
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/06/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-367567)
60 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Quarante souris génétiquement modifiées et vingt souris témoins sont soumises pendant six semaines à un régime dont 60 % de l’énergie vient du beurre, pesées deux fois par semaine puis mises à mort pour prélever leurs organes, afin d’étudier deux protéines du métabolisme hépatique et leur rôle dans les cellules germinales mâles. Le porteur indique une prise de poids attendue n’excédant pas 25 % sans gêne apparente. Il affirme que ces cellules germinales ne se cultivent pas, ce qui rendrait « nécessaire » le recours à des souris transgéniques, et rattache le projet à la procréation médicalement assistée et à la cancérologie.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La réorganisation de la structure de l’ADN des spermatozoïdes implique le remplacement de presque la totalité des protéines qui le lient par d’autres protéines rendant cet ADN plus compacte dans les spermatozoïdes. A ce jour et à notre connaissance il n’existe pas de modèle de culture de cellules germinales afin d’étudier l’organisation de cet ADN. Il est donc très difficile d’étudier cette drnière chez la souris en l’absence du modèle murin. Nos études biochimiques ont révélé une possible régulation de la structure de l’ADN des spermatozïdes par des protéines impliquées dans le métabolisme hépatique. L’objectif de ce projet est d’appréhender les mécanismes par lesquels les protéines métaboliques d’intérrêt régulent le métabolisme des lipides à la fois dans les cellules germinales mâles et dans les hépatocytes de souris, plus particulièrement quand ces dernières seront soumises à un régime alimentaire riche en gras. En effet, des souris sauvages et des souris dont des gènes impliqués dans le métabolisme hépatique ont été inactivés seront soumises à un régime riche en gras dont 60% de l’énergie est apportée par du beurre anhydre pendant 6 semaines. Les souris seront pesées deux fois par semaine et sacrifiées à la fin de la période du régime.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nos recherches auront des applications non seulement dans le domaine de la procréation médicale assistée (PMA), mais aussi, en cancérologie et en physiologie. Il a été démontré qu’un régime alimentaire sain impacte positivement les résultats de procération assisstée. Un apport en acides gras tels que les oméga 3 améliore la qualité des ovules. Inversement, il a été rapporté dans la littérature une incidence plus élevée de l’obésité en cas d’infertilité masculine et une baisse des taux de naissances chez des personnes avec un indice de masse corporel (IMC) élevé. De plus, notre protéine d’intéret est un suppresseur de tumeurs impliqué notamment dans les métastases hépatiques. Elle constitue par conséquent une cible potentielle pour de nouvelles stratégies thérapeutiques. Par ailleurs, elle joue un rôle important dans l’homéostasie hépatique et pourrait être impliquée dans l’obésité et le diabète.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Durant toute la durée du régime riche en gras Beurre Anhydre les animaux ne seront soumis à aucune intervention chirurgicale. Ils seront pesés 2 fois par semaine.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le régime riche en lipides ne devrait pas causer d’effets indésirables majeurs hormis un gain de poids. Dans une étude précédente du laboratoire réalisée sur un autre gène, et utilisant la même procédure expérimentale que celle qui fait l’objet de cette DAP, nous avons constaté que la prise de poids des souris soumises pendant six semaines à un régime riche en gras n’excédait pas 25 % et que les souris se déplacaient normalement dans les cages sans la moindre gêne.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de la procédure expérimentale.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La spermatogenèse est un processus de différentiation très spécialisé. Bien que les propriétés fonctionnelles des nouveaux facteurs sur lesquels nous travaillons puissent être initialement abordées par des modèles de cultures cellulaires, il n’est pas possible d’appréhender l’ensemble des mécanismes que nous étudions dans ces modèles. En effet, les cellules germinales mâles ne se cultivent pas (ou très peu) d’ou la nécessité d’inactiver les gènes d’intérrêt chez la souris et donc l’utilisation de souris transgéniques. Le même raisonnement s’applique aux cellules hépatiques malgré la présence de lignée du cancer de fois.
2. Réduction
Dans ce projet nous utiliserons 40 souris modifiées génétiquement pour deux protéines du métabolisme hépatique ainsi que 20 souris contrôles. Ce nombre est indispensable pour permettre de conclure sur l’impact du régime riche en gras sur le métabolisme hépatique et l’homéostasie des cellules germinales des souris déplétées de nos protéines d’intérêt.
3. Raffinement
Les souris seront hébergées par 5 dans des cages à 22°C avec une alternance jour/nuit de 12h. La nourriture et l’eau de boisson seront fournies ad libitum. Du coton et des tubes en carton seront disposés dans toutes les cages. Le change de la litière est réalisé 1 fois par semaine. Une période de 4 à 5 jours d’acclimatation sera observée avant le début des expérimentations. Les souris seront observées quotidiennement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle très pertinent pour l’étude de la spermatogenèse et de l’homéostasie métabolique hépatique chez l’animal. En effet, l’avantage d’utiliser les souris est la possibilité d’inactiver génétiquement un facteur d’intérêt. Les hypothèses que nous développons au laboratoire nécessitent l’utilisation du modèle murin pour ses raisons. Le régime riche en gras sera appliqué à des souris sauvages et des souris mutées. Dans la perspective d’induire un stress oxydatif adipeux par l’alimentation, un régime riche en gras sera appliqué à des souris adultes âgées de 2 à 3 mois pendant 6 semaines en comparaison à des souris contrôles du même âge nourries avec un régime standard. Les animaux seront pesés 2 fois par semaine durant toute la durée de l’étude pour suivre l’évolution de leurs poids. Il est à noter que chez la souris la spermatogenèse est achevée 35 jours après la naissance.