
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2026-03-16 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-213490)
Maintenus par contention manuelle, 250 chiens reçoivent des administrations par voie orale ou injectable, puis jusqu’à seize prises de sang en vingt-quatre heures, dans la limite de vingt-deux par semaine. Une semaine de récupération au moins suit chaque série, avant la molécule suivante, sur les cinq ans que le porteur annonce pour le projet. Les procédures relèvent d’un niveau de souffrance modéré, et la modification déposée y ajoute deux administrations destinées à homogénéiser le pH gastrique des animaux. Aucun chien n’est tué à l’issue: tous restent en vie, disponibles pour les études suivantes.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
MODIFICATION: UNE ADMINISTRATION SUPPLEMENTAIRE POURRA ÊTRE REALISEE AVANT ET APRES L’ADMINISTRATION DE L’ELEMENT TEST. CELA EST NECESSAIRE POUR HOMOGENEISER LE PH GASTRIQUE DE TOUS LES ANIMAUX POUR EVITER DES BIAIS DANS LES RESULTATS DE L’ETUDE ET METTRE TOUS LES ANIMAUX DANS LES MÊME CONDITIONS. L’objectif de ce projet est de pouvoir tester différents principes actifs ainsi que différents excipients chez le chien et d’obtenir des données pharmacocinétiques et pharmacodynamiques. La pharmacocinétique et la pharmacodynamie sont des disciplines qui étudient le devenir de la molécule dans l’organisme. Le devenir du médicament selon les doses utilisées et sa voie d’administration sont étudiés chez l’animal: son absorption, sa distribution par la circulation sanguine, son métabolisme, son élimination. Les chiens sont régulièrement utilisés pour la recherche biomédicale dans les domaines de santé animale (espèce cible) mais aussi dans les domaines de santé humaine.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Les bénéfices attendus sont de pouvoir identifier de nouveaux principes actifs candidats pour de futurs médicaments, de déterminer les paramètres pharmacocinétiques des l’éléments tests et de montrer que cela n’a pas eu d’impact au niveau clinique en suivant certains paramètres hématologiques, biochimiques impact sur la pharmacodynamie. Ce projet est nécessaire pour trouver de nouveaux principes actifs pour de futurs médicaments vétérinaires.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Les animaux seront soumis a des administrations. Pour cela les animaux auront une contention manuelle légère. la durée d’un administration est inférieure à la minute. LES ANIMAUX POURRONT AVOIR DEUX INJECTIONS SUPPLEMENTAIRES AU MAXIMUM. DUREE DES ADMINISTRATIONS INFERIEURES A LA MINUTE AVEC UNE CONTENTION LEGERE. Il y aura des prélèvements sanguins. Dans ce cas le nombre de prélèvements sanguins sera limité à 22 maximum par semaine (environ 1 mL prélevé) et une période de récupération sera respectée ( à minima 1 semaine). Les volumes de sang prélevé seront généralement de 1 mL environ. Aprés un total d’environ 16 prélèvements sanguins sur 24h une période de récupération d’au minimum 7 jours sera respectée. Dans tous les cas, le volume des prélèvements sera réduit au minimum pour chaque protocole, sans jamais dépasser 15% du volume sanguin de l’animal, et une période de récupération adaptée sera respectée : 1 semaine suite à un prélèvement de 7.5% du volume sanguin, 2 semaines pour 10%, 4 semaines pour 15%. La durée d’un prélèvement sanguin est inférieur à la minute. La période de récupération pourra être allongée si nécessaire. Les animaux peuvent être soumis à un recueil d’urine. Soit cela se fera par miction spontanée (aucun geste n’est fait à l’animal), soit prélèvement urinaire par cathétérisation urétral ( contention manuelle légère). Durée de l’ordre de la minute. Une seule cathétérisation maximum pour les chiens males sur une semaine. Dans le cadre de recueil d’urine l’animal sera dans des conditions d’hébergement individuel pour une durée maximale de 24h avec de l’enrichissement autant que possible et un contact visuel et auditif entre ses congénères. Les protocoles avec collecte d’urine sont trés peu fréquents. Généralement les animaux sont mis en condition individuelle pour de l’observation, en box avec contact visuel et auditif entre les animaux, avec présence de tablette systématiquement , et jouets autant que possible.