
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-151440)
Les souris utilisées sont invalidées pour des gènes du foie et du tissu adipeux, construites pour accumuler de la graisse hépatique. 4 248 d’entre elles vont être utilisées, 3 520 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 728 un niveau léger. Après une biopsie de la queue pour génotypage, elles sont soumises seize semaines durant à un régime gras ou gras et sucré, à des jeûnes de vingt-quatre heures, à des gavages, et à sept prélèvements de sang effectués par la même entaille au bout de la queue. Toutes sont tuées pour analyse biochimique. Le porteur justifie dix animaux par groupe, chiffre qui laisse le total de 4 248 sans explication détaillée.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies métaboliques du foie représentent plusieurs syndrômes qui vont d’ une accumulation importante de lipides dans le foie vers des complications plus importantes allant jusqu’au cancer de foie. Cette pathologie du foie est très fortement associée à l’obésité, la glucotoxicité, la résistance à l’insuline et le diabète de type 2. Les voies métaboliques, qui peuvent conduire au stockage excessif de lipides dans le foie (principalement des triglycérides), sont multiples et font interveir différents organes comme le foie ou le tissu adipeux. Dans ce projet, nous caractériserons des modèles de souris génétiquement modifiés dans le but d’obtenir une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans le développement de la stéatose hépatique, et des syndrômes qui lui sont associés comme la glucotoxicité et la résistance à l’insuline.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice attendu de ce projet est la mise en évidence du rôle des protéines d’intérêt dans le développement de maladies métaboliques telles que l’obésité, l’accumulation importante de lipides dans le foie ou encore l’insulinorésistance. Nous pourrons ainsi identifier les différents facteurs et les voies de signalisation impliqués mais aussi le rôle des différents organes, notamment le foie et le tissu adipeux dans le développement de ces pathologies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux auront une biospie de la queue pour le génotypage (durée 15 secondes). Les animaux auront des injections par voie intrapéritonéale (durée 15 secondes) pendant 3 jours de suite. Ils seront soumis à des changements de régime alimentaire. Ainsi ils pourront être soumis soit à des régimes gras ou gras et sucrés pendant 16 semaines soit à des mises à jeun de 24h qui peut être suivi d’une réalimentation avec un apport de glucose supplémentaire. Ils suivront des tests physiologiques impliquant soit un gavage, cet acte dure 1 minute/souris soit une injection en intrapéritonéale. Ces tests physiologiques impliquent un prélèvement de sang qui s’effectuera après une légère entaille à l’extrémité de la queue, cet acte prendra 15 secondes par souris. Le prélèvement de sang se fera à partir de la même entaille à 7 reprises. Enfin ils auront une injection par voie sous cutanée d’un analgésique puis une injection par voie intrapéritonéale d’un mélange anésthésique. Chacune des injections se fait en 15 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La contention, le gavage, le prélèvement sanguin et les injections sont des sources de stress pour les animaux et peuvent induire une douleur modérée. Le prélèvement caudal d’un millimètre pour le génotypage peut être source de stress et de douleur légère de courte durée pour les animaux. Les animaux seront soumis à des changements des changements de régime alimentaire (régimes gras ou gras et sucrés) pendant 16 semaines pouvant induire un stress léger par une prise de poids avec possiblement une activité réduite . La mise à jeun peut entraîner un stress modéré aux souris.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort afin d’analyser des paramètres biochimiques et moléculaires.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation d’un modèle animal est indispensable pour étudier la régulation de la glycémie de manière intégrée ainsi que le développement de maladies qui font intervenir différents organes. Par ailleurs, l’identification et la validation de cibles thérapeutiques par des traitements pharmacologiques nécessite l’utilisation d’un modèle in vivo mimant le plus fidèlement la pathologie humaine (diabète de type 2 et accumulation de lipides dans le foie). La réalisation d’explorations fonctionnelles sur animal vigile ne peut donc pas être subsituée par des approches entièrement in vitro.
2. Réduction
Un nombre minimum de souris sera inclus dans chaque groupe mais toutefois suffisant pour assurer la reproductibilité de l’expérience et appliquer des tests statistiques entre les différentes conditions. Notre expertise des études métaboliques chez la souris, et nos résultats antérieurs indiquent qu’un nombre minimum de 10 animaux par groupe est requis pour avoir des données statistiquement analysables. Les analyses statistiques seront réalisées avec GraphPad Prism. La « significativité » des différences expérimentales sera évaluée par un test non paramétrique, le test U de Mann-Whitney, permettant l’analyse d’échantillons de petites tailles. Une analyse avec le test de Kruskal-Wallis sera réalisée pour comparer plus de 2 groupes.
3. Raffinement
La durée sous régime riche en graisse supplémenté ou non en sucres et les traitements relatifs aux tests métaboliques seront réalisés selon les protocoles préétablis et maitrisés par notre équipe. Les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum et lors de la mise à jeun l’accès à l’eau est conservé. Le milieu est enrichi à l’aide de coton de nidification et de petite maison. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive et des soins adaptés entraînant la mise à mort anticipée si nécessaire. En effet, l’application des points limites établis pour chaque procédure de ce projet sera effectuée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’espèce souris Mus musculus a été choisie car c’est un excellent modèle pour étudier la physiologie des mammifères dans une population homogène d’animaux (même fond génétique). De plus, la souris représente un modèle de choix pour l’étude des dysfonctionnements métaboliques car de nombreuses voies de régulation métabolique sont conservées entre souris et homme, permettant une extrapolation des résultats obtenus. De plus, l’utilisation de modèles de souris transgéniques (knock-out) permet une étude approfondie des maladies hépatiques et de tester de nouvelles pistes thérapeutiques. Enfin, la disponibilité de données bibliographiques importantes sur la physiopathologie de la souris est un atout important dans l’analyse et l’interprétation de nos travaux de recherche sur ce modèle animal. Nous utiliserons de souris adultes âgées de 8 à 24 semaines. A ce stade de développement, toutes les voies métaboliques hépatiques sont mises en place.