
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-318594)
900 truites arc-en-ciel vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles sont infectées par injection d’une bactérie pathogène, une centaine servant d’abord à caler la dose qui tue la moitié des poissons, les autres à tester trois additifs alimentaires présentés comme des solutions de rechange aux antibiotiques. Le porteur indique que l’infection provoque une mortalité rapide, en 48 à 72 heures, et n’attend aucun effet indésirable des additifs. Il justifie le recours à l’espèce cible par la complexité du système hôte-pathogène, la finalité étant la pisciculture intensive de cette truite « à fort intérêt économique ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les infections bactériennes en piscicultures intensives représentent un problème majeur pour le bien-être et la santé des animaux. S’il existe des antibiotiques et des autovaccins relativement efficaces pour un certain nombre de pathologies, certaines maladies restent néanmoins difficiles à combattre. Ce projet s’inscrit dans la recherche de bioalternatives aux traitements antibiotiques couramment utilisés et propose d’évaluer l’effet chez une espèce d’eau douce à fort intéret économique, la truite arc en ciel, et dans un contexte d’infection expérimentale avec une bactérie pathogène majeure, Aeromonas salmonicida, de 3 produits développés pour le marché des animaux de rente terrestres autorisés pour l’alimentation animale en Europe. Ce projet intègre 2 procédures : la première vise à développer le modèle infectieux truite arc en ciel / A. salmonicida et à déterminer la concentration bactérienne générant une mortalité de l’ordre de 50% par injection intra-péritonéale. La seconde testera l’effet des 3 bioalternatives sur la croissance et la survie d’animaux qui subiront une infection bactérienne à A. salmonicida.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’analyse statistique des résultats permettra de déterminer si les bioalternatives testées ont ou non un effet significatif sur la survie des animaux traités et leur croissace durant cette phase d’infection expérimentale. En cas d’effets positifs, ces solutions pourront être proposées de manière plus systématique pour une utilisation en pisciculture.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront uniquement une anesthésie de courte durée (10 minutes maximum) à l’eugénol lors de la pesée et prise de taille initiale survenant avec le premier nourrissage avec les aliments formulés avec les bioalternatives et lors de la phase d’injection de la souche bactérienne pathogène, à laquelle sera couplée une prise de poids/taille individuelle. Les individus contrôles (non-infectés) subiront une prise de sang sous anesthésie au terme des 5 ou 6 semaines de nourrissage avec les bioalternatives (durée variable en fonction des produits). Des pesées seront également réalisées post-mortem.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Aucun effet indésirable des bioalternatives n’est attendu sur les animaux traités car ils ont été évalués en amont pour leur potentielle toxicité. L’infection par A. salmonicida induira une mortalité significative des animaux qui survient généralement très rapidement (48 à 72h) après l’inoculation de la souche.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Animaux infectés expérimentalement avec une bactérie pathogène et donc ne pouvant être réutilisés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les tests d’efficacité antimicrobienne menés in vitro doivent obligatoirement être complétés par des tests in vivo sur l’espèce animale cible, tests plus représentatifs de la complexité d’un système biologique hôte / pathogène.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés sera limité à son maximum tout en permettant de garantir la pertinence scientifique des essais et de déterminer un potentiel effet significatif du peptide testé. Un total de 900 animaux maximum seront utilisés : 100 pour mettre en place le modèle d’infection et déterminer la dose létale permettant d’obtenir 50% de mortalité avec Aeromonas salmonicida sur le modèle truite arc en ciel et 800 pour déterminer l’efficacité du des bioalternatives dans un contexte d’infection expérimentale.
3. Raffinement
Les mesures de raffinement viseront à assurer des conditions optimales d’hébergement des animaux, à savoir, un volume d’eau adapté en circuit ouvert avec une oxygénation suffisante en fonction de la biomasse, un rythme jour/nuit naturel, la présence de suffisamment de congénères pour exprimer un répertoire comportemental riche, une alimentation adaptée à leur stade de développement. Les animaux présentant des signes de souffrance (comportement anormal, changement de couleur de robe, plaies cutanées, perte d’équilibre, …) subiront une mise à mort compassionnelle.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La truite arc en ciel est l’espèce d’eau douce la plus produite en France et dans beaucoup de pays d’Europe. La furonculose touche principalement cette espèce. Nous utiliserons des animaux issus de la reproduction de Novembre 2021 (nés en Déc 2021) qui feront environ 15g au moment des essais. La furonculose touche tous les stades de vie mais les poissons jeunes sont plus fragiles.