Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Deux opérations chirurgicales à une semaine d’intervalle, dix prises de sang et neuf prélèvements d’urine sur animal éveillé : 720 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures dont les niveaux de souffrance déclarés vont du léger au sévère, une partie des animaux étant opérée sous anesthésie et tuée avant tout réveil. Une partie est tuée pour fournir des lymphocytes, une autre, transgénique, pour donner son rein, les dernières recevant la greffe puis le traitement à évaluer. L’objet déclaré est de valider une protéine chimérique censée bloquer le rejet humoral et élargir l’accès à la transplantation. Le porteur annonce des complications sévères possibles, mauvaise cicatrisation, saignement, infection du site de greffe, tout en affirmant que le rejet lui-même n’est pas douloureux « étant donné que le greffon n’est pas innervé ».

NTS-FR-465276v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système immunitaire · Troubles immunitaires ·
Mots-clés
transplantation, rejet, immunologie
Souris : 720

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’insuffisance cardiaque, respiratoire ou rénale terminale constituent des problèmes majeurs de santé publique. La transplantation d’organe est le meilleur traitement, car elle permet d’améliorer la qualité et la durée de vie des patients. Cependant, la morbidité et la mortalité des patients transplantés restent élevées. Cela s’explique notamment par une forme particulière de rejet d’organe, le rejet humoral. Ce dernier est causé par les lymphocytes B qui produisent des anticorps contre les protéines du donneur, exprimées à la surface des cellules de l’organe transplanté. Certains patients possèdent déjà des anticorps contre ces protéines avant la transplantation, parce qu’ils ont été exposés à du matériel génétique étranger à l’occasion d’une transfusion, d’une grossesse ou d’une précédente transplantation. Ces anticorps préexistants compliquent l’accès à la transplantation pour de nombreux patients. Certaines protéines du donneur, très répandues dans la population, sont souvent en cause, car elles sont communes à une grande partie de la population. Actuellement, la seule prise en charge possible de cette immunisation du receveur contre les protéines du donneur repose sur une immunosuppression globale, visant toutes les sous-classes des lymphocytes. Cette immunodépression massive expose le receveur à un haut risque d’infections et de cancers. En outre, certaines cellules productrices d’anticorps ne peuvent pas être ciblées par les thérapeutiques actuelles, ce qui explique l’efficacité médiocre des protocoles existants. Nous avons donc développé une nouvelle protéine chimérique qui permettrait de cibler toutes les populations de lymphocytes B de façon antigène-spécifique, tout en épargnant les lymphocytes qui ne sont pas impliqués dans la production des anticorps contre les protéines du donneur. Notre preuve de concept est que ce traitement avec la protéine chimérique est capable de cibler cette population cellulaire délétère dans un modèle murin d’immunisation in vivo. Dans la continuité de ce projet, nous allons étudier l’efficacité du traitement pour inhiber la réponse humorale et cellulaire contre le greffon dans un modèle murin de transplantation rénale. A la fin de chaque procédure, les animaux seront mise à mort pour prelever leur organes (cellules ou rein) pour la greffe ou pour l’analyse après opération.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Cette étude permettra la validation préclinique d’une nouvelle thérapie moléculaire visant à prévenir et à traiter le rejet humoral, afin de faciliter l’accès à la transplantation pour les patients sur liste d’attente.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les souris seront soumises aux interventions suivantes : – Souris donneuses de Lymphocytes B : 2 injections (15 secondes) et deux prélèvements sanguins (15 secondes) sur souris vigile. – Souris receveuse de lymphocytes B et greffe de rein : 1 injection de cellules (30 seconds), 4 injections de protéine chimérique (15 seconds), 10 prises de sang (10 seconds) et 9 prises d’urines (10 seconds) sur souris vigile, 2 opérations chirurgicales à une semaine d’intervalle (20 minutes chaque opération).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La greffe d’un organe vascularisé est une procédure délicate. Des complications engendrant des nuisances sévères éventuelles peuvent survenir au cours de la procédure de greffe, notamment une mauvaise cicatrisation, un saignement ou une infection du site de la greffe. Ensuite, la complication attendue en cas de rejet du greffon est la perte de fonctionnalité de celui-ci, éventualité qui sera monitorée régulièrement et entrainera la fin de la procédure expérimentale. Ce phénomène de rejet de greffe, en l’absence de complications, n’est pas douloureux pour l’animal, étant donné que le greffon n’est pas innervé.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Dans le projet décrit, les souris seront reparties ainsi: – 1ere procédure : les souris seront utilisées pour générer les lymphocytes dirigés vers une protéine du complexe majeur d’histocompatibilité humaine et vers l’ovalbumine. Ces souris seront mises à mort pour purifier le lymphocyte à transférer. – 2ème procédure : Souris transgéniques seront mise à mort pour donner leur rein. – 3ème procédure : Souris receveuse de lymphocytes B immunisants et puis de la greffe de rein. Elles seront mises à mort à la fin de l’expérimentation pour analyse ou lors d’un point limite.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le rejet humoral nécessite le contact entre la circulation sanguine du receveur et le système vasculaire du donneur. Cette interaction ne peut être étudiée in vitro, et nous ne pouvons pas nous affranchir d’un modèle murin pour aller plus loin dans notre étude préclinique.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les effectifs ont été ramenés au minimum permettant toutefois d’avoir un effet statistique significatif. Nous avons utilisé un outil informatique pour calculer le nombre d’animaux nécessaire et en utilisant des données préliminaires

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en groupe de 4 ou 5 selon leur poids et en milieu enrichi. Ils seront surveillés quotidiennement (comportement, apparence, signes cliniques) par le personnel animalier d’une part, et par les personnes en charge de l’expérimentation d’autre part. Toute apparition de signes de douleur tels que prostration, dos vouté, isolement et poil hérissé entrainera l’ouverture d’une fiche de score avec des points limites bien définis. Une attention particulière sera portée au suivi des souris greffées (poids, protéinurie) et à la zone de chirurgie. Lors des chirurgies, les animaux sont injectés avec de la solution saline pour prévenir la déshydratation et un analgésique pour prévenir au mieux les douleurs inhérentes à la procédure de chirurgie. L’ensemble de la procédure de chirurgie est réalisé sur tapie chauffant et avec un champ opératoire et une désinfection préalable et post-chirurgie avec un antiseptique. Lors des mises à mort, une injection préalable de tranquillisant est réalisée pour limiter le stress au moment de la dislocation.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle murin permet une étude in vivo et permet de se rapprocher de la physiologie humaine. Il s’agit d’un prérequis indispensable à toute application de nos approches à l’Homme. De plus, l’utilisation de souris permet l’accès aux modèles transgéniques qui, ici, nous permettent de répondre à des questions précises. Les souris seront utilisées entre 8 et 16 semaines, soit à un stade de développement adulte (système immunitaire mature).