Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

160 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles reçoivent des injections intracérébrales d’une molécule provoquant des lésions ou subissent un accident vasculaire cérébral expérimental, avec suivi par IRM et par test de préhension (Grip Test), avant mise à mort par exsanguination et perfusion d’un fixateur. Le porteur étudie le rôle d’une molécule appelée tPA exprimée après un AVC, avec un bénéfice pour les patients formulé comme une amélioration future de leur prise en charge. Il affirme que les techniques sans animaux n’apporteraient pas le même niveau d’information et retient la souris comme l’espèce la plus étudiée dans ce domaine.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-477390v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Activateur tissulaire du plasminogène (tPA), Excitotoxicité, Sensibilité à la mort neuronale, Virus Adeno Associés (AAV)
Souris : 160

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Notre projet vise à caractériser l’expression d’une molécule exprimée dans le cerveau (l’activateur tissulaire du plasminogène ou tPA) à la suite d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Nous nous intéresserons tout particulièrement aux rôles de cette molécule à des temps très précoces après la survenue de l’AVC, dans le but d’améliorer la compréhension de la maladie et la prise en charge des patients.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

A travers ce projet de recherche, les bénéfices attendus sont d’améliorer la prise en charge des patients souffrant d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en améliorant nos connaissances concernant les mécanismes mis en jeu : – Etudier la cinétique d’expression de l’activateur tissulaire plasminogène (tPA) dans les neurones lors d’un accident vasculaire cérébral (AVC) et comprendre son(ses) rôle(s) dans ces conditions. – Identifier des sous-populations de neurones exprimant l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA) en réponse à l’atteinte vasculaire cérébrale (AVC). – Tenter de comprendre le(s) rôle(s) de l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA) exprimé par des neurones, dans la survenue ainsi que dans l’évolution de la maladie.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Procédure 1 : Entrainement aux injections d’une molécule fluorescente marquant les neurones dans le cerveau (10 souris, 30 minutes/souris) – Entrainement aux injections d’une molécule créant des dommages cérébraux avec suivi de la lésion par imagerie par résonance magnétique (IRM) à 30 minutes, 1 heure ou 2 heures. (20 minutes/souris pour l’injection de la molécule et 10 minutes/souris pour l’IRM). Entrainement au modèle d’accident vasculaire cérébral (AVC) avec suivi de la lésion par IRM à 30 minutes, 1 heure ou 2 heures. 35 minutes/souris pour l’induction de l’AVC et 10 minutes/souris pour l’IRM. Procédure 2 : Injections d’une molécule fluorescente marquant les neurones dans le cerveau (30 minutes/souris), injections d’une molécule créant des dommages cérébraux (30 minutes/souris) puis mise à mort par exsanguination et perfusion intracardiaque d’agent fixateur à 30 minutes, 1 heure ou 2 heures; 10 minutes/ souris. Procédure 3: Injections d’une molécule fluorescente marquant les neurones dans le cerveau, (30 minutes/souris), induction du modèle d’AVC (40 minutes/souris) puis mise à mort par exsanguination et perfusion intracardiaque d’agent fixateur à trois temps d’interêt : (30 minutes, 1 heure ou 2 heures; 10 minutes/souris). Procédure 4: injections d’une molecule fluorescente marquant les neurones dans le cerveau chez des souris n’exprimant pas l’activateur tissulaire du plasminogène (tPA) (30 minutes/souris) et chez des souris contrôles (30 minutes/souris), induction du modèle d’AVC (40 minutes/ souris) puis imagées par IRM 24h après l’AVC (25 minutes/souris). La récupération fonctionnelle après l’ AVC sera évaluée par Grip Test (J-3 baseline, 24h, 2,3,7 et 15 jours post AVC). A l’issue du quinzième jour de suivi, les souris seront mises à mort par exsanguination et perfusion intracardiaque d’agent fixateur en vue de futures analyses histologiques.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux pourront être concernés par des effets indésirables tels que de la peur ou du stress à l’induction et durant l’anesthésie ou des douleurs physiques ou thermiques lors des procédures expérimentales.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Procédure 1 : Les souris seront mises à mort pour prélèvement d’organe directement après la chirurgie ou bien à l’issue des IRM pour les 15 dernières souris des groupes entrainement aux injections de NMDA et entrainement au modèle thromboembolique. Procédure 2 : A l’issue de l’injection de NMDA , les souris seront mises à mort pour prélèvement d’organe. Procédure 3 : A l’issue de l’injection de l’ischémie cérébrale , les souris seront mises à mort pour prélèvement d’organe. Procédure 4 : A l’issue du quinzième jour de suivi post ischémie cérébrale par Grip Test, les souris seront mises à mort pour prélèvement d’organe.