
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-329374)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les astrocytes sont des cellules du cerveau qui jouent un rôle important en aidant les neurones à communiquer efficacement. Cette communication est essentielle pour les pensées, les émotions et les comportements. Ce projet vise à mieux comprendre comment ces cellules influencent les interactions sociales lors de défaut de sociabilité (hyper- et hypo-sociabilité).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de mieux comprendre le role des astrocytes dans lors de dérégulation du comportement social. A long terme ce projet permettrait de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour des pathologies associées à des défauts de sociabilité comme le trouble du spectre autistique ou le syndrome de William en manipulant l’activité ou la structure des astrocytes.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux vigiles recevront des injections durant environ 5 minutes, une fois par jours 3 à 5 jours consécutifs par souris. Des chirurgies durant de 30 minutes à 2H30 selon l’objectif expérimental seront également réalisées dans ce projet (1 à 2 chirurgies par animal). Pendant ces interventions, les animaux seront anesthésiés (anesthésie générale) et ne seront donc pas vigiles. Enfin les animaux verront leur comportement évalué dans 4 types de tests qui durent entre 10 et 20 minutes et sont répétés de 1 à maximum 3x dans une même journée et cela sur 3 jours au plus. Ces tests visent à mesurer leur locomotion, la performance liée à l’apprentissage et les interactions sociales. Ces évaluations comportementales sont réalisées par des animaux vigiles (non anesthésiés).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables liés aux chirurgies (interventions modérées) sont perte de poids allant jusqu’à 10%, une apathie transitoire, des douleurs aigues et des récations inflammatoires légères au site d’injection et d’implantation pendant 24/48h. Il est également possible que des effets liés aux anesthésies soient observées comme une dépression respiratoires et une hypothermie ainsi que des effets liés aux complications post-opératoires comme une infection ou un saignement. Les effets indésirables liés aux tests comportementaux (intervention légère) inclus une augmentation de l’anxiété due à la manipulation des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort en fin de procédure afin de pouvoir prélever leur cerveau pour des études en histologie ou biochimie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le but de ce projet est de mieux comprendre comment le cerveau permet les interactions sociales et pourquoi celles-ci peuvent être altérées dans certains troubles. Les comportements sociaux font intervenir plusieurs zones du cerveau qui fonctionnent ensemble, ainsi que des substances naturelles produites par l’organisme et impliquées dans le lien social. Pour étudier ces mécanismes, il est indispensable d’observer des animaux vivants. En effet, les interactions sociales sont des comportements complexes qui ne peuvent pas être reproduits par ordinateur ni étudiés uniquement sur des cellules en laboratoire. Ces approches ne permettent pas de prendre en compte l’ensemble du cerveau, ni les échanges entre différentes régions, ni l’influence des hormones. Nous souhaitons en particulier comprendre comment une hormone connue pour son rôle dans les liens sociaux agit sur certaines cellules du cerveau pendant les interactions entre individus. Ces mécanismes ne peuvent pas être étudiés dans des modèles plus simples. L’utilisation de souris est donc nécessaire pour répondre à ces questions. Lorsque cela sera possible, nous utiliserons des méthodes complémentaires en laboratoire afin de réduire le nombre d’animaux utilisés. Toutefois, ces méthodes ne peuvent pas remplacer l’étude du comportement social chez l’animal vivant.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été réduit au minimum possible selon nos expériences passées pour nous permettre d’obtenir des résultats statistiquement fiables et tiennent compte des différentes problématiques expérimentales qui peuvent être rencontrées. Pour des expériences de séquençage, la faible quantité de matériel pouvant être récoltée nous oblige à utiliser plusieurs animaux par échantillons mais des expériences précédentes nous ont permis de réduire le nombre d’animaux à regrouper au maximum pour obtenir de résultats analysables.
3. Raffinement
Les chirurgies sont faites sous anesthésie et avec une analgésie appropriée. En post opératoire les animaux seront placés sous surveillance jusqu’au réveil puis, replacés dans leur cage d’origine (avec leur congénères) et restent sous une surveillance renforcée jusqu’à récupération totale. Nous utiliserons une grille d’évaluation du bien être animal pour suivre quotidiennement les animaux définissant ainsi sur des critères de changements dans l’aspect physique ou comportemental, despoints limites adaptés. Si des blessures sont constatées ou si leur bien être est compromis nous utiliserons des antalgiques en premier lieu et si aucune amélioration n’est constatée le jour suivant les animaux seront mis à mort. Avant les expériences, nous procéderons à une habituation des souris à l’expérimentateur ou au matériel sur 3 à 5 jours consécutifs pendant des séances de 10 minutes minimum.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’espèce de référence en neurosciences et bénéficie d’un écosystème expérimental exceptionnel : nombreuses lignées transgéniques déjà disponibles, outils viraux et capteurs génétiquement encodés validés. Ce cadre permet d’interroger directement, in vivo, les interactions neurones–astrocytes au cours de comportements sociaux complexes, dans des circuits pertinents tels que le cortex préfrontal et le noyau accumbens, et dans le contexte de la modulation ocytocinergique propre aux mammifères. Les expériences seront réalisées chez des souris adultes, stade où les circuits sociaux sont matures et où les influences liées au développement précoce ou au vieillissement sont limitées. Les deux sexes seront pris en compte. Les injections seront effectuées entre 1 et 6 mois, et les évaluations comportementales débuteront au moins 3 semaines après les injections ou l’implantation optique, afin de permettre la récupération et l’expression stable des outils.