
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-270155)
20 juments vont être utilisées, réutilisées à l’issue et rendues à leur troupeau, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles subissent sept à huit ponctions veineuses à la jugulaire à différents stades du cycle, pour comparer les dosages hormonaux sanguins à des dosages salivaires en cours de développement. Le porteur présente le projet comme un « gain éthique », ces tests salivaires devant à terme éviter les prises de sang et les injections d’hormones en élevage. Il indique que les juments sont entraînées aux prélèvements et que le volume prélevé ne dépasse pas 5 ml par ponction.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Actuellement, le suivi et la maîtrise de la reproduction des juments nécessitent des interventions douloureuses. En effet, pour vérifier si une jument a repris les cycles de reproduction après le repos sexuel hivernal (test de cyclicité), ou pour vérifier si elle est gestante après une insémination (test de gestation), les éleveurs demandent au vétérinaire de réaliser une prise de sang pour un dosage hormonal. Par ailleurs, pour inséminer une jument au plus près de l’ovulation afin de maximiser le taux de réussite, les éleveurs demandent au vétérinaire de réaliser des échographies transrectales quotidiennes pour suivre la croissance des follicules ovariens puis d’induire l’ovulation par injection d’hormones. Ces interventions sont invasives (prises de sang et injections), couteuses (intervention d’un vétérinaire) et les hormones rejetées via les urines ont un impact négatif sur l’environnement. L’objectif de notre laboratoire est de proposer des alternatives aux prises de sang et aux injections d’hormones en développant des dosages hormonaux dans la salive équine. L’objectif de ce projet est de collecter de la salive et du sang sur des juments à différents stades du cycle afin de comparer les dosages sanguins actuellement utilisés et les dosages salivaires que nous développerons.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les prélèvements de sang et de salive aux différents stades permettront 1) de comparer des juments en repos sexuel et des juments cycliques pour développer un test salivaire de cyclicité, 2) de comparer des juments gestantes et non gestantes pour développer un test salivaire de gestation, 3) de suivre l’évolution des hormones salivaires dans les jours précédents l’ovulation pour identifier un biomarqueur prédictif de l’ovulation qui permettra d’inséminer au plus près de l’ovulation, 4) de suivre l’évolution des hormones salivaires dans les jours précédents la mise-bas pour identifier un biomarqueur prédictif de la mise-bas afin de placer la jument dans de bonnes conditions et de faciliter sa surveillance. L’éleveur pourra ainsi éviter les prises de sang pour le test de cyclicité ou de gestation et réaliser lui-même les prélèvements de salive, ce qui permettra un gain éthique : diminution des actes douloureux en élevage, contacts moins anxiogènes avec l’humain (l’éleveur plutôt que le vétérinaire souvent associé à des actes désagréables). L’éleveur pourra de plus identifier le moment opportun pour inséminer ses juments à l’aide d’un biomarqueur salivaire prédictif de l’ovulation, sans avoir recours aux injections d’hormones pour l’induction d’ovulation, ce qui permettra de diminuer les rejets hormonaux dans l’environnement. L’éleveur pourra enfin prévoir le moment du poulinage à l’aide d’un biomarqueur prédictif de la mise-bas, ce qui permettra un gain éthique en plaçant la jument dans de bonnes conditions.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Entre le mois de janvier et le mois de juillet, nous réaliserons : – 8 prélèvements de 5ml de sang par ponction veineuse à la jugulaire sur un lot de 10 juments : 1 prélèvement au stade 1 (repos sexuel hivernal), 5 prélèvements au stade 2 (dans les 5 jours avant ovulation), 1 prélèvement au stade 3 (phase lutéale), 1 prélèvement au stade 4 (début de gestation), – 7 prélèvements de 5ml de sang par ponction veineuse à la jugulaire sur un lot de 10 autres juments au stade 5 (dans les 7 jours avant la mise-bas).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Entre le mois de janvier et le mois de juillet, nous réaliserons : – 8 prélèvements sur 10 juments : 1 prélèvement au stade 1 (repos sexuel hivernal), 5 prélèvements au stade 2 (avant ovulation), 1 prélèvement au stade 3 (phase lutéale), 1 prélèvement au stade 4 (début de gestation), – 7 prélèvements sur 10 autres juments au stade 5 (avant la mise-bas). Lors des prises de sang par ponction veineuse à la jugulaire, les animaux peuvent ressentir une douleur légère de courte durée n’entrainant pas de trouble de l’état général. Les animaux ne ressentent pas de douleur chronique ou aigüe de forte intensité. Afin de limiter la douleur, les prélèvements sanguins seront réalisés par des opérateurs expérimentés selon un mode opératoire réfléchi et clairement décrit (1291-MO-0079).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Après chaque expérimentation, les animaux ont un examen vétérinaire afin de vérifier qu’ils ont pleinement recouvré leur état de santé et de bien-être, puis ils retournent dans le troupeau.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet concerne des dosages salivaires pour le suivi et la maîtrise de la reproduction des juments, il implique des prélèvements de salive et des suivis de cycle de reproduction, l’utilisation d’animaux ne peut donc pas être remplacée.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au cours d’une étude prospective en 2019, nous avons réalisé des prélèvements de sang et de salive sur des juments afin d’étudier le stéroïdome et le métabolome de la salive équine. Nous avons ainsi une connaissance préliminaire des concentrations des hormones stéroïdiennes et des métabolites dans la salive équine et de la variabilité individuelle. Dans ces conditions, l’effectif de 10 juments par groupe est nécessaire et suffisant pour observer des différences significatives entre stades du cycle avec une analyse de type ANOVA sur mesures répétées suivie d’un test de Tukey. Afin de limiter le nombre d’animaux utilisés, nous utiliserons les mêmes juments pour les prélèvements des stades 1 à 4 (du repos sexuel hivernal jusqu’au début de gestation), ce qui permettra de plus que chaque animal soit son propre témoin. Les prélèvements au stade 5 seront réalisés sur 10 autres juments afin qu’ils soient réalisés au cours de la même année (durée de gestation des juments : 11 mois).
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les juments que nous utiliserons ont bénéficié d’un entrainement pour la réalisation de prises de sang par ponction veineuse à la jugulaire sans stress, elles restent calmes et détendues lors des prélèvements sanguins. De plus, le personnel de l’unité expérimentale a suivi une formation pour comprendre la perception du cheval et apprendre les méthodes pour l’approcher et le manipuler sans induire de stress ou de peur. Les prélèvements sanguins seront réalisés par des opérateurs expérimentés selon un mode opératoire réfléchi et clairement décrit. La fréquence des prélèvements sera faible et le volume prélevé ne dépassera pas 5ml par animal. Après les prélèvements sanguins, une surveillance de la zone de prélèvement sera réalisée quotidiennement, en cas de phlébite sur une veine, les prélèvements suivants seront réalisés de l’autre coté et un baume apaisant et anti-inflammatoire sera appliqué. En cas de signes de maladie ou d’impact sur l’état général des animaux (fièvre, problèmes respiratoires, perte de poids, prostration, …) une intervention vétérinaire aura lieu et un traitement adapté sera mis en place. L’animal sortira du protocole si nécessaire
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet concerne des dosages salivaires pour le suivi et la maîtrise de la reproduction des juments, il est donc nécessaire de choisir l’espèce équine. Nous utiliserons des animaux adultes pubères qui présentent des cycles de reproduction réguliers.