’un vaccin prophylactique ou thérapeutique à induire une réponse immunitaire. De plus, le primate est un modèle animal qui permet d’évaluer le potentiel des formulations vaccinales ou thérapeutiques à des doses humaines.Le recours à l’animal de laboratoire s’avère donc indispensable.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé est revu par nos équipes de biostatisticiens et correspond au nombre minimal d’animaux permettant d’avoir des résultats scientifiquement fiables et reproductibles. Lorsque le design du test le rend possible, un prélèvement sanguin des animaux avant la première immunisation est réalisé pour éviter l’ajout d’un groupe contrôle non immunisé.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en groupes sociaux dans des volières contenant des dispositifs d’enrichissement structurels (tunnels, balançoires, lianes, tiges verticales, barrières visuelles), environnementaux (musique, jouets) et alimentaires (graines, fruits secs, vers de farine) conformes aux standards réglementaires. La présence de litière au sol leur permet d’avoir un comportement exploratoire. Un renforcement positif aux actes techniques courants (passage d’une volière à l’autre, passage dans une cage de transport ou dans une cage de pesée) dès leur arrivée dans nos locaux permet de diminuer le stress des manipulations. Les animaux sont suivis quotidiennement par un personnel spécifiquement formé. L’anesthésie chimique est utilisée seulement si le type de manipulation le nécessite (examen clinique à réception, actes de chirurgie, prélèvements sanguins de plus de 15 ml…)
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’immunogénicité induite par un candidat vaccin à visée prophylactique ou thérapeutique nécessite un enchainement d’étapes et implique de multiples organes et tissus. Cette succession d’évènements est difficile à reproduire in vitro, pour cette raison, le recours à l’animal est requis dans la plupart des cas. Des essais sur cellules animales ou humaines reproduisant in vitro certains compartiments du système immunitaire humain, peuvent apporter des données complémentaires mais ne peuvent totalement se substituer aux essais in vivo à ce jour.