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Les gestes techniques réalisés dans ce projet seront: – des administrations : cela peut engendrer du stress lié à la contention et peut être une gêne au niveau du site d’injection, OU PETITE DOULEUR juste aprés administration. LES ADMINISTRATIONS SUPPLEMENTAIRES (MAXIMUM 2 ) ENGENDRENT UNE AUGMENTATION DE LA MANIPULATION DES ANIMAUX QUI PEUT ENGENDRER DU STRESS – Des prélèvements sanguins. Cela pourra engendrer du stress à la contention. Il peut y avoir également des douleurs au niveau du site de prélèvement. Le recueil d’urine par miction spontannée doit se faire via l’utilisation de cage à métabolisme, cela peut engendrer un incorfort de l’animal, un stress lié à l’hébergement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Tous les animaux seront gardés en vie à la fin de cette procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Pour les études rentrant dans le scope de ce projet, le responsable de chaque étude s’assurera qu’il n’y a pas de methode de remplacement possible. Aucune méthode alternative ne permettant actuellement de reproduire la diffusion d’un produit dans le sang des animaux au niveau de l’organisme entier, il est indispensable de recourir à l’animal entier. Les essais in vitro sont des tests de cinétique de dissolution et de désagrégation d’un produit. Les essais ex vivo sont des tests qui s’effectuent directement sur des organes ou tissus isolés. Ces techniques de remplacement ne peuvent pas être appliquées dans ce projet.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
250 animaux sont inclus dans ce projet pour une durée de 5 ans. cela représente environ 50 animaux par an. On calculera pour chaque produit à tester le nombre d’animaux nécessaire, il sera, pour chaque protocole, toujours réduit au minimum, en tenant compte de la variabilité des résultats attendus. Il n’y a pas d’approche statistique prévue.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Les chiens seront hébergés par groupe entre 2 et 4 animaux par groupe. De l’enrichissement (exemple: tablettes, jouets: balles, cordage) sera présent dans chaque box autant que possible. Un suivi quotidien (voir plusieurs fois par jour) sera mis en place pour l’observation générale des animaux et la détection précoce de signe clinique pour une prise en charge rapide d’éventuels effets secondaires (observation de l’état de santé général, observation des sites de prélèvement, observation du comportement de l’animal…) Toute intervention sur l’animal sera effectuée par une personne habilitée et expérimentée afin de réduire au minimum le stress. Des points limites sont mis en place, il peut s’agir de : – problème de comportement général. Cela peut être des secousses au niveau de la tête, des temblements, des troubles de la fréquence cardiaque, de la prostration. En fonction de l’intensité et de la fréquence du ou des signes observés l’animal sera exclu du projet et un traitement ( antispasmodique, antiarythmique par exemple) pourra être prescrit par le vétérinaire responsable. – forte fièvre ( à partir de 40 °C) Possibilité d’administrer des antipyrétiques – douleur au niveau des sites de prélèvements. De la glace pourra être appliquée si besoin. La période de repos entre 2 phases pourra être augmentée. – forte diarrhée et vomissement à répétition seront considérés comme points limites. Possibilité d’administrer des antivomitifs ou antidiarrhéiques.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Espèce cible pour les médicaments vétérinaires Pour les produits humains, l’utilisation des chiens est bien décrite et caractérisée dans la littérature et leur utilisation est conseillée pour les essais de produits pharmaceutiques. Chiot, jeune adulte ou adulte cela dépendra de la molécule à tester et de la cible thérapeutique.