Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les souris dont l’état se dégrade au-delà des points limites sont mises à mort. 2 550 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l’issue. Maintenues sous régime gras, elles reçoivent un produit chimique qui détruit les cellules du pancréas pour provoquer un diabète, puis subissent l’ablation d’un rein, avec un risque de mortalité, de perte de poids, d’hypothermie et de déshydratation. Le porteur reconnaît qu’un modèle génétiquement diabétique existe, tout en maintenant le recours à la destruction chimique du pancréas.

NTS-FR-323793v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système endocrinien · Système gastrointestinal ·
Mots-clés
diabète, maladie rénale chronique, obésité
Souris : 2550

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le diabète de type 2 associé à l’obésité, est associé à de nombreuses comorbidités dont la néphropathie diabétique (complication du diabète affectant les reins) qui peut atteindre un stade d’insuffisance rénale entrainant une dialyse à vie dont le seul traitement consiste en la transplantation rénale. L’altération de la fonction rénale a des conséquences très importantes sur les fonctions cardiovasculaires. Aujourd’hui, les seules stratégies envisagées sont le contrôle de la glycémie (taux de glucose sanguin) par les anti-diabétiques classiques et des recommandations diététiques, elles ne permettent pas de cibler les comorbidités associées au diabète tel que les maladies rénales chroniques associé au diabète. La mise en place d’un modèle animal de néphropathie diabétique permettrait de tester des molécules anti-diabétiques ou bien des molécules protectrices du rein en cours de développement. L’objectif de ce projet est de proposer un modèle préclinique présentant les caractéristiques de la néphropathie, des atteintes cardiaques et du diabète .

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

En proposant un modèle murin d’étude préclinique de néphropathie diabétique, nous aiderons à trouver un traitement pour cette comorbidité du diabète qui aujourd’hui ne dispose pas de traitements efficaces et pourtant à des conséquences dramatiques sur la vie du patient (dialyse, greffe). Également par la mise en place de modèle, nous permettrons d’éclaircir les mécanismes mis en place pour le développement de la pathologie et nous permettrons ainsi un gain de connaissance. Nous avons développé un modèle rat mais ce modèle murin pourrait permettre de tester des composés dont la biodisponibilité est connue uniquement chez la souris.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront sous régime gras durant tout le projet. Pour provoquer un diabète, nous détruirons les cellules du pancréas par injection d’un composé chimique. Les composés (candidats médicaments, anti-diabétique) seront administrés 1 à 2 fois par jour, sur une période allant jusqu’à 2 mois. Les injections durent moins d’une minute sur animal vigile et environ 3 minutes sous anesthésie. 1 goutte de sang sera prélevée de façon hebdomadaire (cela dure moins d’une minute). En milieu et fin de période de traitement, 5 prélèvements de sang espacés de 15 minutes permettront de suivre des paramètres sanguins. Une procédure chirurgicale visant à retirer un rein sera effectuée et dure environ 30 minutes. La composition corporelle sera mesurée sous imagerie, cela dure moins de 2 minutes sur animal vigile. Une mesure de la filtration rénale est effectuée, les animaux sont anesthésiés moins de 10 minutes, nous injectons un composé fluorescent. Un moniteur est positionné sur le dos de l’animal le temps de la mesure (2h sur animal vigile). L’animal est ensuite remis dans sa cage d’origine. Des échographies cardiaques et des mesures de pression artérielle seront réalisées en milieu et fin de période de traitement, sous anesthésie générale (environ 10 minutes). En fin de projet, nous récolterons les urines sur une période de 20h pour mesurer les paramètres urinaires.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Le maintien de l’animal sous régime gras favorise sa prise de poids et limite ses capacités de mouvements. Le diabète sera provoqué par un produit chimique altérant les cellules du pancréas. Les niveaux d’insuline sont réduits à niveau faible voire inexistant, cela altérera de façon importante la santé de l’animal. Ainsi, en phase aigüe, une mortalité peut être observée dû à la libération brutale de l’insuline dans la circulation sanguine. Pour limiter cette baisse du taux de sucre dans le sang qui peut être mortelle, du sucre est ajouté dans l’eau de boisson. L’augmentation de la consommation d’eau et de la glycémie sont les caractéristiques du diabète et pourront être observé en cours d’étude. Nous mettrons une litière spécifique et augmenterons les fréquences de change pour le confort des animaux. En phase plus tardive, une perte de poids importante, une hypothermie, une déshydratation et une diarrhée peuvent être des événements observés. Le retrait d’un rein accentuera l’altération de la fonction rénale . Le diabète est stable au-delà 14 jours et ne se détériore pas dans les 2 mois qui suivent. Le traitement chronique testé sur ce modèle préclinique aura pour but d’améliorer leur état diabétique et la fonction rénale.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort pour prélever les organes cibles (cœur, rein, tibia a minima)

