Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dans les conditions commerciales, les œufs fertiles provenant des élevages reproducteurs sont acheminés au couvoir (entreprise d’accouvage). Ces œufs sont mis dans des incubateurs pendant 18 jours puis transférés en éclosoirs pendant 3 jours pour faire naître les poussins. Dans l’éclosoir, l’écart entre le premier et le dernier poussin éclos peut atteindre 36 h. Ils sont ensuite sortis, parfois sexés, triés, vaccinés et transportés vers l’élevage. Considérant ces étapes, certains poussins attendent jusqu’à 72 h avant de s’abreuver et s’alimenter. Or, selon la littérature, cette privation, dès 36 h, altère le développement des organes, l’immunité, la thermorégulation et la réponse au stress. Pour améliorer les conditions post-éclosion et répondre à des attentes sociétales d’amélioration du bien-être animal en élevage, des solutions techniques sont en cours de développement pour apporter de l’eau et de l’aliment directement dans l’éclosoir ou d’installer les œufs à couver (à 18 jours) directement à l’élevage permettant aux poussins de naitre à leur rythme dans leur milieu de vie, sans manipulation et avec accès immédiat à l’eau et à l’aliment. Ce projet vise à objectiver, de façon contrôlée, les bénéfices de ces pratiques, en évaluant la robustesse des poussins en les soumettant à une inoculation par une bactérie appelée Escherichia coli (E. coli). La souche de E. coli choisie présente une pathogénicité modérée chez le poussin. Nous avons choisi le modèle E. coli car la colibacillose aviaire est la maladie bactérienne la plus fréquente en élevage de volailles avec de la mortalité fréquente à 3-4 jours après la mise en place en élevage. Les évaluations seront faites d’une part sur des poussins issus de poules reproductrices jeunes et d’autre part sur des poussins issus de poules âgées. Ces deux âges représentent des périodes à risque d’apparition de la colibacillose et correspondent à des périodes de fragilité pour le poussin.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La colibacillose aviaire est la maladie bactérienne la plus fréquente chez les volailles. Elle entraine une utilisation fréquente d’antibiotiques, contribuant ainsi à la sélection et à la diffusion de gènes de résistance chez l’animal et dans l’environnement. Renforcer la robustesse des poussins nouvellement éclos en leur permettant un accès le plus rapide possible à l’aliment et à l’eau permettrait de lutter contre la colibacillose et, de fait, diminuer le taux de mortalité et l’utilisation des antibiotiques pendant la première semaine de vie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les interventions sur les animaux seront : – Inoculations d’E. coli par voie sous cutanée (poussins) qui durent environ 15 secondes par animal, contention comprise – Pesée des animaux avant inoculation d’E. coli et en fin de période de suivi pour la procédure 3

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les inoculations d’E. coli aux poussins sont susceptibles de les rendre malades. Les symptômes peuvent se manifester par un retard de croissance, un abattement de l’animal (léthargie) et, dans les cas les plus graves, par une septicémie entrainant la mort.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont mis à mort parce que des autopsies doivent être pratiquées pour constater des lésions et effectuer des réisolements bactériens

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La colibacillose aviaire est la maladie bactérienne la plus fréquente chez les volailles. Elle entraine une utilisation fréquente d’antibiotiques, contribuant ainsi à l’aggravation de la résistance aux antibiotiques. Lorsque l’on cherche à évaluer si des stratégies d’alimentation très précoce pourraient aider les poussins à être plus résistants, l’utilisation des animaux est indispensable.

2. Réduction

3R / Réduction :

Au total, 475 animaux seront utilisés dans les trois procédures du projet. Le nombre de poulets a été fixé au minimum acceptable pour atteindre les objectifs du projet, à partir de données obtenues de précédents projets.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en animaleries (au sol, sur litière) ou en isolateurs. Dans les deux cas, ils bénéficieront d’enrichissements appropriés (plateformes et éléments de perchage et de picorage). Les inoculations aux poussins sont susceptibles de les rendre malades. Pour détecter une éventuelle souffrance des animaux, ils seront surveillés de près (4 à 5 passages par jour en plus d’observations par caméra) pour détecter des comportements anormaux (abattement ou prostration par exemple) par une évaluation de leur état clinique (normal, abattu, prostré). Tout animal prostré ne pouvant se déplacer après sollicitation sera mis à mort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Poussins de 2 à 4 jours d’âge qui sont concernés en premier lieu par la colibacillose précoce. le but du projet est de développer des stratégies d’alimentation précoce pour améliorer la robustesse des poussins.