
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/07/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-375027)
Les souris sont tuées quand la tumeur atteint un point limite, quand la radiothérapie dérègle leur transit, ou pour prélever un volume de sang et d’organes incompatible avec leur survie. 800 souris vont être utilisées, 400 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 400 un niveau sévère. Elles reçoivent une greffe de cellules tumorales sous la peau, dans le péritoine ou directement dans la prostate par chirurgie, puis des traitements, des prélèvements de sang hebdomadaires, des séances d’imagerie sous anesthésie et jusqu’à cinq irradiations localisées par semaine. Les bénéfices tiennent en trois lignes au conditionnel, autour de la découverte de médicaments contre le cancer de la prostate, face à des atteintes décrites au présent.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à évaluer l’efficacité thérapeutique de nouveaux médicaments dans des modèles murins pertinents de cancer de la prostate.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A court terme, les bénéfices attendus sont de démontrer que les stratégies thérapeutiques testées sont actives dans un modèle expérimental et également d’évaluer ses éventuels effets secondaires avant son passage en phases cliniques. Ainsi, à long terme, les bénéfices attendus sont la découverte de nouveaux médicaments pour traiter les cancers de la prostate.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Greffe de cellules tumorales par voie sous-cutanée (durée de l’injection inférieur à 1 min), ou intrapéritonéale (durée de l’injection inférieur à 1 min) ou dans la prostate (chirurgie d’une durée de 10 min en moyenne). Application / Administrations des traitements (moins de 2 min pour les injections et environ 5 min pour la radiothérapie). En cas de prélèvement de sang (moins de 2 min) ceux-ci seront réalisés sous anesthésie et limités à 1 par semaine. Un suivi par imagerie pourra être réalisé sous anesthésie (durée moyenne de 10 à 30 min). Irradiation localisée (durée moyenne 1 à 5 min par séance). Maximum 5 séances par semaine.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Stress lié à l’anesthésie par agent chimique en inhalation et/ou injection lors des administrations / imageries. Stress lié à la contention pour l’implantation de cellules tumorales en sous cutanée ou dans la veine caudale et lors des suivis cliniques. Le développement de tumeurs chez la souris pourra à terme être associé à des effets délétères (ex: présence d’une tumeur associée ou non à de la nécrose, perte de poids). Traitements par différentes voies d’administration (douleur équivalente à la piqure d’une aiguille). De même, l’utilisation de traitements novateurs pour lesquels par définition nous ne connaissons pas tous les effets, pourront également induire des effets délétères. Les effets de la radiothérapie, notamment sur les aspects digestifs (diarrhée, saignement). Les procédures chirurgicales d’implantation de cellules par voie intra prostatique et les procédures chirurgicales pour enlever les tumeurs induiront des douleurs suite à l’incision et à la cicatrisation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Euthanasie des animaux pour réaliser des prélèvements d’organe/ fluides corporels à un volume ne permettant pas la survie de l’animal. Euthanasie des animaux suite aux effets indésirables provoqués le développement de la tumeur ou encore par le produit / modèle chez les animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans le cadre du développement de nouveaux médicaments, ce projet est réalisé chez la souris car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) pour évaluer les effets d’une nouvelle molécule sur les cancers. De plus, avant toute administration à l’homme, l’animal constitue un passage obligatoire pour l’évaluation de l’efficacité, la toxicité et la pharmacocinétique d’une nouvelle thérapeutique. A ce jour, la souris est l’espèce qui est la plus adaptée à ce type de modèle d’étude.
2. Réduction
Un nombre minimal et suffisant d’animaux par groupe est utilisé afin d’analyser de façon rigoureuse et efficace les résultats des expériences et d’effectuer des analyses statistiques. Nombre d’animaux minimal et suffisant par groupe pour réaliser une analyse statistique : classiquement 10 / par groupe en fonction de l’effet thérapeutique attendu. L’analyse statistique sera de façon générale la suivante : • Comparaison du groupe véhicule avec le groupe produit de référence • Comparaison du groupe véhicule avec les groupes traités par le composé à tester.
3. Raffinement
Dans ce projet, le raffinement sera obtenu par : • la mise au point de procédures rigoureuses, • des conditions d’hébergements propres • la formation du personnel, • un suivi quotidien de l’état de santé des animaux, • Le suivi des signes cliniques et la détermination des points limites, notamment liés à la croissance tumorale, liés à la radiothérapie (diarrhée) et/ou liés à l’utilisation de traitements de références et novateurs. • Les effets de la radiothérapie, notamment sur les aspects digestifs seront surveillés grâce à l’utilisation de points limites incluant une surveillance de la consistance des selles. • Le recours aux procédures d’euthanasie dès que nécessaire • Un protocole analgésique adapté pour la chirurgie et l’utilisation de gel lacrymal pour protéger du dessèchement. Un suivi postopératoire de l’état de santé des animaux avec des soins et un enrichissement adapté afin de permettre une bonne récupération des animaux, • La réduction du volume sanguin prélevé grâce à l’amélioration de la sensibilité des méthodes d’analyse.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’une des espèces animales les plus pertinentes et les plus couramment utilisées notamment pour évaluer l’efficacité de traitements anti-tumoraux, de par leurs facilités d’entretien, de stabulation, de manipulation, et leurs similitudes physiologiques avec l’espèce humaine. Les souris seront utilisées à l’âge de 6-12 semaines pour des raisons de maturité du développement, notamment squelettique et sexuel, facilitant non seulement le geste lié aux greffes de cellules tumorales mais renforçant aussi la pertinence des effets thérapeutiques (transfert clinique chez les patients).