
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-253682)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’asthme est une maladie respiratoire chronique fréquente, touchant des millions de personnes dans le monde et en France. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estimait à environ 262 millions le nombre de personnes atteintes dans le monde en 2019, avec environ 455 000 décès liés à l’asthme cette année-là. En France, l’asthme toucherait environ 4 millions de personnes. Il est très fréquent chez les enfants, touchant entre 6 à 10 % des enfants en âge scolaire (voire 15 % pour les 13-14 ans selon certaines études). La prévalence chez les adultes est souvent estimée autour de 5 à 7 %. Le traitement de l’asthme vise principalement à contrôler la maladie sur le long terme (traitement de fond) pour prévenir les crises, et à traiter les crises quand elles surviennent. Les traitements médicamenteux sont généralement administrés par inhalation pour une action directe sur les bronches. Il existe un besoin pressant de nouveaux traitements et d’une meilleure élucidation des mécanismes moléculaires de l’asthme, en particulier pour les formes sévères et difficiles à contrôler (environ 5% des patients). Ce projet a pour objectif de tester l’efficacité de nouvelles molécules anti-asthme, et de définir les premières fenêtres thérapeutiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’utilisation de ce modèle d’asthme permettra d’étudier la maladie in vivo de manière contrôlée. À court terme, il permettra la caractérisation in vivo des mécanismes de l’inflammation et l’évaluation préliminaire de nouvelles cibles moléculaires. À moyen terme, ce modèle contribuera au développement préclinique des thérapies ciblées. Enfin, à long terme, il rendra possible la découverte de nouveaux traitements potentiels, y compris pour l’asthme sévère, faisant progresser la prise en charge clinique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux expérimenteront 2 administrations d’agent sensibilisateur d’asthme (animaux vigiles). Pour l’induction de l’asthme les animaux seront traités 3 jours consécutifs sous anesthésie gazeuse. Le candidat médicament sera administré au maximum une fois par jour pendant 3 jours consécutifs. Un prélèvement sanguin par semaine, sur animaux anesthésiés pendant 2 semaines consécutives pourra être réalisé.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La nuisance dans ce modèle est directement liée à l’induction des symptômes de l’asthme et aux procédures expérimentales. Cela peut causer des difficultés respiratoires, une toux, et un inconfort général pour la souris. Les traitements administrés par différentes voies peuvent également causer de l’inconfort ou de la douleur. Les injections peuvent être douloureuses au point d’injection, et le gavage peut être stressant. La perte de poids est un indicateur clé de la dégradation de l’état de santé de l’animal et est une nuisance en soi, reflétant la maladie et le stress métabolique. Les prélèvements sanguins hebdomadaires, même sous anesthésie, sont invasifs.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure afin de réaliser des prélèvements de sang et d’organes à des fins analytiques, avec pour objectif de quantifier les effets protecteurs des molécules administrées pendant l’étude.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour étudier l’asthme, des méthodes alternatives comme les cultures cellulaires et les organoïdes permettent de simuler l’inflammation et de tester des traitements sans recours animal. Bien qu’efficaces pour le criblage moléculaire, ces modèles in vitro ne peuvent pas encore reproduire la complexité des interactions nerveuses et cardiovasculaires, ni l’hyperréactivité bronchique d’un organisme entier.
2. Réduction
La réduction du nombre d’animaux sera mise en oeuvre par l’estimation du nombre minimal d’animaux permettant de garantir l’interprétabilité des résultats, par un calcul de puissance statistique. Étant donné la variabilité inhérente aux modèles animaux d’asthme, les études décrites dans la littérature utilisent entre 5 et 10 souris par groupe pour les critères d’évaluation. Nous choisissons d’inclure 8 animaux par groupe.
3. Raffinement
La fréquence de surveillance des animaux est essentielle pour garantir leur bien-être. Les signes de détérioration de l’état de santé, tels que perte de poids, modifications de la mobilité, ou respiration laborieuse, sont particulièrement surveillés, et quantifiés selon une grille de scoring qui comprend aussi les critères d’arrêt. Si des signes de stress apparaissent, nous ajusterons l’environnement pour améliorer le bien-être des souris et notamment stimuler leurs sens et leurs comportements naturels. Nous augmenterons l’enrichissement physique par l’apport de cachettes (boîtes, tunnels) et de matériaux pour la construction de nids (papier déchiqueté, fibres) ainsi que l’enrichissement sensoriel par la modification régulière de la disposition de leur cage et des éléments à l’intérieur de la cage pour offrir de la nouveauté. L’introduction de nouveaux enrichissements se fera progressivement pour éviter un stress supplémentaire. Des critères d’arrêt stricts sont définis pour éviter la souffrance excessive des animaux et conduiront à l’interruption immédiate de l’expérience. L’objectif est de garantir que l’état de l’animal est constamment suivi et que des soins vétérinaires sont fournis dès que nécessaire. La prévention du stress est intégrée au protocole expérimental par l’utilisation d’une anesthésie gazeuse et administration d’analgésique au préalable des gestes douloureux à chaque fois que cela sera nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utiliserons un modèle souris car : (i) la souris est aujourd’hui un modèle animal largement utilisé par la communauté scientifique internationale pour l’étude de l’asthme (ii) elles permettent de reproduire les caractéristiques physiopathologiques clés de l’asthme humain : Bien qu’imparfaits, ces modèles récapitulent les principaux signes de l’asthme allergique chez l’homme, notamment l’inflammation des voies aériennes médiée par les lymphocytes T auxiliaires de type 2, l’accumulation d’éosinophiles dans les poumons, et l’hyperréactivité bronchique, permettant ainsi d’étudier les mécanismes fondamentaux de la maladie. (iii) Il existe de nombreux outils génétiques, lignées transgéniques ou « humanisées » et réactifs spécifiques Les souris seront utilisées lorsqu’elles sont âgées de 6 à 10 semaines pour des raisons liées à la physiologie et aux objectifs de l’étude : 1. A cet âge, les souris ont atteint une maturité immunologique suffisante pour que leur système immunitaire réagisse de manière robuste et reproductible à la sensibilisation par l’allergène. Les souris trop jeunes peuvent avoir une réponse immunitaire encore en développement et donc plus variable. 2. Les procédures invasives comme les lavages broncho-alvéolaires sont plus faciles à réaliser sur des animaux dont la taille et le poids sont suffisants.