Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet vise à évaluer l’impact de traitements sur les symptômes et la survie d’un modèle animal du syndrome de Dravet. Le syndrome de Dravet est une épilepsie rare de l’enfant qui a pour cause une mutation du gène SCN1A. Ce syndrome épileptique est caractérisé par des crises épileptiques pouvant diminuer la survie des patients (phénotype de SUDEP = mort subite et inattendue chez les patients épileptiques). Des modèles animaux du syndrome de Dravet ont été établis, ce qui mène au développement de crises épileptiques, provoquant dans environ 40% des cas une mort prématurée (SUDEP). Nous proposons d’utiliser un modèle du syndrome de Dravet, spécifiquement des souris jeunes afin de modéliser les phases précoces de ce syndrome. L’objectif est d’évaluer l’impact de traitements sur 1) la survie des animaux, 2) l’apparition des crises épileptiques, et 3) les symptômes associés : hyperactivité, déficit social ou défaut d’apprentissage.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le syndrome de Dravet est un syndrome épileptique de l’enfant dont les traitements actuels ne permettent pas de soigner tous les patients. De plus, même si certaines crises sont atténuées par les traitements actuels, la survie ne semble pas être prolongée. Ce projet vise à tester de nouveaux traitements pour diminuer les crises d’épilepsie et augmenter la survie, ce qui permettra de proposer de nouveaux traitements chez l’Homme.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les nouveaux-nés modèle de Dravet et leurs contrôles (environ 480) seront identifiés à l’aide d’un prélèvement (biopsie) à l’oreille qui sera effectué une seule fois. Pour les traitements, les animaux seront administrés quotidiennement (une seule fois par jour) pendant la durée des expériences soit au maximum : 8 semaines pour 240 animaux, et au maximum : 4 semaines pour 150 autres animaux. Pour l’évaluation du comportement, les animaux seront testés au maximum 3 fois à l’aide de test allant de 8 min à 30 min/jour, le tout sur 2 semaines maximum. Cela concernera 240 animaux. Pour les enregistrements d’activité électrique cérébrale (EEG), environ 150 animaux subiront une procédure chirurgicale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances attendues (connues de la littérature) sont : 1) Le phénotype des souris transgéniques est dommageable, avec une survenue de crises épileptiques spontanées, qui peuvent entrainer une mort prématurée (environ 40% des animaux au maximum n’atteignent pas l’âge de 60 jours). 2) Un stress et une douleur associée à la biopsie d’oreille pour l’identification et le génotypage simultané 3) Un stress et une douleur dus à l’administration chronique des traitements proposés 4) Un stress dû aux tests comportementaux 5) Un stress dû à la chirurgie pour l’implantation d’électrodes intracérébrales 6) Un stress dû à l’isolement (maximum 24h) pendant les périodes d’enregistrement des crises spontanées. Les traitements seront effectués par du personnel expérimenté pour limiter le stress.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin d’effectuer des prélèvements d’organes, pour compléter cette étude.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’utilisation d’animaux est justifiée car le comportement (locomoteur, social, cognitif) ne peut être étudié au niveau cellulaire (in vitro) ou par modélisation (in silico). De plus, afin de mimer un syndrome d’origine génétique et ses conséquences sur un organisme en cours de développement, l’utilisation d’animaux transgéniques est indispensable.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de limiter l’utilisation d’animaux transgéniques à phénotype dommageable, les animaux seront générés par fécondation in vitro d’ovules de femelles non transgéniques et de sperme issu de males transgéniques. Suite à nos précédents travaux, nous pouvons estimer le nombre de femelles gestantes nécessaires afin d’obtenir le nombre d’animaux permettant d’atteindre une puissance statistique adéquate. Le calcul du nombre des animaux est fait selon les procédures standards de statistiques. De plus, les animaux pouvant présenter des crises épileptiques létales, il nous faut au minimum 12 animaux par groupe pour pouvoir évaluer le phénotype des animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont hébergés dans des cages ventilées enrichies. La température est de 22°C +/-2°. Le cycle jour/nuit est de 12h, changeant à 7h/19h. Une surveillance attentive et quotidienne des animaux est réalisée. Environ 45 minutes avant chirurgie, une dose d’analgésique est administrée. Pendant la chirurgie, le dessèchement de la cornée est évité à l’aide d’un gel spécifique. Une injection d’anesthésique local est faite le long de la ligne d’incision pour limiter la douleur. De plus, l’animal est maintenu à une température de 37°C à l’aide d’un tapis chauffant. Puis, l’analgésique est administré 5 à 6h après l’injection pré-opératoire. Le lendemain, si un signe de mal-être/douleur est identifié, alors l’administration d’analgésique sera continuée. Une distribution d’aliment hydraté ou d’une bouillie produite par dispersion de croquettes dans l’eau pourra être effectuée pour faciliter l’alimentation. Les administrations seront effectuées sur des animaux vigiles par du personnel expérimenté. Des points limites stricts et spécifiques du projet seront appliqués.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Afin de modéliser au mieux le syndrome de Dravet, qui est à plus de 80% dû à une mutation génétique, l’espèce souris dont la modification génétique du gène Scn1a déjà publié est la plus pertinente. Ce modèle récapitule bien le phénotype Dravet : crises fébriles, crises spontanées, SUDEP et symptômes psychiatriques. Pour la moitié, les animaux seront traités à partir du jour post-natal 7 (P7) au minimum afin d’avoir une exposition suffisante avant la diminution de la survie estimée à P20. Ces animaux seront évalués jusqu’à leur âge adulte (environ P45) où leurs comportements seront évalués. Pour l’autre moitié, les animaux seront utilisés après sevrage pour faire l’implantation d’électrodes et pouvoir mesurer les crises spontanées le plus tôt possible, les crises étant les plus visibles autour de P28.