
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 15/04/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-258844)
Gavages quotidiens, prélèvements sanguins répétés, injections dans le sinus rétro-orbitaire deux fois par œil : 1 500 souris et 750 rats vont subir ces gestes pour que des personnels apprennent à les exécuter, dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré, tous tués à l’issue. L’inexpérience des apprenants peut causer une perforation de l’œsophage, une fausse route mortelle, une nécrose ou une brûlure de la queue, une section de la queue au scalpel, une éraflure de l’œil rendant l’animal borgne. L’objectif affiché reste pourtant de garantir le bien-être des animaux non-humains par la maîtrise du geste, pour cinq personnes formées par an pendant cinq ans. La mise à mort sert elle aussi d’exercice : le porteur indique qu’elle permettra à la personne formée d’apprendre la dislocation cervicale et l’appareil à hypoxie au CO2.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de permettre au personnel de notre laboratoire de pouvoir se former aux gestes et techniques de base de notre métier. Ces procédures menées sur les animaux de laboratoire doivent être accomplies avec une maîtrise parfaite des gestes techniques pour garantir leur bien-être ou pour réduire au maximum l’inconfort résultatnt de l’expérimentation. La période d’apprentissage de l’expérimentateur est importante car elle va conditionner la qualité du travail qui sera fourni ultérieurement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice attendu par ce projet est de former un personnel et de transmettre un savoir-faire en expérimentation animale à des personnels novices ou nécessitant une remise à niveau.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les administrations intra gastriques (gavages) ne doivent pas prendre plus de 15 secondes par animal que ce soit pour les souris ou pour les rats. Ils peuvent être répétés quotidiennement pour s’assurer que le geste est bien maîtrisé et qu’il n’entraîne pas de perte de poids. Les prélèvements sanguins pourront être faits jusqu’à 4 fois par animal avec un temps de récupération d’une semaine nécessaire avant de procéder à un nouveau prélèvement. Ce sera aussi l’occasion pour l’expérimentateur d’apprendre à utiliser le système dédié à l’anesthésie volatile gazeuse. Lorsque le prélèvement est maitrisé, un ultime prélèvement terminal pourra être fait en fin de procédure, il sera d’un volume plus important. S’ensuivra toujours sous anesthésie gazeuse, la mise à mort de l’animal par dislocation cervicale, toujours sous la surveillance d’une personne habilitée et expérimentée au sein de notre établissement utilisateur. Pour les souris, les administrations en sous-cutané, en intra-péritonéale, en intra-musculaire et intraveineuses pourront être faites jusqu’à 3 fois avec un minimum de 3 jours entre chaque injection. Dans le cas de l’injection intra veineuse au sinus rétro-orbitaire, chaque animal ne pourra être utilisé que 2 fois par œil injecté avec un délai de repos de 5 jours entre 2 injections. Chaque geste d’injection durera environ 10 secondes. Tous ces gestes sont effectués sous la surveillance d’une personne expérimentée au sein du laboratoire.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Lors des apprentissages certains effets néfastes peuvent être rencontrés dûs à l’inexpérience des utilisateurs. Lors des gavages, une irritation de l’oesophage voire la perforation est possible entrainant pour le premier une perte de poids et pour le second la perte de poids précédent la mort de l’animal. De même une fausse route entraînera la mort de l’animal. Lors des administrations intraveineuses à la veine caudale, l’injection d’une bulle d’air bien que ne devant pas se produire, pourrait arriver entrainant la mort de l’animal. Les injections répétées et/ ou ratées peuvent engendrer des lésions sur la queue de l’animal pouvant aller jusqu’à la nécrose, de même lorsque la queue est trempée dans de l’eau chaude pour dilater les veines, la brulûre de la queue est à envisager. Lors d’administrations intraveineuses au sinus retro orbitaire, une mauvaise insertion de l’aiguille peut entraîner une eraflure de l’oeil entrainant une cécité de l’oeil concerné. Une anesthésie gazeuse ou injectée mal maîtrisée peut entrainer l’arrêt cardio-respiratoire de l’animal et la mort. Lors des prélèvements de sang au sinus rétro-orbitaire l’éraflure de l’oeil avec le capilaire peut entrainer une cécité de l’oeil concerné, de même une mauvaise compression de l’oeil suivant le prélèvement peut engendrer un hématome