
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-11-02 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-154109)
1020 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque animal subit une irradiation corporelle totale sur animal vigile puis reçoit une injection de cellules souches humaines, avec une aplasie de la moelle de deux semaines exposant à des saignements et des infections. L’objectif est de contrôler l’efficacité de lots de cellules reprogrammées destinés à traiter des personnes irradiées. Le porteur annonce des retombées « civiles et militaires » « immenses » et affirme qu’aucune alternative in vitro n’existe, tout en indiquant qu’une approche alternative « pourra être envisagée dans le futur ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce travail s’inscrit dans les programmes de recherche pour développer des approches expérimentales, cliniques et épidémiologiques sur des maladies provoquées par l’irradiation. Il vise à développer nouvelles thérapeutiques la thérapie cellulaire et notamment les cellules adultes différenciées reprogrammées à la pluripotence associées à des radiothérapies ou des accidents d’irradiations. Chaque lot de cellules produit sera contrôlé au niveau de son efficacité biologique par greffe sur des souris immunotolérantes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet propose une approche de thérapie cellulaire innovante (via l’utilisation de cellules souches) pour la prise en charge des victimes atteintes de syndrome hématologique après une irradiation accidentelle. Ce projet s’applique également au domaine de la santé publique dans le cas d’accident nucléaire, d’attentat terroriste ou de lésions accidentelles d’irradiation thérapeutique. Le développement de la technologie des hIPS (cellules souches pluripotentes induites humaines) a apporté de grands espoirs en médecine régénérative. Le projet IPS-Clinique est la première étape vers la mise en place des systèmes industriels de culture et de production de masse afin de produire de façon reproductible et sécurisée des cellules souches spécialisées pour une utilisation clinique. Ce qui augmentera radicalement les capacités de prise en charge et de traitement des irradiés à forte dose. Les retombées civiles et militaires sont immenses. La pénurie d’organes et le développement rapide de la bioingénierie tissulaire implique que la médecine régénérative aura recours à ces techniques, notamment pour le traitement des séquelles des irradiations.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A leur réception, les animaux seront hébergés en cage stérile par groupe de 5. Après 14 jours d’acclimatation, les animaux seront irradiés (durée de quelques minutes). Cette irradiation se fera en vigile, les animaux étant placés dans une boite d’irradiation avec des logettes individuelles (durée maximale dans la boite = 1 heure). Un test a déjà été effectué et ne montre pas de stress supplémentaire lors de la mise en cage d’irradiation. 24h plus tard, les animaux recevront une injection intraveineuse de cellules. Quinze jours plus tard du sang sera prélevé sur 1 ou 2 souris contrôles afin de réaliser une numération formule sanguine. Un mois après irradiation, un prélèvement de sang sera réalisé sur l’ensemble des souris par prélèvement en sinus rétro-orbital.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets indésirables sont une aplasie médullaire transitoire (durée 15 jours) à partir de 10 jours après irradiation induisant une chute du nombre de plaquettes et de globules blancs. La conséquence peut être des saignements ou des infections cependant les animaux sont dans un environnement contrôlé permettant d’éviter tout infection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin d’étudier la reconstitution hématopoïétique humaine, il est nécessaire de rechercher les cellules humaines dans les organes de la souris. Après euthanasie, le sang, la moelle, la rate, le foie et le thymus seront prélevés pour étudier l’hématopoïèse. Les autres tissus pourront être prélevés pour évaluer s’il existe des effets secondaires.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Actuellement, il n’existe pas d’alternative in vitro pour étudier la reconstitution d’une hématopoïèse humaine fonctionnelle. L’objectif de ce projet est de contrôler in vivo à chaque étape du procédé réalisé in vitro que les cellules produites conservent leurs propriétés fonctionnelles. Pour évaluer la capacité à reconstituer une hématopoïèse complète et fonctionnelle, il est nécessaire d’utiliser un modèle intégré in vivo. De plus l’effet de ces traitements pour qu’ils soient pertinents nécessitent leur interaction avec les différents compartiments de l’hématopoïèse, condition retrouvée chez le modèle animal intégré. Cependant, dans le cadre de l’industrialisation et compte tenu du développement des méthodes alternatives, il pourra être envisagé de rechercher une approche alternative dans le futur.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour atteindre la pertinence statistique, les groupes sont classiquement constitués de 10 individus. Une analyse statistique sera réalisée afin de comparer tous les groupes entre eux. Cette approche a été préconisée par notre biostatisticien.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront manipulés en condition stérile (cages IVC, autoclavées) et hébergés au nombre de 5 maximum par cage. L’aliment irradié et l’eau autoclavée seront disponibles ad libitum pendant toute la durée de l’expérience. Des dômes seront placés dans chaque cage. Des aliments mous ou sous forme de gel (vitaminé ou non) pourront être donnés si cela est jugé nécessaire. Pour les irradiations, les conditions de stérilité sont aussi maintenues. Les animaux vigiles sont placés en boites d’irradiation dans des logettes individuelles, les boites sont autoclavées avec des filtres. Des pesées hebdomadaires sont réalisées jusqu’à un mois après l’irradiation, ce qui correspond à la période avec les signes cliniques les plus importants, puis elles seront réalisées une fois par mois.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle de souris recevant une greffe xénogénique (NSG) de cellules souches humaines a l’avantage de permettre le suivi des cellules humaines chez l’animal au moyen de leur génotype et de leur phénotype. Ces études sont développées sur les souris NSG pour l’étude de la régénération de l’hématopoïèse. Les données de la littérature ne nous permettent pas de connaître actuellement les mécanismes d’action in situ des IPS in vivo. Nous utiliserons des animaux de 6 semaines, en accord avec les protocoles décrit dans la littérature pour pouvoir suivre une reconstitution hématopoïétique. Les 6 semaines correspondent au début du traitement. Les animaux arrivent à l’âge de 4 semaines. Ils sont irradiés et reçoivent le traitement à 6 semaines. Puis sont suivis sur 24 semaines. Soit au total 28 semaines, soit 7 mois.