
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 19/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-272871)
20 porcs vont être utilisés, opérés sous anesthésie générale et tués avant tout réveil. Chaque animal subit une intervention chirurgicale abdominale par laparoscopie (ablation de la vésicule, résection du foie, du côlon ou de l’intestin), non pour le soigner mais pour comparer des dispositifs d’aspiration des fumées chirurgicales, potentiellement toxiques pour les soignants humains. Le porteur justifie le recours au porc par les similitudes anatomiques de sa cavité abdominale avec celle de l’humain, en indiquant que le volume d’un petit animal ne permettrait pas ce type d’intervention. Les bénéfices annoncés visent la mise au point de normes d’efficacité transposables aux blocs opératoires humains.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
comparer l’efficacité de plusieurs dispositifs commercialisés pour l’élimination des aérosols chirurgicaux en laparoscopie, potentiellement toxiques pour l’homme
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette première étude permettra de donner un premier aperçu de l’utilité des différentes méthodes d’extraction des fumées opératoires et de la concentration résiduelle de ces dernières dans l’atmosphère du bloc opératoire. Nous pourrons ensuite développer une technique de mesure fiable, transposable dans les blocs opératoires humains et essayer d’établir des normes d’efficacité des divers procédés utilisés pour limiter la diffusion des fumées opératoires
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis une seule fois à une intervention sous anethésie générale : cholecystectomie ou résection hépatique mineure ou résection colique ou résection d’intestin grêle proximal ou résection d’intestin grêle distal. A la fin de l’intervention, l’animal ne sera pas réveillé et euthanasié par l’administration d’un barbiturique.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Il s’agit d’une procédure à la fin de laquelle les animaux seront sacrifiés, sous anesthésie générale profonde. Ils ne seront soumis avant l’intervention qu’à une privation de nourriture pendant 12h avec accès libre à l’eau. Ensuite les interventions se dérouleront sous anesthésie générale et analgésie adaptée et la mise à mort sera effectuée à la fin de la procédure.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Notre projet comporte des procédures chirurgicales qui pourraient être délétères par la suite pour les animaux de l’étude. Ces animaux seront donc euthanasiés à la fin de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous ne pouvons pas comparer les mesures de concentration des fumées chirurgicales dans un modèle ex vivo, l’utilisation d’un modèle animal est indispensable pour reproduire la cavité péritonéale humide et respecter les caractéristiques de la ventilation mécanique et le milieu chaud et humide fermé de manière imparfaite (fuites autour des trocarts). Le volume de la cavité péritonéale chez le petit animal ne permet pas de réaliser ce type d’intervention. Les instruments et les insufflateurs de chirurgie laparoscopique ne sont pas adaptés pour un si petit volume et les trocarts d’accès ne peuvent pas être utilisés chez le petit animal. Nous avons choisi le modèle porcin du fait de sa disponibilité et de ses nombreuses similitudes anatomiques avec l’homme, notamment sont système digestif.
2. Réduction
nous avons limité le nombre d’animaux au plus juste pour avoir des résultats statistiquement exploitables. Nous utiliserons 20 animaux (4 groupes de 5 seront comparés). Nous nous sommes basés sur l’étude pivot faite in vitro et en utilisant les différences observées dans cette étude, nous utiliserons des tests conçus pour les petits effectifs, notamment les tests exacts (Fisher). En nous basant sur les données de mesure de particules induite par la fumée chirurgicale in vitro, nous avons ainsi calculé la taille minimale d’un groupe de 5 animaux afin de respecter un niveau de signification de 95% et une puissance de 80%.
3. Raffinement
les animaux seront dans des cases spacieuses contiguës avec des parois ajourées permettant le contact visuel entre les animaux et ils ne seront gardés en box de préanesthésie que la veille de l’intervention. Nous n’avons aucun intérêt à exposer les animaux à un stress avant ou pendant l’intervention. La fréquence cardiaque sera enregistrée tout le long des interventions. En cas d’accélération du rythme cardiaque, sans perte sanguine associée, nous allons renforcer le traitement antalgique. En cas de tachycardie supérieure à 170 battements par minute, persistante, au-delà de 5 minutes, malgré l’administration d’analgésiques, nous allons procéder à l’euthanasie (point limite). Mais nos procédures ne devraient pas être particulièrement douloureuses, elles reproduisent des interventions courantes chez l’homme sous anesthésie générale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le porc est une espèce animale classiquement utilisée pour les études de pharmacocinétique de la chimiothérapie intrapéritonéale. L’anatomie digestive et les dimensions de la cavité péritonéale, similaires à l’homme, permettent de tester au mieux les modalités de diffusion péritonéale et extrapéritonéales des fumées chirurgicales. Le volume d’insufflation est similaire à l’homme et les instruments chirurgicaux et les dispositifs d’aspiration de la fumée disponible sur le marché humain peuvent être utilisés tels quels. Le porcelet (40Kg, 3-4 mois) est l’espèce modèle la plus usitée car le volume et la texture du péritoine de la cavité péritonéale est similaire à l’homme et nous permet d’appréhender au mieux les contraintes de volume en fonction de différents type de chirurgie et des systèmes de section-coagulation