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Pour trouver un traitement efficace ciblant les deux comorbidités (diabète et nephropathie) , l’utilisation d’un modèle animal est nécessaire pour mimer à la fois l’atteinte multi-organique et l’évolution de la pathologie au cours du temps. La culture de cellules rénales peut être envisagée dans un premier temps et constitue un des axes de recherche et développement de la société. Cependant cette méthode, bien qu’elle puisse diminuer l’utilisation d’animaux à des fins de recherche, ne pourra pas se substituer à l’utilisation de ces derniers puisque les comorbidités citées sont la conséquence de ce dérèglement multi-organique. L’utilisation d’une molécule détruisant les cellules du pancréas pour induire le diabète peut être également remplacé par l’utilisation d’animaux spontanément diabétique grâce à des mutations génétiques et sont des modèles auxquels la société s’attarde dans ses axes de recherche et développement.

2. Réduction

3R / Réduction :

Toutes les procédures nécessaires à la caractérisation de la pathologie, de ses comorbidités ou sa résolution, le cas échéant, seront réalisées sur le même animal afin de réduire le nombre d’animaux inclut dans l’étude. D’autre part, nous réduisons le nombre d’animaux du groupe sains, non diabétiques. Enfin, nous réduisons l’effet léthal aigue en supplémentant l’eau avec du sucrose pendant la période d’injection de la molécule détruisant les cellules du pancréas.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’état physique des souris est surveillé 2 fois par jour les 7 jours suivant l’injection du composé toxique, c’est-à-dire jusqu’à stabilisation du phénotype diabétique. Lors de l’installation du diabète, une double litière sera déposée en fond de cage pour éponger l’urine produite au maximum et garantir le confort de l’animal. Après la chirurgie, le bien-être de l’animal sera suivi quotidiennement (mesure du poids, comportement) par les personnes qui ont réalisé la procédure . Après la chirurgie et jusqu’en fin d’étude, des changements significatifs dans le comportement des souris peuvent être annonciateurs de douleur : une démarche altérée ou une posture recroquevillée ou une déshydratation/perte d’appétit ou les yeux mi-clos ou une absence de selles ou une absence de comportement de toilettage ou à l’inverse un léchage excessif de la zone opérée, entraineront un examen clinique poussé. Si l’état clinique de l’animal venait à se dégrader et atteindre les points limites, ce dernier sera euthanasié. En cas de déshydratation, une injection sous cutanée de solution de réhydratation est effectuée. En cas d’hypothermie (animal froid au toucher), l’animal sera placé en armoire chauffante. Pour les mesures effectuées sur animaux vigiles, une habituation au dispositif sera réalisée. Pour les procédures qui peuvent induire de la douleur chez l’animal une analgésie pré et per-opératoire est mise en place pour la prévenir et la réduire. Parce qu’elle est stressante et peut induire une perte de poids, la procédure impliquant l’utilisation de cage métabolique se fait la veille de l’euthanasie. Pour limiter le stress, les cages étant transparentes et les unes à côté des autres, les souris peuvent voir leur congénère à proximité mais on met à disposition également un igloo pour leur permettre de se cacher. Enfin, en cas d’apparition de plaies en cours d’étude, des soins seront réalisés jusqu’à l’apparition des croutes. L’utilisation des antibiotiques sera validé avec le vétérinaire désigné.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle bien connu pour l’étude du diabète car suffisamment caractérisé et publié. Ainsi, la connaissance acquise sur cette espèce permet de limiter le nombre d’animaux utilisé. Les souris utilisées arrivent dans nos locaux à 22 semaines d’âges. Dans l’établissement fournisseur elles ont été mises sous régime standard (groupe contrôle sain) ou régime gras pendant 16 semaines afin de les rendre obèses. Nous les étudierons à cet âge car c’est le temps nécessaire au développement d’un diabète avec ce régime.