Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet a pour but d’étudier le rôle d’une nouvelle protéine dans la réponse antitumorale. Le contrôle de la croissance des tumeurs chez les patients dépend de l’activation d’une réponse immune efficace contre les cellules cancéreuses. Cela passe par le déclenchement d’une réponse immunitaire. Les protéines responsables de cette activation ne sont pas totalement connues. Nous avons récemment identifié une nouvelle protéine centrale dans l’activation de l’immunité. Ce projet a pour but de comprendre son rôle dans le contrôle des tumeurs. A terme, il est possible que les résultats de cette étude permettent de mettre au point des thérapies d’activation de l’immunité chez les patients atteints de cancers solides tels le mélanome ou le cancer du poumon. L’objectif de ce projet est de comprendre le rôle de cette protéine immunitaire dans le contrôle du cancer.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La réponse immune antitumorale n’est pas totalement comprise. Nous avons récemment découvert une protéine nécessaire aux premières étapes d’activation du système immunitaire. Ce projet propose d’analyser son rôle chez la souris. À long terme, ce projet pourrait apporter la preuve que notre protéine d’intérêt joue un rôle dans l’organisme dans la protection antitumorale, ouvrant la voie à l’étude de cette protéine chez les patients. Nous pourrons ensuite explorer des stratégies thérapeutiques utilisant des molécules modifiant l’activité de cette protéine pour activer la réponse immune antitumorale.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Toutes les interventions se font sur animaux éveillés. Dans un premier lot d’animaux, des cellules tumorales seront injectées aux animaux (1 fois au cours de l’expérience – durée du geste inférieure à 10 sec). Les animaux seront ensuite traités à raison d’1 injection tous les 3 jours pendant 18 jours maximum (durée de chaque geste inf à 10 sec). Dans un second lot, les animaux seront irradiés (durée : 210 sec), puis injectés avec des cellules immunitaires (durée : 10 sec). 8 à 12 semaines après, ils seront injectés avec des cellules tumorales (durée 10 sec) puis recevront un traitement anticancer à raison d’1 injection (durée 10sec) tous les 3 jours pendant 18 jours maximum. Un prélèvement sanguin sera réalisé sur certains de ces animaux. Dans un troisième lot, les animaux seront irradiés (durée : 210 sec), puis injectés avec des cellules immunitaires (durée : 10 sec). 8 à 12 semaines après, ils seront injectés avec des cellules tumorales (durée 10 sec) puis recevront un traitement anticancer à raison d’1 injection (durée 10sec) tous les 3 jours pendant 18 jours maximum. Une seconde injection de cellules tumorales sera réalisée sur ces animaux (durée : 10 sec). Un prélèvement sanguin sera réalisé sur certains de ces animaux.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’injection de cellules tumorales, ainsi que des traitements au moyen d’une aiguille entraîne une douleur transitoire due à la piqure. Les potentiels effets indésirables de la greffe de moelle seront estimés lors d’une expérience pilote avec un petit nombre d’animaux. Il s’agit cependant d’effets indésirables très rares. La greffe de moelle osseuse implique une irradiation préalable du receveur afin d’éliminer ses propres cellules de moelle osseuse. Cette étape, bien que nécessaire, induit une toxicité significative : elle peut endommager des tissus non ciblés comme l’intestin, les poumons ou le cerveau, et affaiblir considérablement le système immunitaire, rendant l’animal plus vulnérable aux infections opportunistes. Les animaux greffés avec des cellules tumorales développeront des tumeurs qui seront mesurées régulièrement. Greffer une tumeur chez une souris peut avoir des effets négatifs sur sa santé. Avec le temps,l’animal peut parfois perdre du poids, manger moins et avoir du mal à se déplacer, si la tumeur est volumineuse ou mal placée. La tumeur peut dans certains cas s’ulcérer, s’infecter.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Aucun animal maintenu en vie. Les animaux sont mis à mort pour des analyses post-mortem

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des expériences en laboratoire ont montré que notre protéine immunitaire joue un rôle clé dans l’activation des défenses immunes de l’organisme. Quand cette protéine est absente, les cellules ne réagissent plus aux signaux censés déclencher une réponse immune. Le projet cherche maintenant à comprendre comment cette protéine aide le corps à lutter contre les tumeurs, en utilisant des souris comme modèle vivant. Même si des méthodes alternatives comme la culture de cellules ont été utilisées, l’étude sur l’animal reste essentielle pour observer la réponse immunitaire dans son ensemble, telle qu’elle se produit dans un organisme complet et fonctionnel. Cette réponse n’est pas observable avec des méthodes impliquant de la culture cellulaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre maximal d’animaux utilisés pour ce projet sera de 670 souris. Le nombre de souris a été réduit en effectuant une première expérience permettant de déterminer le modèle tumoral et le régime de traitement le plus adapté à notre étude. Le reste de l’étude sera effectuée uniquement avec ce modèle et ces conditions expérimentales. De plus, la dernière expérience ne sera réalisée que si le modèle tumoral choisi en dans la première expérience présente un rejet complet des tumeurs. Le nombre de souris utilisées dans chaque groupe a été réduit au strict minimum nécessaire. En utilisant 10 souris par groupe, les chercheurs peuvent détecter des différences significatives entre les groupes avec une grande fiabilité. Pour s’assurer que les résultats sont reproductibles, l’expérience sera refaite une seconde fois avec le même nombre d’animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris sont manipulées sans stress par des personnels compétents. Le bien être des souris sera suivi quotidiennement. Les points limites conduisant à l’euthanasie des souris seront précoces et prédictifs pour l’apparition d’une douleur. Le suivi et la détermination des points limites est effectué en utilisant une grille de score pour évaluer de façon objective l’état des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est le modèle de choix pour les expériences menées en recherche antitumorale : souches murines parfaitement définies et modèles génétiquement modifiés, avec de grandes similarités entre les systèmes immunitaires humains et murins qui permet de transposer nos découvertes dans le modèle murin chez l’humain. De plus, nous avons documenté de manière robuste l’existence de notre protéine d’intérêt chez l’humain et chez la souris. Souris adultes ( >6 semaines) car leur réponse immune antitumorale est active.