
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-01-28 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-284389)
Cent cinquante femelles subissent une chirurgie de quinze minutes sous anesthésie gazeuse pour recevoir des embryons, trois injections sous-cutanées et la pose d’une agrafe sur le dos. Mille souris au pelage agouti sont ensuite anesthésiées pour qu’un bout de queue leur soit prélevé et qu’une boucle d’identification leur soit posée, l’ensemble représentant 1 150 souris dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Le projet est technique, il crée des lignées génétiquement modifiées pour des équipes travaillant sur les lymphocytes B et les lymphomes. Six cents animaux porteurs de la mutation recherchée partiront vers un autre projet autorisé, les 550 autres seront tués, dont les 150 femelles pseudo-gestantes une fois les portées nées et 400 souris qui n’ont pas la mutation attendue.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet technique de trangénèse permet de générer de nouvelles lignées de souris génétiquement modifiées pour différentes équipes de recherche dans le cadre d’études portant sur le contrôle de la réponse immune des lymphocytes B et du développement des lymphomes. Ces modèles in vivo sont indispensables pour une compréhension globale des systèmes complexes et multi-localisés tel que le système immunitaire. Les études in vitro utilisant des lignées cellulaires ou des études in silico ne peuvent pas remplacer l’animal pour ces études car elles ne permettent pas de retranscrire toutes les interactions existantes au sein du système immunitaire et entre le système immunitaire et d’autres systèmes physiologiques. Les modifications génétiques permettent de mieux comprendre le rôle d’un gène en particulier dans le développement normal et tumoral du système immunitaire B ce qui peut donner des pistes d’intervention thérapeutique innovante pour les lymphomes. Les souris sont utilisées pour ces études car leur génome (ensemble de leurs gènes) et leur système immunitaire est proche de celui de l’Homme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permet de créer de nouvelles lignées de souris génétiquement modifiées permettant ainsi aux chercheurs de l’unité d’obtenir un modèle d’étude pour mener à bien leur projet de recherche. La technique de transgénèse est essentielle au developpement de modèles murins génétiquement modifié car elle permet d’intègrer une modification génétique précise au sein d’un organisme possèdant un système immunitaire physiologique complet. La modification spécifique d’un géne cible permet d’analyser et de comprendre la physiopathologie de nombreuses maladies en lien avec le dysfonctionnement du système immunitaire et particulièrement les lymphomes ou les maladies de depôts. Ces modèles peuvent également, à terme, servir dans le devellopement d’essai préclinique.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au cours de ce projet, 150 femelles seront soumises à 1 chirurgie de réimplantion d’embryons sous anesthésie gazeuse lors du transfert d’embryon d’une durée de 15 minutes maximum et 3 injections sous-cutanées. 1000 souris au pelage marron devant être identifiés comme possèdant ou non la mutation seront anesthésiées afin qu’un petit morceau de queue leur soit prélevé et qu’une boucle d’identification leur soit mise.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La piqûre d’aiguille pour l’injection de l’anti-douleur aux femelles recevant les embryons entraine une douleur légère et de courte durée et un stress physique de courte duré. L’intervention chirurgicale des femelles recevant les embryons entraine un stress physique ainsi qu’une gêne liée à la présence de l’agrafe sur le dos. Le prélèvement de bout de queue des animaux entraine une douleur légère et de courte durée au niveau du site de prélèvement et un stress physique de courte duré.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En fin de procédure « transfert d’embryons »sur 5 ans : aucun animal ne sera réutilisé, ni replacé. En fin de procédure « genotypage de souris au pelage agouti » sur 5 ans: 600 animaux possédant la mutation génique d’interêt seront placés en zone d’élevage et utilisés dans un autre projet APAFIS sous la responsabilité d’un autre porteur de projet. Pour ce projet, ce sont 550 animaux qui seront euthanasiés (150 femelles pseudo-gestantes aprés la naissances des animaux chimériques + 400 animaux pelage agouti ne possédant pas la mutation génique d’interêt)
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permet de générer de nouvelles lignées de souris génétiquement modifiées pour différentes équipes de recherche dans le cadre d’études portant sur le contrôle de la réponse immunitaire et le développement de lymphomes. Ces modèles in vivo sont indispensables pour une compréhension globale des systèmes complexes et multi-localisés tel que le système immunitaire. Les études in vitro utilisant des lignées cellulaires ne peuvent pas remplacer l’animal pour ces études car elles ne permettent pas de retranscrire toutes les interactions existantes au sein du système immunitaire et entre le système immunitaire et d’autres systèmes physiologiques.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les femelles utilisées pour la production d’embryons ne recevront pas de traitement de superovulation. En effet, la technique de micro-injection nécessite d’avoir un embryon resistant à la pression de la pipette de micro-injection. Or, aprés traitement hormonal, les embryons générés sont moins resistant à la pression ce qui rend plus diffcile la micro-injection. Le nombre de femelles utilisées sera donc limité au strict minimum nécessaire pour avoir suffisement d’embryons. Les femelles fertiles utilisées qui ne présentent pas de bouchon vaginal seront réutilisées pour une expérimentation ultérieure. Les accouplements de chimères seront arrétés dès que les premiers animaux agoutis positifs pour la mutation d’interêt seront génotypés. Ainsi, le nombre d’animal engendré est limité au strict minimum nécessaire pour générer les fondateurs de la nouvelle lignée. Le nombre d’animaux utilisé sera limité au strict minimum nécessaire pour mener à bien toutes les procèdures de la demande d’autorisation de projet.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux utilisé sera réduit au minimum afin d’avoir suffisamment d’animaux pour les expérimentations. Les mâles seront hébergés deux par deux afin de limiter le nombre d’animal isolé. Le personnel menant à bien les expérimentations est formé aux gestes de manipulation sur le petit animal ainsi qu’aux techniques de chirurgie. Leurs compétences sont maintenus au cours du temps limitant ainsi la douleur liée à la manipulation et à l’expérimentation. Les animaux bénéficient d’enrichissement dans les cages conformes aux recomandations de la structure du bien être animal de l’établissement. Pour chaque expérimentation, des points limites spécifiques ont été définis et une prise en charge de la douleur est prévue avec un protocole utilisant des analgésiques afin de reduire la souffrance animal au cours du temps.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La modification du génome dans le cadre de recherches fondamentales visant à comprendre, dans sa globalité et sa complexité, le contrôle de la réponse immune et les lymphoproliférations ne peut s’effectuer que dans certaines espèces animales pour lesquelles les techniques de transgénèse ont été mises au point et ont fait leurs preuves. Les modèles in vitro utilisant des lignées cellulaires ne suffisent pas pour l’étude des systèmes complexes et multilocalisés tel que le système immunitaire. Les techniques de transgénèse sont très performantes dans l’espèce Mus musculus. Cette espèce possède un génome très proche de celui de l’Homme (99% d’homologie), ce qui en fait un outil idéal pour comprendre les effets de ces modifications génétiques sur les systèmes étudiés. Les systèmes immunitaires de l’Homme et de la souris sont très proches. Les animaux femelles utilisées, seront en âge de procréer (de 2 à 12 mois) que ce soit pour l’étape de production de blastocystes, l’étape de production de femelles pseudo-gestantes ou l’étape de transmission germinale des modifications génétiques. Pour l’étape de micro-injection de cellules ES modifiées dans des blastocystes, des embryons de 3,5 dpc (days post-coïtum) seront utilisés. Les animaux (mâles et femelles au pelage agoutti) seront génotypés au moment du sevrage soit aux alentours de 4 semaines.