
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-421391)
200 000 souris pour un seul acte de quelques secondes chacune, la coupe d’un bout d’oreille ou de queue, un prélèvement de sang ou d’un orteil pour lire leur génotype. Ces procédures relèvent d’un niveau de souffrance déclaré léger pour 187 500 d’entre elles et modéré pour 12 500. Les souris qui portent le génotype recherché rejoignent d’autres projets ou l’élevage, les autres sont mises à mort. Le projet couvre des lignées dites à « phénotype dommageable », modifiées pour développer des anomalies, sans que le résumé précise lesquelles.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Dans le cadre des projets utilisant des animaux à fins scientifiques (soumis indépendamment des demandes d’autorisation de projet), des modèles animaux génétiquement modifiés sont développés et élevés. Dans ce but, il est important de détecter et gérer les pathologies induites par les mutations de ces modèles et de bien caractériser génétiquement les animaux produits. L’ensemble permet un élevage adapté pour constituer les lots expérimentaux et maintenir une production régulière et optimisée aux besoins des projets de recherche.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permet d’optimiser la gestion des élevages d’animaux génétiquement modifiés utilisés dans des projets de recherche dont l’objectif est la compréhension ou le traitement de maladies humaines.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Prélèvements sur souris vigiles : Soit Un prélèvement de petit bout de tissu à l’oreille ou à la queue (3mm maximum) Soit un prélèvement de sang (50 à 100ul) Soit un prélèvement de phalange- Dans les 3 cas, moins de 10 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances lors d’un prélèvement de tissus pour le génotypage sont essentiellement du stress léger lors de la contention et de la douleur légère à modérée lors de la coupe du tissu.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux du génotype d’intérêt sont utilisés dans les projets expérimentaux du laboratoire ou gardés en vie pour renouveler les reproducteurs nécessaires à l’entretien des colonies. Les animaux qui n’ont pas le génotype d’intérêt sont mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet est nécessaire pour la production et la mise à disposition d’animaux modèles génétiquement altérés pour des projets scientifiques. Bien que les chercheurs développent leurs hypothèses sur des systèmes alternatifs (moléculaires et cellulaires), le recours à l’animal dans son ensemble est indispensable. L’étude de mécanismes ou pathologies complexes qui font intervenir plusieurs grands systèmes biologiques entre eux nécessitent et justifient le recours à l’animal et la détermination du génotype des animaux ne peut être réalisé sans prélèvement de tissus.
2. Réduction
La production des souris génétiquement altérées est basée et réduite au stict besoins expérimentaux établis de façon statistique. L’enjeu et l’objectif majeur d’une réduction consistent à optimiser les élevages et à limiter la surproduction d’animaux non utilisés dans les projets scientifiques. Nous utilisons des schémas d’accouplement optimisés pour produire un maximum d’animaux « utiles » (lignées avec plusieurs modifications génétiques). Quand cela est possible nous utilisons des schémas d’accouplement ne nécessitant pas de génotypage. Les élevages des lignées non utilisées sont arrêtées (cryoconservation). Les chercheurs donnent des consignes lorsqu’il n’est pas nécessaire de prélever du tissu des souris. Nous cherchons au maximum à optimiser les schémas d’accouplements (mutations portées par les parents) pour réduire le génotypage ou éviter l’apparition d’un phénotype dommageable. Il est compliqué d’apprécier l’impact de ces mesures sur la réduction mais il est aisé de comprendre qu’elles concourent toutes à l’optimisation de la production aux seuls animaux qui seront utilisés dans les projets scientifiques ou en gestion de colonies et donc de réduire le nombre d’animaux à génotyper ou exprimant le phénotype dommageable.
3. Raffinement
Les techniques de prélèvement de tissus pour le génotypage sont effectuées par des zootechniciens expérimentés dont le geste est précis. Les biopsies sont effectuées rapidement et précisément effectuée avec un matériel désinfecté et adapté pour réduire le temps et l’intensité de la douleur. Les animaux sont maintenus dans des groupes de plusieurs individus dans un environnement enrichi et des points limites (activité, aspect physique, cicatrisation..) ont été mis en place pour détecter toute souffrance éventuelle et y remédier. Pour les lignées à phénotypes dommageables, la stratégie de raffinement est de mettre en place le plus tôt possible une procédure de surveillance de l’apparition des nuisances et si besoin des conditions d’hébergement adaptées, une DAP spécifique (d’élevage ou avec l’expérimentation) sera soumise à évaluation.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle trés développé pour la compréhension des pathologies humaines. Ce modèle présente de nombreuses similitudes dans les processus biologiques avec l’Homme. De plus son temps de génération est court et son élevage simple. Les biopsies de queue ou d’oreille seront faites sur des souris à partir de 10 jours d’âge jusqu’à 4 semaines. La phalangectomie sera effectuée de 5,5j à 10 jours d’âge. Les prélèvements de sang seront effectués sur des souris de 15 jours d’âge jusqu’à 4 semaines. Cela permet d’obtenir le génotype rapidement et de ne sélectionner au sevrage que les animaux d’intérêt.