
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-486145)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les ganglions de la base sont un ensemble de structures du cerveau qui jouent un rôle essentiel dans le contrôle de nos mouvements du quotidien, comme marcher, écrire ou parler. Pourtant, on connaît encore mal leur fonctionnement précis lorsqu’un mouvement est en cours. Quand ce réseau ne fonctionne plus correctement, cela entraîne de graves maladies motrices. C’est le cas par exemple de la maladie de Parkinson, où il devient difficile d’initier un geste, ou des dyskinésies, qui se traduisent par des mouvements involontaires impossibles à contrôler. L’objectif de ce projet est de mieux comprendre comment ces structures cérébrales participent à la fois à la réalisation normale d’un mouvement et à l’apparition de troubles moteurs. Pour cela, nous allons étudier deux situations opposées : la maladie de Parkinson et les dyskinésies. Grâce à une technologie innovante, appelée optogénétique, il est désormais possible d’agir directement sur certaines cellules du cerveau : une lumière laser permet d’activer ou d’inhiber temporairement et de façon réversible l’activité de neurones précis. Cette approche permettra de mieux comprendre leur rôle et, à terme, d’ouvrir la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet original permettra d’amener des connaissances nouvelles et fondamentales sur le mode de fonctionnement normal et pathologique des ganglions de la base. Il permettra de définir les circuits neuronaux permettant l’expression et/ou l’inhibition de comportements moteurs et ainsi de mieux comprendre le mode d’action de stratégies thérapeutiques utilisées quotidiennement en clinique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Procédure chirurgicale réalisée 1 fois, durée 80 min avec implantation et injection intracérébrale, sous anesthésie gazeuse, deuxième procédure chirurgicale, réalisée 1 fois, 60 min, injection intrapéritonéale : 20 jours 1 fois/jour, quelques secondes Comportement: le test de comportement moteur (durée 1 à 2 h/ Par jour pendant 14 semaines) et enregistrement de l’activité cerebrale sur animal anesthésié ou éveillé (durée 1h/jour)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sur les animaux comprennent: 1/ un risque de douleur aiguë lié à la récupération post-chirurgie implantatoire. 2/ un risque d’infection lié aux chirurgies et aux enregistrements électrophysiologiques. 3/ un risque de stress à court terme induit par notre paradigme expérimental de tête restreinte. 4/ des effets indésirables moteurs unilatéraux inhérents à l’induction de la maladie de Parkinson (réduction de l’activité locomotrice et comportement rotatoire).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À l’issue des procédures les animaux seront mis à mort et des tissus seront récupérés (cerveaux ou autres), pour des études réalisées post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le but de ce projet est de comprendre la physiologie et physiopathologie du réseau des ganglions de la base dans le contrôle de la motricité volontaire. La seule manière d’aborder ces questions est d’utiliser des approches in vivo mises en place chez l’animal se comportant, cela nécessite donc le recours à l’utilisation d’animaux. A l’heure actuelle, aucunes méthodes « in vitro » ou « in silico » ne peuvent reproduire la complexité et le mode de fonctionnement des ganglions de la base.
2. Réduction
Nous avons adopté des mesures visant à réduire le nombre d’animaux lié à leur mode production: en utilisant pour la réalisation de ce projet tous les animaux quel que soit leur sexe (i.e mâle et femelle). La force de notre hypothèse, les expériences pilotes précédentes ainsi que la qualité de nos procédures basées sur des années d’expérience, nous permettront de réduire significativement le nombre d’animaux utilisés. Le nombre d’animaux a été calculé par l’estimation de la variance observée avec ce type de donnée permettant d’atteindre une signification statistique. Nous utiliserons des tests statistiques appariés.
3. Raffinement
À chaque étape du projet, le bien-être des animaux sera une priorité. (1) Conditions d’hébergement Les animaux naîtront et seront hébergés dans une animalerie à haut statut sanitaire. Ils seront maintenus en cages collectives ventilées, avec litière adaptée favorisant le fouissage. Des enrichissements seront systématiquement fournis : nids végétaux, tubes en carton, matériaux manipulables, afin de permettre l’expression de comportements naturels (construction de nids, exploration, jeu, rongement). (2) Soins et suivi quotidien L’entretien et la surveillance seront assurés par un personnel qualifié et expérimenté. Un suivi quotidien standard est assuré, renforcé lors des périodes sensibles (ex. récupération après intervention). (3) Procédures et gestion de la douleur Les chirurgies seront réalisées sous anesthésie générale adaptée, avec administration systématique d’analgésiques validés par le vétérinaire référent. Les expérimentateurs impliqués disposent d’une solide expérience, garantissant des procédures maîtrisées et rapides, réduisant ainsi le stress et la douleur. (4) Points limites et mesures correctives Des critères d’arrêt précoces sont définis pour détecter toute souffrance non compatible avec le projet. Des mesures de soutien seront appliquées dès les premiers signes d’altération de l’état général : réhydratation, maintien au chaud, nourriture enrichie ou pâte molle. Si nécessaire, l’animal sera retiré de l’étude et euthanasié de façon éthique, afin d’éviter toute souffrance prolongée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris constituent un modèle privilégié car l’organisation de leurs ganglions de la base est très proche de celle de l’être humain, ce qui permet d’extrapoler les résultats et de mieux comprendre le rôle de ces circuits dans les troubles moteurs comme la maladie de Parkinson. Leur large disponibilité en souches transgéniques en fait également un outil essentiel pour l’optogénétique, car elles permettent de manipuler de manière sélective des populations neuronales cibles. Enfin, elles sont adaptées aux études comportementales, ce qui en fait un modèle complet et précieux pour nos recherches. Les expériences seront menées sur des animaux âgés de plus de 6 semaines. À ce stade, leur poids et leur taille sont stabilisés, et la taille du cerveau homogène, garantissant une bonne reproductibilité des sites d’injection.