Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

Les souris sont tuées à la fin de la formation pour que le personnel s’exerce aux méthodes de mise à mort. 300 d’entre elles vont être utilisées sur cinq ans, à raison de quinze tous les trois mois, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque souris subit successivement tous les gestes du programme : gavage quotidien pendant sept jours, injections sous-cutanées et intrapéritonéales tous les trois jours, prélèvement sanguin hebdomadaire sous anesthésie, tests de motricité, de stress et de mémoire chaque semaine. Le programme entretient les compétences techniques d’une équipe de zootechnie de trois personnes, que le porteur prévoit de doubler.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-451055v1
Types de recherche
· Formation professionnelle ·
Mots-clés
Formation, Compétence personnel, Bien-être animal
Souris : 300

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’objectif principal du projet est de garantir la formation complète et continue du personnel de notre centre de recherche préclinique, dans le respect des normes éthiques et réglementaires, afin d’assurer le bien-être animal lors des expérimentations. Pour ce faire, plusieurs modules de formation sont proposés à l’ensemble du personnel utilisant des animaux à des fins scientifiques. Ces formations, exclusivement axées sur le modèle murin (souris), couvrent les thématiques suivantes : • Techniques de contention : méthodes appropriées pour manipuler les souris en minimisant leur stress. • Administration des substances : Par voie sous-cutanée Par voie intra-péritonéale (dans la cavité péritonéale : ventrale) Par gavage • Pratiques d’anesthésie : utilisation d’un appareil à chambre d’anesthésie (Induction et maintien sous anesthésie). • Prélèvements : Prélèvement sanguin en sous-mandibulaire • Tests de comportement pour évaluer le stress et la locomotion •Mise à mort : formation du personnel sur les méthodes de mise à mort du laboratoire. Ces formations visent à harmoniser les pratiques et à renforcer les compétences techniques du personnel, tout en maintenant un haut niveau d’exigence en matière de bien-être animal.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La formation en interne du personnel offre plusieurs bénéfices. Elle garantit une meilleure maîtrise des procédures spécifiques à l’établissement, renforçant ainsi la conformité aux réglementations éthiques et légales. En assurant une formation uniforme, elle favorise la réduction du stress et de la variabilité expérimentale, ce qui améliore la qualité des données obtenues. De plus, elle permet un suivi continu et une adaptation rapide aux nouvelles pratiques ou technologies, tout en renforçant l’engagement du personnel envers le bien-être animal. Enfin, elle contribue à créer une culture de responsabilité et de sensibilité éthique au sein de l’organisation.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Interventions sur animaux, chaque souris est utilisée pour toutes les interventions : 1) Administration par gavage sur souris vigiles (Durée 15 sec ; 1x tous les jours pendant 7 jours) 2) Contention et administration sous-cutanée et intra-péritonéale (1x tous les 3 jours, 30 sec) sur souris vigiles. 3) Prélèvement sanguin (1x/7 jours, pendant semaines, durée 2 min) sur souris anesthésiées. 4) Tests de comportement pour évaluer la motricité, le stress ou encore la mémoire (1x par semaine, durée 10 min) sur souris vigiles.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.

Les animaux souffrent-ils ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les techniques utilisées pour manipuler les souris et administrer des substances peuvent leur provoquer un stress important. Ce stress peut être causé par les manipulations répétées, les prises de sang, ainsi que les injections, qui peuvent entraîner des douleurs et des hématomes. Les tests comportementaux et les interventions sur des animaux éveillés génèrent également du stress, parfois prolongé, à cause de l’inconfort et de la peur occasionné Les prélèvements sanguins fréquents, réalisés chaque semaine, peuvent entraîner des effets indésirables comme de la fatigue, des ecchymoses ou une déshydratation. De plus, l’anesthésie peut également provoquer un léger stress. Cependant, nos méthodes d’euthanasie sont spécifiquement conçues pour limiter le stress des animaux.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

A l’issu des formations les souris seront mises à mort pour permettre au personnel de se former aux méthodes de mise à mort.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’utilisation d’animaux est indispensable pour ces formations, dont l’objectif est précisément de former le personnel à l’expérimentation animale. Cependant, lors des premières étapes de formation, telles que la contention, l’administration sous-cutanée ou l’euthanasie, des modèles mimant l’animal peuvent être utilisés. Cette approche permet au personnel d’acquérir les gestes techniques de base tout en réduisant l’exposition initiale des animaux à des manipulations potentielles, assurant ainsi une meilleure préparation avant les interventions sur des sujets vivants.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le nombre d’animaux nécessaire pour ce projet a été estimé sur la base des besoins en formation du personnel. Nous prévoyons l’utilisation de 15 souris tous les trois mois, pendant une période de 5 ans, pour assurer la formation continue et complète de notre équipe. L’équipe de zootechnie actuelle se compose de 3 personnes, et ce nombre devrait doubler au cours des prochaines années. L’estimation repose sur le nombre d’expérimentations et de techniques que le personnel doit maîtriser, ainsi que sur la fréquence des formations pour chaque nouveau projet ou nouvel arrivant. La période de trois mois correspond aux sessions de formation, et cette fréquence pourra être réduite selon les besoins des projets et des nouveaux arrivants. Le nombre de souris par session de formation sera également ajusté en fonction des besoins spécifiques. Chaque animal sera utilisé pour l’ensemble des gestes et procédures nécessaires à la formation, maximisant ainsi l’utilisation de chaque individu dans le cadre des objectifs d’apprentissage.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le bien-être des animaux sera suivi tout au long de nos formations. Les souris seront toujours hébergées en groupes dans des cages avec une surface réglementaire, avec un libre accès à l’eau et la nourriture. Un suivi des animaux a été mis en place en accord avec le comité de suivi du bien–être animal de notre établissement pour limiter la douleur, la souffrance ou l’angoisse de l’animal. Les animaux sont hébergés dans des conditions définies par la directive européenne 2010/63/UE et auront à disposition des igloos, des bâtons à ronger et cotons pour la nidification. Les animaux seront suivis quotidiennement, permettant la détection précoce d’anomalies éventuelles. Des périodes d’acclimatations à l’hébergement comme à la manipulation permettront de limiter l’angoisse des animaux. Enfin, les prélèvements sanguins seront réalisés sous anesthésie générale gazeuse afin de minimiser le stress induit par cet acte sur les animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Notre laboratoire n’est équipé que pour l’hébergement de souris, ainsi l’ensemble des formations dispensées au sein de notre laboratoire sera réalisé chez la souris. Des souris à différents stades de développement (Post-sevrage, juvéniles, adultes, adultes âgés) seront utilisées lors les formations, permettant au personnel de s’exercer aux gestes techniques sur des animaux de tailles variées. Cette approche offre également l’opportunité d’observer et de mieux comprendre les différentes étapes du développement de la souris, favorisant ainsi une adaptation des pratiques en fonction des spécificités liées à chaque stade.