Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet cherche à comprendre comment le syndrome métabolique, une maladie fréquente liée au surpoids et à une alimentation riche en graisses et en sucres, peut favoriser le développement du cancer du poumon et influencer la réponse aux traitements. Le syndrome métabolique associe souvent obésité abdominale, excès de graisses dans le sang, hypertension et résistance à l’insuline. Sa fréquence est en forte augmentation dans la population mondiale. De nombreuses études montrent que les personnes atteintes de syndrome métabolique ont un risque plus élevé de développer un cancer, en particulier lorsqu’elles présentent aussi une mutation du gène KRAS, très souvent retrouvée dans les cancers du poumon. Cependant, on ne connaît pas encore précisément les mécanismes par lesquels ce trouble métabolique induit la maladie ou l’aggrave. Pour répondre à ces questions, nous devons utiliser l’animal. La souris permet de reproduire fidèlement les effets du régime alimentaire occidental sur le métabolisme, l’immunité et le développement du cancer. Aucun autre modèle (culture cellulaire, informatique) ne peut à ce jour recréer l’ensemble des interactions entre organes et le système immunitaire. Nous analyserons les différentes étapes du développement tumoral et testerons des traitements déjà utilisés contre le diabète et l’obésité, afin de savoir s’ils peuvent aussi limiter la progression du cancer du poumon. À terme, ce projet vise à mieux prévenir les cancers liés au mode de vie et à améliorer la prise en charge précoce des patients les plus à risque, en réduisant l’impact négatif du syndrome métabolique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

À court terme, ce projet permettra de mieux comprendre comment le syndrome métabolique, lié à une alimentation riche en graisses et en sucres, influence le système immunitaire et favorise l’apparition de lésions précancéreuses dans le poumon. Ces connaissances sont indispensables pour identifier les mécanismes par lesquels le surpoids et les troubles métaboliques augmentent le risque de cancer du poumon. À moyen terme, ce projet pourra conduire à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques pour les personnes à risque de développer un cancer du poumon du fait de leurs maladies concomittantes, en particulier lorsque ces dernières sont difficiles à corriger par des mesures de mode de vie seules. À plus long terme, grâce aux nouvelles connaissances générées, ce projet fournira des arguments scientifiques solides pour soutenir les politiques de santé publique visant à réduire l’impact du syndrome métabolique sur la santé. Les résultats pourront ainsi contribuer à la mise en place de stratégies de prévention plus efficaces et à une meilleure protection de la population face au risque accru de cancer.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Prélèvements sanguins : réalisés sur souris éveillée par petite ponction à la queue, maximum deux fois pendant l’étude, anesthésie locale, durée 2 minutes. Administration dans la trachée : dépôt d’un petit volume de solution contenant un virus inoffensif servant à activer un gène, via un petit tube souple, sous anesthésie générale (n=1,durée 1 minute). • Imagerie médicale : réalisée sous anesthésie générale, durée 4 minutes, n=12-24. • Gavage oral : administration de traitements à l’aide d’un petit tube souple introduit dans la bouche, limité en fréquence pour réduire le stress, durée 1 minute,vigile, n maximum = 40. • Injections sous anesthésie locale, n max=12, durée 1 minute. Dans certains cas, pour récupération d’organes exploitables pour des analyses post-mortem, une chirurgie terminale de perfusion intracardiaque pourra être mise en oeuvre, durée 5 minutes, n=1.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Certaines interventions peuvent provoquer un inconfort temporaire : • Le régime riche en graisses et sucres entraîne une prise de poids, et peut entraîner une baisse d’activité et parfois des difficultés respiratoires modérées. • Les anesthésies peuvent causer une somnolence brève ou, rarement, des complications respiratoires. • L’administration dans la trachée peut provoquer un essoufflement transitoire. • Le scanner sous anesthésie peut provoquer une légère hypothermie, transitoire. • Le gavage oral et les injections peuvent causer un inconfort momentané au point d’entrée • Les traitements testés peuvent parfois entraîner une perte de poids modérée, de la diarrhée ou une baisse temporaire de l’appétit. • Le développement de lésions pulmonaires précancéreuses ou de petites tumeurs peut, dans certains cas, provoquer un essoufflement ou une fatigue. • Dans le cas de tumeurs pulmonaires de tailles plus importantes, les voies respiratoires peuvent se bloquer entrainant des complications plus sévères. • L’évolution de la maladie entraine parfois une cachexie (perte de la masse graisseuse et musculaire).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux utilisés dans ce projet seront euthanasiés à la fin des procédures. pour prélèvement de tissus multiples (poumons, rate, pancréas, tissus adipeux, ganglions lymphatiques, foie) pour des études histologiques, immunologiques et moléculaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’utilisation de modèles animaux vivants est indispensable dans ce projet en raison de la nature systémique du syndrome métabolique (MetS), qui affecte simultanément plusieurs organes et le système immunitaire. À ce jour, aucun modèle in silico ne permet de reproduire fidèlement les interactions complexes inter-organes, dont l’identification précise constitue justement l’un des objectifs majeurs de notre projet. Par ailleurs, les méthodes alternatives in vitro telles que les cultures cellulaires classiques, les organoïdes ou les organes sur puce sont insuffisantes pour étudier les effets systémiques globaux du MetS. Ces modèles in vitro ne peuvent pas reproduire intégralement l’environnement physiologique, les interactions intercellulaires et la réponse immunitaire globale observée chez un organisme entier. Ainsi, l’utilisation d’animaux vivants est incontournable pour appréhender pleinement les mécanismes complexes du MetS et leur impact sur la progression tumorale dans le contexte de ce projet.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre total d’animaux utilisés pour obtenir un résultat est calculé à partir de méthodes statistiques afin d’obtenir des résultats fiables avec le moins d’animaux possible. Ces estimations sont possibles grace aux connaissances du modèle utilisé par l’équipe. Les procédures sont conçues pour permettre plusieurs analyses sur un même animal, évitant ainsi de répéter inutilement les expériences.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’ état de santé des animaux sera évalué quotidiennement par l’équipe de recherche, et les points limites prédéfinis précoces seront appliqués strictement. Pour limiter les biais liés à l’activité physique ou à la prise de poids, tous les groupes auront libre accès à des jouets pour rongeurs. L’utilisation d’aiguilles fines pour les injections, ainsi que de sondes souples pour les gavages, permettra de limiter la douleur et l’inconfort. Toutes les procédures nécessitant une contention prolongée ou potentiellement douloureuses seront effectuées sous anesthésie générale ou locale, selon les cas. En cas de perte de poids liée à la charge tumorale, de signes de souffrance ou d’altération du comportement, des mesures de soutien seront immédiatement mises en place (nourriture appétente, gels de réhydratation). Enfin, toutes les méthodes utilisées dans ce projet sont validées et optimisées pour minimiser le stress, la douleur et l’impact global sur l’animal, conformément au principe de raffinement.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous utilisons la souris car c’est l’espèce la plus adaptée pour ce type de recherche. Son organisme réagit de façon similaire à celui de l’être humain en ce qui concerne le métabolisme, le fonctionnement du système immunitaire et le développement du cancer du poumon. Des modèles bien établis existent déjà pour reproduire l’obésité, le diabète de type 2 et leurs effets sur l’immunité. Les animaux en procédure seront des adultes ayant un système immunitaire mature et une physiologie métabolique stable.