entrainant l’exorbitation nécessitant la mise à mort de l’animal. Lors des prélèvements de sang à la veine caudale, une mauvaise maîtrise du geste de scarification au scalpel peut entrainer le sectionnement de la queue. Toutes des interventions sont qualifiées de modérées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A l’issue de la procédure, tous les animaux seront euthanasiés soit par dislocation cervicale, soit par hypoxie au CO2. On estime que ces animaux auront vieilli et ne seront plus suffisamment naïfs pour participer à d’autres études. De plus, ce sera l’occasion pour la personne formée d’apprendre à utiliser l’appareil à euthanasie par hypoxie au CO2 et d’apprendre la technique de dislocation cervicale sous le contrôle d’une personne habilitée et expérimentée.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans un premier temps, des vidéos ainsi que nos protocoles qualités seront mis à disposition des personnes devant se former aux gestes d’expérimentation sur les animaux. Ensuite, les apprentissages de préhension, injections et identifications par puces pourront se faire sur modèle inerte type CurVet Rat ou Mimicky Mouse. Une fois que la personne se sent suffisamment en confiance avec ses gestes, celui-ci pourra passer sur animaux vivants. L’utilisation de cadavres n’est envisageable que pour certaines actions ne nécessitant pas de visualiser une veine ou de nécessiter d’un reflux sanguin comme pour les intraveineuses. Ainsi, les cadavres pourront être utilisés pour les intra-péritonéales, les sous-cutanés ainsi que pour s’exercer à l’insertion d’un capillaire ou d’une aiguille dans le sinus rétro-orbitaire. Ils pourront également être utilisés pour les incisions de queue au scalpel ce qui permettra à l’apprenant d’appréhender le geste et les limites pour ne pas sectionner complètement la queue d’un animal vivant.
2. Réduction
Bien que n’ayant pas de vision à long terme du nombre de personnes à recruter et / ou former, nous estimons que la formation de 5 personnes par an est envisageable, en considérant aussi bien les besoins humains des projets en expansion que le « turn over » de la profession. En considérant 1 lot de 20 souris (ou 10 rats) pour l’apprentissage des gavages, 1 lot de 20 souris (ou 10 rats) pour les intraveineuses et un lot de 20 souris (ou 10 rats) pour les autres gestes qui peuvent être répétés tels que les IP, les sous-cutanés, cela par an pour 5 personnes en apprentissage, cela fait 15 lots de 20 souris par an et 15 lots de 10 rats par an soit 300 souris et 150 rats par an pour un total de 1500 souris et 750 rats pour la globalité du projet. Cette estimation est le maximum que nous pourrons utiliser sachant que parmi ces animaux, certains peuvent subir plusieurs gestes comme un gavage et un prélèvement sanguin. L’utilisation d’animaux de réforme n’est pas envisagée car nous n’avons pas d’élevage au sein de notre établissement utilisateur et les animaux de nos autres projets sont prévus pour une procédure précise et doivent être euthanasiés une fois la procédure achevée, il n’est pas prévu de réutilisation de ceux-ci.
3. Raffinement
Les apprentissages se feront dans un premier temps par le biais de vidéo éducative, puis par l’utilisation de modèle d’animaux inerte. Puis dans un second temps lorsque l’utilisation d’animaux vivants se trouvera nécessaire, une démonstration des gestes par 2 personnes du laboratoire habilitées et expérimentées sera faite. Lors de la phase d’exercice par la personne formée, celui-ci sera accompagné de personnes du laboratoire. Le formé s’occupera de ses propres animaux (change et soins) et procèdera à la pesée de ceux-ci afin de vérifier qu’ils s’alimentent et qu’il n’y pas de perte de poids nécessitant une mise à mort. Cela permettra également de former le nouvel entrant à repérer les signes de mal-être animal et de l’y sensibiliser. De plus, lorsque la personne formée se sent à l’aise avec les gestes qu’elle a acquis, une évaluation sera faite en présence du responsable du laboratoire vivo de l’établissement utilisateur ainsi que d’un assistant de recherche.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le choix des espèces rats et souris pour ce projet de maintien de compétences et d’apprentissage de techniques est justifiée par le fait qu’il s’agit des espèces utilisées dans les programmes de recherches sur la sphère hépatointestinales effectuées au sein de notre établissement utilisateur. Les souris adultes et les rats matures seront employés car ils présentent les caractéristiques idéales pour l’apprentissage de personnel novices ou peu expérimentés