Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Dicrocoelium dendriticum (Dd), la petite douve du foie, est un parasite affectant un grand nombre d’hôtes dont les ovins et les bovins. L’infestation de l’hôte provoque des troubles hépatiques qui peuvent conduire à une perte d’efficacité alimentaire, voire à des symptômes cliniques d’insuffisance hépatique pouvant conduire à la mort. Elle a une importance économique et sanitaire cruciale pour l’élevage ovin. Les troubles hépatiques, y compris subcliniques et notamment en fin de gestation, peuvent avoir un impact important sur la production et la santé des brebis et sur la survie des agneaux. En France, jusqu’à ces dernières années, ce parasite préoccupait uniquement l’élevage ovin. Mais, de plus en plus d’élevages bovins sont désormais concernés par la petite douve, avec des conséquences semblables sur la santé des animaux. Comme le cycle de ce parasite est complexe, avec deux hôtes intermédiaires, la gestion de l’infestation ne peut reposer que sur le traitement antiparasitaire. L’Albendazole (ABZ) est la seule molécule ayant une AMM en France pour traiter la petite douve chez les bovins et les ovins (traitement à 15 mg/kg en une seule prise par voie orale). Cette situation est à risque concernant l’émergence de résistance au traitement. Or, depuis plusieurs années, les techniciens d’élevages et les vétérinaires reçoivent de plus en plus de sollicitations d’éleveurs ovins qui suspectent une diminution de l’efficacité du traitement. Récemment, des chercheurs ont mis en évidence, par un suivi coproscopique de brebis chez un éleveur, que l’efficacité de l’ABZ est très inférieure à celle attendue (38% vs. 90%, n=15). Ces éléments peuvent nous conduire à envisager l’émergence d’une résistance de D.d à l’ABZ.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le bénéfice principal de ce projet est de mettre au point un test d’évaluation de la résistance de la petite douve à l’albendazole utilisable en élevage.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les brebis seront soumises à des prélèvements de fécés et sang : ces prélèvements auront une durée de moyenne d’environ 30 secondes par brebis. Les 60 animaux de la procédure 1 auront 5 prélèvements fécaux et en plus 12 animaux auront 2 prélèvements sanguins. Les 60 animaux de la procédure 3 auront 8 prélèvements fécaux et en plus 12 animaux auront 3 prélèvements sanguins. Les 12 animaux de la procédure 2 auront 9 prélèvements fécaux et 2 prélèvements sanguins.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Un stress léger peut être ressenti par les brebis lors de la contention pour les prélèvements de fécaux et sanguins. Lors des prélèvements de fécaux et sanguins, les brebis peuvent ressentir une gêne légère de courte durée, mais pas de douleur chronique ou aigüe d’intensité modérée ou élevée. Ces interventions n’entrainent pas d’altération de l’état général.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Dans les 3 procédures, les 12 brebis de réforme seront abattus en fin de procédure pour permettre le comptage des petites adultes dans le foie. Dans les procédures 1 et 3, les 48 brebis en production mobilisées dans ces deux procédures, soit 9- animaux au total, seront gardés en vie et resteront dans l’établissement utilisateur à l’issue du projet.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les ovins sont les animaux cibles de ce projet et il n’existe pas de méthode alternative.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les effectifs ont été réduits au maximum pour les trois procédures expérimentales afin de limiter le nombre d’animaux mobilisés tout en permettant de répondre aux objectifs du projet. Le nombre d’animaux par groupe a été réduit au strict minimum

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les brebis seront dans leurs conditions d’élevage habituelles (en groupes) dans un bâtiment d’élevage conventionnel sur litière paillée et feront l’objet d’une surveillance journalière pendant toute la durée du protocole. Pour les prélèvements de fèces, la contention sera faite par des animaliers expérimentés, dont la présence journalière répétée en interaction positive (alimentation, soins) est associée à une diminution du comportement de fuite des brebis et donc de leur stress face à la contention. En cas de signes de maladie (par exemple fièvre > 40°C, problèmes respiratoires, décubitus prolongé, anorexie, perte de poids >15 %…) ou d’impact sur l’état général des animaux (prostration, cachexie, alopécie…), une intervention vétérinaire aura lieu et un traitement adapté (antidouleurs, anti-inflammatoires, antibiotiques) sera mis en place (l’animal sortira du protocole si nécessaire).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les ovins sont l’une espèce les plus sensibles à la petite douve et sont donc l’espèce cible pour cette étude. Nous mobiliserons des brebis adultes à l’entretien ou en début de gestation ayant pâturées de l’herbe depuis plusieurs mois et étant infestées de petites douves selon leur implication dans la 1ière ou la 2nd procédure. Ce sont ces catégories animales qui sont concernées par ces infestations et aux stades physiologiques étudiés, les risques sanitaires sont faibles.