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les procédures expérimentales ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes expérimentales n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants car des techniques de remplacement ne sont pas susceptibles d’apporter le même niveau d’information. Nous avons sélectionné le modèle présentant le meilleur compromis entre pertinence scientifique et sensibilité de l’espèce. La souris est, avec le rat, l’espèce animale la plus étudiée dans le domaine des mécanismes d’action du tPA au niveau du cerveau. La physiopathologie est donc globalement établie, ce qui nous permettra d’interpréter nos résultats de manière fiable. L’ensemble des acquis et des connaissances dont nous disposons rend cette espèce particulièrement intéressante dans le cadre de notre étude.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Suite à une réflexion approfondie sur le plan expérimentale, nous utiliserons le nombre minimal d’animaux afin de souscrire au principe de réduction. Le nombre d’animaux utilisé est déterminé en fonction de la spécificité/sensibilité des méthodes utilisée ainsi que sur nos travaux précédemment publiés et la littérature. Afin de garantir des résultats statistiques fiables et puissant tout en réduisant au maximum le nombre d’animaux, nous avons choisi d’utiliser un nombre minimum de 10 animaux par groupe pour les procédures 2 et 3 (procédures relativement reproductible) et 20 animaux par groupe pour la procédure 4 (procédure longue, incluant des données comportementales ayant besoin d’un échantillon suffisant pour garantir une robustesse des données). Pour la procédure numéro 1 nous estimons réduire le nombre d’animaux à travers la double utilisation des 15 derniers animaux des groupes « entrainement aux injections de NMDA » et « entrainement au modèle d’AVC thromboembolique » à travers une double utilisation entrainement/IRM. Aussi, pour l’ensemble des expériences, utiliser l’hémisphère controlatérale comme contrôle de lésion (induites par NMDA ou par le modèle thromboembolique d’AVC ischémique) contribuera fortement à réduire le nombre d’animaux utilisés dans cette étude.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Au sein de ce projet de recherche, différents moyens seront mis en oeuvre afin que les contraintes subies par les animaux soient minimales et que leur bien-être soit préservé au mieux. Ainsi, afin de souscrire au principe de raffinement, les animaux seront toujours anesthésiés durant chaque procédure. Les expériences seront réalisées par du personnel qualifié en respectant les règles de bonnes pratiques de laboratoire pour le respect des animaux, tout en veillant à ne pas dépasser les points limites fixés au préalable : Les animaux seront euthanasiés si l’une des situations suivantes se présente : signes de douleur extérieure indexés sur le Mouse Grimace Scale (Score >5), absence de réaction, animal inactif dans sa cage ou montrant d’autres signes de détresse, arrêt de la prise alimentaire et de boisson, perte de poids >10% du poids initial. Le bien-être des animaux sera suivi bi-quotidiennement par du personnel qualifié 5j/7 et quotidiennement pendant les weekends et jours fériés et cela pendant toute la durée du projet. Les animaux seront hébergés dans des cages standards répondant aux normes européennes actuelles (Directive 2010/63/UE). Pour éviter de stresser les animaux, les cages seront isolées de tout bruit extérieur et l’accès à l’eau et à la nourriture sera ad libitum. Une importance particulière sera apportée au bien-être des animaux. Tout sera mis en œuvre pour réduire l’angoisse, la souffrance et la douleur de chaque animal, pouvant être occasionnées pendant le projet. Les principes éthiques et les standards de raffinement seront utilisés jusqu’à la mise à mort de l’animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les expériences envisagées nécessitent l’utilisation d’animaux transgéniques et la souris reste l’espèce de choix pour de telles études de plasticité cérébrale. Qui plus est, il n’existe pas de modèle fiable utilisant des vertébrés moins sensibles ou des invertébrés, compte tenu de leur anatomie et de leur physiologie très différente de l’homme. Pour la partie injection intracorticale de NMDA : Les souris seront âgées de 5 semaines au moment de l’injection des AAV9 Plat GFP et de 8 semaines (stade adulte) au moment de l’injection de NMDA. Pour la partie modèle d’AVC ischémique thromboembolique : Les souris seront âgées de 5 semaines au moment de l’injection des AAV9 Plat GFP et de 8 semaines (stade adulte) au moment de réaliser le modèle d’AVC. Pour comprendre le rôle du tPA neuronal dans la physiopathologie de l’AVC ischémique, les souris seront âgées de 5 semaines au moment de l’injection des AAV9 Plat Cre GFP et de 8 semaines (stade adulte) au moment de réaliser le modèle d’AVC. Pour les entrainements aux procédures d’injection d’AAV nous utiliserons des souris âgés de 5 semaines et 8 semaines pour l’entrainement au injection de NMDA, comme ça sera le cas lors des vrais expérimentations. Pour les entrainements aux procédures d’AVC thromboembolique, nous utiliserons des souris adultes âgées de 8 semaines. L’âge de 8 semaines a été retenu car considéré comme âge « jeune adulte », c’est aussi l’âge le plus couramment utilisé dans la littérature.